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Politique monétaire et croissance économique en zone CEMAC: une évaluation empirique en données de panel

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par SIMONYANNICK FOUDA EKOBENA
Université de Yaoundé II - DEA / Master 2 2010
  

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LISTE DES ABREVIATIONS

AIC : Critère d'information de Akaike ADF : Augmented Dickey-Fuller

BAD : Banque Africaine de Développement BCE : Banque Centrale Européenne

BCEAO : Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest

BEAC : Banque des Etats de l'Afrique Centrale

BCEAEC : Banque centrale des Etats de l'Afrique Equatoriale et du Cameroun

CAF : Centrafrique

CEMAC : Communauté Economique et Monétaire d'Afrique Centrale

CMR : Cameroun

COBAC : Commission bancaire d'Afrique Centrale COG : Congo

FBCF : Formation brute du capital fixe

FCFA : Franc Coopération Financière Africaine FED : Federal Reserve Bank

FF : Franc français

FMI : Fonds Monétaire international GAB : Gabon

IPC : Indice des prix à la consommation MCO : Moindres carrés ordinaires

NEC : Nouvelle école classique

NEK : Nouvelle école keynésienne

PED : Pays en développement

PME : Petites et moyennes entreprises PIB : Produit intérieur brut

TCD : Tchad

TIAO : Taux d'intérêt sur appel d'offre TIPP : Taux d'intérêt des prises de pension

TIPS : Taux d'intérêt sur les placements des banques TP : Taux de pénalité des banques

TQM : théorie quantitative de la monnaie PAS : Programme d'ajustement structurel PNB : Produit national brut

SIC : Critère d'information de Schwartz

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

UMAC : Union Monétaire d'Afrique Centrale UME : Union Monétaire Européenne

UMOA : Union Monétaire Ouest Africaine ZFCFA : Zone Franc CFA

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : L'évolution par pays des taux de croissance de la masse monétaire (M2) et du
PIB entre 1986 et 2006 ....45
Tableau 2 : Description des variables, signes attendus et source des données du modèle

1 50

Tableau 3 : Résultats de l'estimation du panel dynamique ....53

Tableau 4 : Signes attendus et signes obtenus

des variables explicatives du modèle 1 54

Tableau 5 : Description des variables, signes attendus et source des données du modèle 2 79

Tableau 6 : Résultats de l'estimation du modèle à effets aléatoires 82

Tableau 7 : Signes attendus et signes obtenus

des variables explicatives du modèle 2 83

LISTE DES ANNEXES

Annexe 1 : Courbes d'évolution des taux de croissance et d'inflation par pays 94

Annexe 2 : Résultats des tests de racine unitaire 97

Annexe 3 : Résultats des tests de Hausman, de normalité des résidus et de Fisher ..98

Annexe 4 : Résultats des estimations, tests de significativité individuelle 100

INTRODUCTION GENERALE

A la fin des années 1960, l'incapacité de la théorie keynésienne à expliquer la montée parallèle de l'inflation et du chômage, va marquer un grand tournant dans l'histoire de la pensée économique. On va assister à la remise en cause de la dichotomie bloc réel/bloc monétaire et l'idée que la sphère monétaire ne peut affecter la sphère réelle de l'économie. La politique monétaire, longtemps demeurée au second plan en raison de l'audience des idées keynésiennes qui lui ont donné un simple rôle de complément de la politique budgétaire va alors connaître un regain d'intérêt. De plus, les modèles de croissance endogène en précisant le fait que le développement des banques a un effet positif sur la croissance économique en allouant une plus grande quantité d'épargne aux investissements marquent implicitement l'importance de la politique monétaire pour tout objectif de croissance économique (RAMSEY ,1993).

La fin de la décennie 1970 va être marquée par une crise économique mondiale qui ne va pas épargner les pays Africains. Cette crise économique va conduire à la fin des années 1980 dans les pays qui constituent aujourd'hui la CEMAC1 à une grande vague de réformes. Les programmes d'ajustement structurel (PAS) ont ainsi été défini, avec pour clauses fondamentales : la libéralisation de l'économie, la réduction des dépenses étatiques etc.... (TOUNA MAMA, 1999). De manière générale les politiques économiques mises en oeuvre par les pays de la CEMAC et plus particulièrement la politique monétaire vont se voir imposer de profondes modifications au début des années 1990. On va donc assister à la mise sur pied d'une nouvelle politique monétaire par la BEAC2 qui va rompre avec le statisme qui la caractérisait jusque là (BEKOLO EBE, 2001). En effet, la politique monétaire menée jusque là par la BEAC était restée tributaire des objectifs qui ont conduit à la mise en place du système monétaire et financier, à savoir développer une économie de cultures de rente ou d'exploitation minière permettant d'assurer l'approvisionnement de la métropole. Ce statisme se caractérise aussi par le fait que la politique monétaire se réduisait à un seul instrument de caractère quantitatif, celui de la fixation des côtes globales de crédit.

1 La communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique Centrale (CEMAC) a été crée en 1996 et est composée de six pays à savoir : le Cameroun, La RCA, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad.

2 Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC), c'est l'institut d'émission des pays membres de la CEMAC

Les réformes monétaires ainsi entreprises amènent à s'interroger de façon générale sur l'impact de la politique monétaire sur la croissance économique en zone CEMAC.

On entend par politique monétaire l'ensemble des actions engagées par les autorités monétaires et la Banque Centrale en vue de modifier les conditions monétaires et financières de l'économie (De Mourgues, 1988). On peut aussi la définir comme l'ensemble des modalités suivant lesquelles les autorités monétaires emploient certains instruments pour influencer les objectifs opérationnels et intermédiaires de la politique économique à travers les variables monétaires. La politique monétaire est enfin l'action par laquelle l'autorité monétaire, en général la Banque Centrale, agit sur l'offre de monnaie dans le but de remplir son objectif de stabilité des prix. Elle tâche également d'atteindre les autres objectifs de la politique économique, qualifié de triangle keynésien : la croissance, le plein emploi, et l'équilibre extérieur.

Avant les réformes monétaires de 1990 dans la zone CEMAC, la pratique des plafonds globaux de refinancement des banques commerciales, permettait de déterminer un montant maximum d'intervention de la Banque Centrale à partir des prévisions de déficit des banques. Pour pallier aux insuffisances de cet instrument, on a assisté à la mise en place de la programmation monétaire, le 1er Septembre 1991 au Cameroun et le 1er Janvier 1992 dans les autres pays de la CEMAC (BEAC, 2002). Cette nouvelle technique permet à la Banque Centrale d'arrêter les objectifs monétaires et de crédit ainsi que le montant de refinancement des établissements de crédit en fonction de l'évolution du contexte macroéconomique. Elle lie la croissance de la masse monétaire au comportement des indicateurs macroéconomiques que sont : le solde budgétaire public, les avoirs extérieurs nets (AEN), l'indice des prix à la consommation et surtout le produit intérieur brut (PIB). Une relation est alors établie entre la politique monétaire, la politique budgétaire, la contrainte extérieure et les perspectives de croissance économique. A côté de la mise en place de la programmation monétaire, les autres réformes monétaires visaient deux autres points, d'une part, la politique rénovée des taux d'intérêt avec la libéralisation du contrôle des taux d'intérêt ; et d'autre part le lancement du marché monétaire de la sous région qui est devenu opérationnel le 1er Juillet 1994. Ainsi avec l'instauration de la programmation monétaire par la BEAC, une étroite relation lie la politique monétaire à la croissance économique.

La croissance économique désigne l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes d'un indicateur de dimension notamment le produit intérieur brut (Barro et Sala-iMartin, 1995). La croissance est un concept plus restrictif que celui de développement qui

désigne l'ensemble des transformations techniques, sociales et culturelles accompagnant la croissance de la production. Les théories de la croissance ont connu une évolution dans le temps. En effet, il y a d'abord les théories traditionnelles de la croissance qui prennent leur origine chez les classiques. Ce sont eux qui, les premiers, ont posé les jalons d'une théorie de la croissance. Les conclusions de Marx rejoignent celles des Classiques selon lesquelles la croissance n'est pas un phénomène durable. Le déclin de la croissance trouve son origine dans les rendements d'échelle décroissant de l'industrie.

Dans les années 1940, deux économistes se réclamant de l'école keynésienne proposent des modèles de croissance qui reprennent certaines idées de Keynes et les prolongent dans le long terme. A cette vision pessimiste donnée par les modèles keynésiens a succédé, au milieu des années 1950, une présentation plus optimiste de Solow (1956). Il décrit un modèle de croissance naturelle. Autrement dit, la croissance peut être optimale sans intervention externe (publique). Dans les années 1980 apparaissent les théories de la croissance endogène avec des auteurs tels que (Romer, 1986,1990) et (Lucas, 1988) qui vont remettre en cause certaines conclusions du modèle de Solow. Il s'agit de la prise en compte des externalités et du capital humain dans l'explication de la croissance. Une nouvelle théorie de la croissance verra le jour dans les années 1990, avec des auteurs tels que Le Bihan (1997), Sterdyniac (1997), Cour (1997), cette théorie préoccupée par des considérations de moyens terme est désignée sous le vocable théorie de la croissance potentielle. En effet, le concept de base de cette théorie est la production potentielle, c'est-à-dire le niveau maximal de production soutenable à long terme sans tension excessive de l'économie et plus précisément sans accélération de l'inflation.

C'est à la faveur de la théorie de la croissance endogène que la politique monétaire prend une part importante dans la littérature de la croissance économique. De plus, les objectifs de la politique monétaire rejoignent les objectifs de la politique économique dont elle est l'un des principaux instruments avec la politique budgétaire (croissance, plein emploi, stabilité des prix et équilibre extérieur). La politique monétaire agit sur ces objectifs à travers ses objectifs intermédiaires.

En ce qui concerne la zone CEMAC, le constat suivant peut être fait quant à l'évolution de la quantité de monnaie en circulation au sens M2 (billets de banque + pièces métalliques + dépôts à vue + comptes sur livret auprès des établissements de crédit) et du taux de croissance du PIB sur la période qui va de 1970 à aujourd'hui.

Selon les statistiques de la Banque Mondiale, pour les pays de la CEMAC l'on a observé un taux de croissance négatif entre 1977 et 1980 alors que le taux de croissance de la masse monétaire se situait entre 38,1% et 21 ,38%. Entre 1987 et 1994, l'on a observé un taux de croissance faible compris entre 1% (1994) et -6,1% (1987) tandis que le taux de croissance de la masse monétaire était négatif -4,2% (1986) puis -18,3% (1987) et -9,2% en (1993) avant de redevenir positif en 1994 (26,54%). En ce qui concerne l'inflation, elle était de 7,3% en 1986 puis 26% en 1994 et 4,5% en 2001.

On observe que depuis 1997 le taux de croissance de la masse monétaire est redevenu positif tandis que le taux de croissance du PIB est faible autour de 4,5%.

Globalement, on remarque que quand la masse monétaire augmente, l'inflation augmente tandis que le PIB diminue.

Alors se pose le problème de la spécificité de la relation qui existe entre le taux de croissance de la masse monétaire et le taux de croissance du PIB dans la zone CEMAC.

Les réformes monétaires des années 1990 dans la zone CEMAC ont conféré à la politique monétaire commune davantage de flexibilité et d'efficacité dans la poursuite de l'objectif primordial de la sauvegarde de la stabilité interne et externe de la monnaie3. On peut cependant s'interroger sur l'impact de la politique monétaire sur l'activité économique dans la zone CEMAC.

En première lecture, il ressort de la problématique de notre étude le débat de la neutralité ou non de la monnaie, analysé comme l'étude des rapports entre sphère monétaire et sphère réelle notamment à travers les effets d'une variation de la masse monétaire sur la sphère réelle.

Mais la question va au-delà de cette interrogation sur la neutralité de la monnaie. Elle nécessite d'étudier les canaux de transmission qui relient la sphère monétaire à la sphère réelle. Cet approfondissement fait apparaître l'enjeu implicite d'un tel sujet.

Ainsi la question principale de notre recherche est la suivante : Quel est l'impact de la politique monétaire sur la croissance économique en zone CEMAC ?

Cette interrogation principale aboutie à deux questions spécifiques :

D'une part, la politique monétaire axée sur la manipulation des agrégats de monnaie et de crédit a-t-elle un impact sur la croissance économique en zone CEMAC ?

3 La stabilité monétaire comprend d'une part la stabilité interne qui correspond à un taux d'inflation faible et d'autre part la stabilité externe qui renvoie à un taux de couverture de la monnaie suffisant (le seuil minimal est de 20% d'après la BEAC).

D'autre part, le maintien de la stabilité des prix qui est l'objectif principal de la politique monétaire de la BEAC est-il favorable à la croissance économique en zone CEMAC. ?

La revue de la littérature économique fait ressortir aussi bien au plan théorique qu'empirique un débat sur l'impact de la politique monétaire sur l'activité économique.

Sur le plan théorique, MUNDELL (1962), a montré que l'action monétaire est inefficace sauf en régime de changes flexibles quelque soit le degré de mobilité des capitaux. En effet selon MUNDELL, dans un régime de changes flexibles, la mobilité des capitaux implique une relation simple entre le taux d'intérêt et le taux de change .la politique monétaire expansionniste entraîne une baisse des taux d'intérêt qui relance la production.

TOBIN (1965) quant à lui cherche à discuter du rôle des variables monétaires dans la détermination de degré d'intensité du capital dans une économie, il utilise un modèle agrégé notamment et montre que la monnaie est capable d'influer sur le niveau d'activité en modifiant le portefeuille des ménages. Si jamais le pouvoir d'achat de la monnaie diminue sous l'effet de l'inflation, alors les agents vont préférer détenir des actifs réels dans leurs portefeuille ce qui va se traduire par une augmentation de l'investissement et donc une croissance plus forte.

D'après ROBINSON (1965), une politique de taux d'intérêt bas permet de promouvoir l'investissement et la croissance économique.

SIDRAUSKI (1967), abouti à la neutralité de la monnaie sur le niveau et l'évolution du PIB. Il suppose que la monnaie entre dans la composition de la fonction d'utilité des ménages car elle fournit un flux de services issus de sa détention. La monnaie dans ce cas n'aurait aucun effet ni à court terme ni à long terme car elle ne serait pas susceptible d'influer sur le niveau et l'évolution du PIB.

TOBIN (1969) utilisant une approche en équilibre général montre que la politique monétaire affecte la demande agrégée principalement à travers la modification de la valeur du capital physique en rapport avec son coût de remplacement.

Le débat entre les économistes keynésiens et monétaristes s'est surtout situé dans le contexte du cadre analytique de l'équilibre général keynésien de détermination du revenu et du taux d'intérêt assurant l'équilibre simultané sur le marché des biens et services et le marché monétaire en économie fermée.

Les classiques pensent que dans le court terme les impulsions monétaires n'exercent que des effets limités sur l'activité réelle. Cette position se justifie par le fait que selon eux, l'épargne des ménages et l'investissement des entreprises seraient très peu sensibles aux variations du taux d'intérêt. Ainsi, pour les tenants de cette thèse, la monnaie est un voile ; en d'autres termes, elle est neutre.

En revanche, selon les monétaristes, la politique monétaire a un rôle actif sur la croissance économique. De leur point de vue, la politique monétaire restrictive entraîne une diminution des prix relatifs des actifs monétaires, financiers et réels .Cela se traduit par une modification des demandes réelles que sont la consommation et l'investissement mais également les stocks réels accumulés. Ainsi pour FRIEDMAN (1968 et 1969), à court terme les variations de la quantité de monnaie peuvent avoir des effets temporaires réels à cause de la rigidité initiale des prix. Cependant à long terme, sous l'hypothèse de flexibilité des prix et du marché du travail, les variations de la masse monétaire n'ont d'effet que sur le niveau général des prix. La production et l'emploi ne sont pas affectés.

Dans la théorie keynésienne, le principal mécanisme de transmission de la politique monétaire est le canal du taux d'intérêt, qui concerne l'ensemble des moyens par lesquels la variation des taux directeurs est susceptible d'affecter la sphère réelle, à travers les décisions d'investissement et de consommation des entreprises et des ménages. Pour les keynésiens, la croissance de la masse monétaire influe à la fois sur les prix (inflation) et les quantités (hausse de la production). La politique monétaire est un instrument de politique conjoncturelle et elle relève d'interventions discrétionnaires. Il s'agit en fonction de la conjoncture de pouvoir discrétionnairement augmenter ou diminuer les taux d'intérêt de façon contra cyclique.

Selon l'approche néo-keynésienne représentée par le modèle IS-LM, les chocs monétaires sont transmis à la sphère réelle à travers le taux d'intérêt qui est le canal privilégié. CHANDAVARKAR (1971), assure que la fixation des taux à des niveaux appropriés, permet d'assurer l'investissement désiré en volume et en composition. Selon lui le taux d'intérêt doit être maintenu à des niveaux bas pour stimuler l'investissement.

Mc KINNON et SHAW (1973), allant à l'encontre de ce raisonnement, ont montré que des niveaux de taux d'intérêt bas ne favorisent pas l'accumulation du capital et la croissance économique. En effet des taux d'intérêt faibles peuvent stimuler la demande d'investissement. Toutefois, du fait de leur niveau assez bas, ils ne peuvent pas susciter l'épargne nécessaire en vue de satisfaire cette nouvelle demande créée. Il en résulte par conséquent une diminution de l'investissement. Pour ces raisons, ces auteurs prônent la

libéralisation financière. En conséquence, développant la théorie de la répression financière, ils arrivent à montrer que les taux d'intérêt maintenus à des niveaux bas pouvaient entraîner des effets néfastes sur l'épargne.

Selon DORNBUSH (1976), l'effet liquidité induit par l'impulsion monétaire initiale relançant la demande interne s'accompagne également d'une hausse de la demande étrangère à la suite d'une dépréciation du taux de change de court terme supérieure à la dépréciation de long terme. De ce point de vue, la politique monétaire n'a que des effets nominaux et non des effets réels.

D'autres auteurs travaillant en information asymétrique sur les canaux de transmission de la politique monétaire, ont montré qu'une hausse des taux d'intérêt pourrait également se traduire par une baisse de l'offre des crédits par les banques. Celle-ci résulterait de l'incertitude sur la solvabilité de certains clients à la suite de l'augmentation du risque induite par la hausse du crédit. C'est ainsi que STIGLITZ et WEISS (1981) ont montré, qu'en présence d'une information asymétrique entre prêteurs et emprunteurs, les variations des taux débiteurs bancaires ne permettent pas un apurement efficace du marché du crédit. Dans une telle situation, le rationnement du crédit qui est la seule réponse optimale aux variations de taux d'intérêt débiteurs impulsés par les autorités monétaires entraînera une diminution de la demande via la baisse de l'investissement.

ROMER (1989) observe qu'une politique monétaire restrictive réduit la masse monétaire ce qui conduit à une contraction du crédit bancaire. Il s'ensuit une baisse de l'investissement qui déprime l'activité économique.

RAMSEY (1993) reconnaît qu'une modification de politique monétaire induit un changement rapide de l'agrégat M2, il précise cependant que le crédit bancaire et la production réagissent avec des délais plus ou moins importants, ce-ci l'amène à conclure à une efficacité supérieure du canal de la monnaie et à un rôle marginal du canal du crédit.

De BOISSIEU (2002) souligne que le canal du crédit n'est en général pas indépendant du canal du taux d'intérêt, et tous les deux jouent dans le même sens pour renforcer l'impact de la politique monétaire.

Selon NUBUKPO (2002), une modification du taux d'intérêt directeur engendre une variation des taux bancaires qui influe sur la demande des biens. En outre la modification du taux directeur a un impact sur le taux de change (dans les régimes de changes flexibles) et par suite sur les prix relatifs des biens et des actifs selon les devises.

Au-delà du débat théorique, de nombreuses études empiriques ont porté sur l'impact de la politique monétaire sur la croissance économique notamment ANDERSEN et CARLSON (1970), qui ont développés un modèle connu sous le nom de modèle de St. LOUIS, exprimant la variation de la dépense totale courante en fonction des variations de l'offre de monnaie et des dépenses publiques.

L'objectif visé par ce modèle était d'une part, de tester l'efficacité relative des politiques monétaire et budgétaire sur l'activité économique, et d'autre part de fournir un outil de prévision de la demande globale. Le résultat fondamental qui se dégage de leur étude est que l'impact de politique monétaire est plus important, plus rapide et plus prévisible que celui de la politique budgétaire. Dans une version ultérieure du modèle de St. LOUIS, une spécification en termes de taux de croissance a été utilisée (CARLSON, 1978). Avec des donnés trimestrielles des Etats-Unis sur la période 1953 à 1976, les résultats montrent que les effets de l'offre de monnaie sont significatifs et positifs sur l'activité.

L'étude de BETTEN et HAFER (1983), portant sur six pays industrialisés aboutit à une conclusion que la politique monétaire à un effet significatif dans tous les pays étudiés.

CHOWDHURY (1988) a appliqué l'équation de St. LOUIS à six pays Européens, les résultats font ressortir que l'impact de la politique monétaire sur l'activité économique était plus important dans trois pays.

A l'exception de certaines études comprenant pour la plupart des pays d'Amérique latine, peu de travaux ont concernés les pays en développement.

Dans le contexte des programmes de stabilisation macroéconomique dans les pays en développement, KAHN et KNIGHT (1991) ont élaboré un modèle macro économétrique à partir duquel les effets de la politique monétaire sur le secteur réel peuvent être appréhendés. Il ressort de leurs travaux qu'en ce qui concerne l'inflation, c'est par le biais des déséquilibres sur le marché de la monnaie et celui des biens et services, que les variations du taux d'inflation sont expliquées.

King et Levine (1992) s'intéressent plus particulièrement à la question de l'approfondissement financier et procèdent pour cela à l'estimation du lien entre croissance économique et développement financier. Ils estiment une équation de rattrapage à la Barro en coupe transversale et trouvent l'existence d'un lien empirique fort entre la croissance économique et le développement financier, ce qui est en accord avec la position de Schumpeter. Cette étude va influencer largement des travaux ultérieurs menés dans le domaine de la politique monétaire.

Gomme (1993), Jones et Manuelli (1995), Gillman et Kejak (2002) ont mené une belle revue de différents modèles de croissance endogène, on note l'utilisation par Gillman et Kejak d'un modèle de base avec investissement en capital humain à la Lucas sans cash-inadvance et l'utilisation d'un consommateur représentatif. Il en ressort que, globalement, l'effet de l'inflation sur la croissance économique est négatif.

Bynoe (1994) a adopté la version modifiée de l'équation St. LOUIS pour tester empiriquement les effets de la politique monétaire sur l'activité économique dans cinq pays Africains et en utilisant les données annuelles couvrant pour la plupart la période 1965- 1990.Il explique ainsi la prédominance des effets de la politique monétaire par une monétisation des réserves en devises ou du déficit budgétaire dans ces pays.

Ireland (1994) utilise un modèle basé sur la maximisation de l'utilité d'un ménage représentatif et la fonction de production de King et Rebelo (1990), à partir des données des Etats-Unis il montre que l'effet de l'inflation sur le produit réel est faible mais négatif et que les effets de la croissance économique sur le système monétaire sont substantiels. Ses résultats sont compatibles avec ceux des travaux de Tobin et Sidrauski.

Pour Alexander (1997), Khan et Senhadji (2001), Gillman et al. (2002), Drukker et al. (2005), il en ressort qu'une faible inflation a un effet positif sur la croissance, tandis qu'une inflation élevée a un effet négatif sur la croissance économique.

Bernanke et Mihov (1998) utilisant un VAR semi structurel pour évaluer et mesurer les effets des chocs de politique monétaire sur l'activité économique aboutissent à la conclusion que le taux d'intérêt du marché interbancaire est un meilleur indicateur de la politique monétaire que la masse monétaire et qu'il est difficile d'avoir un indicateur unanime pour évaluer la politique monétaire.

Bruneau et De Bandt (1998) discutant de l'intérêt et des limites de la modélisation VAR structurel, font une application à la politique monétaire de la France et trouvent que la politique monétaire a des effets significatifs sur l'activité et l'inflation : l'impact d'un choc monétaire sur l'inflation est négatif et persistant tandis qu'un choc monétaire restrictif entraîne un baisse du produit réel.

Beck, Levine et Loayza (1999) mènent une étude en données de panel et en coupe afin d'évaluer les relations empiriques de manière dynamique entre le niveau de développement financier et la croissance économique. Cet article se distingue par l'utilisation des dynamic panel data, qui permettent d'estimer les relations de croissance en utilisant une variable endogène retardée. Ils utilisent les variables instrumentales via l'estimateur des moments

généralisés (GMM). Cette méthode, qui constitue alors une avancée méthodologique est aujourd'hui utilisée par la plupart des macro-économistes parce qu'elle permet d'apporter des solutions aux problèmes de biais de simultanéité, de causalité inverse et de variables omises. Ils aboutissent à la conclusion que les composantes exogènes du développement de l'intermédiation financière influencent positivement la croissance économique.

SARR et DINGUI (2000), ont travaillé sur les mécanismes de transmission de la politique monétaire en Côte d'Ivoire en utilisant un modèle Vectoriel Auto Régressif (VAR) avec sept variables dont : le taux d'escompte, le taux débiteur réel des banques, la masse monétaire, le crédit à l'économie, le PIB réel, l'indices des prix à la consommation et l'investissement privé. Les donnés utilisées dans leur étude sont issues des statistiques monétaires et celles de l'activité réelle sur base annuelle. Les tests d'intégration ont permis de détecter des ruptures structurelles dans les données. Les résultats obtenus montrent que les impulsions monétaires sont transmises à la sphère réelle via le taux d'intérêt débiteur des banques. Un choc monétaire de 1% entraîne une augmentation de l'activité réelle de 0,2%. En revanche, une hausse de l'inflation de 1% entraîne une régression de l'activité réelle de 0,01%.

KONE (2000) dans un article publié à la BCEAO4., analyse l'efficacité relative des politiques monétaire et budgétaire de par leurs actions sur l'activité économique des pays membres de l'UEMOA5. En termes réels et en termes nominaux sur le court terme et le long terme à l'aide d'un modèle à correction d'erreur (M.C.E.). A la différence de BERNARD (2000), il effectue une investigation empirique en séries temporelles. Il aboutit au résultat que les politiques monétaire et budgétaire influenceraient positivement le PIB nominal et réel.

BERNARD. (2000) s'intéresse à la question avec une approche en données de panel et en adoptant une optique purement Keynésienne, ses résultats restent toutefois mitigés, puisqu'il reste vague sur l'impact des variables monétaires sur la croissance économique. En outre dans son échantillon, le sous - échantillon des pays en voie de développement est trop faible par rapport à celui des pays de l'OCDE (organisation pour la coopération et le développement en Europe).

L'étude de KING (2002) qui est une extension de l'étude de Mc CANDLESS effectue une investigation en données de panel, elle a pour originalité que les taux de variation annuels

4 Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), c'est l'institut d'émission des pays de l'UEMOA.

5UEMOA : Union Economique et monétaire Ouest Africaine. Elle a été créée en 1994 et compte à ce jour huit Etats membres : Bénin, Burkina Faso, Cote d'Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Guinée Bissau.

moyens sont calculés à différents horizons et les principaux résultats auxquels elle aboutit sont l'existence d'une corrélation entre la croissance de la base monétaire et l'inflation qui augmente avec la longueur de l'horizon sur lesquels les taux de variations sont calculés ce qui permet de prendre en compte les délais de transmission des impulsions monétaires à l'inflation, on note aussi l'absence d'une relation de long terme entre croissance du produit réel et croissance monétaire, ce résultat est cependant moins robuste, il semble que cela dépende du taux de croissance et de la quantité de monnaie.

GRAUWE et POLAN (2005) examinent à travers une régression fondée sur l'équation quantitative de la monnaie, la relation entre croissance monétaire et inflation. L'étude est menée en coupe transversale et en données de panel. Les résultats de l'étude montrent sur l'ensemble de l'échantillon une relation positive et élevée entre le taux de croissance de la masse monétaire et le taux d'inflation cependant les résultats restent moins robustes concernant la relation entre croissance monétaire d'une part et croissance de la production d'autre part.

ONDO OSSA (2005) mène une étude sur les pays de la zone CEMAC, en utilisant un modèle de panel, il montre que la politique monétaire a des effets expansionnistes sur l'activité économique contrairement à la politique budgétaire validant ainsi l'existence d'effets anti-keynésiens en zone CEMAC.

DRAMANI, DIACK LY et NDIAYE DIOUF(2007) analysent le mécanisme de transmission de la politique monétaire axé uniquement sur le rôle joué par le taux d'intérêt et le taux de change, ils ne tiennent pas compte des agrégats nominaux de la monnaie et du crédit. Ils utilisent un modèle macroéconomique d'ensemble dans le cadre de l'économie Sénégalaise et aboutissent au résultat qu'un resserrement temporaire des conditions monétaires entraîne une baisse transitoire de la production réelle en deçà de son niveau tendanciel.

MALLAYE (2009) étudiant l'impact des réformes monétaires sur la croissance économique en zone CEMAC, effectue une régression sur données de panel en utilisant l'équation de St Louis, parvient à la conclusion que les réformes monétaires ont des effets mitigés sur la croissance économique : la politique monétaire a généré une dynamique inflationniste au lieu d'une expansion du produit intérieur brut ; il remet donc en cause l'efficacité des réformes monétaires. On peut tout de même relever plusieurs limites à son étude : tout d'abord aucune solution n'est proposée devant l'inefficacité des réformes monétaire ensuite au plan méthodologique on note l'utilisation d'un panel simple comme l'a

fait Ondo Ossa (2005), pourtant l'utilisation d'une méthode plus récente comme la méthode généralisée des moments appliquée à un panel dynamique aurait certainement permis d'obtenir des résultats plus robuste étant entendu qu'elle permet d'apporter des solutions aux problèmes de biais de simultanéité, de causalité inverse et de variables omises, ce qui semble flagrant dans cette étude.

La lecture attentive de la littérature portant sur la relation : politique monétaire / croissance économique nous a permis de découvrir qu'il 'existait très peu d'études dans ce domaine concernant les pays de la CEMAC à la lumière de nos lectures. Ainsi se pose la question de savoir si les conclusions des études sus mentionnées peuvent s'appliquer au contexte de ces pays.

Objectifs de la recherche

Au regard de la problématique de notre étude, l'objectif général de cette recherche est d'évaluer l'impact sur la croissance économique de la politique monétaire axée d'une part sur les agrégats de monnaie et de crédit et d'autre part sur le maintien de la stabilité des prix en zone CEMAC.

De cet objectif général peuvent être soulevés les objectifs spécifiques suivants :

- le premier est de valider l'existence d'un lien entre les variables monétaires et
la production de richesses

- le second porte sur l'existence d'un lien entre stabilité des prix et croissance

économique.

Intérêt du sujet

L'intérêt de notre étude, il peut s'observer à trois niveaux : théorique, pratique et celui de la politique économique.

Au niveau théorique, il s'agit de ressortir l'influence des variables monétaires et financières sur les variables réelles. Mais aussi de montrer l'importance, voire la place centrale de politique monétaire pour tout objectif de croissance économique.

Au niveau pratique, cette étude se veut un complément remarquable dans l'analyse de l'influence de la politique monétaire sur la croissance économique en zone CEMAC. Ceci grâce à l'approche méthodologique utilisée.

Au niveau de la politique économique, cette recherche pourra fournir aux décideurs de politique économique et plus particulièrement aux autorités en charge des questions

monétaires et financières, un élément d'appréciation sur la politique monétaire menée par la BEAC depuis les reformes des années 1990. Afin de pouvoir éventuellement faire des ajustements en vue de soutenir les politiques économiques générales des Etats membres sans préjudice de l'objectif de stabilité monétaire que s'est fixé cet institut d'émission.

Hypothèses de recherche

Pour atteindre nos objectifs, cette étude retient les hypothèses suivantes :

H1 : La politique monétaire axée sur la manipulation des agrégats de monnaie et de crédit a un impact positif sur la croissance économique en zone CEMAC.

H2 : L'inflation a un effet négatif sur la croissance économique en zone CEMAC. Pour tester de façon efficiente ces hypothèses, une méthodologie rigoureuse est nécessaire.

Méthodologie (cadre opératoire)

Afin de répondre aux préoccupations suggérées par la question de recherche, une méthode en deux composantes sera utilisée. En effet, dans un premier temps, il sera question de savoir si la politique monétaire à travers la manipulation des agrégats de monnaie et de crédit impacte l'activité économique. Dans un second temps, il sera alors question d'évaluer l'impact de l'inflation sur la croissance économique.

1-Evaluation de l'impact de la politique monétaire sur la croissance économique

L'économétrie des données de panel prend en compte à la fois les données individuelles et temporelles, ce qui permet de mieux appréhender les différents facteurs susceptibles d'expliquer la croissance et de tenir compte des spécificités individuelles. Nous utiliserons donc un modèle de panel et plus précisément un panel dynamique auquel nous appliquerons la méthode des moments généralisés (GMM) car elle permet de contrôler les effets spécifiques individuels et temporels mais aussi de palier au biais de simultanéité, de causalité inverse et de variables omises.

Tout d'abord, afin d'avoir une bonne spécification du modèle, nous allons nous pencher sur les questions de stationnarité des variables en effectuant des tests de racine unitaire puis nous effectuerons un test d'autocorrélation des résidus puisque la méthode des moments généralisés suppose la quasi-stationnarité des variables de l'équation en niveau et l'absence d'autocorrélation des résidus. Les résultats obtenus indiqueront si des tests

complémentaires doivent être menés afin d'expliciter le sens de la relation que nous cherchons à étudier.

Le modèle empirique à estimer s'inspire de l'équation de croissance de Barro qui fut utilisée par Beck, Levine et Loayza (1999).

Les variables du modèle sont : le taux de croissance économique évalué par le taux de variation du PIB (c'est la variable à expliquer), le taux de croissance de la masse monétaire au sens M2, le taux de croissance de la dette publique (en pourcentage de M2 ), le taux d'intérêt débiteur des banques , le total des réserves (y compris l'or ), les exportations , les investissements privés et le crédit domestique fourni par le secteur bancaire (en pourcentage du PIB).

Le rôle de la politique monétaire est saisie par le taux de croissance de la masse monétaire (au sens M2), le taux débiteur réel des banques étant donné que ce sont principalement sur ces deux variables que la BEAC agit pour atteindre ses objectifs. Tandis que la croissance économique est saisie par le taux de variation du PIB.

Ainsi, le modèle à estimer s'écrit sous la forme suivante :

lnPIBit =â0it lnPIBit-1 +â1it lnDETPUBit + â2it lnM2 it + â3it lnRESERV it

+ â4it lnCREDIT it + â5it lnEXP it + â6it lnTXDEBT it + â7it lnINVEST it +íi+ãt+ jiit

Avec í l'effet spécifique pays, ã l'effet spécifique temporel et jt le terme d'erreur ; i est l'indice pays et t l'indice temporel.

2- Evaluation de l'impact de l'inflation sur la croissance économique

Cette deuxième étape va nous permettre de mettre en lumière l'impact de la stabilité des prix sur la croissance économique en zone CEMAC. Le modèle à estimer s'inspire des travaux de GRAUWE et POLAN (2005).

Comme variables de notre modèle on a :

Le taux de croissance économique évalué par le taux de variation du PIB (c'est la variable à expliquer), l'inflation mesurée par l'évolution de l'indice des prix à la consommation, le taux de croissance de la masse monétaire au sens M2, le taux de croissance de la dette publique (en pourcentage de M2), le taux d'intérêt débiteur des banques, les exportations, les investissements privés.

Ainsi, le modèle à estimer s'écrit sous la forme suivante :

lnPIBit =â0it +â1it lnDETPUBit + â2it lnINFLA it + â3it lnM2 it + â4it lnEXP it + â5it lnTXDEBT it + â6it lnINVEST it + it

Où la perturbation 1it = á i + çit

Avec á i l'effet spécifique individuel et çit le reste de la perturbation.

Population de l'étude

Elle est constituée des six pays de la CEMAC : Cameroun, République Centrafricaine, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad.

Ces pays sont dotés d'une Banque Centrale commune qui définit et met en oeuvre la politique monétaire applicable dans les six Etats.

Source des données

La collecte des données se fera en consultant les statistiques de la BEAC, des ministères en charge des questions économiques et financières des pays de la sous région et autres institutions spécialisées telles que la Banque Mondiale.

Période d'étude

Notre période d'étude va de 1986 à 2006. Elle peut être subdivisée en deux souspériodes. En réaction à la grave crise économique qui secouait les pays de la CEMAC, le conseil d'administration de la BEAC se réunit le 16 Octobre 1990 et adopte une série de mesures qui vont reformer la politique monétaire menée jusqu'à lors6.

La première sous- période sera : 1986-1991 et la seconde ira de 1992 à 2006.

Cet échantillon repose donc sur une analyse en coupe longitudinale et transversale d'un échantillon de six pays sur la période 1986-2006.

6 La programmation monétaire devient effective sur toute l'étendue de la zone CEMAC le 1er janvier 1992.

Pour mener à bien cette étude, notre travail va s'organiser en deux grandes parties. La première partie intitulée « Monnaie et croissance économique en zone CEMAC » a pour objectif d'évaluer l'incidence de la politique monétaire à travers la régulation de la masse monétaire sur la croissance économique. Elle commence par revisiter le débat théorique de la relation monnaie croissance économique. Puis elle procède à une vérification dans le contexte des pays de la sous-région.

La deuxième partie quant à elle a pour objectif d'évaluer l'impact de la politique de stabilité des prix sur la croissance économique en zone CEMAC compte tenu de l'hétérogénéité des pays. Elle s'intitule « Stabilité des prix et croissance économique en zone CEMAC ». Pour atteindre cet objectif, nous commencerons par présenter le débat sur les effets de la stabilité des prix sur la croissance puis nous étudierons les spécificités de la relation stabilité des prix croissance économique en zone CEMAC, et enfin nous procéderons à une vérification empirique de cette relation.

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