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Aspects physionomico-structurauyx de la végétation ligneuse forestière dans les monts de Dhaya et de Tlemcen (Algérie occidentale )

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par Khéloufi BENABDELI
Université Djilali liabes de Sidi Bel Abbes Algérie - Doctorat d'état en sciences 1996
  

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DEUXIEME PARTIE

Ce que nous offre la nature de plus beau nous en faisons des ruines: d'une forêt un maquis de broussailles, d'une mer d'alfa un désert et d'un lac un égout. Par le feu nous abattons les arbres, par la chèvre nous arrachons la chevelure de la terre, par la pollution nous assassinons nos rivières.

Je crois qu'il n'y a rien de plus important que la conservation sauf la survie. Et toutes les deux sont si étroitement liées qu'il est difficile de considérer l'une sans l'autre. (LINDEBERGH)

6- DEGRADATION DE LA VEGETATION

La civilisation moderne guidée par le bien être de l'homme du 20ème siècle s'est traduite essentiellement par l'évolution technologique au détriment de la préservation des conditions environnementales qui menacent sa survie. Nombreux sont les écologistes et les naturalistes qui se sont rendus compte que ce progrès autant constituait-il un acquis important pour l'humanité autant il pesait lourdement sur la qualité de la vie.

SAFI (1978) soulignait dans cet ordre d'idées: " L'implantation sans cesse croissante, de nouveaux attributs technologiques implique un aménagement continu de l'habitat de l'homme, et ceci dans le but de contrebalancer les effets de cette intrusion dans le complexe naturel ".

" Il parait improbable que les hommes qui alors défrichent et utilisent, dans un contexte climatique sans doute proche de celui que nous connaissons, aient été inconscients des dangers que recelait le défrichement sur des versants exposés. Quels qu'aient été leurs rapports physiques à la terre que nous connaissons très mal, on peut difficilement penser qu'ils aient négligé les risques" notait MIOSSER (1982) à propos de l'altération des écosystèmes par les activités humaines. TIHAY (1976) précise quand à lui dans le même raisonnement:" Les écosystèmes ont pu évoluer d'une manière brutale, à certaines époques, soit par suite de défrichement inconsidérés du fait de poussées démographiques par exemple soit du fait d'abandons des secteurs mis en culture sur des versants à cause de l'insécurité".

L'instabilité et la vulnérabilité des formations végétales de la région sous l'action continue de l'homme et de l'animal pèsent lourdement depuis des millénaires sur la végétation. " En méditerranée l'investigation écologique devait prendre en compte l'action de l'homme dont les origines remontent à plusieurs dizaines millénaires...En effet, le processus d'anthropisation a largement façonné tous les complexes de végétation méditerranéenne au point qu'il est difficile sans référence au bioclimat de classer certaines structures de dégradation" reconnait à juste titre BARBERO (1990). Il y a des différences entre végétation potentielle et végétation anthropique qui imposent une distinction en région méditerranéenne entre végétation forestière, pré-forestière et pré-steppique. Une cohabitation provoquée par une évolution régressive et un dynamisme permanent, entre les espèces des forêts, des matorrals et des maquis s'est imposée et doit être d'une manière ou d'une autre prise en charge dans la détermination des groupements forestiers. Il est particulièrement recommandé de bien caractériser les formations arborescentes méditerranéenne fortement anthropisées et soumises régulièrement au jeu des perturbations où dominent des espèces arborescentes expansionnistes (BARBERO et QUEZEL ,1989) appartenant aux genres Pinus, Juniperus, Quercus, Tetraclinis associées à des fabacées, labiées, rosacées, cistaies de la strate arbustive et sous-arbustive. (BARBERO 1990).

6-1.HISTORIQUE DE LA DEGRADATION

Plusieurs auteurs de diverses disciplines ont montré en s'appuyant sur toute une série d'analyses, de textes, de documents et d'études que le climat de l'Oranie ne diffère pas ou guerre dans l'Antiquité du climat actuel. Aucune modification d'ensemble du climat du Tell algérien ne semble perceptible au cours de la période historique ou actuel. Sans exclure les possibilités de légères altérations cycliques locales ou régionales. La dégradation des écosystèmes forestiers semble être un fait résultant essentiellement de l'action de l'homme. Reste à évaluer, apprécier et

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comprendre le mécanisme dans le temps et dans l'espace. Les nombreux travaux à l'origine de cette conclusion reviennent à GSELL(1928), SANTA (1937), ALIMEN (1955), BALOUT (1955), SANTA (1958), DRESH (1960), COURTOIS (1965), BENCHETRIT (1966).

Au postglaciaire la méditerranée du sud à laquelle appartient notre zone d'étude, était probablement un conservatoire de paysage typiquement sclérophylles à Quercus, Olea, Pistacia, Ceratonion, Rhamnus et Juniperus. (BARBERO, 1990). Il faut reconnaitre que l'impact du climat sur la dynamique végétale est certain et de part la modification de la composition floristique le processus de dégradation a été favorisée sans aucun doute. La variabilité bioclimatique a favorisé en tous les cas la mise en place de structures forestières très diversifiées et adaptées aux conditions prédominantes de la période où l'anthropisation a joué un rôle important à l'origine de l'installation et du développement sous l'action d'un dynamisme des structures forestières particulières et typiques d'altération dont l'organisation spatiale et l'évolution sont fonction essentiellement du degré de pression.

6-1.1. Conditions historiques de la dégradation des forêts

Deux raisons rendent complexe l'approche des causes de la dégradation des forêts: l'hypothétique assèchement du climat et le problème historique de la chronologie des dégradations et destructions anthropiques.

-assèchement du climat: cette question est inextricablement mêlée à l'action de l'humaine car un éventuel assèchement du climat a pu résulter des destructions de la végétation forestière provoquée par les hommes.

Ce serait une conséquence autant qu'une cause entraînant en jeu pour accélérer la régression des forêts. La destruction d'importants peuplements forestiers par exploitation intensive pour les besoins de l'industrie en 1917, 1914-1918, 1939-1945 ou d'incendies remarquables 1954-1962 dans des régions climatiquement marginales comme l'Oranie peut provoquer des microclimats plus secs dont les conséquences et la somme agiraient sur le climat régional. Dans ce domaine une étude climatique comparative entre les précipitations durant deux périodes 1940-1980 laisse apparaître un déficit de 100 mm de pluie dans la forêt de Hafir (Monts de Tlemcen).

Beaucoup d'animaux se sont éteints de notre pays sans que le climat ne soit pour quelque chose. Il semble d 'parés toutes les études faites que c'est la dégradation de la couverture végétale ligneuse naturelle qui soit à l'origine des conséquences d'un assèchement du climat. Le dessèchement, l'abaissement du débit, la migration en profondeur de la nappe phréatique sont plutôt dues à l'accentuation du ruissellement découlant de la déforestation. C'est généralement l'action de l'homme qui est à l'origine de la dégradation des forêts et de la disparition de nombreuses espèces animales dont le biotope a tout simplement été perturbé ou détruit. Les thèses des botanistes et des écologues justifiant que les dégradations de la flore méditerranéenne sont d'origine climatique sont abandonnées actuellement. Aucune modification remarquable et globale du climat du Tell oranais n'a été confirmée durant le quaternaire récent. Seule l'action de l'homme peut justifier la régression de l'aire écologique de certaines espèces.

-chronologie de la déforestation: quatre siècles de troubles et d'invasions marquèrent la période post-romaine notamment l'occupation arabe du Maghreb par vagues successives du 7ème au 11ème siècle. Le 11ème siècle s'est distingué par une invasion intense des tribus hillaliennes qu'IBN KHALDOUN décrit: " Comme une armée de sauterelles, détruisant et dévorant tout sur leur passage... ". C'est les conséquences de ces invasions qui altérèrent les forêts par le repli des tribus berbères dans les montagnes boisées, le défrichement en Oranie pour installer des cultures et des vergers, le développement du nomadisme et du semi-nomadisme pastoral associé au brûlis. A ce moment le Tell changea de physionomie, l'invasion française en 1832 accentua la pression des populations autochtones sur les massifs forestiers montagneux. Les colons agrandirent leurs exploitations en défrichant toutes les formations ligneuses où la pente du terrain était presque nulle (plaine de la Mékerra, vallée de Télagh et de Slissen). PIESSE (1862) note: " Enfin dans la troisième zone (monts de Tlemcen et monts de Dhaya), l'on rencontre de vastes forêts offrant des bois immédiatement exploitables. Ces forêts forment la base du Tell algérien et couvrent la chaîne

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de montagnes qui, partant du Maroc, passe par Sebdou, Dhaya, Tiaret. Forêts inexploitées et inexploitables pour le moment du fait de l'éloignement de ces contrées et de l'absence complète de route ".

BENCHETRIT (1966) apporte les précisions suivantes: " La dégradation des forêts du Tell oranais apparaît donc, en dernière analyse, comme un fait récent directement lié au développement de la colonisation: une colonisation de type-colonisation de peuplement- telle qu'elle s'est déployée dans l'ensemble du Tell algérien, et singulièrement oranais, au cours des cent dernières années ".

Les aspects biogéographiques et de géographie humaine ne sauraient être dissociés pour comprendre l'évolution de la couverture végétale qui incarne la réalité géographique qui est un des éléments du paysage résultant d'une convergence de plusieurs séries de facteurs. Compléter ces analyses géographiques par des études phytoécologiques permettrait de prendre en charge la politique à mettre en oeuvre pour sauver ce qui reste.

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld