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Le parti unique et la question de l'unité nationale au Togo de 1961 à  1990.

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par Balowa KOUMANTIGA
Université de Kara - Maîtrise ès Lettre Sciences Humaines 2013
  

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2.2- Bilan politique : la goutte d'eau qui déborda le vase

Sur le plan politique le bilan est froid. Le climat politique se caractérisa par des violences et une détérioration du tissu social. Les antagonismes des luttes pour l'indépendance ont eu des conséquences fâcheuses au point que cette période auxquels s'ajoutent les dérives du monopartisme (1969-1990), constituèrent le terreau des violences des années 1990.

2.2.1- Les violences, conséquences des antagonismes politiques

Les partis politiques de part les mobiles qui ont présidé à leurs créations étaient opposés. Leur composition laissa entrevoir de fait leur « assise régionaliste » (Tété-Adjalogo 2007 : 35) renforçant cette opposition régionaliste qui trouve ses origines dans l'histoire (Tété-Adjalogo 2007 : 42). Ce qui donna un caractère régionaliste à toute action politique.

Entre 1958 et 1963 les incendies de maisons, les brimades, les bastonnades, la destruction des biens : maisons palmerais, meubles, plantations, les chasses aux sorcières, ont rythmé la vie des populations (Toulabor 1986 : 20) Les arrestations et perquisitions étaient devenus monnaie courante. Toute personne soupçonnée d'entretenir des liens avec l'opposition, des fois sans preuves suffisantes, pouvait être arrêtée même au sein du camp nationaliste. Ce fut le cas de l'arrestation de Messan Aithson ancien secrétaire de la JUVENTO. L'arrestation massive de deux cents chefs traditionnels du PTP. Ce qui conduit plusieurs leaders politiques à l'exil. Cette situation fut dénoncée par plusieurs interpellations du gouvernement de Sylvanus Olympio.

Les violences dans leur ensemble ont été orchestrées par les « ablorés sodja39(*) ». Ce terme recouvre un amalgame de différents individus et comportements : Véritable police politique, les ablorés sodja étaient à l'origine chargés de la protection des leaders nationalistes. Mais après le 27 avril 1958, ils se chargent de la répression des adversaires politiques. Il y a aussi des individus zélés, des partisans du CUT qui, naguère, ont souffert de l'oppression et qui n'ont pas pardonné à leurs adversaires. Il y a enfin des individus peu scrupuleux, opportunistes guidés par des objectifs propres (Gayibor 2005 : 669). « Là où les ablorés sodja passent les personnes et leurs biens trépassent » (Danioue 1994 : 168). Ils ont semé le désarroi parmi les paisibles populations.

Leur mode opératoire consistait à s'attaquer aux hommes et à leurs biens. Ce qui nous amène à penser qu'ils étaient familiers aux milieux dans lesquels ils opéraient ou bien qu'ils bénéficiaient de la complicité des autochtones. De toutes les façons, ces violences ont porté un coup dur au multipartisme togolais. Par son silence et au mieux la timidité de sa réaction, l'autorité en place laissait entrevoir qu'il n'était pas innocent. Ces violences posent le problème de l'exercice du pouvoir que confèrent les victoires électorales.

* 39 Littéralement, ce terme voudrait dire soldats de l'indépendance.

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