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La conception cartésienne de léhomme selon René Descartes

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par Placide IPAN MOLOUASHUNI
Institut supérieur de philosophie Saint-Joseph MUKASA Yaoundé Cameroun - Baccalauréat 2011
  

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I.2. DISTINCTION ENTRE L'ÂME ET LE CORPS

Pour bien expliciter « le dualisme méthodologique »5(*) comme disait François CHIRPS ou démontrer qu'il y a une distinction entre l'âme et le corps, Descartes établit cette nette distinction en consacrant sa quatrième méditation à cet effet. Il affirme que : «  j'ai un corps auquel je suis très étroitement conjoint ; néanmoins, pour ce que d'un côté, j'ai une idée claire et distincte de moi-même [...] il est certain que ce moi, c'est-à-dire mon âme par laquelle je suis ce que je suis est entièrement et véritablement distincte de mon corps et qu'elle peut être ou exister sans lui »6(*).

C'est à partir d'ici que Descartes établira cette nette distinction entre l'âme et le corps et y tirera leur union. Et Nicolas MALEBRANCHE précisera à la suite de son maître Descartes que : « la distinction de l'âme et du corps est le fondement des principaux dogmes de la philosophie et entre autres de l'immortalité de notre être »7(*).

I.2.1. LA NATURE DE L'AME

Partant de la doctrine cartésienne et précisément au moment où Descartes a posé sa doctrine fondamentale, le « cogito ergo sum » « je pense donc je suis », il mit en doute ou fait disparaître la possibilité d'avoir une âme qui anime le corps. Cette découverte de l'ergo, comme le moi pensant qui résulte du cogito crée la distinction entre l'âme et la chose étendue, c'est-à-dire le corps. L'âme, selon Descartes, est pure pensée. Il la désigne par le terme « mens ». Par contre, chez Aristote, l'âme et le corps sont unis. Aristote désigne l'âme par le terme « Anime ». C'est elle qui finalise le corps et c'est aussi elle qui fait mouvoir le corps. Elle n'est pas comme chez Descartes pure pensée. L'âme est considérée par Aristote comme « entéléchie première d'un corps naturel ayant la vie en puissance »8(*). Pour Descartes, la distinction entre ce qu'il entend par l'âme et ce qu'Aristote appelle l'âme se trouve dans la réponse à la cinquième objection à la critique portée à ses méditations métaphysiques :

« D'autant que peut-être les premiers auteurs n'ont pas distingué en nous ce principe par lequel nous sommes nourris, nous croissons et faisons sans la pensée toute autre fonction qui nous sommes commune avec les bêtes, d'avec celui par lequel nous pensons ; ils ont appelés l'un que l'autre de seul nom âme et voyant peu après que la pensée était différente de la nutrition. Ils ont appelé d'un nom esprit cette chose qui en nous a la faculté de penser, et ont cru que c'est la principale partie de l'âme quand il est pris conjointement pour l'un et l'autre, est équivoque et pour le prendre précisément pour ce premier acte ou cette forme principale par laquelle nous pensons »9(*).

C'est à partir de là que Descartes démontre ce qu'il appelle esprit pour créer une rupture entre une conception de l'âme qui anime le corps et sa conception de l'âme qui vit indépendamment du corps. Il annule aussi la conception d'une âme nutritive ou végétative. Il le répète dans presque tous ses livres, qu'elle n'est qu'une substance pensante et précise que : «  l'esprit est ce par quoi les actions de la pensée sont immédiatement exercées dans l'homme et il ne consiste précisément que dans cette faculté que l'homme a de penser ».10(*) Et André CRESSON en parlant de Descartes dira que selon Descartes : «  psychologiquement, l'homme est à part. Impossible de le comprendre sans lui attribuer une âme liée à son corps, mais substantiellement indépendante de lui »11(*)

Descartes affirme la découverte philosophique de l'âme, c'est-à-dire l'induction de l'âme quand il dit : « l'esprit est entièrement indivisible [...] les facultés de vouloir, de sentir, de concevoir, etc. ne peuvent non plus être dites proprement ces paries car c'est le même esprit qui s'emploie tout entier à sentir, à concevoir etc. »12(*) il déduit l'existence de diverses fonctions par une même unité, l'âme. Une âme qui sent, qui conçoit, qui pense, qui veut etc. Bref tout revient à l'âme et Descartes précisera que : «  je pense, donc je suis, et je suis essentiellement pensée, étant donné que je ne puis concevoir que je ne pense pas, au contraire puisque je puis concevoir que je n'ai pas de corps, ce corps n'est pas essentiellement uni à ma pensée ou à mon âme »13(*). Et cette âme qui est différente du corps est dans la pensée cartésienne une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui connait, qui veut ou qui ne veut pas, qui imagine... Enfin, Descartes qualifie l'âme comme une conscience, quand il pose son doute méthodique dans le « je pense donc je suis », mettant en écart le « je » qui pense et le « je » qui suis. En bref, chez Descartes, la conscience et la pensée sont le mode d'être de l'esprit et non quelque chose d'autre qui est l'étendue ou le corps. L'esprit est une substance qui est différente du corps. Et Descartes dira : « mon âme par laquelle je suis ce que je suis est entièrement et véritablement distincte de mon corps, et qu'elle peut être ou exister sans lui »14(*).

* 5 François CHIRPAS, Le corps, Ed. PUF, Paris, 1969, p.109.

* 6 René DESCARTES, Discours de la méthode suivie des méditations métaphysiques, Ed. Montaigne, Paris, 1951, p.199.

* 7 Nicolas MALEBRANCHE, Entretien sur la métaphysique et sur la religion suivis des entretiens sur la mort, T I, Ed. J. Vrin, Paris, 1948, p.5.

* 8 Aristote, De l'âme, II, 1, 412a, 38-39.

* 9 René Descartes cité par Claude TRESMONTANT, le problème de l'âme Ed. Du seuil, Paris, 1971, p.131.

* 10 Geneviève RODIS-LEWIS, Descartes, lettres à Regius et Remarques sur l'explication de l'esprit Humain, Ed. J. Vrin, Paris, 1959, p. 147.

* 11 André CRESSON, Descartes sa vie, son oeuvre avec un exposé de sa philosophie, Ed. Dépôt légal, France, 1942, p.56.

* 12 René DESCARTES, Méditations métaphysique, op.cit., p.91.

* 13 Paul FOULQUIE, Op.cit., p.71.

* 14 André CRESSON, Op.cit, p.56.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault