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La créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes comme re-création de soi d'un point de vue phénoménologique


par Aude Cassina
Université des Arts de Zurich (Suisse) - Master of Advanced Studies en musicothérapie clinique 2010
  

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CONCLUSION

Il convient à présent de répondre à l'hypothèse suivante : la créativité en musicothérapie auprès de personnes schizophrènes permet-elle une re-création de soi ?

Au regard des différents éléments théoriques et cliniques amenés, on tend à penser qu'effectivement, en musicothérapie, les différentes formes de créativités (instantanée/sonore et amenée/musicale) permettent une re-création de soi.

Pour les personnes schizophrènes, l'aïda musical entre ces deux formes de créativités permet le lien entre l'une et l'autre. Certaines personnes évolueront en traversant cet aïda musical, ils passeront de la créativité sonore intérieure vers l'ouverture musicale à l'autre, se transformant. D'autres personnes se baladeront périodiquement dans cet aïda, dans une confusion entre soi et l'autre. Et certains se maintiendront dans une conscience auditive de soi, sans recherche de l'autre. Néanmoins, toutes, par la fulgurance d'un son, auront connu la re-création de soi, la projection sonore de soi, une vibration interne jetée dans le monde par l'intermédiaire de la musicothérapie.

On aurait pu imaginer ce travail différemment, peut-être moins philosophique et davantage scientifique. Il aurait été intéressant de compléter le processus créatif qui amène l'homme à la création, en ayant pour support les neurosciences.

L'aspect musicothérapeutique et les différentes techniques amenant à être créatif pourraient, eux aussi, être davantage développés. L'improvisation et quelques jeux nommés ici en font partie, mais il en existe d'autres et de nombreux qui mériteraient d'être cités et exploités.

La complexité du son, de l'acte musical, de l'acte de créer, du concept de la schizophrénie et de l'apport de la phénoménologie ne rendent pas ce sujet aisé, et l'auteur, maniant avec peu de recul des concepts métaphysiques, s'en excuse. Néanmoins, la théorie amenant à une réflexion personnelle est un atout quant à une recréation de soi dans sa pratique quotidienne, et l'auteur en est conscient. Aussi, au sortir de cette écriture, se sent-elle prête à être créative et à poursuivre, peut-être différemment, peut-être exactement à l'identique, son travail en musicothérapie.

EPILOGUE
Sans a priori ni jugement

Un homme tomba dans un trou et se fit mal.

Un cartésien se pencha et lui dit : « Vous n'êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou ».

Un spiritualiste le vit et dit : « Vous avez dû commettre quelque péché ».

Un scientifique calcula la profondeur du trou.

Un journaliste l'interviewa sur ses douleurs.

Un yogi lui dit : « Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur ». Un médecin lui lança deux comprimés d'aspirine.

Une infirmière s'assit sur le bord et pleura avec lui.

Un thérapeute l'incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans ce trou.

Une pratiquante de la pensée positive l'exhorta : « Quand on veut, on peut ! » Un optimiste lui dit : « Vous auriez pu vous casser une jambe ».

Un pessimiste ajouta : « Et ça risque d'empirer ! »

Puis un enfant passa et lui tendit la main pour l'aider à sortir...

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