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La culture de l'igname ( Dioscorea sp ) et sa valeur sociale, culturelle et économique dans le canton de Dimori en pays Bassar au Togo

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par Bassa KPAKPADJA
Université de Lomé Togo - Maitrise en lettres et sciences humaines 2011
  

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Conclusion partielle

Toute activité commerciale fleurit si les moyens de transport sont en bonne et due forme. A Dimori, ces moyens sont défectueux ou presque inexistants.

En effet, les routes qui conduisent au canton sont toutes impraticables ce qui ne favorise pas la circulation des biens et des services et donc l'écoulement des denrées alimentaires. Ceux qui s'y aventurent le font avec des risques énormes. Par conséquent, les prix des denrées varient selon le lieu, l'état de la route y conduisant et selon la saison. La saison la plus redoutable pour les prix aux producteurs est la saison des pluies, saison au cours de laquelle le Dioscorea sp est à sa plus basse valeur. Et pourtant les circuits de commercialisations sont multiples.

Les revenus sont dilapidés par les paysans pour les besoins les moins importants pour leur vie. Mariages en grandes pompes, funérailles et multiples cérémonies sont les activités extra agricoles qui nécessitent d'énormes dépenses. Et pourtant, la culture du Dioscorea sp est un problème ; problèmes de pluviométrie, de terres cultivables pour les producteurs étrangers, problèmes de commercialisation en l'occurrence le payement et la fixation des prix etc., problèmes auxquels nous avons trouvés quelques approches de solution. En concertation avec les producteurs eux mêmes, nous avons fait des propositions de reformes agraire pour résoudre l'épineux problème de terres de culture.

CONCLUSION GENERALE

Le canton de Dimori est une terre cosmopolite sur laquelle des peuples se sont retrouvés. C'est ainsi que les `'Taapu'', les konkomba, les Dagomba et les Lamba se sont retrouvés sur ce terroir pour former le village `'D'Mol''. En s'installant, ces peuples ont apportés avec eux des divinités telluriques qui au fil des années se sont adaptées aux conditions de vie de tout un peuple au point de rythmer leur vie.

Dans la seconde moitié du XIX ième siècle, une crise alimentaire, résultat des aléas climatiques aurait permis la découverte d'une plante tropicale riche en matières nutritives appelée le Dioscorea sp. Mais, il s'agit à la fois d'une découverte et d'une invention ingénieuse car, avec elle, des techniques nouvelles de culture et des modes d'exploitation du sol en collaboration avec des techniques d'association de culture et de conservation ont vu le jour.

C'est ainsi que, pour des raisons de développement des tubercules, les techniques de buttage, l'assolement et la rotation furent adoptées.

La culture du Dioscorea sp a un double but : il faut tirer de son sol de quoi se nourrir et de quoi vendre pour se procurer des revenus monétaires afin de satisfaire les autres besoins qui ne sont pas forcément en relation avec l'agriculture.

Compte tenu des moyens de production, l'exploitation, du sol, est faite avec le maximum d'efficacité. En effet, contraint de travailler avec des outils rudimentaires (houe, daba, coupe-coupe etc.), l'agriculteur ne peut compter que sur la solidarité de la collectivité à travers des équipes d'entraides (N'daboï), d'invitations (D'kpaméle) et aujourd'hui les métayages (Pâh) pour mener à bien ses différentes opérations culturales.

En somme, contrairement aux autres terroirs qui dans leur ensemble sont caractérisés par la prédominance dans le système de culture extensive avec la différenciation de deux grandes zones de culture à savoir le `'Podja'' ou champ de case cultivé avec beaucoup de soins et le grand champ éloigné du village `'K'ssaou'', le terroir de Dimori est prédominé par le système de production extensive mais avec une seule zone de culture : le grand champ qui se trouve à des heures de marche du village. Cette zone bénéficie d'un aménagement agraire qui permet au paysan de s'auto suffire, mais le recul de la jachère due à l'augmentation de la population et des contraintes climato anthropiques entravent sa bonne réalisation.

Actuellement, la nécessité de revaloriser la culture du Dioscorea sp à Dimori s'impose pour les raisons suivantes : sa valeur nutritive, économique et culturelle.

En effet, la culture du Dioscorea sp est l'activité principale qui rythme la vie des habitants du canton de Dimori. Tout le monde est producteur à temps plein ou à temps partiel car, d'une part, elle constitue la base alimentaire et la seule source de revenus pour les populations et d'autre part elle est le pilier de la culture de la population du Grand Bassar et du canton de Dimori en particulier. Mais, pour des raisons économiques urgentes, les paysans sont dans l'obligation de vendre des prémices de tubercules de Dioscorea sp aux pris dérisoires à des commerçantes sans scrupules qui s'enrichissent sur le dos des paysans sans défenses. Pour tout dire, le paysan est le plus lésé dans cette affaire. Mais, ce qui fait son attachement à cette culture du Dioscorea sp est que c'est la seule activité qui lui rend sa fierté si elle est bien réussi et qui rythme sa vie sur tous les plans : sociale lorsqu'elle lui permet de vivre, économique quand elle lui permet de marchander et de tirer un revenu et culturel à cause des rites, cérémonies et fêtes traditionnelles. Mais c'est sans compter tout le mal qu'il s'est donné pour réaliser ces travaux.

Les atouts à la culture du Dioscorea sp sont multiples, mais il ne faut pas perdre de vue les entraves qui ne sont pas négligeables notamment dans le canton de Dimori. Ce sont d'une part l'abondance et le dynamisme de la main d'oeuvre agricole et le désir manifeste des producteurs en faveur du développement de cette économie ; d'autre part, l'enclavement relatif du milieu, l'irrégularité de la pluviométrie face à l'impuissance des paysans et les mythes et coutumes qui ne facilitent pas l'activité à Dimori.

Ce ne sont pas des handicapes insurmontables pour peu que l'on ait la volonté et le désir d'agir efficacement. Des sacrifices énormes sont à consentir par les responsables politiques et les partenaires au développement afin de trouver des approches de solutions.

- Quelques approches de solutions aux problèmes

Comme pour tout problèmes liés à la production d'une plante, ceux de la culture du Dioscorea sp méritent des approches de solutions pour permettre la vulgarisation de sa culture sur le plan national.

En effet, au cours de nos travaux de terrain, les paysans ont envisagés des approches de solutions suivantes.

Pour les reformes agraires, 9,17 % des enquêtés ont envisagés une redistribution des terres agricoles afin de mettre fin au problèmes de manque de terres et aux litiges fonciers ; 25 % se sont prononcés pour la révision et la surveillance des prix des produits agricoles en général et ceux des Dioscorea sp en particulier pour permettre la rentabilité de leur activités. En suite, l'aide de l'Etat a été aussi envisagé par les paysans en vue d'augmenter la production et satisfaire les besoins du marché. Et enfin, les paysans se sont prononcés à 40,83% sur une possible transformation du Dioscorea sp en farine par exemple.

- Des approches de solutions aux contraintes foncières et de pluviométrie

Pour diminuer ou enrayer les inconvénients qui entourent les modes d'appropriation des terres agricoles, les paysans immigrants et sans terres de Dimori ont proposé que l'Etat prenne la gestion foncière de toutes les terres du pays. Ainsi, les agriculteurs ont souhaités une nouvelle reforme agraire car pour eux, sans l'intervention de l'Etat, les conflits intra lignagères ou inter lignagères ne cesseront jamais.

En outre, pour éviter les resemis des boutures de Dioscorea sp, il faut que les paysans sèment au cours des mois pendant lesquels la chaleur n'est pas excessive (novembre à janvier). Pour le problème de la pluviométrie, les paysans doivent abandonnés les cultures sur brûlis, éviter les coupes anarchiques des arbres et les feux de brousse tardifs, reboiser fortement le terroir.

- Les approches de solutions pour une bonne commercialisation du Dioscorea sp

La commercialisation de tout produit agricole a des effets induits sur la sa production et sur son développement. A cet effet, les paysans de notre zone d'étude souhaiteraient que l'Etat mette en place une structure qui donnera des conseils et pourquoi pas des intrants et qui va acheter les tubercules de Dioscorea sp récoltés comme c'est le cas pour certaines cultures vivrières et de rente. Ils ont aussi envisagés des subventions aux producteurs de la part de l'Etat.

- Une bonne gestion des revenus issus de la vente du Dioscorea sp

Les sommes obtenus grâce à la vente des tubercules de Dioscorea sp doivent leur servir à amortir les outils voir acheter le matériel agricole comme les boeufs attelés pour la traction, les motoculteurs ou s'associer pour acheter des tracteurs.

Pour pallier aux dépenses injustifiées dans la célébration des mariages, cérémonies et funérailles, les ONG et le gouvernement doivent sérieusement sensibiliser les producteurs sur les comptes d'exploitation pour qu'ils aient des idées économiques et non purement traditionnelles. Toujours dans cet ordre d'idées, les responsables religieux de toutes confessions doivent évangéliser cette masse rurale qui est enracinées dans les rites coutumiers qui freinent le développement de l'agriculture et de la société.

L'orientation des paysans vers une organisation des producteurs de Dioscorea sp en coopératives pour faciliter l'accès aux crédits et prêts ; la formation des techniciens agricoles pour sensibiliser les paysans sur les nouvelles techniques de production en vigueur dans certains pays seraient un bon début.

Mais la question est de savoir ; au vue de l'attachement des producteurs de Dioscorea sp du Grand Bassar et du canton de Dimori en particulier à leurs valeurs culturelles, la modernisation de l'économie du Dioscorea sp est-elle possible à court terme ?

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