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Les états et la construction de l'union africaine: le cas de la Libye et du Sénégal

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par Romaric TIOGO
Université de Dschang - Master II 0000
  

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CHAPITRE II:

LE SENEGAL, DEFENSEUR ACHARNE DE L'UNION AFRICAINE

A l'issue d'une conférence animée par Cheikh TIDIANE GADIO, alors ministre sénégalais des Affaires étrangères le 25 mars 2005 à l'URED (Université Recherche et Développement) sur le thème : « le Sénégal et l'Union Africaine »195(*), s'était dressé un bilan somme toute vertigineux des problèmes de l'Afrique. Le rapport présenté était aussi coûteux en pertes humaines qu'en argent. Ainsi avait-il trouvé qu'en dehors de la pauvreté ambiante sur le continent, 31 Millions d'enfants avait été mal nourris. Pareillement, il avait exposé que 68 % des adultes et 80% des enfants sidéens étaient des Africains, ce qui amenait à conclure que les ¾ des morts du sida sont des Africains. A tout ceci, s'ajoutaient les statistiques des polémologues selon lesquels l'Afrique avait connu 37 conflits depuis 1960. Ceux-ci avaient non seulement occasionné 7 Millions de morts, mais aussi et surtout de nombreuses familles déplacées et désoeuvrées dont le nombre demeurait difficile à déterminer.

Au total ces marasmes avaient fait subir des pertes énormes estimées à  125 Millions de dollars. De l'argent qui aurait pu servir au développement de certains secteurs prioritaires comme l'éducation, la santé ou encore à la construction des infrastructures pour assurer la communication inter-régionale sur le continent. Ce bilan calamiteux qui marquait plus de trois décennies d'existence de «l'organisation de la nullité africaine »196(*) montrait combien  « la création d'une nouvelle organisation beaucoup plus efficiente » était une nécessité et le Sénégal, « pays phare », devait jouer un rôle déterminant pour « cette noble initiative », explique Cheikh TIDIANE GADIO. Il devait à cet effet prendre les devants sur toutes les décisions et à  chaque sommet d'où son surnom de « Gazelle du continent ». Le pays de la « Teranga », l'hospitalité en wolof, est donc l'un des rares Etats africains qui s'obstine tant sur le continent que hors de celui-ci, notamment au sein des grandes instances multilatérales pour donner du sens à la construction de l'UA. Comme évoqué dans le premier chapitre de cette étude, c'est une allocution du président WADE qui a amené les ministres des Affaires étrangères de l'OUA, réunis à Tripoli, à inscrire l'organisation panafricaine dans une perspective futuriste. Depuis plus d'une décennie, le Sénégal semble s'afficher sur le continent comme un appui exceptionnel au projet panafricain porté par les Libyens. C'est ainsi que depuis le lancement de l'UA, il appuie sa structuration autant par la proposition des actions supranationales (sectionI) que par une construction théorique et symbolico- pratique (sectionII).

SECTION I- L'OFFRE DES ACTIONS SUPRANATIONALES

Le Sénégal est l'un des rares Etats africains ayant gardé une certaine constance dans son zèle pour la construction d'une Union sur le continent. Dans son livre Un destin pour l'Afrique,  qu'on peut à juste titre considérer comme sa profession de foi pour le continent, le Président WADE avertissait qu' « un espace politique africain continental résout bien des problèmes qui ne manqueront pas un jour d'être soulevés si chacun continue de s'enfermer dans son égoïsme »197(*). Les faits lui donnent de plus en plus raison. Outre la pauvreté ambiante qui structure le quotidien de la grande majorité des populations africaines, les conflits demeurent aussi constants que le soleil sur le continent. Ayant compris que les Etats microscopiques d'Afrique ne peuvent survivre face aux grands ensembles régionaux en constitution dans tous les coins et recoins du monde, le Sénégal a fait des propositions pour édifier l'UA. Il s'agit d'une part de la proposition des organes supranationaux et de l'abolition des souverainetés (paragraphe I) et d'autre part de sa participation à la conception ou à la proposition des projets de développement (paragraphe II).

* 195 voir http://www.ugb.sn/, consulté le 28 août 2011.

* 196 DJUIDJE KOUAM (R.), op. cit., p. 95.

* 197 WADE Abdoulaye, Un destin pour l'Afrique, Paris, Karthala, 1989, pp. 21-22.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault