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Le FMI et la crise financière internationale depuis les années 80

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par Jean Bruno RAKOTOMALALA
Université Montesquieu Bordeaux IV - DEA 2004
  

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2. La crise asiatique de 1997 :

Le 2 juillet 1997, quand le baht thaïlandais s'effondra, nulle ne savait qu'il s'agissait du coût d'envoi de la crise économique la plus gigantesque depuis la grande dépression : partie d'Asie, elle allait s'étendre en Russie, en Amérique latine, et menacer le Monde entier.

[Stiglitz, 2002, P. 153].Cette phrase de Joseph STIGLITZ montre bien l'ampleur de cette crise qui au départ était considérée comme crise passagère, en faite c'était une crise structurelle qui sera aggravée par les politiques économiques appliquées inspirées des institutions de Bretton Woods ( banque et le FMI).

Qu'est ce qui s'est vraiment  passé alors? Quelles étaient les principales causes de cette crise ? Les causes de la crise asiatique qui partie de Thaïlande en juillet 1997, touchant successivement la plupart des pays de la région ( Phillippine , Malaisie, Indonésie, Corée), et dans une moindre mesure , Taiwan, Hong Kong et Singapour sont encore sujettes à débat. Pour certains auteurs (voir Corsetti, Persenti et Roubini, 1998) l'origine de la crise réside avant tout dans les déséquilibres macroéconomiques et financiers et les déficiences des politiques économiques de ce pays, même si la propagation de la crise et ses conséquences économiques ont été amplifiées par des comportements de panique. D'autres auteurs (voir Radelet et Saches, 1998), tout en reconnaissant les faiblesses de ces économies, insistent avant tout sur le changement de comportement des investisseurs, et sur les politiques malencontreuses menées au début de la crise, tant par le FMI que par les autorités nationales [D. Cohen et R. Portes, 2003,P ; 109].

Ici, ces deux approches seront intégrées simultanément, donc des indicateurs macroéconomiques et microéconomique relevant des comportements des acteurs.Ces pays touchés par la crise ont connu pendant plus de deux décennies des performances économiques notables. Ils avaient généralement des budgets équilibrés, des taux d'intérêt modérés et des situations macroéconomiques enviables. En revanche, des déséquilibres de nature microéconomie s'étaient accumulés dans les portefeuilles des créanciers des banques, dans la gestion de risque de change, dans l'endettement de cours terme et dans le comportement des investisseurs. L'arrivée de vagues de capitaux privés dans un environnement financé libéralisé s'était traduite par des bulles boursières et immobilières, notamment en Thaïlande, ce changement intervient en mi-1997 et déclenche un engrenage de perte de confiance des investisseurs, sorties de capitaux, dépréciation monétaire, difficulté des entreprises et endettés et généralisation de la crise financière.

A partir du moment où ces enchaînements sont déclenchés, il est difficile de les enrayer. Les difficultés commencent en Thaïlande à la mi-juillet 1997 et se propagent rapidement à d'autres pays voisins et de développement similaire (Corée du Sud et Indonésie) par un phénomène dit de « contagion ». Ces nouvelles dimensions donnent aux crises un caractère de troisième génération.[ Cartapanis ( 2003), Artur (2000)].

La crise se manifestait ainsi de la manière suivante. A partir de 1996, la situation macroéconomique de la Thaïlande commence à se dégrader : un ralentissement des exportations dû à la récession japonaise, à l'appréciation relative du Baht et à la concurrence des productions chinoises. En outre, le marché boursier et le marché immobilier ont commencé à se retourner nettement durant l'année, fragilisant ainsi nombres d'institutions financières.

Des pressions à la baisse s'exercent sur le Baht thaïlandais à partir du printemps 1997, notamment en raison des opérations des résidents souhaitant couvrir leurs dettes étrangères en devise. Pour les contenir, la banque centrale de Thaïlande engage une grande partie de ses réserves dans la vente à terme de dollars, augmentant encore ainsi son exposition au risque en cas de dévaluation.Finalement après l'annonce des pertes à venir de finance one, l'une des principales institutions financières thaïlandaises, le gouvernement laisse le bath flotter et se dévaluer rapidement. La banque thaïlandaise a donc abandonné l'ancrage du Bath du dollar.

Très vite, les éléments imprévus ou troublants se sont toutefois multipliés. Le plus frappant est le dynamisme de la contagion régionale : la Malaisie a abandonné son ancrage le 8 juillet, suivie par les Philippines le 11, tandis que le même jour l'Indonésie élargissait ses marges de fluctuation de 8% à 12%. Jusqu'à la fin de l'année, ces monnaies subiront une dépréciation comprise entre 35% et plus de 80%, dans un contexte de reflux massif des capitaux internationaux hors la région (cf tableau 7).

Ainsi le Baht descend aux enfers en quelques semaines, plongeant de 25 B/ $ à 51B/ $ au pire de la crise. Le Ringgit malaisien puis la rupiah indonésienne n'étaient pas non plus épargné par la crise. En octobre, une attaque spéculative massive a eu lieu sur le Hong-Kong dollars, mais elle est contenue par des mesures draconiennes (élévation du taux d'intérêt interbancaire au jour le jour à 300% au plus fort de la semaine noire de mi-Octobre 1997).

La victime de Hong-Kong- dollars sera le Won sud-coréen qui flotte à son tour.[ Jacques Gravereau et Jacques Trauman, 2001, p. 179].

Ces deux auteurs poursuivent leur analyse. L'effet à court terme de dépréciations monétaires aussi profondes est double. D'abord, toutes les dettes en dollars et surtout les dettes privées, deviennent insolvables, d'autant plus que leur structure est en générale à très court terme, la moitié d'entre elles ont une maturité d'environ un an seulement.

Ces dettes privées sont gigantesques : 100 milliards de dollars en Corée, 70 en Thaïlande, 56 en Indonésie, 25 en Malaisie. La plupart de ces crédits bancaires privés se trouvent en situation de créances douteuses, à commencer par les banques locales dont on connaît la fragilité. Le management du risque de crédit est partout pris en défaut.

Le second effet est de restaurer la confiance des marchés financiers pour enrayer la chute. Ce qui relève de la compétence des autorités politique.

Cette dépréciation serait l'origine des fuites de capitaux massifs dans ces pays comme le montre le tableau 7.

Tableau 7 : Flux de capitaux privés dans cinq pays asiatiques (Corée, Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, en milliards de dollars)

 

1994

1995

1996

1997

Titres et investisseurs directs

dont :

Investissements directs

Portefeuille

Créances bilatérales

dont :

Banques commerciales

Non-banques

Total flux nets de capitaux

12, 2

4,7

7,5

28,2

24

4,2

40,4

15,5

4,9

10,6

61,9

49,5

12,4

77,4

19,1

7

12,1

73,9

55,5

18,4

93

-4,5

7,2

-11,7

-7,6

- 21,3

13,7

-12,1

Source : Radelet et Sachs, 1998

A travers ce tableau, on remarque l'augmentation rapide des entrées de capitaux entre 1994 et 1996, ainsi que la violence extrême du retournement en 1997.

L'intensité du retournement, mesurée par les variations des flux dans la balance des capitaux avant et après la crise est de 105 milliards de dollars dont 77 milliards pour les seules banques commerciales.

Dans cette crise, les facteurs du risque systématique caractérisé par : l'afflux massif de capitaux étrangers, systèmes financiers inaptes à la libéralisation précipitée, ancrage des monnaies sur le dollar sont tout réuni[M.Aglietta, 2001,p. 29].Elle ne va pas tarder à respecter d'autres économies émergentes.Ainsi, en 1998, la Russie d'abord en Août 1998 , puis le Brésil après, ont été le champs de théâtre des crises financières. On exposera ci -après la crise russe, un pays qui non seulement occupe une position stratégique au niveau mondial mais aussi offre un cadre d'analyse enrichissant par son passage à l'économie de marché, dogme de l'institution internationale, le FMI, chargé par son statut de garant da la stabilité du système financier international.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.