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Politique monétaire et croissance économique en zone CEMAC: une évaluation empirique en données de panel

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par SIMONYANNICK FOUDA EKOBENA
Université de Yaoundé II - DEA / Master 2 2010
  

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1 - 2) Evolution de la masse monétaire et de la croissance économique en zone CEMAC

En général, les agrégats représentent des grandeurs synthétiques obtenues par divers postes de la comptabilité nationale. En particulier, les agrégats monétaires sont des grandeurs globales qui essayent de déterminer les différents avoirs monétaires des agents non financiers en l'occurrence leur capacité potentielle de dépense.

Ils permettent ainsi de mesurer la quantité de monnaie dans le but d'en contrôler l'évolution. La masse monétaire d'un pays ou d'une zone économique est l'ensemble des valeurs susceptibles d'être converties en liquidités, c'est l'agrégat de la monnaie fiduciaire, des dépôts bancaires et des titres de créances négociables, tous susceptibles d'être immédiatement utilisables comme moyen de paiement. Elle est suivie par les Banques Centrales et publiée, offrant aux acteurs économiques une précieuse indication sur la possible évolution des prix selon la théorie quantitative de la monnaie.

Mesurer les agrégats monétaires et les contrôler permet de contrôler également la quantité de monnaie en circulation dans une économie. On peut donc mesurer les agrégats monétaires par des sigles biens déterminés à l'exemple de M1, M2, M3, M4, L, P1, P2, P3...etc

Il est commode en général d'utiliser les statistiques monétaires officielles données sous forme d'agrégats monétaires, dès lors, dans le cadre de la présente étude, nous nous limiterons aux agrégats M1 à M2.

Il convient d'expliciter ce que représentent ces sigles :

- M1 représente les disponibilités monétaires et correspond aux billets, pièces et dépôts à vue. C'est la monnaie sous sa forme élémentaire.

- M2 représente les disponibilités quasi monétaires. Ce sont des actifs non monétaires mais facilement et rapidement transformable en monnaie sans perte appréciable de capital.

M2 se compose de M1 + les dépôts à termes inférieurs ou égaux à deux ans et les dépôts assortis d'un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois.

- M3 représente les liquidités de l'économie, il se compose de M2 + les instruments négociables sur le marché monétaire émis par les institutions financières monétaires (IFM), et qui représentent des avoirs dont le degré de liquidité est élevé avec peu de risque de perte de capital en cas de liquidation.

- M4 correspond à M3 plus les Bons du Trésor, les billets de trésorerie et les bons à

moyen terme émis par les sociétés non financières.

Aujourd'hui, l'agrégat le plus retenu comme cibles par les autorités monétaires est l'agrégat M2. Une illustration de cet état de chose est l'exemple de la Réserve fédérale des Etats-Unis qui a cessé la publication de l'agrégat monétaire M3, le 23 mars 2006 pour retenir en priorité l'agrégat monétaire M2, c'est également l'agrégat retenu par la BEAC pour suivre l'évolution de la quantité de monnaie en circulation.

Les Banques Centrales peuvent faire par mesure réglementaire varier la masse monétaire : en autorisant les banques à prêter une proportion plus ou moins grande des fonds qu'elles ont en dépôt, il est possible par exemple de faire varier la quantité de liquidités en circulation. Un outil plus courant est de faire varier son taux directeur qui a une incidence sur le taux des prêts (et de l'épargne) bancaires.

Les monétaristes considèrent que le niveau de la masse monétaire est important parce qu'il a un impact direct sur l'inflation selon l'équation :

MV = PQ

Où M représente la masse monétaire, V la « vélocité de la monnaie », le nombre de fois qu'une unité monétaire change de main chaque année, P le prix moyen des produits vendus chaque année et Q la quantité moyenne vendue chaque année.

En d'autres termes, si la masse monétaire augmente plus vite que la croissance du produit national brut, il est selon eux plus que probable que l'inflation va suivre.

Graphique 1: Evolution du PIB et de la masse monétaire au sens M2

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PIB M2

Source:Construit par l'auteur à partir des données du World Development Indicators (2008)

Tableau 1: L'évolution par pays des taux de croissance de M2 et du PIB entre 1986et 2006

Pays

Période 1986-2006

Commentaires sur les évolutions respectives du taux d'inflation (IPC) et du taux de croissance (PIB)

Cameroun

PIB max 5,1% (1997) PIB min 3,3% (1995)

M2 max 26% (1995) M2 min -16% (2000)

Le PIB minimal et la quantité de monnaie (m2) maximale interviennent la même année. Le taux de croissance de la monnaie présente une tendance à la décroissance au rythme de 1% par an. Le PIB maximal cohabite avec un accroissement monétaire positif.

RCA

PIB max 7,5% (1997) PIB min -8,1% (1996)

M2 max 78,2% (1995) M2 min -6,2% (1998)

Le taux de croissance est faible mais positif. Il tend à décroître. Le taux de croissance de la monnaie présente une tendance à la décroissance. Le PIB maximal cohabite avec un taux de croissance de la monnaie de 5,6%.

Congo

PIB max 8,2% (2000) PIB min -3% (1999)

M2 max 58,52% (1997) M2 min -11,2% (2000)

Le PIB maximal et l'offre de monnaie minimale interviennent la même année. Le taux de croissance est faible avec une tendance à la décroissance. Le PIB maximal cohabite avec un taux de croissance de la monnaie de -11,2%.

Gabon

PIB max 5,7% (1997) PIB min -8,9% (1999)

M2 max 10% (1995) M2 min -0,7% (1999)

Le PIB minimum est atteint la même année que l'offre de monnaie minimale. Le taux de croissance est faible avec une tendance à la baisse. L'offre de monnaie est faible et décroissante. Le PIB maximal cohabite avec une offre de monnaie de 4,1%.

Guinée Equatoriale

PIB max 151,4% (1997) PIB min 14,1% (1995)

M2 max 139,2% (1995) M2 min -51,9% (1997)

Le PIB minimum est atteint la même année que l'offre de monnaie maximale. Le taux de croissance explose entre 1995 et 1997 puis décroît mais reste élevé. Le taux de croissance de la monnaie est élevé.

Tchad

PIB max 7,7% (1998) PIB min -1,7% (1999)

M2 max 52,25% (1996) M2 min -13,13% (1999)

Le PIB minimum est atteint la même année que l'offre de monnaie minimale. Le taux de croissance est faible avec une tendance à la hausse. Le taux de croissance de la masse monétaire baisse tout au long de la période et remonte en 2000.

Source : Construit par l'auteur à partir de l'observation des données sur le WDI 2008

Analyse du tableau obtenu au cours de la période

La lecture du tableau ci-dessus laisse apparaître des résultats positifs et des résultats négatifs tant dans le secteur réel que dans le secteur monétaire. L'activité économique reste très contrastée durant cette période. Dès 1992, le PIB se raffermit. Cela coïncide avec une baisse de l'offre de monnaie. L'on passe ainsi de 36,8% en 1994 à 3% en 2002, puis 1,3% en 2003. Si l'on s'en tient aux chiffres, cette période est caractérisée par une progression de l'activité économique, surtout au Cameroun et en Guinée-équatoriale. Le taux de croissance de la masse monétaire se situe en moyenne autour de 4-5%. Somme toute, les résultats de la zone CEMAC semblent globalement positifs. Cependant il y a aussi des résultats négatifs.

Dès 1999, l'on assiste à une tendance généralisée de la croissance à la baisse dans la zone CEMAC. En effet, le Congo et le Gabon renouent avec des taux de croissance négatifs. Le Congo notamment évolue dans une conjoncture défavorable à la croissance économique, caractérisée par la persistance des tensions politico-militaires, par la baisse des cours du pétrole qui induisent une dégradation non négligeable des termes de l'échange. Ainsi ce pays enregistre en 1994 un taux de croissance du PIB réel égal à -5,5%. Dans le cas du Gabon, le recul de la production pétrolière, la forte dépendance de l'économie gabonaise par rapport au marché interne, qui souffre alors d'un ralentissement de la demande liée à la chute des revenus issus du secteur pétrolier, sont quelques facteurs susceptibles d'expliquer la récession à laquelle le pays fait face dans les années 1999 à 2000 (-8,9% en 1999 et -1,9% en 2000). Le Cameroun non plus ne sera pas en reste, il présente dès 1997 une décroissance progressive du taux de croissance du PIB réel. Cette analyse met à jour la spécificité de la relation monnaie et croissance économique en zone CEMAC.

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