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Approche socio-anthropologique des institutions d'intégration des personnes àĘgées¬†: le cas de l'êbeb chez les Odjukru (côte d?ivoire)

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par Fato Patrice KACOU
Université Félix Houphouet Boigny de Cocody-Abidjan - Thèse Unique de Doctorat en Sociologie 2013
  

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8.3.1- Violences psychologiques

Les violences psychologiques ont trait à tout acte tendant à porter atteinte à la dignité de la personne âgée et qui est susceptible de constituer une entrave à son équilibre psycho-affectif. Ainsi, dans les paragraphes qui suivent nous exposons les différentes tendances de violence psychologiques auxquelles les enquêtés ont été confrontés. Il s'agit des violences pour motif de sorcellerie et des restrictions de visite et rétention d'information.

· Violences pour motif de sorcellerie

Nous avons enregistré quatre témoignages directs de femmes âgées ayant en moyenne un âge de 76 ans et toutes accusées de sorcellerie mais traitées différemment.

Une veuve de 87 ans sans enfant, membre de la classe d'âge des Mbédié-kata, a passé quatre mois en prison au motif qu'elle est sorcière. Généralement, l'emprisonnement se fait en dehors de procès judiciaire. Les accusateurs usent de leur influence auprès de la gendarmerie pour les maintenir dans les geôles.

Une autre veuve de 78 ans, de la classe d'âge des Mbédié-bago est accusée de sorcellerie. Trois de ses six enfants sont décédés. Ainsi face à ses calomniateurs, compte-elle les contredire par sa longévité et sa décence de vie.

Une veuve de 75 ans, de la classe d'âge des Mbédié-kata, mère de six enfants est accusée par les enfants de son défunt frère (neveux), de sorcières. Quotidiennement, elle dit être injuriée par ces derniers. Pour les enfants, elle serait à l'origine de la mort de leur père. En effet, les règles du matriarcat confèrent aux enfants de la vieille dame le droit d'hériter des biens de l'oncle. Du coup, elle peut en jouir du fait des rapports qui la lient à son fils. La vieille dame aurait donc compromis leur avenir au profit de la réussite des siens.

En outre, une Mborman-kata de 67 ans, malade depuis 6 ans, divorcée et mère de deux enfants est la risée de sa famille et de ses enfants qui la traitent de sorcière. Elle aimerait vivre dans un hospice. Elle nous a reçus en cachette hors du domicile familial. Cette femme vit une situation particulièrement difficile du fait d'un double acharnement. D'abord les persécutions de ses propres enfants et celles de sa famille.

Nous constatons aussi dans les quatre cas que toutes les femmes accusées sont veuves. Avec un tel statut, elles n'ont en principe que deux potentiels soutiens. Le soutien des enfants et celui de la famille. Ce sont d'ailleurs ces soutiens qui entretiennent avec elles des rapports conflictuels. Après les violences pour cause de sorcellerie, nous avons les restrictions de visite et rétention d'information.

· Restrictions de visite et rétentions d'information

Les personnes âgées comme tous les hommes ont droit à une vie normale. Elles doivent être tenues informées de ce qui se passe dans le village ou dans la famille et être libre d'entrer en relation avec qui elles veulent. Ces droits à une vie normale, sous le prétexte des effets de l'âge leur ont parfois été refusés.

Comme témoignage, nous avons celui d'une femme âgée de 90 ans de la classe d'âge des Ndjurman-kata, veuve et mère de deux enfants. Elle est de surcroît la doyenne de son village. Elle ne se sent pas utile à la société parce que sa famille pense qu'elle n'est pas cohérente dans ses propos. Pourtant, durant l'administration du questionnaire, elle a répondu à toutes les questions avec lucidité. En d'autres termes, elle ne se reconnaît pas en état de démence sénile. Elle vit de fait un enfermement, une privation de liberté contre laquelle sous le couvert de la dépendance, elle ne peut lutter. Elle est contrainte de coopérer pour garantir son pain quotidien et les éventuels soins de santé.

Dans le même cas, nous avons une femme âgée de 72 ans, divorcée et membre de la classe d'âge des Mborman-odjogba qui dénonce l'attitude de rejet des personnes âgées pour cause d'insalubrité et de mauvaise hygiène. Selon elle, il y a des individus qui refusent l'usage commun de certains objets avec les personnes âgées prétextant qu'elles manquent de soin. C'est un comportement que les personnes âgées trouvent vexatoire car les vomissements et les défécations ne les ont pas détournées de leur rôle de procréation.

Les violences psychologiques faites aux aînés sociaux ont concerné les restrictions de visite et d'information et les accusations de sorcellerie. Cependant, elles peuvent prendre la forme d'atteinte à l'intégrité physique.

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