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Microfinance et développement: une mise en évidence théorique et empirique de la relation

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par Hermann-Didier TEBILI
Université Paul Cézanne Aix en Provence Faculté d'économie Appliquée - Master Institutions et Développement 2008
  

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Section 3 : analyses critiques microfinance et développement économique

De manière générale dans la littérature économique, on a un consensus au sujet des institutions politique et économique et en particulier des institutions financières dans le développement économique d'un pays. Le lien entre le développement du secteur financier et la croissance économique a été prouvé empiriquement et nous comptons nous appuyés sur ses travaux pour examiner les différences effets de l'expansion de la microfinance dans les pays en développement notamment ceux de l'Afrique de l'ouest francophone à partir des travaux de Raffinot et Venet [1998]. Il s'agira pour nous de voir si les institutions de microfinance constituent un levier de développement économique dans ces pays ou si elles peuvent l'être et à quelles conditions. En effet, Raffinot et Venet [1998] ont tenté d'établir, à partir d'une analyse en données de panel, une relation qui expliquerait la croissance à partir des déterminants traditionnels (le capital humain et le revenu initial) de la croissance endogène en y rajoutant les variables d'approfondissement financier. Pour étudier cette corrélation, les variables d'approfondissement financières introduites sont:

- le ratio M2/PIB, pour tenir compte du faible nombre d'institutions financières non bancaires dans les pays d'étudiés,

- le ratio quasi-monnaie /PIB, variable destinée à rendre compte des progrès de l'intermédiation
financière dans la mesure où c'est au travers de la croissance des dépôts à terme et d'épargne que

31 Voir la théorie entrepreneuriale de la croissance développée par Kirzner [1986] pour éclairer le processus de croissance économique. Toutefois, voir aussi l'approche smithienne de la création de richesse qui fonde notre démarche mettant l'accent sur la division du travail et la capacité à lever l'étroitesse du marché comme c'est le cas des PED.

32Voir Hayek [1941] la théorie autrichienne du capital.

les intermédiaires financiers sont supposés pouvoir pleinement jouer leur rôle de promoteur de l'accumulation de l'épargne domestique et d'orientation des ressources vers une allocation optimale;

- Crédits au secteur privé /PIB, pour tenir compte des critiques;

- Encours réel de crédit par habitant /PIB.

Globalement, qu'aucune des variables n'était positivement et significativement corrélée avec la croissance. Cependant, ce mauvais résultat est à attribuer à la défaillance des systèmes financiers dans les pays étudiés du fait de la crise bancaire encours dans ces pays sur la période étude considérée. Par conséquent, ce résultat conduit à rejeter toute influence de l'approfondissement financier sur la croissance du PIB des pays de l'UEMOA.33 Toutefois cet effet est a attribué à l'effet de groupe car dans chaque pays les variables d'approfondissement financier sont assez bien corrélés avec croissance. Mais entre pays le résultat est mitigé.

Le coefficient de corrélationR2 entre M2/PIB et le PIB n'est que de 2% tandis que celui du ratio crédit à l'économie/PIB est de bonne qualité estimé à 39% et la variable est largement significative. La faiblesse de cette relation est du à des transferts des déposants entre pays au niveau du système bancaire. Il s'agit essentiellement de l'utilisation par les déposants d'un pays donné du système bancaire de son voisin compte tenu des défaillances du tient. A titre d'exemple, le système bancaire togolais a été utilisé par les déposants des pays voisin que sont: le Bénin, le Niger, le Burkina, et le mali etc.

Pour mieux appréhender les spécificités de chaque pays, les tests de causalité ont été réalisés pour voir si la séquence explicative postulée par King et Levine [1993 op.cit] est valable pour les pays de l'UEMOA. En effet, Spears [1992] montre ainsi, que l'intermédiation financière (mesurée par M2/PIB) est une cause, au sens de Granger [1969]34, de la croissance du PIB par tête au Cameroun, en Côte d'ivoire, au Kenya et au Malawi. Le Burkina Faso lui présente une particularité en ce sens où on a une causalité bidirectionnelle. Pour ce qui concerne l'hypothèse selon laquelle l'approfondissement financier estimé par le rapport quasi-monnaie à M2 qui puisse

33 L'UEMOA est composé :le Bénin, le Burkina Faso, la Cote d'ivoire, Guinée Bissau le Mali, le Niger, le Togo et le Sénégal.

34 L'analyse économétrique de la causalité au sens de Granger est différente de la notion de causalité du langage courant. Les tests de causalité permettent de mettre en évidence plusieurs cas de figure: Une causalité d'une variable vers l'autre, sans que la réciproque ne soit vraie (c'est la causalité unidirectionnelle), une causalité dans les deux sens (bidirectionnelle), ou pas de causalité du tout. «On dira que X cause Y au sens de Granger si le passé de X explique le présent de Y ». Si les deux causalités sont constatées, on considère qu'il existe une causalité en retour (feed back causality) entre les deux variables.

être la cause de la croissance réelle est rejetée. Toutefois, les tests de stationnarité n'ayant pas été effectué, cela nous laisse perplexe sur la qualité des résultats obtenus.

Concernant la zone spécifique des pays francophones de l'UEMOA, Raffinot et Venet (1998, op.cit) ont analysé la stationnarité et la co-intégration des variables deux à deux. Les résultats effectués sur les séries montrent que les séries sont intégrées d'ordre 1, ce qui justifie de l'utilisation de leurs taux de croissance pour avoir des résultats fiables:

Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau suivant:

Tableau1.6: Le sens de causalité entre le secteur réel et financier: cas des pays de l'UEMOA

 

Variables impliquées dans

l'analyse de corrélation

Sens de causalité

Bénin

DQUAS cause DPIBRT*

Financier Réel

Burkina Faso

DPIBRT cause DCRED** DPIBRT cause DQUAS***

Réel Financier

Cote d'ivoire

DAPFIN cause DPIBRT*** DCRED cause DPIBRT*** QUASM2C cause DPIBRT*

Financier Réel

Mali

DQUAS cause DPIBRT**

Financier Réel

Niger

Non significatives

Aucun

Sénégal

DPIBRT cause DAPFIN** DPIRT cause DCREDR*

Réel Financier

Togo

*

DPIBRT S cause
CREDIECOC*

Réel Financier

 

*** : seuil de confiance de 1%, ** : seuil de confiance de 5%,* : seuil de confiance de 10% Source : Raffinot Marc, Venet Baptiste (1998)

Avec: DQUAS(le taux de croissance du ratio Quasi monnaie/M2); DPIBRT(le taux de croissance du PIB réel par habitant) ; DCRED(le taux de croissance des crédits nominaux à l'économie); DAPFIN (le taux de croissance du rapport M2/PIB); DCRED (le taux de croissance du montant des crédits réels à l'économie par habitant) ; QUASM2C(le ratio quasimonnaie/M2) et CREDIECOC(les crédits à l'économie).

Au regard des résultats des répressions de panel pour les pays francophones de l'UEMOA entre 1970 et 1995, les tests de causalité de Granger font apparaître une liaison causale entre l'approfondissement financier et la croissance réelle qui n'est pas toujours conforme à l'hypothèse selon laquelle le développement des institutions financières entraînerait le développement réel (représenté par la croissance du PIB) dans les pays à faible revenu.

Cette hypothèse se vérifie pour le Bénin, la Côte d'ivoire, le Mali sur la période étudiée. Cependant, une causalité inverse se vérifie dans les cas du Burkina Faso, du Sénégal et du Togo. En ce qui concerne le Niger, une causalité n'a pu être mise en évidence.

Ces instruments traduisent une approche macroéconomique de l'approfondissement financier très utilisé par la littérature économique. Cependant, nous inscrivons ce mémoire dans une approche microéconomique de l'approfondissement financier35. En effet, il s'agit de l'offre de service au plus grand nombre d'agents économiques. Cette vision de l'approfondissement financier se distingue de la vision macro économique en se sens où elle met l'accent sur les individus plutôt sur les agrégats.

L'approche microéconomique de l'approfondissement financier porte sur la proportion d'individus dans la population qui ont accès aux services d'épargne, la facilité de pouvoir épargner,les faciliter pour obtenir un crédit, avec pour préoccupation essentielle de pouvoir accroître ces proportions ou les facilités. En, effet cette façon d'envisager le développement financier nous permet d'éviter le paradoxe «de la croissance sans développement ». Donc pour mieux appréhender l'apport des institutions de microfinance dans le développement financier nous proposons d'aborder leur apport en termes de crédits à l'économie et d'épargne mobilisé par celle-ci dans le cadre des pays de l'UEMOA. Il s'agit d'une analyse comparative par rapport aux banques commerciales dont les résultats s'établissent comme suit:

Tableau 1.7 : Les IMF, les banques et crédits à l'économie

Années

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

Crédit bancaire

2044

2208

2425,3

2439,2

2692

2868,4

3041,3

3174,3

2415,4

Crédit IMF

48,4

70,8

89,7

106,4

112,7

142,4

190,6

255,5

233

IMF/Banques

0,024

0,032

0,036

0,043

0,041

0,049

0,062

0,080

0,096

 

Source des données: pour les crédits bancaires (Banque de France, série statistique de la zone franc), pour les crédits IMF (BCEAO).

35Joseph et al [2001] font une étude critique des approches macro économétriques de l'approfondissement financier appliquées à l'Afrique subsaharienne.

On a la proportion de crédits offerts par les IMF qui est extrêmement faible car inférieur à 1% sur chacune des années de la période considérée. En 2004, il est de 0,096 cependant, cette faible proportion ne reflète pas les disparités entre pays.

Les taux de croissance de crédits IMF calculer sur la période 1 996-2004 (taux moyen=0,229) sont supérieurs à ceux des crédits bancaires (taux moyen=0,027).

Pour les données relatives aux volumes des crédits octroyés par les IMF, ils soulignent les insuffisances du secteur de la microfinance dans le financement de l'économie des différents pays d'étudiés par rapport aux banques commerciales présentent dans ces pays.

Tableau1.8 : Epargne des IMF et épargne bancaire

Pays

Bénin

Burkina Faso

Cote d'ivoire

Années

2000

2001

2002

2000

2001

2002

2000

2001

2002

IMF/Banques

0,069

0,068

0,079

0,064

0,062

0,055

0,027

0,031

0,032

Années

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

 

Placement bancaire des
IMF

0,229

0,148

0,239

0,343

0,400

0,409

0,329

0,294

 
 

Au regard des résultats, on peut affirmer que les IMF représentent une quantité infime lorsqu'on compare les données de crédit et d'épargne avec les banques. Cependant, nous devons noter que toutes les IMF n'effectuent pas des activités de dépôts. C'est souvent le cas des IMF de crédits directs. L'épargne microfinancière est surtout le fait d'institutions mutualistes d'épargne et de crédit. Elle est très faible par rapport à l'épargne bancaire, le rapport (IMF/Banques) est extrêmement inférieur à 1% mais il faut relever que les placements effectués par les IMF sont essentiellement bancaires et prennent soit la formes de marges de dépôts non distribués sous formes de crédits soit la forme d'excédents d'exercice annuel.

Les différents résultats sur les IMF dans la zone UEMOA nous laisse perplexe sur l'incidence de ces institutions sur le développement des institutions financières dans la zone UEMOA. Bien entendu que les IMF ont contribué à la mobilisation de produits financiers de crédits et d'épargne bancaires mais de manière modeste. En revanche, si nous dépassons la

perception du développement économique essentiellement centré sur la variable PIB, nous pouvons apprécier la contribution des IMF en tant que programmes de développement dans les pays francophones de l'UEMOA. En effet, nous convenons avec Kamalan [2006] que l'intérêt de la microfinance est d'être un vecteur d'espérance pour une vie meilleur (vivre mieux) en réduisant la vulnérabilité économique, en accroissant les « capabilités » et l'esprit d'initiative des individus et en fédérant autour d'eux l'impératif du resserrement des liens. Alors pour parler comme lui: nous considérons que la contribution des IMF dans le développement économique se situe à trois niveaux: politique (référence à l'assurance contre la vulnérabilité) et sociale (référence aux capabilités), et que c'est un projet de société.

D'où un examen pratique de la relation méritée d'être mené en tenant compte des autres variables de développement pour saisir le rôle des pratiques de microfinance dans le développement local des PED.

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.