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Transition démocratique en Guinée: perceptions de la diaspora vivant au Bénin

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par Pierre Pévé BAVOGUI
Université d'Abomey Calavi - Diplôme d'Etudes Approfondies  2012
  

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4.2.1.1.De la neutralité de l'armée et du gouvernement de transition

A ce niveau, deux tendances s'affrontent avec une légère différence que le déroulement des élections. La première est celle des enquêtés qui attestent la neutralité de l'armée et du gouvernement durant le processus électoral. Ils représentent 60 % de la taille de l'échantillon et sont majoritairement des partisans du RPG, le parti gagnant de l'élection et issus du groupe socioculturel malinké. La position de ces enquêtés s'explique non seulement par leur appartenance au parti gagnant mais aussi par leur lien socioculturel avec le président de la transition qui dirigeait aussi l'armée en tant commandant en chef des forces armées et ministre de la défense nationale. La seconde tendance est celle des interviewés qui remettent en cause la neutralité de l'armée et du gouvernement (40 % des personnes interrogées). Pour eux, l'armée et le gouvernement ont été partial en soutenant le candidat du RPG au second tour de l'élection présidentielle. Ils estiment que si l'armée et le gouvernement étaient restés neutres, leur candidat aurait sans doute été victorieux au second tour. Cette tendance s'explique par l'appartenance de ses tenants au parti du candidat perdant. Cette affection partisane s'accompagne aussi du lien socioculturel existant entre ces enquêtés et le candidat perdant. Ces affections partisanes, ponctuées par une logique de lien socioculturel, ont engendré des violences électorales, violences sur lesquelles les enquêtés ont des opinions divergentes.

4.2.1.2.Des violences électorales

Tous les interviewés ont regretté ces violences même si leurs opinions sont divergentes quant à la responsabilité de ces violences. Les tendances majeures qui s'affrontent ici sont celle des interviewés qui accusent les leaders politiques et celle des interviewés qui trouvent que ces violences étaient normales. Pour les premiers (52 % de l'échantillon), ils accusent les leaders politiques d'avoir tenu des propos divisionnistes et haineux envers leurs

adversaires. Pour eux, si les peuls ont été agressés à Siguiri, Kankan et Kissidougou, cela est de la responsabilité du leader du RPG puisque ces villes étaient tenues par ses partisans et lui-même étant originaire de la Haute Guinée. De même, le leader de l'UFDG est tenu pour responsable quant aux empoisonnements des militants du RPG à Conakry et à l'agression des leurs vivants en Moyenne Guinée, sa région naturelle d'origine. Ce qui s'explique par une logique de « fils de terroir ». Autrement dit, les leaders politiques se sont opposés à la victoire de leur adversaire dans leur région naturelle d'origine et pour cela, il fallait faire la chasse aux partisans de l'adversaire vivants chez soi. Cette logique de « fils de terroir » avait donné un caractère communautariste au premier tour des élections présidentielles mais aussi au second tour parce que les candidats perdants s'étant alliés aux gagnants avaient mobilisé leurs partisans qui, pour la plupart entretiennent des liens socioculturels et par ricochet, des liens de terroir. La seconde tendance majeure (24 % de l'échantillon), est celle des interviewés qui pensent que ces violences étaient normales puisque dans tout mécanisme de concurrence, il y a toujours des manifestations violentes. Le sens donné au normal ici par ces enquêtés, renvoi à la vision durkheimienne du terme. Si pour Durkheim le normal se caractérise principalement par sa généralité et sa régularité, pour les enquêtés, les violences électorales sont normales parce qu'elles se produisent dans tous les pays à vocation démocratique. Pour eux, ces violences sont les « ingrédients » des élections démocratiques7 en Afrique. Voici les propos d'un enquêté :

Encadré 4: extrait d'entretien

`'Moi je pense que c'est normal parce qu'avec deux candidats d'ethnies majoritaires pour un seul poste, la violence était inévitable. Quand deux hommes sont opposés pour la même chose, il y aura la violence et c'est pareil dans tous les pays africains»

Source :Enquêtés de terrain 2011

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus