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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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b) Quelques idées de directive pour la création d'interactions

Enfin, la question que l'on peut se poser pour conclure sur ce chapitre est comment créer un environnement ou concurrence et collaboration iraient de paire à la Belle-de-Mai ?

Il faudrait, avant tout, penser les choses pour qu'elles génèrent de la synergie.Les initiatives suivantes sont des idées et suggestions que nous avons formulé dans le cadre de notre stage à l'AGence d'urbanisme de l'Agglomération Marseillaise avec notre encadrant de stage, Monsieur Patrick TANGUY ainsi que Sylvain CRESPEL, chargé d'études en stratégies économiques :

· Rechercher des collaborations possibles entre les entreprises des trois îlots et organiser des rencontres entre celles-ci. Faire connaître les entreprises en expliquant ce qu'elles font et ce qu'elles peuvent apporter à d'autres. Initier des contrats de partenariats en obligeant les entreprises à choisir leurs partenaires en premier lieu à la Belle-de-Mai,

· Dans le projet Pôle Média 2, qui a été décidé sur le site des casernes du Muy, secteur voisin au Pôle Patrimoine, mettre en place des collaborations et partenariats dès l'arrivée des entreprises. Peut-être que la ville pourrait aussi sélectionner les entreprises qui ont déjà des liens avec celles de la Belle-de-Mai, ou qui sont du même secteur et qui pourraient donc en avoir.

Bien que ces idées ne soient que des propositions, nous pensons que la ville devrait réellement songer à mettre en place un partenariat entre les entreprises. Premièrement, le pôle de compétitivité deviendrait un écosystème de type cluster, ce qui ferait la force de cet ensemble d'industries créatives. Deuxièmement, cela permettrait de rendre Marseille plus attractive d'un point de vue économique et stratégique. Enfin, cette attractivité pourrait se déverser sur le quartier de la Belle-de-Mai, qui, nous allons le voir, ne tire pas encore son épingle du jeu.

En conclusion de cette deuxième partie, nous pouvons dire que les interactions sont très faibles à la Belle-de-Mai. Nous avons, d'un coté, une Friche culturelle, de l'autre, un Pôle Média où se réunissent des entreprises du multimédia et,enfin, un Pôle Patrimoine où l'on trouve des structures de conservation et de restauration du patrimoine. Nous nous sommes demandé, au début de notre analyse, si l'ensemble fonctionnait en synergie.

Pour rappel, selon PORTER, un cluster est "un groupe d'entreprises et d'institutions partageant un même domaine de compétences, proches géographiquement, reliées entre elles et complémentaires" (PORTER, 1999). Selon FLORIDA, la « classe créative » est fondé sur le principe que c'est un groupe d'individus, les « créatifs », qui développe la ville économiquement et culturellement. Et ces « créatifs » s'y installent grâce à ce que la ville leur propose. Dans le cas de la Belle-de-Mai, la ville a fait venir les industries créatives en leur fournissant un loyer alléchant et un territoire culturel. Grâce à la notoriété que dégage la Friche, le développement des deux autres pôles a été une réussite.

De plus, le cluster est intéressant à partir du moment où des entreprises sont plus efficacesensembles que si elles exerçaient leur activité seules. Au sein des îlots, on trouve des interactions entre certaines entreprises. Bien que faible, elle existe. Par contre, il n'y a que très peu de relation entre les îlots, sauf au moment du déjeuner. Et même dans des moments propices aux échanges informelles, les interactions n'arrivent pas à ce mettre en place. De plus, les industries qui constituent le Pôle de la Belle-de-Mai semblent trop différentes. Elles ne sont pas toutes du même secteur, on a des industries du livre, du patrimoine, on trouve de l'audiovisuel et des artistes, etc. les trois pôles sont eux-mêmes différents. On a des acteurs publics, des acteurs privés et des acteurs associatifs. Il semble donc certainement plus compliqué de créer des liens et des partenariats entre des entreprises dont les objectifs finaux sont totalement dissemblables. La Friche prône la mixité sociale et veut fournir de l'art à tous les publics, le Pôle Média veut créer une économie autour du multimédia et le Pôle Patrimoine doit fournir à Marseille un patrimoine intéressant.

Finalement, bien que le Pôle de la Belle-de-Mai soit économiquement et culturellement une grande réussite, l'ensemble ne fonctionne pas en synergie. Il manque sans doute à la Belle-de-Mai de la proximité sociale entre les individus mais aussi et surtout une proximité institutionnelle qui permettrait de construire un projet commun.

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