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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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c) Les casernes du Muy : un projet collaboratif et participatif

En dernier lieu de se chapitre, nous avons choisi de nous intéresser au devenir du quartier et plus particulièrement aux possibilités de développement qui s'offrent à lui. Outre le fait que le Pôle Belle-de-Mai doit développer des projets pour prendre en compte le quartier, de nouveaux projets mis en place par les collectivités montre bien une prise de consciente et un intérêt pour son renouveau. L'exemple des caserne du Muy est bien sûr le plus important, puisque sur ce territoire va naître le projet Pôle Média 2.

La concertation a été un des points forts de ce projet. On peut y voir une nouvelle forme de considération de la population. En effet, pour la première fois, la concertation avec les habitants s'est déroulée avant le projet, afin de connaître leurs attentes et leurs idées. La prise en compte de la jeunesse, l'activité économique, l'emploi, la culture sont des pistes de développement proposées par les habitants pour que « la greffe prenne ». Tous ont en tête le cas de la Friche, merveilleux outil culturel qui « n'a hélas pas réussi à attirer les gens du quartier »118(*).

Il faut comprendre l'importance de l'atelier « quartiers libres » à la Belle-de-Mai où des médiateurs ont été embauchés pour mettre en place des séances de réflexions avec les gens du quartier pour faire un projet selon leurs attentes. La Belle-de-Mai a l'avantage d'être un quartier central, de se trouver à proximité même de la gare Saint-Charles. Mais cela n'empêche pas à ce quartier d'être fortement enclavé119(*). La Friche, le Pôle Patrimoine et le Pôle Média étaient censés désenclaver ce quartier -tout du moins participer à son renouveau- mais aujourd'hui on constate que ça n'a en rien favorisé la diminution de la pauvreté et de l'insécurité dans le quartier. Aujourd'hui, la municipalité cherche d'autres solutions pour diminuer les clivages qui persistent sur le territoire. « Quartiers libres » constitue donc la consultation des citoyens pour le projet d'aménagement du quartier Saint-Charles-Belle-de-Mai qui représente 140 hectares. Cette concertation qui fait couler beaucoup d'encre dans la presse locale concerne également le devenir des casernes du Muy. Ces casernes représentent environ 7 hectares et elles aussi participent à l'enclavement du quartier par rapport au reste de Marseille. Cet enclos renfermé était occupé jusqu'en 2015 et appartient aujourd'hui à la ville de Marseille. Et depuis, la ville veut en faire un projet de développement pour le quartier.

« Il faut raccorder la Belle-de-Mai au centre ville, construire un pôle d'attractivité économique à l'échelle métropolitaine »120(*) insiste Laure-Agnès CARADEC, adjointe à l'urbanisme. Ce à quoi répond Robert ASSANTE, « on est collectivement responsable, ça fait cinquante ans qu'on loupe le 3ème arrondissement ». Les gens trouvent que leur quartier s'est appauvri, que l'habitat s'est dégradé et que la population reste repliée sur elle-même. » C'est le premier constat que rédigent les gens du quartier lors de la première réunion à la Friche la Belle-de-Mai. Un autre constat qui se présente très vite à l'appel c'est l'apport du Pôle de la Belle-de-Mai sur le quartier. L'un des habitants pense plus particulièrement qu'il faudrait « construire un pôle d'attractivité économique, mais, attention, la Friche et le Pôle Média déjà implantés fonctionnent en vastes clos et ne génèrent pas d'activité pour les habitants »121(*). Actuellement, en juin 2015, la concertation est entrée dans une seconde phase. On sait par contre qu'un projet de Pôle Média 2 verra le jour sur site.

On voit donc, à travers ce projet de concertation importante, que la ville a aujourd'hui enfin considéré le cas du quartier de la Belle-de-Mai. Par son initiative de concertation, elle rapproche les gens du quartier avec les entrepreneurs. Et par le projet Pôle Média 2, elle réutilise un système économique qui fonctionne déjà sur le même territoire pour de nouveau réhabiliter le quartier et développer l'offre de la ville. La question qui se pose aujourd'hui est est-ce que ce nouveau pôle va profiter au quartier ? Est-ce que, comme les autres îlots, il tournera le dos au quartier ? Mais surtout, est-ce que la ville va donner des directives pour que les entreprises intègrent le quartier dans le projet et ainsi les inciter à s'ancrer sur le territoire ?

Pour conclure sur cette partie, il faut tout d'abord rappeler que la proximité entre le lieu de travail et le territoire est essentielle dans l'encastrement des individus et de leur entreprise. Elle se créé de deux manières différentes : géographique et organisationnelle. La proximité organisée s'est avérée très faible sur le territoire de la Belle-de-Mai : les entreprises n'ont pas d'interactions avec les acteurs locaux et n'ont pas pour projet d'aider le territoire à se développer. Finalement, les entreprises qui sont au Pôle Belle-de-Mai constituent un monde à part, où créativité et création de richesses sont les seules finalités. Par contre, la proximité géographique est bien entendu assurée. Cette proximité, bien que le Pôle Belle-de-Mai reste un élément qui tourne le dos au quartier, a permis de donner au pôle une certaine territorialité. Malheureusement, cette proximité géographique qui, ajoutée à la proximité organisationnelle, doit former un système organisé où firmes et territoire se développent de manière concordante et réciproque, ne semble pas être avéré sur le territoire de la Belle-de-Mai.

* 118 La Provence, 17 novembre 2014, projet des casernes Belle-de-Mai

* 119 Enclavement qui est lui aussi dû à la proximité de la gare Saint-Charles puisque de longs murs longent le quartier le rendant sordide

* 120Gomet', 18 novembre 2014

* 121Gomet', 18 novembre 2014

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