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Aspects physionomico-structurauyx de la végétation ligneuse forestière dans les monts de Dhaya et de Tlemcen (Algérie occidentale )

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par Khéloufi BENABDELI
Université Djilali liabes de Sidi Bel Abbes Algérie - Doctorat d'état en sciences 1996
  

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7-3.3. Impact de l'exploitation

L'exploitation de matière ligneuse a été maximale à travers de longues décennies et le demeure encore, c'est les groupements de pin d'Alep qui sont les plus touchés suivis par ceux du chêne zeen, du chêne liège et du chêne vert. Les peuplements de pin d'Alep, localisés essentiellement dans l'étage semi-aride, constituent la principale ressource de matière ligneuse, les futaies présentent un volume de bois sur pied appréciable et facilement exploitable car les conditions d'accès s'y prêtent. Le relief relativement plat, le faible taux de recouvrement des strates en sousétage, la présence d'un réseau d'infrastructure sont autant de paramètres qui justifient et encouragent la surexploitation de ces peuplements. Ces derniers sont souvent détruits par le feu, la chenille processionnaire, le dessèchement, les coupes illicites; l'exploitation programmée ne fait souvent que condamner ces formations à disparaître surtout sous des conditions écologiques aléatoires ne permettant que rarement une reprise de la végétation (cas du sud de la forêt de Touazizine). La futaie de chêne vert et même celle du thuya ont connu le même sort, lorsqu'elles se présentaient dans un état bien venant elles connurent au même titre que le pin d'Alep actuellement une surexploitation à tel point qu'elles ne sont présentes que sous une forme de

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monts de Tlemcen et les monts de Dhaya (Algérie occidentale)

 

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relique à un stade de dégradation avancé ne leur permettant pas d'atteindre le stade de futaie, malgré qu'elles soient dotées d'un pouvoir de rejet remarquable.

A ce rythme les formations de pin d'Alep connaîtront dans un proche avenir, si les pressions d'exploitation actuelles se poursuivent, la même destinée que celle du chêne vert et du thuya. La qualité du bois et ses diverses utilisation possibles de ces deux dernières espèces les ont condamné, c'est ce qui va se passer pour le pin d'Alep. Des études sommaires et peu fiables sur la productivité du pin d'Alep en Oranie ont permis l'installation d'une unité de transformation de bois à Télagh d'une capacité de 30.000 tonnes par an soit l'équivalent de 100.000 mètres cubes. La base de calcul était une productivité annuelle moyenne de 1,3 à 2,5 mètres cubes par hectare. Malgré une surexploitation la matière ligneuse mobilisée à travers toute l'Oranie n'arrive à satisfaire l'unité de bois qu'à 50%, cela remet en cause toute l'étude de faisabilité de l'investissement et l'accroissement moyen annuel en volume sur lequel tout s'est basé.

L'impact de l'exploitation non réglementée se traduit sur toute la couverture végétale ligneuse et

non pas uniquement sur les peuplements forestiers. La technique avec laquelle est pratiquée cette exploitation peut sans risque d'erreur être comparée à un défrichement se traduisant par:

- une destruction sans sélection de la strate arborescente car les coupes pratiquées sont soit par

bande ou par placette mais des coupes rases, cette technique est utilisée dans plus de 80% des cas car simple,

- un piétinement humain et un écrasement mécanique de la strate buissonnante et de la régénération naturelle évalués à 20% de la surface traitée,

- une mutilation assez importante estimée à 30% de la strate arbustive, découlant de l'ouverture de passage pour se rapprocher des sujets à abattre,

- une dégradation extrême de la végétation en place lors de l'opération de récupération du bois coupé, plus de 25% de la surface est concernée par cette opération.

Malgré l'agressivité des méthodes et des techniques d'exploitation utilisées (coupes rases

partielles se soldant par une élimination de la strate arborescente sur 30% de la surface), le volume moyen de matière ligneuse récupéré est faible comme le confirme les chiffres qui suivent: - entre 9 et 25 mètres cubes par hectare dans le semi-aride: 9 à 15 dans des conditions défavorables, 16 à 21 dans des conditions moyennes et 22 à 25 dans de bonnes conditions,

- entre 13 et 36 mètres cube dans l'étage subhumide: 13 à 18 en conditions difficiles, 19 à 26 quand elles sont moyennes et 27 à 36 quand elles sont bonnes,

Il y a lieu de noter qu'après une coupe rase on ne peut retirer une seconde fois du bois que dans au moins 70 à 100 ans.

Le volume moyen de bois sur pied par type de peuplement pour le pin d'Alep permet d'apprécier l'exploitation et ses conséquences.(en mètre cube par hectare).

Tous ces chiffres avancés et calculés confirment l'agression de l'exploitation et ses conséquences sur la structure des peuplements, cette opération meurtrière quand elle ne découle pas d'une approche scientifique et technique, perturbe l'évolution, la structure et même la composition floristique des formations végétales. L'écosystème ainsi modifié ne répond plus à ses objectifs qu'ils soient de protection ou de production.

Tableau 24 : Possibilités en bois

Type de peuplement

Etage bioclimatique

volume min.

volume max.

volume moy.

Vieille futaie

S.aride

29,3

43,8

36,5

Vieille futaie dense

S.aride

36,4

55,6

46,0

Jeune futaie

S.aride

41,5

62,7

52,1

Vieille futaie

Shumide

59,9

83,1

71,5

Vieille futaie dense

Shumide

74,8

103,5

89,1

Jeune futaie

Shumide

80,6

121,3

100

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La répartition moyenne des volumes par âge des peuplements à base de pin d'Alep en pourcentage se présente:

Tableau 25 : Répartition des volumes par âge.

Type de peuplement

Stade de développement

Représentation en

%

Vieille futaie (18%)

Futaie

52

 

Perchis

10

 

Gaulis

33

 

Semis fourré

5

Vieille futaie (6%)

Futaie

71

 

Gaulis

27

 

Semis fourré

2

Jeune futaie (23%)

Futaie

12

 

Perchis

11

 

Gaulis

59

 

Semis fourré

8

Régénération (31%)

Futaie

1

 

Gaulis

54

7-3.3.1. Prélèvements incontrôlés.

Les délits de coupe pour les besoins domestiques des populations riveraines ne sont pas négligeables et constituent une pression constante. Des observations ponctuelles faites dans ces forêts, selon notre présence pour le suivi de nos placettes expérimentales, nous ont permis d'avoir quelques chiffres pour apprécier le nombre de délits de coupe qui s'exerce sur les forêts de la région:

Tableau 26 : Nombre de délits de prélèvement de bois

Saison

Formations du semi-aride

Formations du subhumide

 

Min.

Max.

Moy.

Min.

Max.

Moy.

E

1793

2955

2.374

546

1279

912

A

17.705

23.123

20.414

8.040

9.413

8.726

H

4.917

9.160

7.038

1.862

3.621

2.741

P

5.881

13.268

9.574

2.083

3.049

2.566

Total

30.296

48.506

39.400

12.531

17.362

14.945

E: Eté

A: Automne

H: Hiver

P: Printemps

Le volume moyen prélevé par délit est de 2,63 stères, pour les 55.000 délits susceptibles d'avoir lieu sur toute la surface forestière, d'où une quantité issue de coupes délictueuses de l'ordre de 144.650 stères. Cela représente une exploitation incontrôlée de 1,8 stère par hectare et par an (en prenant comme surface d'impact 80.000 ha sur 150.000 soit 60%, pourcentage réaliste selon la localisation des populations riveraines par rapport aux formations végétales).

La composition de ces prélèvements est très diversifiée, toutes les espèces y passent et la proportion moyenne des principales sont:

Tableau 27 : Représentativité des espèces sujettes à coupe

ESPECES PRINCIPALES COUPEES

REPRESENTATIVITE

CLASSEMENT

Chêne vert (arbuste)

40-70

1

93

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monts de Tlemcen et les monts de Dhaya (Algérie occidentale)

 

1996

 
 

Chêne zeen (arborescent et arbustive)

30-50

3

Thuya (arbustive)

30-60

2

Lentisque

10-30

7

Filaire

5-10

9

Genévrier

20-35

4

Arbousier

10-15

8

Bruyère

15-30

5

Pin d'Alep

25-35

6

C'est les espèces les plus agressées qui présentent le plus fort taux de présence dans les prélèvements illicites car elles offrent des qualités de combustion intéressantes (dessèchement rapide, diamètre d'utilisation aisée, disponibilité sur un rayon faible).

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon