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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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3. Finalement, est-ce que ces projets ont vraiment profité au quartier ?

Comme nous l'avons vu, les projets de Friche, Pôle Média et Pôle Patrimoine s'intéressent très peu au développement économique du quartier. Ils tentent par contre, de plus en plus, d'intégrer la population défavorisée du quartier à leur site. Nous allons donc voir, à travers les discours des politiques et des acteurs, si ces idées et/ou projets ont profité au quartier. Nous comparerons ces discours avec les chiffres de l'INSEE sur le quartier. Nous verrons ainsi s'il s'agit plutôt d'un marketing urbain fort revendiquant l'ancrage territorial des entreprises pour attirer d'autres entreprises ou s'il s'agit simplement de la réalité.

a) Comment est perçu le rapport entre Pôle Belle-de-Mai et quartier par les politiques et les acteurs locaux ?

Bien que des projets ou des partenariats pour le quartier existent, on peut se demander si ceux-ci ont eu des effets positifs sur le quartier. Est-ce qu'un projet d'une telle envergure a profité à un quartier aussi défavorisé ? Certaines hypothèses apparaissent dans le discours des acteurs locaux et des politiques. Lisette NARDUCCI, maire des 2ème et 3ème arrondissements, tente par exemple de traiter la chose de façon optimiste. Selon elle, « c'est une dynamique et des lieux où se rencontrer.[...] Quand j'organise une concertation, maintenant, tout le monde est là ! Les gens, ici, ont envie d'apporter leur pierre à ce quartier »110(*). Mais le problème ne semble pas venir du fait que les acteurs s'intéressent ou non au devenir du quartier, il semblerait que se soit autre chose.Le Président du CIQ par exemple, exprime sont point de vue en donnant une idée alternative : « pourquoi ne pas englober toute la Belle-de-Mai dans Euroméditerranée et pas seulement la partie du Pôle-Média et de la Friche ? [...] Ce qui a sauvé la Belle-de-Mai c'est la Friche et le Pôle Média. Près de 1500 personnes viennent y travailler chaque jour »111(*). Finalement, selon lui, la réhabilitation a profité au quartier. Et le fait d'intégrer le quartier au projet Euroméditerranée pourrait permettre d'approfondir cette dynamique. Corinne BARBEREAU, restauratrice, pense quant à elle que la Friche a été un excellent outil de dynamisme positif sur le quartier. « Grâce à elle, il y a un renouvellement de la population à la Belle-de-Mai, qui autrefois déclinait. »112(*).

Mais d'autres sont beaucoup moins optimistes, c'est notamment le cas des acteurs du pôle. Yann LORTEAU par exemple, nous explique que des choses sont faites pour le quartier. Mais il ajoute que « tout est relatif. On fait des choses mais ça reste un impact insuffisant par rapport à la population ». Finalement, la population et le quartier ne semblent pas être touchés par cette réhabilitation, mais pourquoi ? Est-ce que finalement, le discours optimiste ne relève t-il pas simplement d'un marketing urbain pour attirer de nouvelles entreprises à venir s'installer sur le Pôle Belle-de-Mai ?

* 110La provence, 11 mai 2012, Friche et culture ont-elles vraiment changé la Belle-de-Mai, Marie-Eve BARBIER et Delphine TANGUY

* 111La Provence, dossier : la belle-de-mai veut croire en l'avenir, avril 2013

* 112Ibid

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