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Politique monétaire et croissance économique en zone CEMAC: une évaluation empirique en données de panel

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par SIMONYANNICK FOUDA EKOBENA
Université de Yaoundé II - DEA / Master 2 2010
  

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b) La politique monétaire de la BEAC depuis 1990

Dès 1990, les autorités monétaires de la BEAC ont entrepris des réformes significatives qui consistent à l'abandon des mécanismes rigides au profit des méthodes de régulation plus souples, proche du marché. Ces réformes concernent la politique des taux d'intérêt, la mise en place d'un nouveau dispositif prudentiel avec le fonctionnement effectif de la COBAC15 et l'instauration du marché monétaire et de la programmation monétaire.

La politique rénovée des taux d'intérêt passe par la suppression des taux privilégiés et bonifiés et le relèvement progressif du taux des avances aux Trésors. Cette politique introduit également une grande flexibilité dans le maniement des taux d'intérêt qui sont fixés en fonction de la conjoncture internationale et de la situation économique et financière des Etats. Elle permet enfin la libéralisation des conditions de banques avec un élargissement des marges bancaires qui favorise une régulation par le marché et non plus par une détermination administrative des taux. Le principe de base est celui de la négociation entre banques et clients ; seuls deux taux sont fixés à savoir le taux débiteur maximum et le taux créditeur minimum.

La BEAC utilise quatre taux directeurs fixés par le Gouverneur par délégation du conseil d'administration. Ces taux sont : le taux d'intérêt sur les appels d'offres « positifs » (TIAO) 16; le taux d'intérêt sur les placements des banques (TIPS) 17; le taux d'intérêt des prises de pension (TIPP) 18et le taux de pénalité aux banques (TP)19.

15 Commission Bancaire d'Afrique Centrale, organe chargé de la supervision et de la surveillance de l'activité bancaire dans la sous-région CEMAC.

16 LE TIAO est un taux de refinancement accordé aux banques qui y soumissionnent, fixé dans le cadre des appels d'offres « à la française » en tenant compte de la conjoncture interne et externe. Il constitue le principal taux directeur de la BEAC. En général, le coût de la monnaie centrale mise à la disposition du système bancaire tient compte des taux pratiqués sur le compartiment interbancaire du marché monétaire.

La mise en place du marché monétaire a été effective à partir du 1er Juillet 1994. Un des objectifs visés par la création d'un marché monétaire est de modifier les conditions de refinancement. Le marché monétaire est organisé à deux niveaux à savoir, le marché interbancaire, compartiment sur lequel les établissements de crédit échangent leurs excédents de liquidité et le compartiment des interventions de la Banque Centrale où celle-ci est amenée à intervenir pour refinancer le système bancaire.

La BEAC utilise depuis l'instauration du marché monétaire, les instruments directs pour ses interventions. Elle dispose de trois types d'instruments à savoir, les plafonds de refinancements des banques, les taux d'intérêt et les réserves obligatoires.

Le but de la programmation monétaire est de faire des prévisions sur un an des agrégats monétaires et de déterminer le montant maximum des concours de la BEAC. Sa démarche est macroéconomique et prend implicitement en compte l'évolution de l'activité économique, l'objectif des avoirs extérieurs et la situation des finances publiques. Il s'agit concrètement d'arrêter des objectifs de croissance des agrégats de monnaie et de refinancement compatibles avec l'objectif final de la politique monétaire. Ainsi une relation est établie entre politique monétaire, politique budgétaire, perspectives de croissance et contrainte extérieur. Entrée en vigueur au Cameroun le 1er Septembre 1991 et le 1er Janvier 1992 dans les autres pays de la sous-région.

L'objectif final de stabilité de la monnaie 20est clairement énoncé dans les statuts de la BEAC (2007) à l'article 1er. Il est également défini par l'article 21 de la convention régissant l'UMAC.

D'un point de vue théorique, la BEAC après la réforme de 1990, a adopté deux principes essentiels que l'on peut attribuer à la théorie monétariste. Le premier consiste à faire de la stabilité des prix le but ultime de la politique monétaire. Ce principe découle du fait que la stabilité des prix est reconnue comme condition nécessaire pour garantir une évolution

17 Le TIPS est appliqué dans le cadre des appels d'offre négatifs en prenant en compte l'évolution des facteurs tant internes qu'externes de manière à limiter la sortie des capitaux sans pour autant créer la déprime au niveau des transactions interbancaires. Il a été instauré en janvier 1996 et varie selon les échéances (7,28 et 84 jours).

18 Le TIPP est égal au taux des appels d'offres majoré de 1,5 à 3 points.

19 Le taux de pénalité est supporté par les établissements de crédit en cas de manquements graves à la réglementation bancaire, aux règles de distribution du crédit, et à titre exceptionnel en cas de découvert en l'absence de papier éligible. Ce taux est égal à deux fois le TIAO.

20 La stabilité monétaire comprend comprend d'une part la stabilité interne qui correspond à un taux d'inflation faible et d'autre part la stabilité externe qui renvoie à un taux de couverture de la monnaie suffisant ( le seuil minimal est de 20% d'après la BEAC).

durable d'une économie le long de son sentier de croissance potentiel. Le deuxième consiste à accepter le postulat selon lequel l'inflation est phénomène essentiellement monétaire. Il découle de la TQM qui met en exergue le rôle causal de la monnaie dans le processus inflationniste de long terme lorsque la vitesse de circulation des agrégats de monnaie est stable. Au sein de l'école monétariste, ces principes eurent comme implication la plus notable la recommandation formelle faite par Friedman (1960) à la FED21 d'utiliser une règle passive de politique monétaire sous forme d'un objectif de croissance de la monnaie centrale de 4% par an (soit au même rythme que le produit réel global).

Au niveau des performances empiriques, la BEAC connaît une relative stabilité des prix. Depuis près d'une décennie, le taux d'inflation de la BEAC oscille entre 0,5% et 6%. Cette relative stabilité de la BEAC cache quelques périodes de tensions inflationnistes enregistrées par les pays membres. En dehors de la forte pression inflationniste des années 1994 et 1995 due en partie à la dévaluation du Franc CFA, certains pays au cours de la période connaissent des taux d'inflation à deux chiffres c'est le cas du Tchad en 2001 avec une inflation de 12,4% et du Congo en 1997 qui enregistre un taux de 16,6%. La Guinée-équatoriale fait égale ment face à une inflation élevée avec 8,8% ; 7,6% ; et 7,3% respectivement en 2001 ; 2002 et 200322 . Il convient de noter que ces pays ont souvent connu des taux d'inflation négatifs et que ces taux d'inflation élevés sont en partie la conséquence du boom pétrolier observable dans la plupart des pays de la sous-région (Mondjeli, 2008).

21 Federal Reserve Bank

22 Statistiques tirées des rapports annuels de la BEAC.

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