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Politique monétaire et croissance économique en zone CEMAC: une évaluation empirique en données de panel

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par SIMONYANNICK FOUDA EKOBENA
Université de Yaoundé II - DEA / Master 2 2010
  

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SECTION 2 : LES DEBATS MONETARISTES KEYNESIENS

La crise des années 1970 présente des particularités inédites qui vont inciter à repenser le fonctionnement de l'économie alors que dans le schéma habituel des crises ; une baisse ou une stagnation de la production s'accompagne d'une hausse du chômage et d'une chute des prix, la récession cette fois, cumule l'augmentation du chômage et celle des prix. Ce phénomène appelé « Stagflation » résistant aux mesures d'inspiration keynésienne, permet aux thèses de Friedman de rencontrer un certain succès. La présente section présente tout d'abord l'opposition qui existe entre les monétaristes emmenés par Friedman et les néokeynésiens au sujet de la neutralité de la monnaie avant de se terminer par les prolongements du débat initiés par la nouvelle école classique (NEC).

2-1) Friedman et les néo-keynésiens

Le mot monétarisme a été employé pour la première fois par Brunner en 1968 qui caractérise cette approche par trois grands traits : « premièrement, les impulsions monétaires sont déterminantes dans les variations de la production, de l'emploi et des prix. Deuxièmement, l'évolution de la masse monétaire est l'indice le plus sûr pour mesurer les impulsions monétaires. Troisièmement, les autorités monétaires peuvent contrôler l'évolution de la masse monétaire au cours des cycles économiques. »

Pendant la période inflationniste, grosso modo de 1968 à 1980-1982, la monnaie a fait parler d'elle sous une forme devenue familière aux économistes : sa quantité. Le débat monétariste faisait rage. Mais son support théorique et son enjeu étaient simples, voire simplistes. Il est supposé que les individus ont une demande de monnaie présentant les mêmes caractéristiques formelles que tout autre bien. Cette demande est déterminée en termes réels et c'est une fonction stable de la richesse des individus et du coût d'opportunité à détenir la monnaie. Arguant de la stabilité de cette fonction, on postule un canal direct de transmission de la monnaie à l'économie. Si la quantité réelle de monnaie disponible est supérieure à la demande désirée, la tentative des individus de dépenser l'excès d'offre de monnaie se répercute, en sens inverse, sur les autres marchés (de biens et de facteurs) par des déséquilibres d'excès de demande. L'ajustement des marchés corrige ces déséquilibres. Il y a hausse des prix de tous

les biens, donc du niveau général des prix, c'est-à-dire baisse de la valeur de la monnaie jusqu'à ce que l'équilibre soit rétabli sur tous les marchés ; il l'est lorsque la hausse du niveau général des prix a complètement absorbé l'excès d'offre nominale de monnaie [Patinkin, 1972].

C'est en ce sens que la théorie quantitative de la monnaie affirme que l'inflation est un phénomène monétaire. La préconisation de politique monétaire en découle directement : il faut contraindre l'offre de monnaie à évoluer comme la demande réelle de monnaie désirée par l'ensemble des agents économiques pour garantir la stabilité des prix.

Toutefois, la réalisation de ce principe se heurte à des difficultés qui ont nourri le débat de politique monétaire. Si, en effet, les prix nominaux ont des rigidités ou si les prix d'équilibre ne sont pas correctement anticipés, l'ajustement des marchés entraîne des dynamiques complexes des quantités et des prix. C'est ainsi que l'ajustement s'avère coûteux si la masse monétaire augmente trop vite. Lorsque la Banque Centrale veut la ramener sur une tendance inférieure, il en résulte un choc récessif. Le retour de l'inflation vers un rythme plus bas provoque une hausse temporaire du chômage qui est d'autant plus longue et d'autant plus forte que les prix sont plus rigides ou que les anticipations sont plus inertes.

Tel était le savoir monétaire orthodoxe qui nourrissait la doctrine des Banques Centrales à la fin des années soixante-dix lorsque le président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, entreprit de casser le processus inflationniste par une application stricte des préceptes monétaristes. Il y parvint au-delà de toutes les espérances. Mais les coûts exorbitants en termes de pertes de production et d'emploi dans le monde entier, le déclenchement de la crise de la dette souveraine des pays du tiers monde, les changements structurels induits dans la finance furent des conséquences sans commune mesure avec les ajustements bénins qui étaient prédits par les monétaristes.

La politique monétariste s'applique strictement au contrôle de la base monétaire, c'est-à-dire à la quantité de monnaie émise par la Banque Centrale. Cette attention exclusive portée à la quantité provoqua un accroissement ample et brutal du prix de la liquidité, c'est-à-dire du taux d'intérêt monétaire et, par répercussion, de l'ensemble des taux d'intérêt ; elle éleva aussi fortement la volatilité de tous les taux d'intérêt.

Combinée à la baisse précipitée du taux d'inflation, la hausse des taux d'intérêt nominaux provoqua une élévation dévastatrice des taux d'intérêt réels. Ainsi, la politique monétariste avait-elle perturbé gravement les marchés du crédit. Elle en avait aussi changé les conditions d'équilibre. On était passé d'un régime favorable aux débiteurs à un régime favorable aux créanciers. Cette influence de la monnaie sur le système financier a fait resurgir le débat théorique sur la nature de la monnaie évoqué dans l'introduction. Si la politique monétaire peut provoquer des transformations dans les structures financières, c'est que l'influence de la monnaie sur l'économie ne se limite pas à la transmission directe de la quantité de monnaie au niveau général des prix. De plus, au fur et à mesure que la déréglementation financière, les innovations et la globalisation se développaient, les Banques Centrales ont rencontré des problèmes pratiques liés à l'instabilité financière et à la diversité grandissante des canaux de transmission de la monnaie à l'économie. Une doctrine monétaire était à reconstruire. Depuis vingt ans, ce chantier est toujours en cours.

Si le crédit a cette ambivalence, génératrice à la fois de croissance et de déséquilibres, c'est que le financement des projets capitalistes n'est pas borné par l'épargne préalable. Le crédit est créateur de monnaie nouvelle qui rend les anticipations des investisseurs indépendantes des comportements d'épargne. Cela veut dire que la monnaie est endogène et provient de l'initiative privée. Les Banques Centrales ne peuvent donc pas en prédéterminer la quantité. Quel doit être l'aggiornamento de la politique monétaire lorsque la monnaie est pensée comme une dette, pas comme une marchandise dont l'offre est exogène ?

On peut considérer que la nature de la monnaie est un problème qui ne fait qu'un avec la conception que l'on se fait de l'économie de marché. Ainsi Schumpeter [1983] a t- il pu affirmer qu'il existe deux théories de la monnaie dignes de ce nom : la monnaie comme marchandise et la monnaie comme dette. Ces deux théories sont rigoureusement incompatibles.

D'une manière intuitive, la théorie de la monnaie comme marchandise particulière heurte l'expérience vécue. En effet, notre expérience nous enseigne que l'utilité de la monnaie pour chacun d'entre nous est notre confiance commune qu'elle sera acceptée par les autres. Bien loin d'être un objet marchand, la monnaie est un lien social de confiance qui exprime notre appartenance à l'économie de marché.

Nous aboutissons ainsi à une conception dans laquelle la monnaie est le principe
d'organisation de toute l'économie. La Banque Centrale en est le pivot. La monnaie qu'elle
émet à son passif est la dette dans laquelle l'unité de compte est définie. Mais cette dette est en

même temps la liquidité ultime, parce qu'elle est unanimement acceptée en tant que moyen de règlement de toutes les autres dettes. Cependant cette acceptation résulte de la confiance commune dans la cohérence du système institutionnel ainsi décrit. Cette cohérence ne va pas de soi. Une trop grande abondance de liquidité peut faciliter le renouvellement de dettes douteuses dont la solvabilité peut être suspectée. Le régime de la politique monétaire est alors accusé par les créanciers de trop favoriser les débiteurs. À l'opposé une trop grande rareté de la monnaie centrale rend les règlements difficiles ou excessivement coûteux. Cette contrainte monétaire trop forte rend les emprunteurs prudents et ralentit le flux des transactions. Les rendements des créances sont hauts, mais l'activité économique est déprimée. Maintenir la pérennité de la confiance entre les écueils qui résultent des attentes contradictoires à l'égard de la liquidité est la responsabilité de la Banque Centrale. La conduite de la Banque Centrale ne peut être improvisée ; elle s'inspire d'une doctrine monétaire.

Il revient alors à la politique monétaire de fixer le point focal sur lequel les agents coordonnent implicitement leurs anticipations lorsqu'ils établissent leurs plans d'action. Il s'agit de leur donner un cadre qui permette d'éliminer tous les équilibres en dehors d'une plage étroite. Ce cadre se recommande d'une doctrine monétaire renouvelée : le ciblage flexible de l'inflation [Bernanke et Mishkin, 1997]. Il consiste à placer les actions discrétionnaires de la politique monétaire de court terme sous la contrainte d'une règle d'action à moyen terme assurant la stabilité des prix. Cette stabilité est définie comme une plage de viabilité des taux d'inflation futurs à l'intérieur de laquelle les actions de la Banque Centrale, quel que soit l'objectif qui les motive, bénéficient de la confiance des agents. Car, comme on l'a dit plus haut et comme le paragraphe suivant va l'illustrer, la stabilité des prix n'est pas le seul souci de la politique monétaire ; la robustesse de la structure des dettes, l'amortissement des fluctuations cycliques pour préserver la régularité de la croissance et le niveau de l'emploi en sont d'autres.

Le débat avec les néo-keynésiens et les post-keynésiens n'est pas pour autant clos car le monétarisme n'est pas exempt de critiques et, à l'évidence, il n'a pas permis de sortir les pays capitalistes de la crise des années 1970.

Alors que pour les nouveaux classiques, « les cycles s'expliquent par des chocs monétaires ou réels imprévisibles », pour la nouvelle économie keynésienne, les récessions sont provoquées par une ou plusieurs grandes défaillances du marché. Ainsi, pour la nouvelle économie keynésienne à la différence de la nouvelle économie classique, certaines interventions économiques du gouvernement sont-elles justifiées. A l'inverse des nouveaux classiques mais

comme les monétaristes , ils pensent qu'une politique monétaire peut influer à court terme sur l'emploi et à la production.

Par ailleurs, nombre de post-keynésiens soutiennent que la monnaie est essentiellement endogène. La monnaie serait créée par les banques en vue de satisfaire les besoins de l'économie ; sa quantité ne saurait être fixée par la Banque Centrale, quoique son intervention ne soit pas dénuée d'influence sur les comportements des agents. C'est le taux directeur de cette dernière qui serait essentiellement exogène. « Les banques créent des crédits et des dépôts, et elles se procurent ensuite les billets de banque émis par la Banque Centrale et demandés par leurs clients, ainsi que les réserves obligatoires qui sont requises par la loi.». De fait, les post-keynésiens voient dans l'échec des politiques monétaristes menées dans les années 1980 notamment par Paul Volcker, président de la FED, une illustration de la justesse de leurs vues. Ce point est naturellement controversé, tant les néoclassiques pensent être sortis du cadre de la théorie quantitative de la monnaie en menant des stratégies de ciblage d'inflation et de crédibilité.

Les post-keynésiens reprennent pour ainsi dire ce qu'il y a de plus radical chez Keynes à savoir l'incertitude radicale, l'analyse circuitiste, l'endogénéité de la monnaie. Il est possible de distinguer plusieurs écoles dites post-keynésiennes même si la classification est plus ou moins changeante.

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