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L'obligation in solidum en matiere de délits civil

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par RAHMEH Pierre
Université La Sagesse -  2006
  

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B - L'INDIVISIBILITÉ DU DOMMAGE

74 - L'impossibilité de déterminer la part contributive de chacun des coauteurs dans le dommage, cette formule, disposée par l'alinéa 2 de l'article 137 COC a été utilisée par la cour de cassation française à plusieurs reprises(120), lorsqu'elle a admit la solidarité sur le fondement de la communauté de résultat.

75 - Cette idée explique que « du moment que l'intervention de l'un a joué dans la réalisation du dommage un rôle suffisant pour en être considéré comme la cause, c'est tout le dommage qu'il a causé »(121). En plus, cette impossibilité de déterminer la part de chaque coauteur rend le dommage indivisible(122).

76 - Cet étai sur l'indivisibilité en matière de solidarité a été réfuté par plusieurs auteurs. L'impossibilité de division est la base des deux institutions, mais sa source diffère dans chacune. Dans la solidarité elle provient de la volonté des partis ou celle du législateur, tandis que dans l'indivisibilité, l'impossibilité de division est naturelle et provient de la nature de l'objet (art. 1218)(123) .

77 - Le problème consiste à savoir si l'indivisibilité du dommage qui rend l'obligation solidaire est en cohérence avec la solidarité. En premier lieu, l'indivisibilité du dommage est

(119) Appel Beirut, 2 février 1967, revue Hatem, arrêt no 198, G78, page 48.

(120) Cass. Civ., 11 juillet 1826, D. 1826.1.424, S. 1826.1.138 ; Cass. Civ., 3 mai 1827, S. 1827.1.435, D. 1827.1.230 ; Caen, 23 mai 1873, D. 1875.2.41 ; Aix, 11 janvier 1873, D. 1874.2.68 ; Angers, 10 mars 1875, D. 1876.2.14 ; Cass. Civ., 12 février 1879, D. 1879.1.281 ; Cass. Civ., 6 février 1883, D. 1883.1.451 ; Douai, 4 mai 1891, D. 1893.2.39 ; Cass. Civ., 22 juillet 1892, D. 1892.1.335 ; Cass. Civ., 11 juillet 1892, D., 1894.1.561 ; Cass. Civ., 15 juillet 1895, D. 1896.1.31 ; Cass. Civ., 31 mars 1896, D. 1897.1.21 ; Cass. Civ., 10 novembre 1897, D. 1898.1.310 ; Paris, 7 avril 1898, D. 1898.2.501 ; Cass. Civ., 24 janvier 1898, D. 1899.1.109.

(121) H. et L. Mazeaud, Traité théorique et pratique de la responsabilité civile, tome 2, 4e éd., p. 786.

(122) Chabas, L'influence de la pluralité des causes sur le droit à réparation, thèse, no16, page 22, 23.

(123) J. Français, De la distinction entre l'obligation solidaire et l'obligation in solidum, thèse Paris, page 98; Baudry-Lacantinnerie et Barde, op. cit., tome II, no 1304 ; Demolombe, précité, tome XXVI, no 193 et 194 ; Laurent, Principe de droit civil, tome XVII, no 322 à 324 ; R. Demogue, op. cit., tome IV, no 768.

une institution inconnue dans le droit positif. C'est l'indivisibilité de l'obligation que le Code des obligations et contrats règle, et aucune disposition légale fait allusion à l'indivisibilité du dommage. Il faut donc la réfuter lorsqu'il s'agit de la solidarité car la solidarité est une institution légale réglée par la loi, tandis que l'indivisibilité du dommage est une institution extralégale. En deuxième lieu, cette indivisibilité du dommage découle de l'article 1382 du Code civil et n'a aucune liaison avec la solidarité(124). Chaque fait est la cause du préjudice, il doit donc réparer tout le dommage en vertu de l'article 1382, parce ce que cet article ne détermine pas l'étendue du fait dans le dommage.

78 - Notons aussi que la référence au concept de l'impossibilité de déterminer la part contributive de chaque coauteur est fictive par ce qu'elle n'explique pas la possibilité d'un recours exercé par le coauteur solvens contre l'autre (s) coauteur (s). Si l'un des codébiteurs solidaire supporte la dette envers le créancier, il pourrait subroger ce dernier (article 40/310 COC) ou profiter d'une action personnelle (article 40 du COC) pour demander la part incombant à l'autre coobligé (s), et la jurisprudence de la cour de cassation libanaise est dans le même sens(125).

79 - Il résulte de ce qui est présenté que l'obligation née de la responsabilité collective selon l'article 137 COC n'a aucune liaison avec la solidarité. La dette, dans la solidarité, se divise et pas question d'une impossibilité de division, et la communauté d'action a un caractère pénal. En réalité, chaque coauteur est responsable de la part qu'il a causée et devrait être garant envers la victime de la part causée par l'autre (s) coauteur (s)(126). Dans la solidarité tous les coauteurs doivent la même chose (article 23 COC), mais en matière de pluralité d'auteurs chacun doit une obligation distincte de l'autre(126bis).

La solidarité entre coauteurs, disposée par l'article 137 COC, est inconcevable avec la solidarité, le même dommage généré par plusieurs auteurs est in solidum. Il faut donc une reformation de l'article 137 COC pour admettre l'obligation in solidum. D'où provient cette institution, comment a-t-elle évolué ? Quelles sont ses conditions ? On exposera en premier lieu, la nature juridique de l'obligation des coauteurs d'un même dommage (chapitre I), puis sa structure (chapitre II).

(124) Lafay, thèse précitée, page 113 ; Demolombe, Traité des contrats, tome III, no 280 ; Colmet de Santerre, op. cit., tome V, no 135 bis3 ; Sourdat, no 473 ; Baudry-Lacantinerie et Barde, Précis de droit civil, 6e édit., tome II, no 219 ; Aubry et Rau, op. cit., 4e édit., tome IV, § 298 ter, p. 23, note 14 ; J.Francais, thèse précitée, page 100 ; Rodière, De la solidarité et de 1'indivisibilité, thèse précitée, no 50 ; Chabas, thèse précitée, page 22, 23.

(125) Civ. Lib., ch. 2, 25 mai 1956, revu Baz 1956, no 37, page 180 ; Civ. Lib., ch. 3, 5 décembre 1967, revu Baz 1967, no 124, page 264.

(126) Marc Mignon, sur la théorie de Mignon infra nos 147 et s. ; Ph. Malaurie, L. Aynès et Ph. Stoffel-Munik, Droit civil, les obligations, Defrénois, 2004, no 1284.

(126 bis) Sur la doctrine de pluralité de liens et d'objets, Infra n° 198 et s.

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