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Participation des populations au développement local: cas de la commune rurale de Koumban, préfecture de Kankan (Guinée)

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par Ahmadou Lamarana DIALLO
Université Julius N'yéréré de Kankan - Master 1- Sociologie 2008
  

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CHAPITRE I

PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESE

Le chapitre 1 comprend trois sections : la première section traite de la problématique, la deuxième porte sur les objectifs et la troisième section réfère à l'hypothèse de recherche.

Section 1. Problématique

1.1. Problématique générale 

Le développement de toute communauté passe tout d'abord par elle-même, car c'est elle qui connait mieux que qui conque ses besoins et ses ambitions, ainsi, à travers ses propres ressources humaines et matérielles, elle peut satisfaire certains de ses besoins. Pour permettre une amélioration des conditions de vie socioéconomique des populations en général et celles rurales en particulier, certains gouvernements pour leur part, introduisent des politiques innovantes pour appuyer le monde rural, qui est beaucoup plus marqué par la pauvreté que les milieux urbains.

En Inde par exemple, où les espaces ruraux demeurent l'élément le plus pauvre de la nation indienne, la révolution verte, mise en place dans les années 1960-1970, a cependant contribué à l'autosuffisance alimentaire du pays et à l'éradication de la famine. Toutefois, le bénéfice de cette politique a été inégal suivant les régions. Le Punjab, où ont été particulièrement développées les techniques agronomes de pointe et qui est un véritable grenier à blé pour l'Inde, en a été le principal bénéficiaire. En revanche, dans certaines régions, comme le Maharastra ou l' Andhra Pradesh, les paysans sont fréquemment criblés de dettes et sont la proie des usuriers. On assiste dans ces régions du centre, par ailleurs fréquemment victimes de dures sécheresses, à de véritables « épidémies de suicides » dans les communautés de paysans. (Wikipedia, 2011).

Pour la nécessité de provoquer un changement d'attitude chez tous ceux qui étaient socialement puissants, afin qu'ils acceptent la participation de la base à la planification et la gestion du développement local pour tous ceux qui ont été socialement marginalisés pour des raisons de caste, d'ethnie ou de genre, le gouvernement indien a établi une base juridique solide le 73ème amendement constitutionnel, adopté en 1992, pour la participation des ruraux pauvres aux institutions gouvernementales locales (niveaux régional, sous-régional et villageois). Près de 328 000 Panchayats (conseils villageois), représentant environ 600 000 villages, ont été constitués et près de trois millions de personnes vivant en milieu rural ont été élus dans les organismes dirigeants des Panchayats. Le gouvernement indien a reconnu la nécessité de former ces membres de Panchayats dont la majorité est illettrés ou semi illettrés et non préparés à la responsabilité de la gouvernance locale, pour développer leurs compétences en matière de développement local durable. La préparation a impliqué une action massive d'éducation et de formation et la mise en place des méthodes et des outils de formation adaptés au développement local participatif (FAO, 2011).

En Chine voisine, les transformations structurelles se sont accompagnées d'une forte croissance du revenu des ruraux. Suite à l'introduction du système de responsabilité familiale, l'approche participative, dans l'agriculture, entre 1978 et 1984, le revenu rural a augmenté à un taux exceptionnellement élevé (+14,2 % par an). En zone rurale, le revenu réel par habitant s'est accru au taux annuel moyen de 6,4 % entre 1978 et 2003, contre seulement 1,7 % pour la période 1957-1977, l'époque des communes populaires. La croissance a ralenti dans la deuxième moitié des années 1980 (+1,9 %) due à une remise en cause des réformes à partir de 1986. Pendant la période de recul des réformes (1989-1991) caractérisée par une politique macro-économique extrêmement restrictive, la croissance du revenu rural a stagné (+0,6 %) ; l'année 1989 a même enregistré une baisse de 7,4 % par rapport à l'année précédente. Ensuite, la reprise des réformes a ouvert une nouvelle phase de forte croissance du revenu rural entre 1992 et 1996 (+7,9 %). (YANG, 2008).

OUEDRAOGO, cité par MOYENGA, (2000), explique cette approche comme une « dynamique de développement organisée avec et par les intéressés. C'est un consensus librement construit sans heurts, sans conflit internes ni externes, avec le consentement de toutes les catégories sociales en présence ».

En Afrique du Nord, le Maroc est l'un des pays qui ont adopté l'approche participative de développement. En effet, depuis que le Maroc a opté pour la décentralisation, affirme BAJEDDI (2002), en matière d'approches participatives, des projets dits "participatifs" de développement rural ont été initiés dans des conditions caractérisées par l'improvisation et le manque de perspectives prédéfinies. Le Maroc, ne dispose pas de stratégies et d'outils participatifs répondant aux conditions de réussite de la décentralisation du développement rural, a abouti à un bilan particulièrement négatif et à des résultats décevants.

Il ressort du bilan de l'action de l'approche participative dans des projets de développement rural, que les conditions requises et nécessaires pour assurer la réussite et la pérennité des projets participatifs n'étaient pas réunies à savoir :

- le cadre de politique générale et les institutions n'étaient pas ouverts à une prise de décision décentralisée ;

- les populations ne sont pas en mesure de constater que leur participation leur rapporte des avantages économiques et/ou sociaux permanents ;

- absence de formation spécifique et d'autres formes d'appui au renforcement des capacités institutionnelles ;

- la mise en oeuvre des approches participatives n'a pas abordé la question du renforcement des capacités des institutions et organisations participatives. L'Etat n'a pas fourni les ressources supplémentaires, en temps et en argent, nécessaires pour couvrir les coûts récurrents associés aux projets participatifs.

La raison de ce bilan négatif en est essentiellement le manque de méthodes et outils de mise en oeuvre des approches participatives de développement rural qui répondent à ces conditions de réussite. Ceci est d'autant plus vrai que la tendance à la réduction des effectifs dans la fonction publique, sans toutefois que cette réduction soit comblée à l'échelle locale, la participation très limitée de la société civile et le manque flagrant de moyens adéquats de communication ont eu également une incidence négative sur l'utilité et la rentabilité des outils participatifs proposés. (BAJEDDI, 2002).

Au Zimbabwe la question foncière constitue un enjeu socio-politique majeur. L'inégale répartition des terres constitue, en effet, un lourd héritage historique lié à la ségrégation raciale et la colonisation. A la veille de l'indépendance en 1980, 5.000 propriétaires blancs (the white farmers) détenaient la moitié des terres arables, soit 15 millions d'hectares. Les populations noires étaient cantonnées sur des terres communautaires dans les zones rurales les moins productives. Le nouvel Etat se fixe néanmoins un objectif ambitieux, la réforme agraire: redistribuer en trois années 11 millions d'hectares à 120.000 familles. En 1989, un million d'hectares a été redistribué et en 1990, moins de 20.000 familles ont été installées sur ces terres. Mais cette réforme n'entraînera pas les effets escomptés, pour des raisons d'incohérence de la réforme. Faute de moyens, l'Etat a été également incapable de mettre en oeuvre une politique agricole de soutien (crédit, fourniture d'engrais, formation, etc.) pour aider ses nouveaux paysans.

En 2007, une personne sur trois (soit quatre millions de Zimbabwéens) était menacée par la famine. Par ailleurs, l'expropriation des fermiers blancs a entraîné la mise au chômage de nombreux employés agricoles, dans la mesure où l'activité n'a généralement pas été poursuivie de la même manière par les nouveaux propriétaires. 350.000 travailleurs agricoles étaient ainsi employés au sein des 4.500 fermes blanches et faisaient vivre 2 millions d'habitants avant l'indépendance. Début 2003, seulement 100.000 travailleurs étaient encore employés, (CRIDEV, 2007).

En plus de l'environnement politique défavorable, cet échec serait dû en partie au fait que les paysans n'étaient pas suffisamment préparés à assumer la responsabilité de la gestion des fermes agricoles commerciales ; ayant été longtemps exclus de la participation au niveau supérieur du développement local, et selon J.N. DIOP (2008), « la participation est un long processus d'appropriation des règles du jeu décisionnel par les populations qui deviennent à la fin des acteurs du changement » ; en réalité c'est ce qui manquait aux fermiers noirs zimbabwéens.

Le Sénégal, l'un des premiers pays à adopter la politique de la décentralisation en Afrique francophone, s'est beaucoup investi dans le développement rural. On y souligne l'existence d'un Projet de Développement Local Participatif (PDLP).La Banque mondiale a approuvé un crédit d`environ 25 milliards de francs CFA pour soutenir le Sénégal dans sa stratégie de réduction de la pauvreté de moitié d'ici à 2015, à travers ce projet dont les objectifs sont entre autres :

- Appuyer les collectivités locales et les communautés de base pour accroitre l'accès de la frange de la population la plus pauvre aux services sociaux essentiels (éducation, santé, eau, etc.) grâce à une stratégie basée sur la demande et la planification locale.
- Assister le gouvernement à asseoir un cadre effectif pour un développement local participatif, une décentralisation et une mobilisation des ressources pour les collectivités locales et les communautés responsables de la fourniture des services essentiels en milieu rural et dans les milieux urbains pauvres ( www.pndl.com,2011).


L'Etat appuie aussi les programmes comme Le POGV (Projet d'Organisation et de Gestion Villageoise) qui est sous la tutelle du ministère de l'agriculture et de l'élevage, avec un financement de près de 14,69 milliards de francs CFA. Il a pour but d'intervenir dans 34 communautés rurales. Il entend lutter contre la pauvreté en milieu rural, aider les populations ciblées à développer leurs propres capacités d'organisation. Le projet est intervenu dans la mise en place de 23 Comités Villageois de Développement CVD dont 20 disposants d'un plan villageois de développement PVD et il appuie les villages en matériel didactique, équipement et indemnisation des relais alphabétiseurs. Cette stratégie a fait preuve d'efficacité dans le développement local comme le soutien DIOP (2008) «  le processus d'organisation de cette participation du POGV a relevé quantitativement et qualitativement les conditions de vie des populations de Fandène, CVD du nord du Sénégal».

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery