WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Essai d'étude comparative de procédure d'enregistrement d'une marque dans l'espace OAPI et en RDC

( Télécharger le fichier original )
par Aubin MABANZA NSEMY
Université de Yaoundé II Cameroun - Master 2 en droit de la propriété intellectuelle 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CHAPITRE I :

LES CONDITIONS DE FORME D'ENREGISTREMENT D'UNE MARQUE

Dans les deux législations la demande doit satisfaire à des conditions de forme. Il s'agit d'abord, d'examiner l'obligation de déposer une demande (Section 1). Vient ensuite l'examen de l'organisme habilité à recevoir la demande (Section 2).

SECTION I : L'OBLIGATION DE DEPOSER UNE DEMANDE D'ENREGISTREMENT D'UNE MARQUE

Notons que c'est pour mettre fin à l'insécurité juridique que le législateur de 1857 a institué l'obligation du dépôt21. Sous l'ancien régime, quelle que soit la recherche faite pour trouver une marque, quelqu'un qui l'utilisait sans l'avoir déposée pouvait agir en contrefaçon : il suffisait de la déposer plus tard, ce qui avait pour effet de faire remonter les droits du déposant à la date du premier usage (à condition d'en apporter la preuve)22. Ce problème a été réglé grâce notamment aux conventions internationales qui ont instauré un système de « dépôt attributif ~en vertu duquel l'enregistrement crée le droit de propriété23. La distinction entre ces deux termes a été établie par l'actuel Code Français de la propriété intellectuelle. L'enregistrement ne s'acquiert qu'à l»issue d'un examen et d'une possible procédure d'opposition.

La jurisprudence considère que comme le droit sur une marque s'acquiert par
l'enregistrement, il en résulte que « le droit des marques est un droit

21 Voir l'article L.712-1 du Code français de la propriété intellectuelle, dans sa version de 1991. Le terme

« enregistrement »a été préféré à celui de « dépôt »qui figurait dans la loi du 31 décembre 1964, « la propriété de la marque s'acquiert par le premier dépôt ».

22 Pochon (Bernard) et Derambure (Christian): De la création à la contrefaçon des marques, éditions du Puits Fleuri, 2007, p.82.

23 Op.cit, p.83.

d'appropriation et non de créativité à la différence d'autres protections privatives24 ».

La validité d'une marque dépend du dépôt de celle-ci. Dans l'espace OAPI, l'Accord de Bangui dans son annexe III prévoit un article V alinéa 1 qui dit que « la propriété de la marque appartient à celui qui, le premier en a effectué le dépôt~. C'est sur le fondement de cette disposition que la Cour d'appel d'Abidjan a rendue une décision en date du 02 mars 2007 dans l'affaire « SUNWATT25 ».

En l'espèce, un commerçant exerçant sur le territoire Ivoirien et dans les pays de la sous région a déposé et enregistré la marque de piles SUNWATT à l'OAPI le 22/09/1994 ; que deux ans plus tard il cède son affaire à une entreprise basée à TAIWAN qui, en juillet 2000, à son tour la cède à une autre entreprise.

Qu'entre temps, la société défenderesse a déposé et enregistré cette marque le 22/10/1996, qu'elle a découvert l'existence des piles de marque « SUNWATT » sur le marché Ivoirien autre que celle qu'elle fabrique, a saisi le tribunal civil d'Abidjan aux fins d'annuler l'enregistrement de ladite marque opérée le 22/10/1996. Les juges du fond ont fait droit à sa demande. Et que la demanderesse a fait appel de la décision.

Devant la Cour d'appel, la défenderesse affirme que la marque en cause était déposée en CHINE avant de l'être à l'OAPI en octobre 1996, et que c'est en pleine connaissance de ses droits d'usage et de propriété sur ladite marque que les titulaires successifs se sont précipités pour déposer celle-ci auprès de l'OAPI afin de se prévaloir de l'antériorité de leur dépôt. Elle fait valoir qu'un tel procédé est frauduleux au regard de l'article 24 de l'annexe III de l'Accord de Bangui.

La Cour d'appel d'Abidjan a confirmé le jugement attaqué qui avait donné raison à la défenderesse dont le dépôt a été déclaré valable et régulier par le Directeur Général de l'OAPI et que par conséquent avait respecté « l'exigence

24 T.G.I.Castres, 13 mars 1992, Dior C/ SIM, PIBD 1992, III, 472.

25 Arrêt contradictoire n° 182 du 02 mars 2007 de la 3e chambre, Cour d'appel d'Abidjan (Côte d'Ivoire), Recueil de décisions de justice (de l'OAPI) en matière de propriété intellectuelle, pages 12 à 22.

de l'inscription de la marque SUNWATT au registre spécial des marques à l'OAPI... ». L'intérêt de cet arrêt de la Cour d'appel d'Abidjan c'est qu'il illustre que les juges du fond lorsqu'ils sont saisis d'une demande en annulation apprécient de façon rigoureuse le critère de « l'antériorité ».

A la fois, au regard de la Convention de Paris de 1883 et de l'Accord de Bangui, Ce contrôle permet ainsi de limiter les manoeuvres frauduleuses de certains déposants.

La loi Congolaise de 1982 prévoit un dispositif semblable à celui de l'Accord de Bangui.

L'obligation de déposer une demande implique à s'interroger sur la personne habilitée à effectuer le dépôt (§1). Ensuite, il convient de s'interroger sur ce qui doit faire la nature du dépôt de la demande (§2), enfin, il nous faudra examiner l'enregistrement lui-même (§3).

§1 : La personne habilitée à effectuer le dépôt.

L'article 8 de l'Accord de Bangui, Annexe III ne prévoit aucune restriction en ce qui concerne le demandeur, il peut s'agir du titulaire lorsqu'il est résident(A) ou de son mandataire en cas de demandeur se trouvant à l'étranger(B).

A. Le titulaire déposant national.

Toute personne physique ou morale peut accomplir les formalités de dépôt d'enregistrement d'une marque. S'agissant de l'espace OAPI, l'article 13 b) de l'Annexe III de l'Accord de Bangui prévoit également les conditions de résidence et de nationalité du demandeur. De sorte qu'il peut s'agir soit d'un ressortissant de l'un des Etats membres, soit d'une personne étrangère à condition d'avoir une résidence ou un établissement dans le territoire OAPI. L'Accord de Bangui ne pose pas de condition de réciprocité comme c'est le cas dans de nombreuses législations.

En effet, l'article L.712-11 du Code Français de la propriété intellectuelle dispose que : « Sans préjudice de l'application des dispositions de la convention de Paris pour la protection de la propriété industrielle, l'étranger qui n'est ni établi, ni domicilie sur le territoire national bénéficie des dispositions du

présent livre. Toutefois, sous réserve des conventions internationales, ce bénéfice est subordonné aux conditions qu'il justifie avoir régulièrement déposé la marque ou obtenu son enregistrement dans le pays de son domicile ou de son établissement et que ce pays accorde la réciprocité de protection aux Français26».

En application de ces dispositions, la jurisprudence fait une application plus stricte27.

Cependant, la qualité de commerçant n'est pas exigée pour effectuer valablement un dépôt. De même, l'Accord stipule qu'une personne physique tout comme une personne morale (par exemple une société holding, une association, un syndicat etc.) peut valablement effectuer le dépôt. Il peut s'agir d'un déposant unique ou d'une pluralité de déposants. Les dispositions de la loi Congolaise de 1982 sont similaires à celles de l'Accord de Bangui.

La règle de l'«indépendance de la marque»permet en effet, à une personne qui n'a pas le statut de commerçant de déposer une marque en son nom personnel. Les juges du fond interprètent largement cette règle. C'est le sens d'un arrêt rendu sur la question de savoir si un non-commerçant était habilité à effectuer un dépôt « on ne saurait contester au particulier le droit d'acquérir une marque, pour le motif qu'il ne possède pas d'entreprise commerciale ; la loi n'exige pas que le titulaire d'une marque soit propriétaire d'une entreprise, une personne n'exerçant aucune activité commerciale peut parfaitement déposer une marque dès lors que celle-ci sert à distinguer les produits ou services d'une entreprise28».

Toutefois, la règle de l'indépendance d'une marque est « relative »en ce sens
que le titulaire d'une marque qui n'est pas commerçant est tenu de l'exploiter
directement ou indirectement dans un délai de Cinq ans après son

26 Voir : article L.712-11 du Code de la propriété intellectuelle Français.

27 Par application de ces dispositions, le dépôt de la marque « Rambo » effectué par une société panaméenne a été annulé au motif que « la demanderesse n'ayant pas démontré qu'à la date du dépôt en France, les marques françaises bénéficiaient dans l'Etat du Panama d'une protection équivalente à celle accordée aux marques panaméennes», T.G.I Paris, 3e ch. 21 janv.1987, Carolco, PIBD 1987, II. 234.

28 Voir en ce sens, CA. Paris, 4e ch. 11 février 1975, JCN, KN C/ Guiraud, Ann. Prop. Obs. 1975 239.

enregistrement, sous peine de déchéance29. Lorsque le titulaire réside à l'étranger, le dépôt doit se faire par l'intermédiaire d'un mandataire.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"L'imagination est plus importante que le savoir"   Albert Einstein