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Rôle de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG O.R.P.E.R. ( Å“uvre de reclassement et de protection des enfants de la rue )

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par Nancy Eliane NSITU MALOBA
Université catholique du Congo - Graduat 2011
  

Disponible en mode multipage

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INTRODUCTION GENERALE

1. Problématique

Cette étude vise à passer en revue le rôle de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'organisation non gouvernementale OEuvre de Reclassement et de Protection des Enfants vivant dans la Rue (O.R.P.E.R), afin d'évaluer son incidence et son importance dans le vécu social.

La tradition Congolaise à l'instar des autres traditions Africaines considère l'enfant comme un des biens les plus précieux pour la famille. Il constitue une richesse, une force sociale et même économique pour ceux qui en ont. Nos traditions ont été portées à la sauvegarde et à la protection de l'enfant.

Faisant partie des groupes les plus vulnérables de la société, la protection de l'enfant devrait être une priorité des sociétés et de toute communauté (locale, nationale, internationale). Contrairement aux différentes attentes, nous remarquons de plus en plus d'enfants dans la rue et de la rue et sont quotidiennement menacés par la faim, la solitude, la violence, l'exploitation sexuelle, les infections et maladies sexuellement transmissibles. Bien que les filles sont moins visibles que les garçons souvent ce sont elles qui sont les plus exposées aux agressions plus sexuelles et à la prostitution. D'où plus ce phénomène s'accroît plus les chances d'espérer à l'épanouissement physique, psychologique, social... de la jeune fille sont moindres. Livrée à tout, un bon nombre des maux voit les jours, notamment celle des nouvelles générations qui survivent à la rue à la suite des grossesses précoces et non désirées, la croissance accrue des enfants vivant à la rue qui augmentera le taux des analphabètes et même la propagation rapide des infections et maladies sexuellement transmissibles et aussi et surtout à la pression démographique croissante.

Tout être humain ne naisse pas dans la rue ni pour la rue. Avec des conditions de vie précaires au sein d'une cellule familiale, s'exercent de nombreuses maltraitances plus à l'égard de l'enfant, accusé de tout, chassé de chez eux ou bien n'acceptant plus la maltraitance l'enfant échappe à la loi familiale et s'enfuit dans la rue imaginant trouver une vie meilleure ou encore de la liberté ; mais il rencontre la loi de la rue qui est plus dure. Déjà dès son jeune âge, il a été souvent témoin des affrontements ou agressions mortels.

2

La jeune fille vivant dans la rue est confrontée à des problèmes particulièrement graves si elle est abandonnée à elle-même.

Les tout premiers contacts sont déterminants, alors il est important de réfléchir à des messages clairs et accessibles pouvant donner une chance à ces dernières de quitter durablement la rue et de se construire un avenir.

Dans le processus de ramener la jeune fille en rupture familiale à la maison, l'emploi de la communication s'avère important. D'où nous nous posons la question suivante :

? Quelles sont les fonctions de la communication dans l'encadrement des

jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG ORPER ?

2. Hypothèse

Dans le processus d'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG O.R.P.E.R, la communication remplit un bon nombre des fonctions, à savoir : la transmission de l'héritage culturel, de relation sociale, et de divertissement.

3. Cadre théorique

La problématique de notre recherche repose sur la théorie fonctionnaliste (fonctions de la communication) de Richard WRIGHT qui dans son analyse examine la communication dans une perspective sociologique.

4. Méthodes et techniques

Notre recherche est une étude monographique où nous procéderons par l'étude de cas pour pouvoir évaluer l'incidence de la communication dans l'encadrement d'une fille à une autre. Par conséquent, nous allons partir de la méthode descriptive qui nous aidera dans l'étude de chaque cas à décrire quel type de communication à adopter.

Pour l'élaboration de notre étude, nous avons fait appel à la technique documentaire et aux entretiens. Nous procéderons par la technique documentaire pour matérialiser notre démarche intellectuelle par la lecture des ouvrages écrits, mémoires, travail de fin de cycle (Aussi au niveau des méthodes) et par les entretiens pour pourvoir recueillir des amples connaissances sur notre sujet d'étude.

3

5. Délimitation de l'étude

Pour mener à bien notre étude et dans le souci de présenter un travail bien précis. Il s'avère important de circonscrire notre travail dans le temps et dans l'espace ; Pour ce fait, dans le temps notre travail portera sur l'observation de la période actuelle. Notre champ d'investigation est l'ONG O.R.P.E.R située à Kinshasa en RDC. L'étude sera basée sur la situation des filles dont l'âge varie entre 14 ans et 16 ans.

6. Division du travail

Notre travail sera divisé en trois chapitres. Le premier chapitre portera sur la définition des concepts et l'exposé du cadre théorique, le deuxième chapitre sur la présentation de l'ONG O.R.P.E.R. et le troisième portera sur la communication dans l'encadrement des jeunes filles de la rue par l'ONG O.R.P.E.R.

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CHAPITRE I

LES ASPECTS THEORIQUES DE L'ETUDE

Dans ce premier chapitre il sera question de mettre un accent sur l'aspect conceptuel de certaines notions liées au thème de notre travail avant de passer au développement. Ce chapitre est scindé en 3 sections, à savoir : Encadrement, Jeune fille vivant dans la rue, Communication.

Section 1 : Encadrement

L'encadrement caractérise une relation entre deux personnes. Quelqu'un ayant de l'expérience aide quelqu'un d'autre, le soutient et l'encourage, le conseille et l'accompagne. Il permet à l'encadré grâce à une vision extérieure de l'encadreur de voir des choses autrement.

Pour assurer un bon encadrement, il est important que les personnes qui y sont impliquées soient des gens de confiance. Chaque relation d'encadrement se base sur une confiance mutuelle. C'est seulement lorsque la personne conseillée et le conseiller se fient l'un à l'autre et se mettent d'accord sur la relation d'encadrement que cela peut parfaitement fonctionner. Cette confiance doit tout d'abord se construire et plus tard être soignée.

Les responsables doivent également se connaître, construire une confiance entre eux et ainsi pouvoir assurer une collaboration optimale. Une personne qui encadre devrait maintenir le contact avec ses « voisins » de réseau d'encadrement afin de s'échanger des expériences.

« L'objectif de base de l'encadrement est toujours l'aide à l'autonomie de la responsabilité et de connaissance. »

Avant tout, il faut noter que chaque relation d'encadrement est une convention d'encadrement, c'est-à-dire un accord, sur ce qu'attend la personne conseillée du conseiller et inversement. Cette convention d'encadrement doit être réexaminée de temps à autre durant la relation d'encadrement.

5

Une convention d'encadrement ne doit pas être impérativement mise par écrit, il est bien possible que cette convention soit refaite en fonction de la situation, par exemple parce que la personne conseillée demande un soutien dans un nouveau domaine. Le nouveau contrat va alors être conclu par consentement des deux parties.

Si on se réfère à la terminologie des sciences de l'éducation, les personnes qui s'occupent des enfants de l'Oeuvre devraient être nommées « éducateurs spécialisés ».

l'Oeuvre a choisi de les désigner sous le nom d'encadreurs car c'est en réalité ce qu'ils font : encadrer les enfants comme le feraient des aînés. Les enfants les appellent d'ailleurs frère aîné et soeur aînée. Les filles ont tendance à dire maman à leur éducatrice, en y ajoutant son nom.

Section 2: Jeune fille vivant dans la rue

La jeune fille est toute personne de sexe féminin qui n'est pas encore mariée et/ ou vit soit son adolescence soit sa puberté. Selon le père Frank Roelants l'initiateur de l'Oeuvre de Reclassement et de Protection de l'Enfant de la Rue, l'enfant vivant dans la rue est défini selon 3 catégories, à savoir : Enfant de la rue, Enfant de rue, Enfant dans la rue.1

2.1. Enfant de la rue

Ce terme regroupe les enfants qui vivent jour et nuit dans la rue et qui n'ont plus des contacts avec leurs familles biologiques.

2.2. Enfant de rue

Ici nous retrouvons les enfants qui tantôt passent la nuit dans la rue tantôt dans leurs familles.

2.3. Enfant dans la rue

Quant à lui, regroupe les enfants qui passent la journée dans la rue et rentrent dans leurs familles biologiques pour passer la nuit. Ces enfants sont en majorités responsables de leurs familles par l'abandon de responsabilité des parents ou tuteurs. Donc sortent la journée à la recherche du vivre et rentrent le soir ou la nuit en famille.

1Père Frank ROELANTS, « un lieu d'espérance », Kinshasa, CEEBA, p64.

6

Dans la plupart de cas, ce sont ceux qui passent une grande partie de leur temps dans la rue et garde souvent un contact régulier avec leurs familles, et, qui ont été prises en charge par les organismes sociaux.

Pour notre étude nous intéresserons à la jeune fille de la rue, celle qui passe toute sa vie dans la rue et vit de la rue avec une rupture presque totale avec ses parents, et est prise en charge par les organisations sociales.

Section 3 : Communication

3.1. Définition

La communication est l'acte d'établir des relations avec quelqu'un, elle consiste à transmettre un message afin d'établir un contact. Rencontrer l'autre, c'est lui parler, mais aussi l'écouter.

« La communication est à la fois un objet de réflexion et un moyen de réfléchir. Elle recouvre plusieurs objets qui sont eux-mêmes imprécis, elle semble relever d'une multitude d'activités, d'acteurs, de comportements et de dispositifs variés. »2 Comme nous fait remarquer le dictionnaire usuel Le Petit Robert où « la communication est perçue aussi bien comme le fait de communiquer, l'action de communiquer et le résultat de cette action. »3

Selon le petit Larousse, la communication est l'action de communiquer, d'établir une relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu'un, l'ensemble des moyens permettant la diffusion d'un message auprès d'une audience plus ou moins vaste et hétérogène.4

Pour communiquer, il est indispensable qu'il y ait un émetteur (ou destinateur) et un récepteur (ou destinataire), et qu'un message visuel ou sonore soit délivré du premier vers le second. Pour établir une communication, le message doit être compréhensible pour le récepteur. Le message comporte toujours un signifiant et un signifié.

2 Gilles WILLETT, la communication modélisée, « une introduction aux concepts, aux modèles et aux théories », Ottawa, éd. Du Renouveau Pédagogique, 1992, p25.

3 Le Petit Robert cité dans « la Communication Modélisée », p25.

4 Media Dico 36 Dictionnaires et Recueils.

7

Le signifiant est la forme utilisée pour transmettre le message : un dessin, un mot, un geste..., qu'entend ou que voit le récepteur du message.

Le signifié est ce que représente le message transmis, ce qu'il veut dire. Pour qu'une communication soit réellement établie, il est donc impératif que le signifié soit compris par le récepteur.

Nous noterons également que la communication veut :

? Faire passer une information, une connaissance, ou une émotion ;

? Créer un univers commun pour se comprendre ;

? Créer une relation pour dialoguer fréquemment, ou relancer le dialogue ;

? Obtenir une influence pour inciter l'autre à agir ;

? Donner son identité, sa personnalité pour être connu.

La communication intervient dans tout ce qui concerne l'homme, la communication nous entoure et elle est intrinsèque en nous. Comme le fait remarquer l'école de Palo Alto, on ne peut pas ne pas communiquer. Que l'on se taise ou que l'on parle, tout est communication. Nos gestes, notre posture, nos mimiques, notre façon d'être, notre façon de dire, notre façon de ne pas dire, toutes ces choses parlent à notre récepteur.5La communication est aussi une forme de manipulation. En effet, nous communiquons souvent pour manipuler, modifier l'environnement ou le comportement d'autrui.

3.2. Principaux types de communication

La science de la communication englobe un champ très vaste que l'on peut diviser en plusieurs niveaux: La communication interpersonnelle, la communication de mass, la communication de groupe.

3.2.1. Communication interpersonnelle

Elle est fondée sur l'échange entre un Emetteur et un Récepteur. Entre humains, c'est la base de la vie en société. C'est là en général que la compréhension est la meilleure, mais le nombre de récepteurs est limité à une seule personne.

5 http// Wikipédia.org/définition Communication/ 13. Mai. 2012

8

La rétroaction est quasi systématique. Citons l'exemple de la conversation ordinaire entre deux amis.

3.2.2. Communication de masse

Dans la Communication de masse un émetteur (ou un ensemble d'émetteurs liés entre eux s'adresse à un ensemble de récepteurs disponibles plus ou moins bien ciblés. Là, la compréhension est considérée comme la moins bonne, car le bruit est fort, mais les récepteurs bien plus nombreux. Elle dispose rarement d'une rétroaction, ou alors très lente.

Aujourd'hui, les NTIC et en particulier l'internet abaissent le coût de communication et au surplus rendent la rétroaction possible.

3.2.3. Communication de groupe

La communication de groupe part de plus d'un émetteur s'adressant à une catégorie d'individus bien définis, par un message ciblé sur leur compréhension et leur culture propre. Les effets de la communication de groupe se situent entre ceux de la communication interpersonnelle et ceux de la communication de masse. La communication de groupe est aussi complexe et multiple car elle est liée à la taille du groupe, la fonction du groupe, et la personnalité des membres qui le compose.

3.3. Communication verbale et non verbale

Du point de vue du code, on distingue la communication verbale et non verbale.

3.3.1. La communication verbale

Une communication verbale est faite de signes linguistiques. Ces signes confèrent un corpus appelé langue. Le mot verbal peut également être compris comme exprimer de vive voix, ordre verbal6. On parlera alors de communication orale, par opposition à la communication écrite.

C'est un mode de communication propre à l'homme. Bien que la communication humaine ne se limite pas à la seule forme verbale, la parole reste bien sûr le seul vecteur principal pour communiquer mais la communication non verbale existe aussi.

6 Media Dico 36 Dictionnaires et Recueils

9

Dans la communication orale, l'émetteur (ou locuteur) et le récepteur (ou interlocuteur) sont en principe en présence l'un de l'autre. La grammaire est souvent peu élaborée et nous utilisons souvent un vocabulaire très familier.

Ce qui marque avant tout la communication orale est sa spontanéité : la parole est vivante, inscrite dans le temps, sans modification possible au moment où on l'émet.

3.3.2. La communication non verbale

Est dite non verbale une communication basée sur la compréhension implicite de signes non exprimés par un langage parlé: l'art, les couleurs, voire les vêtements ou les odeurs. Ces signes, leur assemblage et leur compréhension ou leur interprétation sont dans leur grande majorité dépendant de la culture. Mais on définit en premier lieu la communication non verbale à travers le corps, la posture, les gestes ou encore les différentes expressions du visage. Le langage corporel est le lieu privilégié de la manifestation des sentiments et de l'univers émotif de la personne.7

Dans la communication non verbale nous sous entendons une forme écrite où très souvent le destinataire est éloigné qui demande que message soit complet, achevé, lisible. Le vocabulaire est en général plus élaboré qu'à l'oral. Ce qui marque avant tout la communication écrite est le souci d'être compris du destinataire, à qui on ne pourra pas toujours expliquer une deuxième fois le message qu'on veut lui transmettre.

3.4. Modèles de communication

De nombreux théoriciens de la communication ont cherché à conceptualiser le processus de communication. En ce qui nous concerne, nous avons eu à revoir le modèle de R. Wright sans ignorer qu'il existe un bon nombre de modèles et qui sont complémentaires.

3.4.1. Fonction de la communication selon Charles Richard Wright

La communication en tant que processus social est un phénomène inscrit dans un modèle propre à chaque société. Elle peut donc faire l'objet d'une analyse fonctionnaliste qui cherche à déterminer les conséquences, sur différents systèmes, d'une communication produite dans une organisation formelle complexe.

7 Aldo FALCONI, Histoire de la communication, Kinshasa, Médiaspaul, 2003, p17.

10

La communication étant un processus social rempli selon Wright un nombre des fonctions et cela selon différents groupes, en l'occurrence se rapportent : à la société, à l'individu, aux sous groupes particuliers et à la culture.

L'analyse fonctionnaliste consiste en l'examen des conséquences sur différents systèmes d'une communication produite dans une organisation et des phénomènes sociaux qui influencent le fonctionnement, l'adaptation ou l'ajustement d'un système donné.8 Par cette analyse R. Wright propose des fonctions des communications et qui les cadre par rapport à des activités données

1ère Fonction : Activité de surveillance de l'environnement : cette activité a trait au regroupement et à la distribution des informations relatives aux événements qui se produisent dans l'environnement.

2ième Fonction : Activité de la mise en relation : cette activité consiste dans l'interprétation des informations sur l'environnement et la perspective de conduites appropriées aux événements relatés.

3ième Fonction : Activité de la transmission de la culture : il s'agit de la transmission des normes sociales et des valeurs d'un groupe, d'une génération à une autre, ou d'un membre de ce groupe à un nouveau venu. C'est une activité d'éducation.

4ième Fonction : Activité du loisir : les communications sont destinées à amuser les gens, indépendamment de tout effet instrumental.

8 Richard C. WRIGHT, « Analyse fonctionnaliste et communication de masse » cité dans, la communication modélisée, une introduction aux concepts, aux modèles et aux théories, Ottawa, éd. Du Renouveau Pédagogique, 1992, p352.

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Inventaire partiel des fonctions manifestes et latentes des communications de masse selon la société, l'individu, les sous groupes spécifiques, et la culture.

 

Société

Individu

Sous groupes particuliers

Culture

Activité de surveillance

Fonctions

manifestes et
latentes

Avertissement : Dangers

naturels,

attaque, guerre

Instrumentale : Informations économiques et institutionnelles

Ethique

Avertissement Instrumentale

Accroître le

prestige : leadership d'opinion

Conférer un

statut

Instrumentale : information utile au pouvoir

Augmenter : connaissances des comportements

déviants et
subversifs

Gouverner l'opinion publique : diriger, contrôler

Légitimer le
pouvoir :

conférer un
statut

Favoriser les

contacts culturels

Favoriser le

développement culturel

Activité de mise en relation

Fonctions

manifestes et
latentes

Permettre la

mobilisation

Diminuer les

menaces à la stabilité sociale

Eviter la

panique

Définir des

priorités

Fournir des

moyens efficaces : assimiler l'information

Permet

d'éviter : stimulation excessive, anxiété, apathie,

repli sur la vie
privée

Définir des

priorités

Permettre le

maintien du

pouvoir

Eviter

l'invasion culturelle

Maintenir le

consensus culturel

12

Activité de transmission culturelle

Fonction

manifeste et
latentes

Accroître la

cohérence

sociale : élargir

la base des

normes, des
expériences communes, etc.

Réduire l'anomie

Poursuivre le

processus de

socialisation :

atteindre les

adultes après

qu'ils aient quitté

les institutions
comme l'école

Favoriser l'intégration :

exposition aux
normes

communes

Réduire

l'idiosyncrasie

Réduire l'anomie

Etendre le

pouvoir : autre

agent de

socialisation

Standardiser

Maintenir le

consensus

Activité de loisir

 

Détendre les

masses

Détendre

Etendre le

pouvoir :

contrôler une
autre zone de la vie

-

** tableau tiré et traduit de C.R. Wright, «the nature of function of Mass Communication », dans Mass Communication. A sociological Perspective, New York, Random House, 1959, p. 12-14.9

CONCLUSION

Dans ce premier chapitre, il a été question de mettre un accent sur les concepts clés de notre sujet du travail qui porte sur « le rôle de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG O.R.P.E.R. » pour ce, nous nous sommes attardé sur trois points à savoir : la communication qui est un acte d'établir une relation avec l'autre où nous avons parlé des fonctions de la communication selon C. Richard Wright, l'encadrement pris comme une relation entre deux personnes et exige une confiance mutuelle et enfin la jeune fille vivant dans la rue qui nous a amené à revoir les trois catégories des enfants vivant dans la rue souligné par le père Frank Roelant l'initiateur de l'ONG O.R.P.E.R. (enfant de rue, enfant de la rue, enfant dans la rue).

9 Richard C. WRIGHT, « Analyse fonctionnaliste et communication de masse » cité dans la communication modélisée, une introduction aux concepts, aux modèles et aux théories, Ottawa, éd. Du Renouveau Pédagogique, 1992, p355.

13

CHAPITRE II

PRESENTATION DE L'ONG Oeuvre de

Reclassement et de Protection de l'Enfant

vivant dans la Rue (O.R.P.E.R.)

Toute recherche ou exploitation scientifique renvoie nécessairement à un champ d'application. A cet effet, nous articulons ce dit chapitre à la présentation de l'ONG O.R.P.E.R. qui constitue notre champ d'investigation.

II.1. Objet

L'association a un caractère social. Elle a pour objet la protection, le reclassement et la réinsertion familiale et socio- professionnelle des enfants de la rue sans distinction de sexe, de race, de religion.10

II.2. Aperçu historique et évolution

Le dramatique problème des enfants de la rue a entrainé la création de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) qui essaient de trouver des solutions à cette situation. Notamment à l'Aide à l'Enfance Défavorisée (AED) et l'OEuvre de Reclassement et de Protection de l'Enfant de la rue (ORPER), créée à l'initiative du père Frank ROELANTS. Nous retrouverons ici l'historique et l'évolution de cette dernière.

En Février 1983 : Une dizaine de jeunes de la rue viennent demander aux prêtres de la paroisse Christ- Roi, à Kinshasa, de les héberger. Ils expliquent que, durant la nuit, les soldats les pourchassent pour les enrôler dans l'armée ou les envoyer dans des centres pénitenciers de l'Etat. Ayant l'habitude de dormir en plein air, ils n'exigent aucun local, juste l'autorisation de dormir sur le terrain de basket. Une nuit, plusieurs nuits, plusieurs semaines... et les enfants restent pour de bon. Bientôt, ils sont une vingtaine, entre 16 et 18 ans. L'oeuvre est née. Mais cette histoire a une préhistoire.

10 O.R.P.E.R., Rapport annuel 2007-2009.

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En Septembre 1981 : Quelques jeunes du groupe d'initiation chrétienne « jeunes de la lumière » ou « bilenge ya mwinda » décident d'entreprendre une activité permanente en faveur des marginaux. Chaque semaine, ils se rendent à la prison de Makala pour donner une formation religieuse aux petits délinquants incarcérés. Une fois libérés, certains entre eux viennent à la paroisse Christ-Roi, et, en Février 1982, un groupe de réflexion est constitué. Ces jeunes délinquants établissent ensuite le contact avec les enfants et jeunes de la rue.

Plus tard, les jeunes de la lumière aidés par les prisonniers organisent des sorties pour les enfants et les jeunes de la rue sous l'autorisation et la sécurité de l'autorité publique. Chaque mois, ils les emmènent au fleuve à 25 km de Kinshasa. Lors de ces sorties, aucune question ne leur est posée et personne ne leur parle de religion. Il faut qu'ils sentent qu'on ne cherche pas à les exploiter et que, au contraire, on ne leur veut que du bien. C'est ainsi que petit à petit la confiance commence à naître entre les « jeunes de lumière » et les enfants de la rue.

En 1983 : Les problèmes commencent à surgir après quelques semaines. Tout d'abord, les enfants se battent entre eux presque chaque nuit. Et comme, chez eux, une bagarre ne se passe jamais sans couteaux, lames de rasoir ou tessons, des cris et des pleurs retentissent chaque nuit et, le matin, il faut soigner les blessés. Alors, une dizaine de « jeunes de la lumière » proposent de passer la nuit avec eux à tour de rôle, sur le terrain de basket.

Peu après, un autre problème surgit. Les voisins se plaignent de vols la nuit. Devant cette accusation, les prêtres de la paroisse fixent une première règle : ceux qui dorment sur le terrain ne peuvent le quitter entre 20h et 5h du matin. Quelques semaines plus tard, la gendarmerie vient accuser les prêtres d'abriter des voleurs. Il s'agissait de jeunes qui volaient au marché ou ailleurs... Puis venaient se refugier à la paroisse. Cela amène les prêtres à appliquer une autre règle : ceux qui dorment à la paroisse doivent le faire chaque nuit. Les présences sont donc relevées tous les soirs et chaque matin.

? En Juin : Les jeunes de la rue déclarent à leurs bienfaiteurs qu'il devient de plus en plus difficile de combiner leur vie de vagabonder du jour avec leur vie réglementée de la nuit. Et ils demandent aux prêtres de les envoyer à l'école.

15

? En Septembre : Dix jeunes entrent dans une école professionnelle et trois à l'école primaire. Au fur et à mesure que le nombre d'enfants augmente, les responsables sont amenés à créer plusieurs centres et maisons d'accueil :

1. Home Père Gérard Giezeman, 2 rue d'Irebu, C/ Kasa vubu. Commencé à être occupé le 9 Mai 1985

2. Home Augustin Modjiba, n°16 rue Bondo, C/ Kalamu.

3. Home Christian Muanga, 144 avenue Niangara, C/ Ngiringiri.

4. Home Samy Isameri, 84 avenue kulumba, Bumbu

5. Home Suzanne Lukau, 19 av/ Yahuma, C/ Kasa vubu.

Cette maison est occupée depuis le 22 Novembre 1993, exclusivement par des filles.

II.3. Situation géographique

L'Oeuvre de reclassement et de protection des enfants de la rue (l'ORPER) se situe dans la ville province de Kinshasa, au numéro 293 /7 de l'avenue du 27 Octobre dans la commune de Limete Résidentiel.

II.4. Objectifs de l'OEuvre

Il faut retenir que prise sous l'angle de ses objectifs et de sa philosophie, la question était fonction du bilan exhaustif de ses actions sur la période de 20 ans. Ainsi, tenant compte de la persistance du phénomène « ENFANTS DE LA RUE », de la liquidité de son personnel, de l'enthousiasme qui l'anime et de la visibilité de ses actions d'avenir justifiée, était positive. Bien entendu la tendance à une assertion négative résidait au niveau des questions du financement, encore faut-il rappeler que l'oeuvre ne vit que des dons et legs. Elle pense à investir davantage dans des projets d'autofinancement, sans oublier de renforcer continuellement les capacités de ses éducateurs et de garder à l'esprit que l'enfant doit être placé au centre de son action.

Les rapports du REEJER sur l'évolution du phénomène indiquent que depuis 2006 environ 1.050 nouveaux cas d'enfants arrivent chaque année dans les rues de Kinshasa. Il y a donc lieu d'intervenir pour assurer à ces enfants et jeunes en situation des rues un accompagnement qui leur procure les vraies valeurs de la vie pour un lendemain meilleur.

16

Ces interventions doivent être assurées à tous les niveaux, à savoir la famille, la communauté, les institutions de protection, de promotion et de défense des Droits des enfants et le gouvernement.

II.4.1 Objectifs spécifiques

· Soutien et amélioration des conditions de vie des enfants des rues ;

· Hébergement, scolarisation, et médiation familiale des enfants pris en charge.

A. RECLASSEMENT

Par « reclassement », l'oeuvre entend aider l'enfant à retrouver sa place dans la société et rétablir la relation entre l'enfant et sa famille.

Pour ce faire, nous lui assurons une formation scolaire et professionnelle et, une fois qu'il connaît un métier, nous lui cherchons un emploi et il quitte l'oeuvre.

Pour être admis dans l'un des cinq homes, l'enfant doit répondre à quelques conditions d'admission :

· L'enfant doit se présenter spontanément, on ne va pas le chercher dans la rue ;

· Il doit véritablement correspondre à notre définition d'un enfant de la rue;

· Il doit vouloir fréquenter l'école et apprendre un métier ;

· Il doit accepter le règlement du home ;

· Il ne peut avoir plus de 14 ans.

Une fois admis, l'enfant passe trois mois en observation. Presque tous les enfants « s'évadent » une à deux fois. Les premières fugues ont lieu après trois semaines, quelques uns reviennent déjà après une semaine. La moitié des enfants fugueurs ne revient pas.

Pendant la période d'observation, une enquête est menée sur chaque enfant. L'oeuvre recherche sa famille afin de pouvoir établir son identité : noms, date de naissance, noms des parents, causes de sa vie dans la rue.

L'oeuvre accepte des enfants au cours de l'année mais elle préfère qu'ils se présentent au mois de Mai. Ainsi, après les trois mois d'observation, ils peuvent être inscrits dans une école primaire et commencer comme tous les autres, en Septembre.

17

Au début, l'oeuvre accueillait tous les enfants jusqu'à 18 ans. Mais étant donné que la plupart des ceux qui avaient 15 ans retournaient dans la rue, l'âge maximum d'admission a été fixé à 14 ans. Le plus souvent, les enfants ont de 8 à 12 ans.

1. Structure d'un home

C'est dans un home ou milieu fermé qu'un reclassement s'est fait. Chaque home peut héberger 28 enfants. Tous se composent de deux dortoirs, une salle à manger, une cuisine, des installations sanitaires (douches et toilettes), une salle de jeux, un bureau pour l'encadreur comprenant une petite bibliothèque et une pharmacie. Chaque home comprend aussi un entrepôt pour ranger les vivres et les ustensiles ainsi qu'un vestiaire où chaque enfant possède une armoire pour ranger ses affaires personnelles. Tous les homes sont situés en plein quartier populaire, là où les enfants ont l'occasion de découvrir une vie de rue normale et d'avoir des contacts avec d'autres enfants ou familles. Chaque home est sous la responsabilité d'un encadreur et de son équipe. Tous les membres de cette équipe doivent être à l'écoute permanente des enfants et des jeunes, les aider à résoudre leurs problèmes, les conseiller mais aussi les réprimander quand c'est nécessaire et veiller à la bonne marche de la maison : propreté, lessive, respect du bien être et des libertés de chacun. Les enfants sont répartis entre différents homes en fonction de leur âge : 8 à 13 ans, 14 à 17 ans, 18 à 20 ans.

Condition d'hébergement

Au début, l'oeuvre accueille tout enfant en détresse qui se présenté à la porte. Au fur et à mesure qu'elle devient connue, des parents viennent lui confier les enfants dont ils veulent se débarrasser. De leur côté, les institutions Chrétiennes et caritatives lui confient les enfants qu'elles recueillent ça et là dans la ville de Kinshasa. Ces arrivées ininterrompues obligent l'oeuvre à rétablir des critères stricts d'admission.

Ils peuvent se résumer en un principe clé : l'oeuvre s'occupe exclusivement des enfants de la rue, c'est-à-dire ceux qui passent 24 heures sur 24 dans la rue et qui n'ont aucun contact avec leur famille. S'en occuper signifie en assurer le reclassement et la protection.

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2. Enquêtes et reclassement dans les familles

Les enquêtes constituent une étape importante du reclassement et requièrent une équipe des éducateurs à plein temps.

Quand un enfant se présente à l'oeuvre, un encadreur commence par rechercher sa famille afin d'établir son identité et connaître les causes qui l'ont conduit dans la rue. Comme il s'agit d'enfants abandonnés ou même rejetés, l'encadreur est souvent mal accueilli. Certaines familles vont même jusqu'à prétendre qu'elles n'ont aucun lien de parenté avec l'enfant. Le plus souvent, les enfants de la rue sont nés de parents non mariés, ce qui signifie que ceux-ci vivent à des adresses différentes. Et comme l'enfant n'a plus de contact avec eux depuis des années, ils ont généralement déménagé entre temps, ce qui rend les recherches encore plus difficiles.

En général, sur 100 enfants, on en compte 3 ou 4 pour lesquels nous ne trouvons aucune piste de la famille. Presque tous les enfants ignorent leur date de naissance et plusieurs ignorent même leur nom et celui de leurs parents. L'enquête permet de remédier à ce problème et, surtout, d'assurer le reclassement de l'enfant dans sa famille. Dès la première visite, l'oeuvre étudie la possibilité d'un contact entre l'enfant et sa famille. Quand c'est possible, les enfants passent le 1er Janvier de chaque année dans leur famille.

Réconcilier l'enfant avec sa famille ou l'un de ses parents constitue un travail de longue haleine et les bons résultats s'obtiennent au compte gouttes. Si l'oeuvre arrive à reclasser dix enfants sur cent, il faut bien constater, qu'après quelques temps, la moitié d'entre eux se retrouve dans la rue. L'OEuvre ne réussit qu'à moitié. Malgré ces résultats peu encourageants, l'OEuvre ne renonce jamais à tenter de rapprocher les enfants de leur famille. Grâce à ce travail, plusieurs finissent par renouer avec quelques membres de leur famille, d'une façon ou d'une autre.

B. PROTECTION

L'Oeuvre est en contact permanent avec les enfants et les jeunes qui continuent à vivre dans la rue. Elle les aide à s'organiser entre eux pour améliorer leurs conditions de vie. Elle s'occupe des soins médicaux et les protège contre l'exploitation, les abus et les mauvais traitements.

Bien que l'encadreur les aide dans cette démarche, les propositions doivent venir d'eux ainsi que leur mise en pratique.

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Toutes ces activités ont un dénominateur commun, la protection de l'enfant, un objectif assuré par le « milieu ouvert » de l'oeuvre.

Contrairement pour le « reclassement » où nous avons des homes ou milieu fermé, pour la « protection » des enfants l'Oeuvre a mis en place un « milieu ouvert » où les enfants ne passent pas nécessairement la nuit.

Les premiers jalons de l'Oeuvre sont posés en Septembre 1982 par quelques jeunes de bonne volonté qui essaient d'établir et de maintenir des contacts avec les enfants de la rue. A partir de Novembre 1982, ils organisent des excursions, à Lutendele, à 30 Km de Kinshasa. La première d'entre elles réunit 40 enfants, la seconde 60 et, après quelques mois, une centaine d'enfants participent à chaque excursion, dont une quarantaine « d'habitués ».

En Septembre 1992, au même endroit, l'oeuvre organise un camp de formation auquel participe 96 enfants et jeunes de la rue. L'objectif est de leur faire comprendre que pour faire changer les choses. Ils doivent s'organiser entre eux. Les discussions vont durer deux jours et il sera difficile de les convaincre. Les enfants sont en effet habitués à être maltraités, exploités, injuriés, déconsidérés. A être un objet que la société traite comme bon lui semble. A la fin du camp, des groupes sont formés en fonction du milieu et du travail. Après avoir désigné leur responsable, les enfants rentrent à Kinshasa.

1. Organisation de la vie en milieu ouvert

Les enfants de la rue vivent dans une dizaine de quartiers de Kinshasa. C'est pourquoi l'oeuvre a décidé de les rejoindre dans leur milieu, elle est présente aux marchés de Gambela, Somba Zikida et Mangobo, sur l'avenue de la victoire au centre ville et au grand marché. Des encadreurs y sont présents toute la journée, encourageant les responsables désignés par les enfants à tenir des réunions hebdomadaires.

Celles-ci permettent de faire l'évaluation de la semaine, de réfléchir sur les droits de l'enfant et de voir ensemble quelles initiatives prendre pour les faire respecter.

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L'encadreur n'est pas là pour organiser des activités en faveur des enfants de la rue, mais pour faire quelque chose avec eux, pour les soutenir dans ce qu'ils ont décidé de faire. Il s'agit d'une présence rassurante et encourageante.

Les encadreurs ont souvent tendance à se croire utiles quand ils peuvent distribuer quelque chose. Or, c'est ainsi qu'ils détruisent le vrai sens de leur présence dans la rue.

Des rencontres hebdomadaires évoquées plus haut, sont nées de l'opération Ville propre et des activités sportives. Tous les troisièmes Jeudi du mois, les jeunes nettoient l'un ou l'autre carrefour ou parc public de la ville. Les matériels : brouettes, pelles, houes, machettes, râteaux sont mis à leur disposition par l'UNICEF. Ainsi, les enfants nettoient les allées et évacuent les immondices. A deux reprises, ils ont été filmés et interviewés pendant leur travail, un travail qui les valorise aux yeux de la population. Régulièrement, ils organisent des activités sportives et récréatives telles qu'un match de football et des jeux de dames et, de temps en temps, des championnats de football entre les enfants des différents quartiers de la ville ou ceux accueillis dans les homes de l'Oeuvre.

Durant un an, l'Oeuvre disposait d'un bureau d'écoute. Perdu pour une question de non observance du bail, c'est le home de la zone de Kasa vubu qui a provisoirement pris le relais.

C. ENQUETES, REINSERTION FAMILIALE ET INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE

La Direction des enquêtes et réinsertion travaille pour matérialiser la finalité de notre action auprès des enfants des rues, en procédant à la réinsertion familiales et/ou l'insertion socioprofessionnelle via les recherches familiales, médiations, les réunifications et les suivis.

Les 6 enquêteurs et leurs superviseurs commis à cette tâche mènent en moyenne 2.000 enquêtes, médiations et suivis par an. Au total une centaine d'enfant sont réunifiés avec leurs familles. Les suivis des enfants ont permis de créer un climat de confiance, de conditionner les familles à une remise en question et de consolider des liens avec l'enfant après la réinsertion familiale.

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A ce nombre, s'ajoutent aussi 5 anciens jeunes qui bénéficient de la prise en charge de leurs études supérieures et universitaires par L'ORPER.

La direction des enquêtes et réinsertions organise des causeries avec les parents dont les enfants vivent en hébergement, ceux dont les enfants sont réunifiés et scolarisés par l'ORPER et ceux qui constituent la catégorie des familles d'accueil.

En effet, 22 familles d'accueil sont actuellement actives et reçoivent 36 enfants des maisons d'hébergement. Une trentaine d'enfants fréquentent leurs familles d'origines chaque Week-ends et pendant les vacances.

Nos efforts sont tournés vers la recherche des familles d'accueil bénévoles pour permettre à nos enfants de vivre une expérience de réinsertion en famille tous les Weekends.

Dès le début, l'école primaire l'EP IV, ex Saint Louis fut la seule à admettre les enfants de la rue. Chaque année, les enseignants rencontrent le coordinateur adjoint de l'oeuvre. Ces réunions leur permettent de s'informer sur la psychologie de l'enfant de la rue et donc, de leur assurer un encadrement adéquat. L'encadreur passe à l'école chaque semaine, vérifie les présences et s'entretient avec les enseignants.

Chaque année, les résultats sont bons : quelques uns des enfants de la rue sont parmi les premiers de leur classe, la plupart ont des résultats moyens et l'un ou l'autre doit recommencer son année. Selon les cas, ils bénéficient de cours d'alphabétisation dans leur home, de cours de rattrapage ou de répétitions.

Pour tous, l'étape suivante c'est le centre de formation professionnelle « Boyokani », dépendant de l'organisme Aide à l'Enfance Défavorisée (AED) à Kintambo. Ceux d'entre eux qui terminent leurs primaires à 14-15 ans, suivent d'abord deux ans de secondaire avant d'y entrer en secondaire. Pour les jeunes qui n'arrivent pas à suivre les cours théoriques, le centre de formation professionnel a ouvert une section d'apprentissage où les jeunes peuvent apprendre la pratique de la menuiserie en deux, trois ans.

Leur but est d'enseigner des techniques d'encadrement destinées aux enfants qui continuent à vivre dans la rue.

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II.5. Encadrement

Une trentaine de personnes assurent le rôle d'encadreurs, hommes et femmes. Les uns s'occupent des garçons, les autres des filles, à l'exception d'une dame Congolaise qui s'occupe de petits garçons de 7 à 13 ans. Les premiers encadreurs étaient des volontaires.

En Février 1983, quand les enfants de la rue viennent solliciter un logement à la paroisse Christ- Roi, les membres du groupe « jeunes de la lumière » « Bilenge ya mwinda » n'ont aucunement l'intention de créer une Oeuvre. Persuadés que ces sollicitations seront passagères, ils se relaient auprès des enfants pour répondre aux besoins du moment. Il s'agit donc bien de volontariat.

Ce système se révèle impossible à long terme. En effet, les meilleurs de ces volontaires finissent par partir, essentiellement parce qu'ils ont trouvé un emploi rémunéré. Il ne reste plus que des gens qui sont eux-mêmes mal intégrés.

Pour éviter le départ des meilleurs éléments et assurer la stabilité dont les enfants ont besoin, l'Oeuvre commence donc à rémunérer les encadreurs. Actuellement, les 30 encadreurs sont des salariés. Ils réalisent aussi que la bonne volonté ne suffit pas pour éduquer des enfants marginaux.

En 1989, l'Université d'Amsterdam, en Hollande, envoie à Kinshasa une spécialiste en psychopédagogie des enfants inadaptés.

En trois mois, elle met un système éducatif sur pied et donne une formation technique accélérée aux encadreurs. Ce système est toujours en vigueur aujourd'hui.

Après son départ et pendant trois ans, le relais est assuré par une psychologue française qui donne cours aux encadreurs une fois par semaine, et par une pédagogue espagnole qui encadre chacun d'eux. Grâce à cette formation. L'oeuvre dispose donc d'un personnel qualifié. Entre temps, un des encadreurs a eu l'occasion de participer à trois sessions panafricaines organisées par l'organisme Environnement

et Développement du Tiers monde. Elles se sont déroulées successivement à
Dakar en Février 1991, à Abidjan en Juillet 1991 et à Cotonou en Mars 1992.

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II.6. Service Médical

Ce service est un des secteurs clés où travaille l'Oeuvre. Les enfants de la rue sont très souvent exposés à diverses maladies en raison de leurs conditions hygiéniques déplorables et de leur contact quasi - permanent avec des milieux ou pullulent les microbes de toutes sortes.

L'accès aux soins médicaux étant l'un des plus grands problèmes pour eux, l'ORPER a mis en place deux dispensaires qui les HMS. Deux infirmiers y travaillent en permanence. Ils bénéficient également du concours de deux ambulanciers (accompagnateurs de malades), de l'infirmier du Centre Mobile et d'un auxiliaire de dimanche qui est un ancien jeunes de l'ORPER devenu infirmier. Ensemble, ils forment le service médical de l'ORPER.

Chaque année le service médical enregistre près de 6.000 cas de maladies (diverses endémies, IST) D'après les statistiques médicales fournies pour l'ensemble de nos services.

Les cas les plus récurrents sont constitué de : plaies paludisme, neuro paludisme, pathologie digestive, pathologie respiratoire, pathologie ORL, pathologie ophtalmique, pathologie dentaire, chirurgie, infection urinaire, et autre pathologies.

Au niveau de la prise en charge médicale secondaire, il convient de signaler que certains cas sont transférés vers huit centres hospitaliers pour des soins spécialisés.

SECTEUR FILLES 1. Historique

Après une initiative infructueuse en 1985, l'Oeuvre reprend ses activités parmi les filles de la rue en septembre 1992. Deux éducatrices prennent contact avec des filles de 14 à 18 ans qui vivent autour du bar dancing « Vata Vata », dans le quartier Matonge dans la commune de Kasa Vubu. De ce contact naît un bureau d'écoute où les filles peuvent rencontrer les éducatrices en dehors de leur milieu du travail, et ce en toute liberté.

Le nombre important de maladies parmi les filles a amené l'Oeuvre à programmer l'ouverture d'un dispensaire réservé aux filles de la rue.

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Les autorités de la commune de Kasa Vubu mettent à la disposition de l'Oeuvre une petite maison située au carrefour des avenues Victoire et Gambela, un endroit `' stratégique» pour tous les enfants du quartier.

Le bureau d'écoute pour filles ouvre ses portes en Mai 1993. Outre les plus âgées, des filles de 10 à 12 ans se présentent aussi au bureau et y restent parfois pour la nuit.

Leur présence de plus en plus fréquente aboutit à l'acquisition d'une maison d'accueil et, le 22 Novembre 1993, les cinq premières filles s'installent dans le home nommé « Maman Suzanne Lukau ».

La vie, les structures, les règlements et les conditions d'admission de ce home sont les mêmes que dans les homes pour garçon.

Toutes les filles vont à l'école, assurent elles mêmes les travaux ménagers et ont le même horaire que les garçons. Une religieuse Congolaise dirige le home, assistée par trois éducatrices. Membre de la congrégation des Soeurs servantes des pauvres, elle est licenciée en psychologie et pédagogie de l'Université Louvain la Neuve, en Belgique.

Les responsables de sa congrégation envisagent de prendre en charge le secteur « Accueil et suivi » de l'Oeuvre. La décision sera prise d'ici trois ans.

2. Milieu ouvert pour les filles

L'Oeuvre s'occupe aussi des filles qui continuent à vivre dans la rue. A part quelques unes qui vivent en union libre avec un jeune de la rue, elles vivent toutes de prostitution. Deux fois par semaine, une religieuse missionnaire et une éducatrice Congolaise rendent visite à celles qui sont déjà en contact avec l'Oeuvre. Elles les rencontrent là où elles vivent, elles repèrent les filles malades et les emmènent dans un centre médical où elles sont soignées. Certaines sont enceintes, d'autres ont subi un avortement mal exécuté, d'autres encore sont atteintes d'une maladie vénérienne. Ces soins médicaux occupent la majorité du temps des éducatrices en milieu ouvert pour les filles.

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Le bâtiment et le personnel sont prêts, et l'équipement ainsi que les médicaments ont été promis par une ambassade à Kinshasa. Une gynécologue Congolaise a proposé de consacrer une journée par semaine aux soins des filles de la rue. Celles-ci ne veulent en aucun cas être soignées par un homme.

3. Accompagnement ou suivi personnel des filles

L'objectif des éducatrices est d'assurer le reclassement des filles en les aidant à améliorer leurs conditions de vie. Quand une fille parle de sa maladie, c'est souvent l'occasion de raconter sa vie. L'éducatrice profite de cette occasion pour l'encourager et la conseiller.

Dans le cas d'une grossesse, l'éducatrice prend contact avec le père du futur bébé, avec sa famille et celle de la jeune fille. Son but est de s'assurer que la jeune fille ne sera pas seule au moment de l'accouchement et d'essayer que le jeune homme assume les frais de celui-ci. Souvent, la famille de la fille est disposée à le reprendre avec son bébé.

Au niveau sexuel, l'ignorance de ces jeunes filles est très grande et néfaste. Les éducatrices profitent des heures d'attente à l'hôpital pour leur communiquer les informations adéquates.

II.7. De l'organisation du personnel

Les règles managériales ont poussé l'ORPER à avoir un organigramme structural adapté. Pour son fonctionnement effectif, une mise en place du personnel est pensée et publiée au début de l'année éducative, le 1er septembre.

Les services de la comptabilité, de l'intendance, de la maintenance, de la sécurité, de la santé sont rattachés à la DRH et comprennent 12 unités dans son ensemble. Le centre mobile, les centres d'accueil et d'hébergement, sous l'autorité du DEAP fonctionnent avec 33 unités. Le DER utilise 6 unités pour accomplir ses tâches.

L'ossature de son personnel se présente de la manière suivante :

? 4 Membres du comité de Direction (notamment : le Directeur Générale, le Directeur Administratif et Financier, le Directeur des activités Educatives et Pédagogique, et le Directeur des Enquêtes et Réinsertions) ;

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? 32 éducateurs et éducatrices ; 6 agents chargés des enquêtes et de la réinsertion familiale ;

? 5 surveillants ;

? 1 éducateur chargé de l'animation éducative (BAE) ;

? 12 agents travaillant dans les services logistiques (intendance, maintenance, soins de santé, administration et comptabilité).

L'équipe des éducateurs est relayée les Weekends et chaque deuxième jeudi du mois par une vingtaine d'auxiliaires, l'ORPER dispose également d'une catégorie d'agents qui oeuvrent dans ses services d'autofinancement, à savoir :

La boulangerie qui employait 14 agents permanents et un surveillant auxiliaire. La ferme qui emploie 5 anciens jeunes, 1 éducateur, 1 agronome, 1 poché, 1 basse - coureur et 1 vétérinaire. A ce groupe s'ajoutent quelques villageois qui sont employés journalièrement selon nos besoins, dans le cadre d'une approche de gestion intégrée.

En 2011, l'année des 30 ans, l'organigramme de l'ORPER se présente comme suit, outre l'Assemblée Générale son organe suprême, il y a le Comité de Direction avec à sa tête le Directeur Général. Il est composé de trois Directeurs et de l'Assistant Administratif qui y siège pour la prise des notes.11

11 Rapport annuel O.R.P.E.R. 2011

ORGANIGRAMME DE L'ORPER

Assemblée Générale

Direction générale

Assemblée Générale

Direction des Activités Educatives
et Pédagogique

Direction des Enquêtes et Réinsertions

Direction des Ressources Humaines

 

Intendance

Comptabilité

Service médical

Maintenance

et

Surveillance

 
 
 
 
 
 

Educateurs chargés des

 
 
 

Enquêtes en

 

Enquêtes en

 
 
 
 

Milieu Ouvert

 

Milieu Fermé

 
 

Chauffeurs

Maison

Projet

 

Centre

Centre

d'Héberge ment

Famille et
Passage

 

d'accueil

mobile

 

Caisse

Infirmiers et
Ambulanciers

Surveillant

s

 

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II.8. Activités et Sphère d'intervention

Toutes les activités sont une réponse à la maltraitance, aux mauvaises conditions de vie et aux besoins primaires de milliers d'enfant qui vivent dans les rues de Kinshasa. Notre pratique a un caractère communautaire et familial, fortement basée sur les valeurs chrétiennes.

La philosophie de l'oeuvre est de faire un bout de chemin avec les enfants des rues, d'être présent dans leur milieu de vie, selon qu'ils se trouvent en milieu ouvert (la rue) ou en milieu fermé (homes d'hébergement). Par leurs présence, notre ambition est de leurs montrer un meilleur visage du monde des adultes tout en essayant d'éveiller leur intelligence et leur créativité pour pouvoir, avec eux, changer leur monde. Pour réaliser ses activités, l'ORPER dispose d'un patrimoine essentiellement composé de :

· Deux foyers d'accueil (Milieu ouvert : Foyer Père Franck et Foyer Père Gérard pour les garçons et filles de moins 18 ans ;

· Cinq centres d'hébergement (Milieu fermé : le HCM pour les garçons de 6 à 12 ans, le HMS pour les filles de 6 à 15 ans, le HAM pour les garçons de 13 à 16 ans, le HSI pour les enfants à déficience mentale et les grandes filles et la MAJ pour les garçons de 17 à 21 ans). - La majorité des enfants hébergés sont inscrits dans les écoles primaires et secondaires de Kinshasa. D'autres suivent des formations professionnelles ;

· D'un centre mobile (un minibus qui circule la nuit dans huit communes de Kinshasa, à la rencontre des enfants des rues) ;

Chaque année, l'oeuvre entre en contact avec prés de 3.000 enfants et jeunes des rues répartis de la manière suivante ;

· Prés de 800 enfants dont 200 filles sont reçus dans les foyers d'accueil ;

· 200 enfants dont 50 filles sont reclus dans les cinq centres d'hébergement ;

· Plus ou moins 2.000 enfants dont 400 filles entrent en contact avec le centre mobile.

Au cours de cette année, l'Oeuvre a globalement travaillé avec une population composée de 2.500 garçons et 500 filles.

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CHAPITRE III

LA COMMUNICATION DANS L'ENCADREMENT

DES JEUNES FILLES DE LA RUE PAR L'ONG

O.R.P.E.R.

INTRODUCTION

L'objectif du présent chapitre est l'analyse des différentes fonctions que remplit la communication dans l'encadrement des jeunes filles en rupture familiale par l'ONG O.R.P.E.R. Ce chapitre sera structuré en trois points. A savoir : le protocole méthodologique, l'analyse proprement dite et enfin sera proposé une interprétation de l'analyse faite.

I. PROTOCOLE METHODOLOGIQUE

Dans l'élaboration de notre travail, la question de recherche est celle de connaître les fonctions de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG Oeuvre de Reclassement et Protection des Enfants vivant dans la Rue. Cette question nous amène à dégager comme hypothèse de travail que dans le processus d'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG O.R.P.E.R. la communication remplit un bon nombre des fonctions, à savoir la transmission de l'héritage culturel, de relation sociale, de divertissement.

Pour mener à bien cette étude, nous avons procédé par la technique d'entretien avec les responsables de l'ONG. De même nous nous sommes appuyés sur la documentation recueillie sur place. L'analyse que nous allons conduire va se dérouler en trois phases. Nous avons transformé les questions dont nous nous sommes servis en thèmes autour desquels nous avons organisé les réponses recueillies. Ensuite nous avons articulé les différents thèmes sur les fonctions de la communication développées ci- haut. Enfin nous avons tenté une interprétation pour valider notre hypothèse.

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II. ANALYSE PROPREMENT DITE

Thème 1 : Nombre des jeunes encadrés par ORPER

Le rapport annuel de 2011 nous donne l'effectif de 2 352 jeunes encadrés dont 706 filles. Ces 706 filles se divisent en trois groupes, à savoir :

a) 165 dans les foyers d'accueil ou milieu ouvert

b) 55 dans les centres d'hébergement ou milieu fermé

c) 486 en contact permanent avec le centre mobile

Le rapport annuel s'établit à partir des rapports mensuels. Bien que cela devient de plus en plus difficile parce que l'enfant n'est pas toujours à mesure de donner sa vraie identité même pour l'âge de ces enfants s'est très souvent des estimations. Un enfant sur cinq se présente sous deux à trois identités différentes.

Thème 2 : Activités organisées

Il n'existe pas une liste exhaustive des activités organisées. Dans son travail d'encadrement l'Oeuvre initie ces jeunes à trois différents types d'activités, à savoir : activités éducatives, culturelles et sportives, ponctuelles.

1. Activités éducatives

Dans cette catégorie, nous trouvons l'alphabétisation, la scolarisation, l'apprentissage des métiers (coupe et couture, esthétique, art culinaire), la remise à niveau. A travers ses partenaires, ORPER met à disposition des apprenants des filières des formations en menuiserie, électronique, électricité, maçonnerie, mécanique, peinture.

Face à ces différents métiers d'apprentissage, l'encadré est libre de porter son choix sur tel ou tel métier. Malgré cette liberté de choix, cela n'exclut pas l'implication de l'encadreur dans l'orientation vers un métier donné.

2. Activités culturelles et sportives

Ce sont des activités qui ont trait à la vie communautaire. Dans ce second type, nous retrouvons : les journées d'amitiés, le ballet, la danse moderne, la chorale, le football, la lecture, le théâtre, les excursions afin d'initier les jeunes au goût de la découverte et du savoir.

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3. Activités ponctuelles

Ces activités sont celles ramenées aux imprévus ou même à celles qui peuvent comme ne peuvent pas avoir lieu. Nous trouvons ici :

? Des colonies de vacances, qui donne l'occasion aux jeunes de

s'épanouir à travers des jeux, et ces derniers permettent aux jeunes encadrés de cultiver un esprit d'équipe et de tolérance. A partir de ces colonies, l'encadreur arrive à dénicher des talents.

? Des Concerts de Noël, qui constituent un moment où les enfants font
des spectacles. C'est également un lieu pour sensibiliser la communauté sur le problème des enfants de la rue et aussi faire savoir à tous que ces jeunes sont aussi utiles dans la société.

? Des activités spirituelles, bien qu'elles prennent également part dans
des activités permanentes elles peuvent être ponctuelles lorsqu'elles sont sollicitées par une tierce personne. En l'occurrence des personnes qui souhaitent passer des moments des prières avec les jeunes et cela sans tenir compte des confessions religieuses cela malgré que ORPER a un grand penchant pour le catholicisme.

Il n'existe pas des contraintes religieuses, la liberté des opinions prime d'abord parce qu'elle joue dans le respect des droits de l'enfant. L'Oeuvre respecte l'appartenance de chaque enfant.

Dans les années antérieures les activités culturelles et sportives même ponctuelles se déroulaient jusqu'à l'intérieur du pays donc dans les provinces. Avec la crise économique qui frappe le monde, l'Oeuvre est devenu incapable d'assurer le coût du déplacement. Les dons et legs qui font vivre O.R.P.E.R. sont devenus insuffisants pour assumer ces déplacements. Actuellement tout se passe à Kinshasa.

Les enfants sont éduqués grâce à ses activités et arrivent à connaître des moments agréables de loisir.12

12 Périodique de l'O.R.P.E.R. « L'appel de la rue » Décembre 2001, n° 0011.

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Thème 3 : Formation dispensée

ORPER dispense trois sortes de formations d'où elle fait recourt à l'expertise de ses partenaires.

Bien qu'il n'existe pas de convention de partenariat, l'Oeuvre appelle partenaires ceux qui travaillent dans le champ de rééducation des enfants de la rue.

1. Formation continue (éducation continue)

Nous parlons de formation continue quand l'enfant récupéré dans la rue est à l'âge de l'école primaire. L'Oeuvre l'aide à continuer sa formation interrompue.

2. Formation en métier

Hormis les formations en métiers proposées au sein des différents centres d'O.R.P.E.R. dont la coupe et couture, l'esthétique, l'art culinaire, elle fait appel aux partenaires pour compléter cette formation et proposer de nouveaux métiers d'apprentissage.

3. Formation en rattrapage scolaire

Pour ceux qui ont non seulement arrêté avec l'école très tôt et aussi ont dépassé l'âge. L'Oeuvre dispose des séances de rattrapage pour remettre les enfants à niveau.

Thème 4 : Message véhiculé par les encadreurs

Le message véhiculé dans la communication des encadreurs se base sur :

? La protection : Faire reconnaître aux jeunes qu'ils sont faibles et qu'ils

ont besoin de la protection des adultes. La rue assure en rien leur protection au contraire elle les expose à plusieurs dangers. Par la protection de l'adulte, l'enfant peut se retrouver.

? Les vraies valeurs humaines (valeurs individuelles et sociales) : Leur

montrer les repères d'une bonne morale. Mettre un accent sur les vraies valeurs de la vie humaine qui vont les aider à se sentir comme les autres étant donné que ces derniers vivent dans un contexte d'inversion des valeurs. Nous estimons que ces enfants qui ont manqué d'amour et d'espoir pour un lendemain meilleur doivent apprendre selon leur degré de maturité les vraies valeurs de la vie.

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? L'auto prise en charge : En l'approchant, l'encadreur fait savoir à

l'encadré qu'il est utile et peut faire mieux pour son avenir, tout n'est pas perdu.

Thème 5 : Occasion pour communiquer avec les jeunes

Toute occasion est propice pour communiquer avec ces jeunes au moment où ces derniers entrent en contact avec l'oeuvre. Tout commence par le premier contact qui est précieux, déterminant et qui conditionne la relation entre ces deux parties.

Thème 6 : Moyens de communication utilisé

Parmi les différents moyens de communication utilisés, ce qui prime le plus c'est le face à face à travers les entretiens et séances d'écoute avec les enfants. Etre écouté rend facile la communication, parce que dans la réalité de la rue ses opinions n'ont jamais de place. Bien que le face à face est important et essentiel, cela n'exclut pas l'apport des autres moyens de communications. Nous avons :

1. Moyen documentaire

A partir d'un apprentissage de la lecture qui prend part dans les activités organisées par ORPER. Celle-ci l'utilise également pour communiquer avec les jeunes encadrés. Chaque centre dispose d'une bibliothèque.

2. Vidéos

Projection des films, documentaires. Après la projection sont organisés des animations autour des films visionnés. Il en est de même pour les diapositives projetées. Des bandes dessinées bien qu'elles sont rarement utilisées faute de moyens et de personnes qualifiées.

Thème 7 : Difficultés rencontrées par les encadreurs

La difficulté est liée à la nature et à la catégorie des enfants encadrés.

? Du point de vue de la nature : ils sont des enfants et qui dit enfant dit

une personne fragile sur le plan biologique (n'a pas encore achevé le processus de croissance) sur plan intellectuel (sa raison est fondée sur ce qui ne contribue pas à son développement intellectuel) et sur le plan moral

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De sa nature d'être encore « enfant », on voit également son âge. L'âge moyen des enfants encadrés est de 13 ans, ce qui correspond au début de la puberté pour la jeune fille et de l'adolescence pour le jeune garçon où on assiste à des troubles des comportements.

? Du point de vue de la catégorie : sa catégorie des enfants de la rue,

enfant sans repère de bonnes manières, des comportements qu'il faut redresser.

Une des plus grandes difficultés c'est de redresser leur comportement. Un redressement qui devient encore compliqué avec leur caractère des enfants très mobiles (milieu ouvert) même s'ils sont plus ou moins stables dans le milieu fermé.

Comme il s'agit d'un travail d'encadrement, il faut des moyens adéquats, malheureusement l'Oeuvre souffre d'insuffisance des moyens (financier, matériel, en personnel qualifié,...) qui rend le travail difficile. La qualité du travail et la disponibilité des encadreurs dépendent de la rémunération de ces derniers.

Pour mener à bien ce travail, l'apport de la société est important, les encadreurs ont du mal à convaincre l'opinion publique que ces enfants sont comme tous les autres. Ils ont besoin de leurs soutiens, encouragements et il suffit juste de les rééduquer pour qu'ils redeviennent normaux comme eux pensent qu'ils sont anormaux. Parfois les encadreurs sont taxés des complices aux actes de vandalisme des enfants.

Thème 8 : Place ou rôle des entretiens et séances d'écoute

Ces entretiens et séances d'écoute sont pris comme des moyens ou techniques à travers lesquels l'encadreur obtient des informations relatives à l'encadré individuellement ou collectivement. Ce sont des moments propices de faire passer un message, être compris de ces jeunes encadrés et saisir le problème qui ronge chacun d'eux. A partir de ces entretiens et séances d'écoute ORPER est à mesure de documenter sur un problème concernant tel ou tel jeune. Ils donnent lieu de mener des enquêtes pour découvrir des personnes en lien de coeur et/ou de sang avec ces jeunes de la rue, pour faire une médiation entre les personnes impliquées à leur problème, pour enfin les réintégrer en famille, en société ou encore l'intégrer professionnellement.

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Le travail d'encadrement veut qu'on identifie la personne encadrée, connaître son problème pour bien mener des enquêtes. De ce fait, les entretiens et séances d'écoute organisés sont important parce qu'ils font découvrir l'encadré, ses qualités, ses défauts, ses compétences, ...

Thème 9 : Etablir une communication entre encadreur et encadré

La communication n'est pas facile du premier instant parce que le jeune recueilli n'est pas en confiance, il se méfie de tout. Tout dépend du premier contact qui dicte à ce dernier ce qu'il attend, dans ce premier contact nous voyons en premier l'accueil de ces jeunes par les encadreurs s'il s'agit d'un foyer qu'il soit fermé ou ouvert et d'un contact permanent pour le centre mobile.

Cet accueil ou contact a pour but la mise en confiance, une fois la confiance assurée tout se fait aisément. En souvenir du bon accueil, l'enfant peut arriver à témoigner une reconnaissance qui facilitera la communication entre eux parce qu'il se dit et se voit aimé des autres, ce qui n'est pas le cas dans la rue. La communication s'établit grâce à un contact permanent avec ces jeunes de la rue.

De ces réponses recueillies des entretiens auprès des encadreurs puis thématisées découlent 3 fonctions de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue soulignées dans notre hypothèse de travail. Nous avons : la transmission de l'héritage culturel, de relation sociale et de divertissement.

Transmission de l'héritage culturel : La culture se définit essentiellement par ce qui est partagé et transmis, ce que nous avons de commun avec d'autres. Il s'agit de la transmission des normes sociales et des valeurs d'un groupe. Cette transmission se fait à travers différentes activités organisées et la formation dispensée.

O.R.P.E.R. met à disposition des encadrés des activités éducatives et culturelles où nous trouvons l'alphabétisation, la scolarisation, la lecture, le ballet, l'apprentissage de métiers et des projections des vidéos qui constituent des moments non seulement de détente, aussi et surtout de culture. Le fait de partager le même monde culturel rend l'échange entre les mêmes membres d'une culture facile.13

13 Jean C. Kapumba AKENDA, Identités Culturelles Africaines et Nouvelles Technologies, « Identités Culturelles Africaines comme processus d'identification croissante avec les nouvelles exigences techno- culturelles. Thèses sur la dialectique des éléments étrangers et authentiques dans l'unité d'une culture d'identité », Kinshasa-Limite, Saint Paul, 2002, p95.

36

Transmission de relation sociale : Par des colonies de vacances où l'enfant encadré crée des relations avec les autres à travers des jeux organisés. En même temps, il arrive à cultiver un esprit d'équipe et de tolérance qui n'existe pas dans la rue. Par moment, O.R.P.E.R. organise des concerts de Noël qui constituent un moment qui met un accent sur la relation entre les enfants de la rue et la société.

Transmission de divertissement : La communication est également destinée à amuser les personnes. Des moments de divertissement qui passe par les organisations des matchs de football, des excursions, de théâtre, des concerts organisés par les enfants eux-mêmes. Occasion pour eux de présenter des spectacles devant les gens.

III. INTERPRETATION

Au terme de ce développement, nous pouvons dire que les fonctions de la communication qui s'appliquent dans l'encadrement des enfants en rupture familiale relèvent de la transmission de l'héritage culturel à travers différentes activités organisées et formation dispensée, de lien social par des colonies de vacances et des concerts de Noël qui constituent un moment qui met un accent sur la relation entre les enfants de la rue et la communauté et de divertissement qui passe par l'organisation des jeux, des excursions, des concerts et spectacles organisés par les enfants eux-mêmes.

Des analyses faites nous pensons avoir validé notre hypothèse de travail de part des réponses recueillies auprès des responsables de l'ONG qui correspondent aux différentes fonctions de la communication relevées dans notre hypothèse de travail.

? De l'héritage culturel à travers différentes activités organisées et

formation dispensée ;

37

CONCLUSION GENERALE

Conclure un travail scientifique n'est pas l'achever, c'est une occasion pour le chercheur de faire l'inventaire de ce qui a été l'essentiel des préoccupations et éventuellement ouvrir d'autres perspectives pour de nouvelles recherches.

Au terme de cette étude qui a porté sur « le rôle de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG Oeuvre de Reclassement et de Protection des Enfants vivant dans la Rue » (O.R.P.E.R.), il y a lieu de rappeler les préoccupations qui l'ont suscitée. En abordant cette étude, la préoccupation majeure était celle de savoir quelles étaient les fonctions de la communication dans l'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG O.R.P.E.R.

Nous avons avancé à titre d'hypothèse que dans le processus d'encadrement des jeunes filles vivant dans la rue par l'ONG O.R.P.E.R, la communication remplit un bon nombre des fonctions, à savoir : la transmission de l'héritage culturel, de relation sociale, et de divertissement. En vue de vérifier notre hypothèse nous avons mobilisé un ensemble d'instruments scientifiques à savoir les entretiens et la technique documentaire.

L'argumentation qui a sous-tendue la démonstration de l'hypothèse a été déployée à travers les trois chapitres qui constituent l'ossature de ce travail. Après avoir discuté sur les aspects théoriques de cette étude dans le premier chapitre, nous avons, dans le deuxième chapitre, fait une présentation de notre champ d'investigation qui est l'ONG O.R.P.E.R. Fidèle à notre démarche monographique et par l'approche fonctionnaliste de R. WRIGHT, nous avons, dans le troisième chapitre, présenté les principaux résultats de nos entretiens et enfin nous avons analysé ces résultats.

Des analyses faites, il s'est dégagé que les fonctions de la communication qui s'appliquent dans l'encadrement des enfants en rupture familiale relèvent de la transmission :

38

? De lien social par des colonies de vacances et des concerts de Noël

qui constituent un moment qui met un accent sur la relation entre les enfants de la rue et la communauté et

? De divertissement qui passe par l'organisation des jeux, des
excursions, des concerts et spectacles organisés par les enfants eux-mêmes.

Dans son travail d'encadrement O.R.P.E.R. a besoin d'établir une bonne relation de communication entre les encadreurs et ces jeunes encadrés parce que cette relation conditionne la confiance même qui est à la base de tout travail d'encadrement. Une bonne communication rend l'expression facile entre encadreur et encadré et fait naître une confiance. L'encadreur arrivera à mieux passer son message et la confiance rendra l'adhésion facile de l'encadré dans cette nouvelle réalité du monde.

Des fonctions de la communication qui s'appliquent dans l'encadrement des jeunes filles en rupture familiale que nous avons eu à analyser, répondent non seulement aux besoins individuels de l'enfant de quitter durablement la rue et de se construire un avenir aussi à ceux de la société qui veut réintégrer ce dernier et assurer également l'avenir du pays en limitant divers dégâts que cause ce phénomène dit « enfant de la rue » car la communication soulève le grave problème de développement14.

Dans la procédure de l'analyse de ces fonctions, nous avons thématisé les réponses reçues des entretiens avec les responsables de l'ONG et enfin proposer une interprétation qui nous a amené à confirmer notre hypothèse de travail.

De cette étude, l'examen d'autres perspectives s'avère important pour arriver à mieux impliquer la communication dans ce travail d'encadrement afin d'assurer un bon épanouissement de ces jeunes filles de la rue et de la société dont elles font partie.

Nous n'avons pas épuisé toute la matière traitant ce sujet, comme dit-on l'oeuvre humaine n'est jamais parfaite. Ainsi nous espérons que cette étude pourra mobiliser d'autres chercheurs qui prolongeront à coup sûr nos réflexions dans ce domaine.

14 D. Mwenze Chirhulwire Nkingi, « Ethique de la communication et démocratie en Afrique du XXIe siècle », Kinshasa- Limete, éd Saint Paul, Juin 2001, p8.

Site internet : www.google.fr/wikipédia consultée le 13 Mai 20012

39

Bibliographie

Ouvrages

1. WILLETT Gilles, la communication modélisée, « une introduction aux concepts, aux modèles et aux théories », Ottawa, éd. Du renouveau pédagogique,1992.

2. FALCONI Aldo, Histoire de la communication, Kinshasa, Médiaspaul, 2003.

3. AKENDA Jean C. Kapumba, Identités Culturelles Africaines et Nouvelles

Technologies, « Identités Culturelles Africaines comme processus
d'identification croissante avec les nouvelles exigences techno- culturelles. Thèses sur la dialectique des éléments étrangers et authentiques dans l'unité d'une culture d'identité », Kinshasa-Limité, Saint Paul, 2002.

4. Le Petit Robert cité dans Communication Modélisée.

5. WRIGHT Richard, « Analyse fonctionnaliste et communication de masse » cité dans la communication modélisée, une introduction aux concepts, aux modèles et aux théories, Ottawa, éd. Du Renouveau Pédagogique, 1992.

6. MWENZE Dominique, « Ethique de la Communication et Démocratie en Afrique du XXIe Siècle », Kinshasa- Limete, éd Saint Paul, Juin 2001.

7. Père ROELANTS Frank, « Un lieu d'espérance » Kinshasa, CEEBA.

8. Périodique O.R.P.E.R. Décembre 2001, n° 0011.

9. Rapport annuel O.R.P.E.R. 2011 et 2007-2009.

10. Media Dico 36 Dictionnaires et Recueils.

Autres

http// Wikipédia.org/définition Communication http// wikipédia.org/wiki/communication non verbale

40

Table des matières

Epigraphe i

Dédicace ii

Remerciements iii

INTRODUCTION GENERALE 1

1. Hypothèse 2

2. Cadre théorique 2

3. Méthodes et Techniques 3

4. délimitation du sujet 3

5. division du travail 3
Chapitre I: LES ASPECTS THEORIQUES

Section 1: Encadrement 4

Section 2: Jeune fille vivant dans la rue 5

2.1. Enfant de la rue 5

2.2. Enfant de rue 5

2.3. Enfant dans la rue 5

Section 3: Communication 6

3.1. Définition 6

3.2.Principaux types de communication 7

3.2.1. Communication interpersonnelle 7

3.2.2. Communication de masse 8

3.2.3. Communication de groupe 8

3.3. Communication verbale et non verbale 9

41

3.3.1. Communication verbale 9

3.3.2. Communication non verbale 9

3.4. Modèles de communication 9

3.4.1. Fonction de la communication selon Charles R. Wright 9

CHAPITRE II: PRESENTATION DE L'ONG O.R.P.E.R.

II.1. Objet. 11

II.2. Aperçu historiqur et évolution 11

II.3. Situation géographique 13

II.4. Objectifs de l'oeuvre 13

II.4.1. objectifs spécifique. 13

A. RECLASSEMENT 13

1. Structure d'un home 14

2. enquêtes et reclassement dans les familles 15

B. PROTECTION 16

1. Organisation de la vie en milieu ouvert 16

C. ENQUETES, REINSERTION FAMILIALE ET INSERTION

SOCIOPROFESSIONNELLE 17

II.5. Encadrement 22

II.6. Service médical 23

SECTEUR FILLES 23

1. Historique 23

2. Milieu ouvert pour les filles 24

3. Accompagnement ou suivi personnel des filles 25

II.7. De l'organisation du personnel 25

ORGANIGRAMME DE L'ORPER 27

II.8. Activités et sphères d'intervention 28

42

Chapitre III LA COMMUNICATION DANS L'ENCADREMENT DES JEUNES VIVANT DANS LA RUE PAR L'ONG ORPER

INTRODUCTION 30

1. Protocole méthodologique 30

2. Analyse proprement dite 31

3. Interprétation 36

CONCLUSION GENERALE 37

Bibliographie 39

Table des matières 40











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