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Peuples autochtones et droit au développement au Cameroun. Cas des pygmées Baka de l'est

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par Marielle KOLOKOSSO
Université catholique d'Afrique Centrale Yaoundé - Master en droits de l'homme et action humanitaire 2010
  

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B- Le respect des spécificités et de l'identité des peuples autochtones

Les peuples autochtones se distinguent du groupe dominant par leurs spécificités et leur identité. Or, ces dernières sont matérialisées et exprimées à travers leurs cultures et leurs langues, les deux étant indivisibles. En effet, l'une des caractéristiques des communautés autochtones est l'existence d'une culture distincte de celles des groupes dominants. Au Cameroun, la richesse de la culture des communautés autochtones est reconnue. Mais au-delà de la présentation parmi les attractions touristiques du pays, on n'a pas l'impression que des mesures particulières soient prises pour en assurer la protection formelle. Dans un cadre général, l'Etat assure la liberté de conscience et de religion, et ce droit constitutionnel s'étend aux communautés autochtones. On peut toutefois déplorer que le droit n'impose pas de manière spécifique une prise en compte de la culture et des langues autochtones dans la vie publique.

Or, aucun développement ne peut être envisageable en dehors du respect de leurs spécificités, quelques soient les moyens qui sont mis en jeu. Pourtant, à ce jour, aucune politique nationale, aucune loi en vigueur au Cameroun ne prend en compte les spécificités socioculturelles, économiques ou linguistiques des peuples autochtones. Toutefois, des efforts de reconnaissance de la culture des peuples autochtones sont observés. C'est le cas de l'organigramme du MINAS attribuant les fonctions du Service de la Promotion des droits et de l'encadrement des populations marginales qui fait cas de la charge qu'a ce service de participer à « la promotion de la culture des populations marginales, en liaison avec les administrations concernées ». C'est montrer que la culture est intégrée dans les préoccupations nationales. Mais, de cette absence de réelle protection des droits culturels des peuples autochtones, l'on ne peut que déduire que l'Etat camerounais n'a pas encore perçu de façon profonde l'importance et l'enjeu de la culture pour les autochtones.

Ainsi, en ce qui concerne l'accès à la citoyenneté des peuples autochtones dans le respect de leurs spécificités, cela constitue une étape fondamentale à la réalisation du développement. Mais, l'Etat camerounais ne protège pas totalement ces droits, qui pourtant sont fondamentaux autant que ceux qui sont liés à l'implication des autochtones dans la réalisation du développement.

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