WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Politique monétaire et croissance économique en zone CEMAC: une évaluation empirique en données de panel

( Télécharger le fichier original )
par SIMONYANNICK FOUDA EKOBENA
Université de Yaoundé II - DEA / Master 2 2010
  

précédent sommaire suivant

1-2) La critique de l'approche dichotomique ou l'approche intégrationniste de Keynes

La théorie quantitative de la monnaie (TQM) va faire face à de vives critiques liées entre autres à l'indétermination supposée ou réelle du pouvoir d'achat de la monnaie.

Ainsi la banking school remarquait que si les droits sur la production exprimés dans les effets de commerce sont de « vrais droits », leur escompte par les banques ne peut être excessive puisque la monnaie ainsi créée finance des marchandises produites ou en cours de production. La monnaie bancaire est alors automatiquement proportionnée à la valeur de la production. Mais on constate que la monnaie émise peut correspondre à de « faux droits », des droits inflationnistes : ainsi, la monnaie bancaire sans contrôle central peut être à la source de véritables cycles économiques avec des phases inflationnistes et déflationnistes.

L'école suédoise va chercher à rendre compte de ce phénomène : Knut Wicksell (Interest and prices, 1898) souligne que dans un régime monétaire de pure économie de crédit (monnaie exclusivement scripturale reposant sur l'endettement bancaire préalable), taux d'intérêt monétaire et taux d'intérêt naturel peuvent facilement diverger en inflation et déflation successives initiant ainsi une théorie monétaire des cycles comme l'a reprise Myrdal dans son analyse des déséquilibres monétaires. La monnaie devient endogène et a un effet réel. Cantillon dès 1755 soulignait qu'un accroissement de la masse monétaire (pouvant provenir d'une accélération de la vitesse de circulation ou d'une balance commerciale bénéficiaire) peut avoir un effet sur les prix relatifs et induire en conséquence une modification du montant et de la structure de production. Cet « effet Cantillon » est la base même de l'analyse contemporaine de Hayeck : l'émission monétaire excessive en rendant le crédit plus facile peut allonger le processus de production ; les investissements se développent, aboutissent à un déséquilibre entre le marché des biens de production et celui des biens de consommation, ce qui sera source de crise. On voit que le libéralisme autrichien tranche avec le quantitativisme standard en soulignant que la monnaie a une influence non seulement à court terme mais aussi

à long terme ; la monnaie est active mais elle est nocive. La conception d'une monnaie totalement endogène ne peut pas se développer complètement autant chez Wicksell que chez Hayeck car elle a du mal à s'accorder avec un équilibre indépendant de marché. Il faudra abandonner l'hypothèse d'une information optimale fournie par le système des prix pour que puisse se concevoir une monnaie endogène et active.

La théorie keynésienne est le pas décisif vers l'analyse intégrée. En effet, il revient à Keynes d'avoir mis en évidence que les économies modernes sont marquées par l'incertitude dans leur principe même de fonctionnement. Ainsi, si on peut supposer la fonction de consommation stable et prévisible, il n'en va pas de même de la fonction d'investissement : les décisions d'investissement sont prises sur la base d'anticipation de ce que seront les ventes futures ; or ces anticipations ne sont pas fondamentalement probabilisables. Il y a donc instabilité au coeur du système expliquant la généralité des déséquilibres et le caractère et le caractère exceptionnel de l'équilibre. Les décisions de produire des entreprises y sont séparées de leurs marchés : il y a donc indétermination fondamentale sur l'avenir qui entraîne une norme d'incomplétude et d'asymétrie de l'information qui permet de renouveler le débat sur la monnaie. Cela s'exprime dans deux aspects majeurs. D'une part le système bancaire joue un rôle irremplaçable en initiant le circuit puisqu'il y a séparation des projets de production et vente des produits. L'investissement produisant l'épargne et non l'inverse ; nous sommes donc bien dans la lignée du banking principle et cela nous mène à l'économie d'endettement et au diviseur de crédit de l'école moderne de la banque. C'est en ce sens qu'on peut parler d'une économie monétaire de production. D'autre part, la préférence pour la liquidité se fonde sur la nécessité de se prémunir contre l'incertitude intrinsèque au système, contre l'incomplétude de nos informations. Pour Keynes, nous désirons de la monnaie pour trois raisons : motif de transaction « i.e. le besoin de monnaie pour la réalisation courante des échanges personnels et professionnels ». D'où une distinction entre motif de revenu (ménages) et motif d'entreprise (firmes) ; motif de précaution « i.e. le désir de sécurité en ce qui concerne l'équivalent futur en argent d'une certaine proportion de ses ressources totales » ; motif de spéculation « i.e. le désir de profiter d'une connaissance meilleure que celle du marché de ce que réserve l'avenir ».

La demande de monnaie L1 (L pour Liquidity) pour motif de précaution ou de transaction dépend du revenu Y :

L1 = uY avec u > 0

La demande de monnaie pour motif de spéculation L2 « dépend principalement de la relation entre le taux d'intérêt courant et l'état de la prévision », elle s'écrit :

L2 = vi + L0 avec v < 0 pour deux raisons : plus le taux d'intérêt est faible et moins nous avons intérêt à placer l'argent ; plus le taux d'intérêt baisse « plus la probabilité que son mouvement se retourne à la hausse augmente, ce qui incite à détenir son épargne sous forme d'encaisses monétaires plutôt que de prendre le risque croissant d'essuyer des moins-values sur les obligations, dont les cours sont en train d'atteindre les sommets... »

Pour Keynes l'offre de monnaie Mo est exogène et dépend de la politique monétaire menée. L'équilibre sur ce marché s'écrit :

Mo = L1(Y) + L2(i)

En introduisant une incertitude radicale, Keynes permet de refonder la monnaie sur sa dimension proprement fiduciaire. Devant l'impossibilité des marchés à assurer une transmission inter temporelle sûre, la monnaie va se substituer à d'impossibles relations contractuelles. A la place d'un contrat, transparent et instantané, entre agents rationnels, la monnaie fournie une relation abstraite fondée sur des anticipations. On reconnaît une lecture de Keynes qui privilégie la formation des conventions entre les agents pour rendre possible activité et échanges économiques en régimes d'incertitude. Ce résultat a deux séries de conséquences majeures : premièrement, il fonde la possibilité de la politique économique en faisant de l'injection monétaire dans l'économie. Deuxièmement, l'analyse keynésienne nous permet non seulement de « déneutraliser » la monnaie, mais aussi de l'endogenéiser.

Pour Keynes, la monnaie est donc active, elle doit répondre aux besoins de l'économie réelle. Quand la demande d'investissement est élevée, et que l'épargne est insuffisante, la monnaie doit prendre le relais ; elle constitue une avance sur la production qui sera récupérée ex-post. En guise de règle de politique monétaire, Keynes préconise l'augmentation de l'offre de monnaie par la Banque Centrale, ce qui va faire baisser les taux d'intérêt. Les agents pourront alors emprunter plus facilement et ainsi encourager la consommation et l'investissement.

précédent sommaire suivant







9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



Appel aux couturier(e)s volontaires

Hack the pandemiuc !

Moins de 5 interactions sociales par jour



BOSKELYWOOD from Ona Luambo on Vimeo.