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Et la bande dessinée rencontra l'ordinateur: enjeux des oeuvres numériques de bande dessinée sur la création artistique

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par Laurène STREIFF
Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse - Maà®trise des sciences et des techniques information- communication concepteur multimédia 2001
  

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6.2. DE L'INTERACTIVITE POUR UNE NOUVELLE COMMUNICATION

Le créateur de e-BD réalise des images, des unités signifiantes, qu'il positionne au sein de la structure d'un programme informatique. Il construit une interface numérique de visualisation, certes mais aussi d'action, jouant de l'interactivité pour concrétiser son scénario.

La typologie présentée ci-dessus nous enseigne que la forme du scénario d'une e-BD est en lien direct avec le mode de réception de l'oeuvre. Il en est même le principe. Le scénario des e-BD que nous avons décrit plus haut n'est autre que le scénario d'interaction proposé au lecteur.

Les e-BD à scénario linéaire proposent une unique interactivité de surface par lien séquentiel de type « continuer ». En dépit de l'innovation artistique de leurs composantes formelles (matériaux de l'image ou mise en composition), ces e-BD préservent l'objectif premier d'une bande dessinée qui est de raconter une histoire. Toute la subjectivité de l'auteur s'exprime. Les choix de l'auteur en terme de narration et de montage se présentent de manière univoque. Le récit ainsi constitué et présenté au lecteur n'est que la manifestation claire d'une intentionnalité, d'une altérité constituée. Bien entendu, le lecteur a un rapport actif avec la bande dessinée. Il re-créé mentalement le récit qui lui est donné à lire en y impliquant sa propre sensibilité. Mais l'oeuvre se présente tout de même d'une manière linéaire et finie. Elle est « enclose dans sa propre dynamique » [HOLTZ-BONNEAU, 1972].

Et la bande dessinée rencontra l'ordinateur Mémoire de maîtrise I Septembre 2001

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En revanche, la subjectivité de l'auteur ne se pose pas d'une manière aussi radicale dans les trois autres types de scénario (d'interaction). En effet, le concepteur se présente comme l'auteur d'un processus, d'un contexte, d'un potentiel où l'interactivité va permettre au lecteur-utilisateur, non plus seulement de lire, mais de construire, re-produire ou de participer.

Le lecteur ne regarde plus l'oeuvre, il y entre, comme élément actif du processus de création. Pour les e-BD concernées, l'objectif n'est plus de mettre le lecteur dans la seule position du récepteur du message du schéma de Shannon.

Avant de préciser en détail les deux formes d'interactivité proposées, nous pouvons commencer à interpréter cette position de l'auteur en la rapprochant d'un courant artistique né de l'art performance.

6.2.1. L'art performance : nouvelle figure de l'oeuvre et de l'artiste

«Les années 70 ont consacré l'artiste non plus comme producteur d'objets, mais comme créateur de situations dans lesquelles la créativité du public peut se déployer. », explique Annick Bureaud [BUREAUD, 1999]. En fait, cette tendance artistique a pris source avec l'avènement de l'art performance. Ce qui est communément appelé une «performance » artistique est un exercice bien particulier. Il est généralement réalisé en public et nécessite trois éléments : la présence de l'artiste, l'utilisation d'accessoires et un scénario. L'intérêt n'est plus seulement ici de produire un objet d'art mais davantage de faire oeuvre dans l'action, en mettant généralement en jeu le corps. L'oeuvre est donc autant, si ce n'est plus, le processus que la finalité. Des plasticiens de toutes tendances explorent ce domaine nouveau qui les libèrent des contraintes artistiques et les met en relation immédiate avec leurs spectateurs. La performance devient le moyen optimal pour transformer l'art, alors objet de luxe, en un moyen de communication visuelle : un véhicule d'idées et d'actions.

La performance a pris des formes diverses jusqu'à aujourd'hui, grâce notamment aux nouvelles technologies dont disposent les artistes, tels la vidéo et l'informatique. Cependant, la réflexion sur l'art que la performance manifeste et sa volonté de réduire l'écart entre l'art et la vie a engendré une remise en question du statut de l'auteur et du public face à l'oeuvre.

Et la bande dessinée rencontra l'ordinateur Mémoire de maîtrise I Septembre 2001

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«Avec ou sans moyen technologiques, il [l'artiste] traite le phénomène artistique en fonction de la créativité latente ou manifeste du spectateur qui doit compléter, par une action ou une réaction le processus déclencheur ainsi déclenché »12

C'est dans cette remise en question que se placent nos e-BD «non-linéaires ».

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