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Usage des symboles dans Syngué Sabour Pierre de Patience d'Atiq Rahimi

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par Nadia Fatima Zohra SATAL épouse CHERGUI
Université Abdelhamid Benbadis Mostaganem - Algérie - Magistère, option sciences des textes littéraires 2011
  

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1-2- SIGNE ET SYMBOLE, SYMBIOSE OU DISPARITÉ ?

L'une des ambigüités qui rende la définition du symbole des plus compliquées est le fait que ce dernier ne soit jamais défini indépendamment du signe. Une question s'impose : Pouvons-nous considérer le symbole comme signe ou existe-t-il des particularités qui différencieraient chacun ?

Pour pallier cette difficulté, nous relevons dans ce qui va suivre l'intérêt que portèrent quelques études à distinguer entre le symbole et le signe : C'est en linguistique que nous trouverons un premier argument de cette distinction. Saussure, concepteur-même du signe (signifiant/signifié) explicite la majeure divergence qui sépare le symbole du signe, dans ce qui suit, il explique que : 

 On s'est servi du mot symbole pour désigner le signe linguistique, ou plus exactement ce que nous appelons le signifiant. Il y a des inconvénients à l'admettre, justement à cause de notre premier principe. Le symbole a pour caractéristique de n'être jamais tout à fait arbitraire ; il n'est pas vide, il y a un rudiment de lien naturel entre le signifiant et le signifié.25(*)

Ceci signifie que le symbole a ce caractère de rassembler un signifiant-symbolique et un signifié-symbolique ayant toujours un trait de ressemblance ou d'analogie, tandis que le signe n'engage en rien une ressemblance entre un signifié et un signifiant. Le fait que la linguistique confère au signe le caractère arbitraire existant entre le signifiant et le signifié rend l'acception du symbole = signe tout à fait inconcevable ; afin qu'il ait un symbole, il est indispensable d'associer (par référence à la terminologie saussurienne), un signifié que nous appellerons symbolisé à l'image renvoyée par un signifiant autrement dit symbolisant.

Jung, également, met en évidence quelques caractéristiques séparant signe et symbole, il écrit à ce sujet : « Le signe est toujours moins que le concept qu'il représente, alors que le symbole renvoie toujours à un contenu plus vaste, que son sens immédiat et évident [...] En outre, les symboles, sont des produits naturels et spontanés. »26(*) Jung met ici l'accent sur le fait que ,comparé au symbole, le signe est plus restreint que le concept qu'il signifie alors que le symbole proclame un champ beaucoup plus étendu de significations.

Umberto Eco s'identifie le symbole dans une mouvance où ce dernier (le symbole) ne soit plus en rivalité avec le signe mais où, au contraire, il représenterait une variante du signe ayant des signifiés diverses. Ceci est rendu possible, dans la mesure où chaque signifié en appellera un autre, allant ainsi, de l'imminent au latent, Eco explique qu' « On a un symbole chaque fois qu'une séquence donnée de signes suggère, au-delà du signifié qui leur est immédiatement assignable à partir d'un système de fonctions de signe, un signifié indirect27(*)».

Corollairement, nous déduisons que le signe précise ; il indique une chose particulière de telle façon que sa signification ne puisse-être qu'unanime ; le symbole quant à lui, n'indique en rien mais il suggère plusieurs significations, il est multi-significatif28(*). Ce qui revient à dire que le signe encadre et délimite alors que le symbole détache et ouvre des horizons quasi-inépuisables29(*). Nous serons donc amenée à opposer l'univocité du signe à l'équivocité du symbole30(*).

L'autre critère qui distingue le signe du symbole est relatif à la manière par laquelle ces deux éléments sont perçus ; l'un entièrement didactique, proclame la raison et l'intellect, l'autre plutôt émotionnel et auquel, seul le sentiment peut convenir. Claude-Gilbert Dubois explique nettement comment s'enracine cette distinction aux fins fonds du l'individu puisqu' « Un signe laisse froid et n'a qu'une valeur intellectuelle. Le symbole a une valeur émotionnelle, soit parce qu'il est symptôme qui recouvre le fantasme [...] soit parce qu'il est la manifestation visible d'un archétype31(*) ».

Ce court détour épistémologique où les acceptions du symbole sont fort variées, et ce foisonnement terminologique rendent compte de la difficulté de prétendre à une définition univoque du symbole. Toutes ces définitions tentaculaires sont traduites dans cette déclaration de Jean Chevalier : « Un symbole échappe à toute définition. Il est de sa nature de briser les cadres établis et de réunir les extrêmes dans une même vision32(*)Ce qui signifie en d'autres termes qu'il n'appartient pour ainsi dire à aucune discipline de le délimiter ni de le définir, néanmoins, toutes se rejoignent sur le fait qu'il joint deux entités bien distantes.

Cependant, la multitude de définitions que propose chaque discipline ainsi que la dualité qui règne entre signe et symbole ne représentent pas un obstacle pour notre travail puisqu'elles relèvent d'un ordre définitionnel et non d'un ordre fonctionnel. En nous positionnant dans un croisement de chemins et en prenant compte des différentes acceptions du symbole, nous parvenons à établir la synthèse suivante :

Qu'il appartienne à l'ordre des signes ou pas, qu'il adhère plus ou moins à telle ou telle discipline, un symbole est : Au sens large et général (englobant tous les domaines de la vie quotidienne), tout objet, tout être (réel ou imaginaire) ou fait naturel qui peut être associé à quelque chose d'absent. Au sens linguistique, il est tout mot ou expression qui supposent un ou plusieurs sens que celui qu'ils prononcent littéralement.

Un symbole associe en tout cas deux parties, l'une connue puisqu'elle est vue ou communiquée et une autre inconnue et devrait être recherchée. En référence au sens large et au sens linguistique proposés précédemment, nous adoptons le schéma suivant (schéma qui épouse de manière générale notre perception du symbole) :

Symbole

Symbolisé

Symbolisant

Symbolisant

Expression déclarée sens cachés

(Sens littéral)

Au sens large Au sens linguistique

Symbolisé

Objet/fait quelque chose

(Observable) d'abstrait

* 25 Saussure, Ferdinand de (1916). Cours de linguistique générale. Paris : Payot, 1972, p.101.

* 26 Jung, Carl Gustav. L'homme et ses symboles. Paris : Robert Laffont, 1964, p. 55.

* 27 Eco, Umberto. Le signe. Histoire et analyse d'un concept. Trad. Jean-Marie Klikenberg. Bruxelles : Labor, coll. « médias », 1988, p. 203.

* 28 Richard, Jean, « Symbolisme et analogie chez Paul Tillich », in Laval théologique et philosophique, vol. 32, n°1, 1976, p. 48.

* 29 Scouarnec, Michel. Les symboles chrétiens : Les sacrements ne sont pas étranges. Paris : De l'Atelier, coll. « Vivre, Croire, Célébrer », 1998, p. 12.

* 30 Watthee- Delmotte, Myriam. Littérature et ritualité. Bruxelles : P.I.E. PETER LANG S.A, 2010, p. 39. 

* 31 Dubois, Claude-Gilbert, « Image, signe, symbole », in J. Thomas (sous la direction de), Introductions aux méthodologies de l'imaginaire. Paris : Ellipses, 1998, p. 25.

* 32 Chevalier, Jean, Gheerbrant, Alain. Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs. Paris : Robert Laffont, 1982, coll. «Bouquins », p. XII.

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