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Le coton et l'hypocrisie des pays riches

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par Oumar Sissoko Fakaba
Université Paris X Nanterre - Master 2 Economie Internationale, Politique Macroeconomique et Conjocture 2009
  

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Importance macro-économique du coton en Afrique de l'Ouest

L'Afrique de l'Ouest et du Centre compte environ 2 millions d'agriculteurs qui produisent 2 millions de tonnes de coton graine et 1 million de tonne de fibre de coton. On estime entre 10 et 15 millions le nombre de personnes dépendant directement de la filière coton (égrenage, transformation du coton graine et autres activités annexes). Par ailleurs, le coton a été une source de développement et de réduction de la pauvreté dans les régions rurales où il a été introduit, et ce pour plusieurs raisons. En premier lieu, la culture du coton ne nécessite pas l'abandon des cultures vivrières (notamment grâce à sa période de plantation et de récolte). Par ailleurs, sa culture a permis aux agriculteurs de recevoir des engrais de la part de leurs gouvernements : d'une part cela a permis de fertiliser les sols (lorsqu'ils étaient utilisés pour la culture du coton), et d'autre part, une partie de ces engrais a été détournée au profit des cultures vivrières.

Dans la production de coton, l'Afrique de l'Ouest possède un avantage comparatif voir un avantage absolu par rapport à la Chine et aux Etats-Unis. En effet, elle possède un climat propice à la culture du coton : le cotonnier est une plante qui se développe sous des climats tropicaux ou subtropicaux arides, à des températures comprises entre 11°C et 25°C. Ceci permet aux cultures africaines d'avoir un bon rendement (près de 700 tonnes par hectare). De plus, le mode de récolte accentue cet avantage : il y est encore récolté à la main ce qui évite d'arracher les capsules et donc d'avoir un coton de meilleur qualité, par ailleurs, la récolte est effectuée dans le cadre d'une économie familiale et domestique, ce qui permet de réduire les couts de production.

Au Burkina Faso, traitement par un insecticide. Aux USA, arrosage au défoliant.


Récolte à la main au Burkina Faso. Machine à récolter le coton aux USA.
Cette technique moderne permet

De travailler sur 7 rangs à la fois

Ils sont d'ailleurs bien inférieurs à ceux observés chez les grands producteurs: environ 30 cents par livre contre plus du double aux Etats-Unis, principal pays exportateur. Le taux de rendement à l'égrenage est aussi très élevé, 40 à 43% en moyenne, alors qu'il n'est que de 34-36% par exemple en Inde. Il faut enfin souligner qu'il n'existe pas d'autre culture d'exportation en Afrique de l'Ouest et du Centre offrant la même compétitivité économique et pouvant remplacer le coton. Ceci entraine une dépendance assez forte des économies de cette région aux prix mondiaux, et des répercussions importantes sur la vie rurale, quand ces derniers chutent car il n'y a pas vraiment de cultures alternatives (ce point sera détaillé dans la prochaine section).

Dans le paragraphe suivant nous allons montrer comment se constitue la filière coton dans les pays d'Afrique de l'Ouest.

De manière générale, l'Afrique de l'Ouest possède un parc d'usines d'égrenage à scie de fabrication américaine relativement modernes et de forte capacité. Mais la filière est entravée par le manque de valeur ajoutée des produits qu'elle exporte, et aussi par la sous-utilisation de ses moyen de traitement du coton graine. De plus, certains pays préfère importer des huiles que les produire nationalement, ceci est du notamment à un manque de compétitivité dans la production de ses huiles par rapport à certains pays comme la Chine ou le Pakistan. Par ailleurs, l'aide alimentaire internationale (provenant des excédants des pays développé) ne favorise pas la production locale de ces huiles, par exemple la plupart des usines de fabrication d'huile ne fonctionnent qu'à 25% de leurs capacités.

Principales société de coton.

Aux Etats-Unis le nombre d'exploitations cotonnières a baissé d'environ 98%, passant de 2 millions d'exploitations dans les années 1930 à environ 30 000 en 2000. La plupart de ces exploitations sont des exploitations individuelles (80%). On peut distinguer plusieurs entreprises spécialisées dans l'achat et la revente du coton. Toutefois ces entreprises, selon leurs nationalités, n'ont pas vraiment la même taille. De plus le marché n'est pas vraiment unifié au niveau mondial, car selon les pays, des compagnies cotonnières sont encore en situation de monopole. Le marché international du coton est donc difficile à analyser. Si l'on devait toutefois le qualifier, il serait juste de dire qu'il se rapproche d'un marché en situation d'oligopole avec une frange concurrentielle. Voici quelques exemples de sociétés cotonnières:

- l'Allenberg Cotton CO, Cargill, Dunavant Entreprise Inc., Calcot Ltd, Plains Cotton Cooperative Association (PCCA) sont des entreprises américaines dont les ventes annuelles excèdent 200 000 tonnes par an.

- en Chine la commercialisation du coton était supervisé par la Supply and Marketing Cooperatives (SMC) jusqu'en 1999. Depuis 2000, une réforme autorise les exploitations individuelles de pouvoir négocier directement avec les producteurs.

- au Mali, la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) gère 95% de la production de coton. La CMDT est détenue à 60% par l'Etat malien et à 40% par Dagris. La CMDT gère 17 usines d'égrenage (toutes ne fonctionnant pas) à travers tout le Mali.

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