WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille

( Télécharger le fichier original )
par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
   Télécharger le fichier original

précédent sommaire suivant

b) Des activités au Pôle Patrimoine qui ne facilitent pas le lien avec les habitants du quartier

Comme nous l'avons expliqué dans notre partie 2, le Pôle Patrimoine constitue un secteur d'activité voué la conservation et la restauration du patrimoine. En apparence, il n'y a donc aucune directive sociale. Mais nous avons tout de même posé la question au directeur des structures qui constituent ce pôle pour savoir si oui ou non, ils ont fait en sorte de s'ancrer sur le territoire d'un point de vue social. Et notre hypothèse de base n'a pu qu'être confirmée.

Roland MAY, directeur du CICRP, nous confit que son établissement n'a aucun lien avec le quartier. Ils n'ont pas de vocation publique à la différence des Archives Municipales qui sont ouvertes au public. Il nous explique que la structure est « un lieu de travail, de recherche et de restauration. »99(*). Il explique également qu'ils réalisent tous les trois mois des conférences ouvertes à tous, même au gens du quartier. Ils ont également été sollicités une fois par le comité de quartier pour l'organisation d'une visite, mais elle n'a jamais eu lieu. Ils ont réalisés une fois une journée du patrimoine, en 2007, et ont pu recevoir 360 personnes dans un week-end. Mais c'est un événement difficile à organiser et ils ne peuvent pas recevoir plus de personnes. Il affirme tout simplement qu'ils n'ont « pas d'ancrage avec le quartier ». La structure a une activité plutôt dédiée à la Ville, et non au quartier. De plus, les seules personnes qui s'y rendent sont des personnes qui connaissent le lieu et qui ont des liens avec la structure. Finalement, il semble impossible de créer un lien fort entre le CICRP et le quartier, ce n'est d'ailleurs pas sa vocation.

Concernant les réserves municipales, Dominique SAMANNI nous confie que leurs visiteurs peuvent être des artistes très côtés, mais aussi des personnes qui travaillent pour le Ministère de la Culture. Une fois de plus, un rapport avec le quartier semble impossible. La directrice des réserves s'alarme d'ailleurs des problèmes dont souffre le quartier. « Je me demande comment le quartier ne s'en sort pas après toutes ces rénovations ? Sans doute que la fracture sociale est trop importante »100(*) nous rapporte t-elle.

Boris GAUBERT, directeur des Archives Municipales, nous explique quant à lui qu'ils organisent des manifestations ouvertes au public mais qu'ils n'ont pas d'actions avec le quartier et pas de manifestations conçues pour attirer spécifiquement les gens du quartier.

Emilie GERARD, conservatrice et directrice des réserves du MUCEM, nous rapporte les propos suivants : « nous n'avons pas vocation de travailler seulement avec le quartier, mais on a tout de même des micro événements tournés vers le quartier uniquement, comme par exemple la fête de la mémoire du quartier. Par contre, on a des événements ponctuels avec les associations du quartier autour de la collection, de la photo, de travail d'écriture et de lecture. On a un intermédiaire pour les activités publiques, qui sont plutôt des activités « public champ social ». Ce sont des interventions ponctuelles, à petite échelle et assez régulières. Mais ce n'est pas très lisible. Il faudrait peut être créer une bibliothèque de quartier mais ce n'est pas fait car la direction ne veut pas.  ... Je ne pense pas que les gens du quartier viennent ici. J'ai déjà rencontré une personne qui, en passant la porte, m'a dit « ah mais vous êtes ouverts au public ? ». Il y a donc une certaine surprise des gens que le lieu soit ouvert. De plus avant que l'on ait le panneau à l'entrée, à moins de passer devant chez nous pour aller à la Friche, nous étions invisibles.  ... Les gens du quartier ne savent même pas ce qu'il se passe ici. On attire le plus souvent les gens qui vont à la Friche. Nos réserves sont visitables, en plus de la petite salle d'expo. Nous avons entre 300 et 400 visites par mois tout de même. »101(*).

Finalement, même si les structures qui constituent le Pôle Patrimoine sont ouvert au public de façon ponctuel ou permanente, la population de la Belle-de-Mai ne s'y rend pas et ne semble même pas s'y intéresser ce qui rend difficile la mise en place de lien sociaux et sociétaux avec le quartier.

* 99 Entretien réalisé le 23 avril 2015

* 100 Propos recueillis le 24 avril 2015

* 101 Entretien réalisé le 07 mai 2015

précédent sommaire suivant