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Volonté et liberté dans " Fondements de la métaphysiques des moeurs " de Kant

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par Juvet NGOULOU IPARI
Université Marien Ngouabi - MaàŪttrise en philosophie 2012
  

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CHAPITRE PREMIER :

ELUCIDATION DES CONCEPTS EN OEUVRE DANS LA MORALE KANTIENNE

Avant d'exposer l'analyse que Kant fait de l'idée de la volonté et de la liberté, dans les Fondements de la métaphysique des moeurs, et d'en élucider les concepts en oeuvre dans la problématique, nous avons jugé bon et important de commencer d'abord par exposer le problème philosophique de la morale kantienne qui est l'une des préoccupations majeure de notre philosophe des Lumières.

Cependant, nous n'allons pas exposer ici de manière approfondie ou exhaustive la conception kantienne de la morale. Mais, nous allons seulement donner quelques approches qui semblent essentielles pour la compréhension du problème moral de la volonté et de la liberté.

En effet, dans cette analyse, Kant se concentre et se consacre presqu'entièrement à la résolution du problème de la morale. Morale qui se donne à voir comme base de conduite. C'est pourquoi, au début de ses investigations, il fait un constat qui va marquer cette philosophie en ces termes: «La philosophie morale est donnée comme synonyme de l'éthique.6(*) » en quoi consiste la pertinence de cette annonce ? Cette annonce se veut pour la philosophie, qu'elle soit non pas seulement comme une simple spéculation théorique mais plutôt comme une pratique de bonne conduite, c'est-à-dire que toute action morale suppose un accord avec le principe de la moralité, et par conséquent un sentiment pour la loi morale. Vue de cette façon, la loi morale de Kant est formulée en termes de contrainte intérieure commandée par le respect de la dignité humaine. Mais, ce n'est pas seulement parce que l'être raisonnable détient la loi morale, que le sujet possède une éminente dignité, mais parce qu'il en est aussi la source.

C'est ainsi que s'impose une enquête méthodique et rigoureuse. De même ajoute l'auteur : «La règle pratique est toujours un produit de la raison parce qu'elle prescrit l'action comme moyen en vue d'un effet comme intention7(*)». Cela dit, cette conception vient encore une fois de plus renchérir la première idée pouvant justifier l'efficacité de la conduite morale en la rendant pratique.

De là même, il est à reconnaître que pour Kant, la règle pratique que la morale se donne est aussi prise comme un principe de la vie. Ce qui se justifie aussi bien dans la mesure où, si la morale est une dans ses principes, alors la moralité quant à elle, peut bien être multiple dans ses actions. Par suite la morale a son fondement dans l'autonomie de la volonté, c'est-à-dire qu'elle a la possibilité de poser en elle-même ses lois. Puisque, l'autonomie est bien celle du sujet moral, volontaire et libre ; d'un être raisonnable qui se réalise pleinement.

Aujourd'hui, le terme de la morale ne s'emploie généralement que pour qualifier des réflexions théoriques portant sur des pratiques et aussi sur les conditions de ces pratiques. Ainsi, la morale aurait ses fondements non seulement dans le traditionnel d'un pays mais dans une décision rationnelle. Voilà pourquoi nous disons que c'est seulement dans le domaine de la morale que la raison va pouvoir à bon droit se manifester dans toute sa puissance. Ce qui nous importe est de signaler que, toutes ces théories rationnelles de l'action morale répondent à la question «que dois-je faire ? », ou « que dois-je vouloir ? 8(*)» 

En effet, pour répondre à ces questions, il faut poser comme point de départ l'idée du Souverain Bien, car le Souverain Bien est l'idée d'un bonheur associée à la conscience pour s'en être rendu digne par la soumission à la loi morale. Ces questions montrent que la morale de Kant est bien une réforme de la métaphysique traditionnelle. Elle vise avant tout, l'accord avec le souverain bien, puisque Dieu est, chez Kant le gouverneur moral. Cela dit, il en résulte même le primat de la raison pratique sur la raison spéculative. Car la moralité est une effectuation du suprasensible dans le sensible, garantissant un progrès pratique indéfini et un Dieu comme cause suprême de la nature, dont la causalité est conforme à l'intention morale. Généralement, les théories morales de la volonté et de la liberté établissent les normes universellement valables pour des actions, en tenant compte des intérêts et des fins. Pour ce faire, la première des taches de la philosophie morale va être ainsi de justifier son primat sur des choses situées au-delà de la nature sensible, donc au-delà des inclinations.

C'est en cela que s'explique le fait que la condition suprême du souverain bien est la vertu, c'est-à-dire la conformité complète des intentions à la loi morale, la disposition naturelle au bien. C'est, aussi une présentation méthodiquement organisée de l'ensemble des devoirs dans une métaphysique des moeurs. Cette méthode n'est entre autre que la construction a priori qui administre la preuve des concepts moraux tels la volonté, la liberté, le devoir, le souverain bien (...), dont l'origine première n'est pas dans la sensibilité, mais dans la seule raison pratique. La référence à laquelle renvoie la description morale est simplement postulée de cette façon : « Appliquer la morale à l'homme, ce n'est pas la réduire à l'humain, mais élever l'homme à l'humanité9(*)».

Ce propos de Kant montre que l'homme, inspiré par la loi morale dont il exprime l'éminente dignité, s'étend à tout être raisonnable en tant que détenteur de la loi morale et révèle du même coup la vocation suprasensible. C'est pourquoi en respectant l'humanité en nous-mêmes, comme en autrui, nous faisons de l'être raisonnable la fin ultime de notre action. Voilà qu'au regard de cette analyse, il ressort que le devoir morale de l'homme est de faire ce qui peut être appliqué à l'humanité pour fonder en même temps le progrès de l'espèce humaine.

Après avoir donné quelques aspects philosophiques de la morale chez Kant, force est de ramener cette conception morale, à la pertinence des concepts de notre problématique. D'où l'appel à l'élucidation des concepts en oeuvre fondant la clé de notre problématique à savoir : les concepts de ·volonté· et de ·liberté·, contenus dans les Fondements de la métaphysique des moeurs.

1. La volonté

La préoccupation fondamentale de Kant a été celle de comprendre le sens de la morale bien entendue. En effet, pour arriver à la bonne compréhension de son sens, Kant s'est essentiellement appuyé sur un certain nombre de concepts généraux à partir d'une étude approfondie. C'est ainsi que figurent entre autre les concepts de ·volonté· et de ·liberté·.

L'étude que nous allons mener ici fera d'abord, dans un premier moment, l'objet d'une description de la volonté ; ensuite elle constituera, dans un deuxième moment la description de la liberté.

Ce faisant, le concept de · volonté·, en tant que concept philosophique a fait l'objet de plusieurs réflexions, notamment depuis l'Antiquité, et Kant n'a fait de cette expression qu'une simple « reprise radicale » comme le disait Socrate. Reprise radicale qui lui a permis de justifier la manifestation de la morale et des moeurs dans la puissance d'action et d'agir.

En effet, le concept de volonté énoncé par Kant, a été emprunté aux prédécesseurs. Bien avant Kant, Locke (1632-1704), l'un aussi de ses précurseurs, a fait de la volonté l'une des préoccupations dans ses investigations philosophiques. Ce qui lui a permis de remarquer à ce titre que : « La Volonté est cette Faculté supérieure de l'Ame qui règle et ordonne toutes choses, qu'elle est ou n'est pas libre, qu'elle détermine les Facultés intérieures, (...)10(*)

En examinant de près cette pensée de Locke, l'idée qui se dégage nous fait dire que, la Faculté supérieure de l'âme dont il se fait écho, montre le fait que, que ce soit en philosophie ou bien encore en religion, cette faculté détermine le principe même de pensée ; et se révèle par conséquent comme le principe des qualités morales. Puisqu'il est ici question de son usage et de sa juste valeur. C'est pourquoi avec Kant : « La volonté est un «je veux » qui vaut pour tout être raisonnable, à la condition que chez lui la raison soit pratique sans empêchement11(*)».

En d'autres termes, la volonté est apte à se donner à elle-même la loi de son agir en dehors des mobiles de la sensibilité, et donc ne voulant rien d'autre que la forme pure de sa propre législation. En conséquence, pour tout être raisonnable fini, la volonté peut être pure, c'est-à-dire libre, et indépendante des mobiles sensibles. Ainsi, on assiste à un affranchissement de la volonté à l'égard des attraits sensibles, des penchants, ce que Kant appelle des déterminations pathologiques. Voilà pourquoi, par la volonté, il s'agit «d'apprendre ou à vouloir autrement 12(*)». C'est-à-dire apprendre ou à vouloir autrement que la force morale de la volonté d'un être raisonnable dans l'accomplissement du devoir. Ici, l'individu est à la fois législateur et sujet de la loi qu'il s'impose à lui-même.

D'ailleurs chez Kant, la volonté s'exprime en allemand en termes de « die Wilkhür13(*)», souvent traduit par arbitraire ou encore par «der Wille14(*)», traduit par volonté, dessein, intention.  De même, elle est l'usage actuel que nous faisons de cette puissance en produisant ou en cessant de produire telle ou telle action. Mais, cette cessation ou cette production volontaire s'appelle pour cela volonté.

Bien sûr, la volonté implique les fins. Ce qui constitue pour la morale la fin ultime pour l'éthique de la vie. Étant donné que la volonté est soumise au devoir, elle doit être comprise en dehors des mobiles subjectifs afin de s'accorder avec la loi pratique objective. La volonté constitue la voie d'accès à l'universalité de la loi morale. Voilà pourquoi selon Kant, « La volonté est conçue comme une faculté de se déterminer soi-même à agir conformément à la représentation de certaines lois. Et une telle faculté ne peut se rencontrer que dans des êtres raisonnables15(*)». Il se dégage par delà que, la volonté s'investit dans un usage pratique permettant l'élaboration des lois morales capables d'effectuer une mutation des consciences, pour enfin parvenir à une révolution des moeurs.

Par conséquent, la volonté exprime donc l'agir libre. Elle est la manifestation de la capacité de choisir sans influence extérieure. A vrai dire, la volonté est une faculté humaine. Par la volonté, l'homme outrepasse et transcende les tendances naturelles et lui permet d'agir librement comme le pensent aussi bien d'ailleurs de nombreux philosophes comme par exemple Descartes et plus tard Kant.

Dès lors, nous jugeons que cette volonté qui détermine l'être raisonnable est bien une faculté visant à réguler le comportement de l'homme. Elle est un vouloir, ou encore un choix. Toutefois, l'on peut convoquer Ernst Bloch lorsqu'il s'exprime : «Celui qui veut a déjà jeté son dévolu, il sait ce qu'il préfère, son choix est fait16(*)». Cela justifie le fait que, l'homme selon Kant, n'est homme que lorsqu'il agit par sa volonté de façon à choisir le bien, au détriment du mal, c'est-à-dire, lorsqu'il agit moralement, lorsqu'il pratique la vertu. Et chez Kant, l'homme est un sujet moral qui a pour base la raison pratique, la bonne volonté et l'autonomie de la volonté. Il convient de relever que, la réalisation morale de l'homme se veut être de toute évidence, le résultat interne du choix qu'est la volonté.

Ensuite, de façon claire, il est à reconnaître que, la volonté est aussi synonyme de progression, progression active vers un but. C'est une prise de position dans le monde. Vouloir c'est déjà agir, puisque l'action détermine la volonté, et la volonté détermine la puissance d'agir.

En outre, par la volonté, l'homme se dénonce, se détermine et s'affirme moralement. Cela sous-entend que chez Kant, la volonté est le principe de la morale. Justement, parce que la volonté détermine déjà en elle-même la loi, puisque morale. Aussi, parce que le processus de détermination y est libre et pratique. La volonté est une perspective d'avenir par le fait que tout homme est une fin en soi. Elle est une éducation, un précepte de portée universelle et est exprimée dans ses Fondements de la métaphysique des moeurs ; cet ouvrage de prédilection de la morale et de bonne conduite.

Finalement, la définition et les enjeux du concept de volonté sont pour la grande partie liés à la conception que nous faisons de la raison. De cette conception découlent aussi les notions de responsabilité et de liberté qui posent les fondements de la morale et même du droit. Mais les problèmes relatifs à la notion de volonté appartiennent surtout à l'éthique ou à la philosophie morale, et en particulier à la théorie de l'action. Cela nous conduit définitivement à la liberté pratique ou morale.

* 6 Kant (E),Op.cit., p.7.

* 7 Kant(E), Critique de la raison pratique, traduction de l'allemand par Luc Ferry et Heinz Wismann, Paris, éd., Gallimard, 1985, p.38.

* 8 Kant(E), Op.cit, p.42.

* 9 Kant (E), Ibid, p.41.

* 10Locke(J), Essai philosophique concernant l'entendement humain (1650), trad., Costes, Paris, éd.,Vrin, 1972, p.184.

* 11 Kant(E), Op.Cit., p.131.

* 12 Birault (H), Heidegger et l'expérience de la pensée, Paris, Gallimard, 1978, p.189.

* 13 Kant(E), Projet de paix perpétuelle, trad., présentation et commentaires de J.-J. Barrère et C. Roche, Paris, éd., Nathan, 1991, p.92.

* 14 Kant (E),Ibidem.

* 15 Kant(E), Op.cit., p.103.

* 16Bloch (E), Le Principe espérance (1959), trad., F. Wuilmart, Paris, éd., Gallimard, 1976, p.63.

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"Il existe une chose plus puissante que toutes les armées du monde, c'est une idée dont l'heure est venue"   Victor Hugo