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La culture de l'igname ( Dioscorea sp ) et sa valeur sociale, culturelle et économique dans le canton de Dimori en pays Bassar au Togo

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par Bassa KPAKPADJA
Université de Lomé Togo - Maitrise en lettres et sciences humaines 2011
  

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3.5- La commercialisation des tubercules de Dioscorea sp

La commercialisation des produits agricoles constitue la principale source de revenu du paysan. Au cours de la période de l'enquête, la vie économique était florissante car c'était la période des récoles du Dioscorea sp.

En effet, les travaux de terrain se sont déroulés pendant les récoltes, ce qui a permis de faire une analyse des faits économiques observés.

Ces moments d'abondance, où le paysan retrouve son équilibre alimentaire après une difficile traversée de la période de soudure, drainent des milliers d'opérateurs économiques de différents coins de la région. L'importance de l'offre et les difficultés d'accès ne sont pas sans influence sur les prix qui connaissent des baisses considérables ; ainsi, dans les localités telles que Bikpadjab, Tchébon, Yakédji, les paysans sont obligés d'accepter les modestes prix imposés par les commerçantes. La presque totalité de ceux-ci viennent de Bassar mais il faut voir à l'arrière plan le pouvoir financier des commerçantes de Kara et Sokodé.

Le partage des activités dans l'achat des produits est lié au sexe, et le constat général lie le commerce des produits agricoles aux femmes et celui des produits de l'élevage aux hommes.

Quelques commerçants s'achètent des produits agricoles après la vente des produits manufacturés. Toutes ces activités intensifient le trafic routier dont le flux passe du simple (5 camions) au double (10 camions à 8 voir 10 roues). C'est donc un ensemble de paramètres dépendants qui reflètent la vie économique à Dimori qui dépend de la vente du Dioscorea sp.

3.5.1- Le Dioscorea sp et le développement des marchés dans la zone

L'importance du marché de Dimori est intimement liée à la production de Dioscorea sp qui lui vient de sa position dans une zone aux sols fertiles et à haute productivité. Cette importance a été un peu affectée par l'enclavement dont a souffert le milieu pendant des décennies. Son spectaculaire développement a commencé en 1985. Le marché de Dimori couvre une superficie d'environ deux hectares en saison sèche ; ce qui traduit la non occupation totale de l'aire du marché ; le manque d'entretien de tout l'espace provoque l'enherbement d'une partie de cet espace en saison des pluies. Il y a une tentative de zonalisation non précise des produits. Des quatre hangars faits de piliers en béton et couvert de tôles, seuls deux (les plus proches de la route) sont utilisés par les commerçants de produits manufacturés. Quand aux vendeurs de produits agricoles, il devient difficile de les situer dans l'espace car il y a interpénétration des acteurs sans distinction de la nature des produits.

La gestion du marché est assurée par les agents de la municipalité de Bassar. Les taxes sont celles perçus sur les produits de vente. Ces taxes vont de 25 F CFA à 100 F CFA selon la nature et l'importance du produit. Quoique situé en zone frontalière, Dimori est coupé des contacts commerciaux avec les localités voisines du Ghana. La difficulté de tracer des routes à cause du relief accidenté explique cette situation. Cependant quelques produits tels que le pétrole, les lames des houes et les coupe-coupe proviennent des contrées du Ghana (Séndi). L'accès au territoire ghanéen étant très difficile, le transport des produits commerciaux se fait à pied. Le tronçon Dimori-Binadjoub, Dimori-Yakédji et Dimori- Bikpadjab sont les plus utilisés pour les transactions.

Réputé pour son offre en produits agricoles dont les principaux sont le Dioscorea sp et la tomate, le marché de Dimori attire les commerçants des régions environnantes qui agissent surtout par l'intermédiaire des femmes de Bassar. Les prix qui y sont fixés sont généralement inférieurs à ceux de Bassar d'au moins 20 % et atteignent parfois 40 %. Un mécanisme spécial régit le marché de Dimori qui s'anime le mardi. La veille, les femmes du milieu agissant en qualité d'intermédiaires, s'assurent de la disponibilité des produits de leurs clientes agréées. Elles achètent ainsi le produit avant même l'ouverture du marché afin de ne pas mettre leurs clientes devant une situation de pénurie en cas de surplus de commerçants le lendemain. Donc, les produits sont préalablement stockés dans des concessions et l'on attend que l'arrivée des acheteurs, c'est à ce titre que les femmes de paysans vendeuses de premier niveau des produits agricoles privilégient les clientes habituelles par rapport aux nouvelles qui peut-être n'ont besoin que de faibles quantités pour leurs besoins domestiques.

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