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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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3. Quel est l'intérêt de la culture au sein des projets à la Belle-de-Mai

a) La culture comme clé de développement ?

Pour AndonisYOUYOCAS82(*), directeur du Gyptis en 1989, la culture est également indispensable au développement d'un territoire. Il explique que pour lui, « il faut savoir si les gens veulent aller au théâtre et ce qu'ils souhaitent y voir. ». Constat auquel il ajoute : « à mon avis, d'ailleurs tant en peinture qu'en musique, Marseille ne valorise pas ses créateurs, d'où cette hémorragie permanente. ... Je le dis bien haut : les gens investiront à Marseille quand il y aura une vie culturelle très intense. Si on veut sortir la ville de son désert culturel il faut absolument valoriser la création à tous les niveaux. ». Pour l'ancien directeur du Gyptis, la culture est l'élément clé du développement du quartier. Si l'on développe la ressource culturelle et qu'on la met en avant, elle permettra au quartier de se dynamiser, d'attirer de nouveaux investisseurs et surtout de rendre Marseille attractive.

De plus, pour certains acteurs politiques, favoriser l'implantation d'artistes dans la ville lui permettrait de se développer. Fabrice LEXTRAIT par exemple, connu pour son rapport sur les nouveaux territoires de l'art, pense que les artistes souhaitent travailler avec leur territoire. En effet, la proposition des artistes « s'adresse au public non pas en tant que consommateurs mais en tant spectateurs intégrés au processus de création. Et, surtout, de travailler en profondeur et en proximité avec une population. ... Il est vrai que de nombreux artistes ressentent comme une nécessité de travailler en rapport étroit avec un territoire, une ville, un quartier. Beaucoup d'entre eux, mais pas tous, souhaitent que leur travail alimente le « débat démocratique ». Les artistes cherchent un public « exclus de la « consommation culturelle »83(*). Cette idée selon laquelle l'artiste veut participer à la vie de la société et veut favoriser des liens avec les habitants peut se rapporter à la définition de l'ancrage territorial selon laquelle les firmes participent au développement local et doivent s'intégrer d'un point de vue social et sociétal.

D'autres, quant à eux, préfèrent penser que ce sont les liens sociaux et les réhabilitations urbaines qui peuvent permettre à un territoire de se développer. Robert SEBAOUI84(*), ancien directeur de la maison pour tous, pense que son établissement doit « jouer à fond un rôle de moteur pour essayer de dynamiser le quartier sur l'axe de l'animation sociale. ». De plus, il se pose la question du « pourquoi ne pas programmer une réhabilitation comme au Panier ou comme en centre-ville ? ». Finalement, pour lui, la culture n'est pas forcement la clé du développement à la Belle-de-Mai. C'est plutôt la réhabilitation urbaine et surtout le partage et la cohésion sociale qui doivent être développés.

* 82 Le méridional, jeudi 27 avril 1989 Belle-de-Mai : quand stoppera-t-on la paupérisation ?

* 83 La croix, 19 juin 2001, Les nouveaux jardins culturels,Geneviéve WELCOMME

* 84Ibid

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