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La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

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2.1.2. La phénoménologie psychiatrique

La psychiatrie phénoménologique actuelle n'est pas très commune et son influence ne semble pas avoir profondément marqué le développement de la psychiatrie, mise à part, peut-être, celle de Minkowski qui a su forcer le respect de ses pairs. On distingue deux influences : celle en France d'inspiration sartrienne (Merleau-Ponty/Bergson) dont sont issus notamment Minkowski et Tatossian, et celle en Allemagne et en Suisse d'inspiration heideggerienne et husserlienne dont est issu, entre autre, Biswanger. Au Japon, Bin Kimura développe et adapte à son pays et à sa langue la phénoménologie psychiatrique d'influence allemande. La spécificité de la phénoménologie psychiatrique consiste à ne pas se fixer, par avance, à une théorie « psycho-phénoménologique » qui n'existerait pas, par ailleurs. Elle se sert des théories de la philosophie phénoménologique pour décrire et comprendre l'individu psychiquement atteint. Pour exemple, elle utilise la réduction phénoménologique6 qu'elle entend de la manière suivante : « La réduction phénoménologique est le résultat d'une attitude sceptique. C'est la distinction, la scission, dans l'objet même, entre son en soi prétendu, c'est-àdire la prétendue chose en soi, et son apparaître pur » (Fineltain, 2005, p.14). Ainsi, la phénoménologie psychiatrique ne comporte pas de thèse, mais travaille plutôt de manière à ce que le rapport entre la philosophie et la psychopathologie se conçoive dans l'implication et non dans l'application de la théorie. Nous citions auparavant deux types d'influence phénoménologique. Il convient également de relever qu'en sont issus deux types de psychiatres phénoménologues. Le premier type est celui qui fait appel de manière accessoire à la phénoménologie et qui n'insiste pas sur les notions techniques de cette spécificité lors de ses analyses psychiatriques, tels que Minkowski, Straus et von Gebsattel. Le second type est caractérisé par l'interprétation et la juxtaposition de théories et de résultats cliniques, tel Binswanger et sa Daseinanalyse7 dont la référence est Etre et Temps de Heidegger. Aussi, la phénoménologie psychiatrique des années 1920, pure description de l'approche de cliniciens comme Minkowski a évolué au fil du

6 Cf. p.17, 2ème paragraphe.

7 « La Daseinanalyse est purement une entreprise scientifique et non thérapeutique », (Tatossian, 2002, p. 33).

temps vers une phénoménologie génétique, centrée sur la trajectoire de l'individu plutôt que sur ses traits psychopathologiques (Tatossian, 2002).

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