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Externalisation des politiques migratoires européennes au Niger: reconfigurations des lieux et des trajectoires des migrants


par Bachirou AYOUBA TINNI
Université Abdou Moumouni de Niamey - These de Doctorat  2021
  

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9.6.2 Blocage et intégration

Plusieurs facteurs limitent l'intégration à Agadez des réfugiés et demandeurs d'asile dont le principal est la langue. C'est un facteur de rejet et de blocage comme le souligne Alhassane : « Le problème principal à Agadez c'est la langue qui est la principale raison de blocage. On ne peut pas trouver du travail, car on ne parle seulement que l'arabe » (Alhassane, demandeur d'asile, Agadez, 24-07-2018). En effet, les Soudanais ne parlent ni les langues locales du Niger ni le français langue officielle du pays. De même la population d'Agadez parle peu l'arabe du Soudan ; seuls, quelques-uns ayant séjourné en Libye sont en mesure de comprendre ce dialecte. C'est donc une inaptitude à communiquer qui freine les interactions entre les Soudanais et la communauté hôte.

L'intégration des demandeurs d'asile et réfugiés à Agadez est aussi limitée par les difficultés de trouver du travail sur place. L'environnement économique offre moins de possibilités pour des travailleurs non qualifiés. L'écosystème de l'emploi offre peu de perspectives même dans l'emploi informel comme le souligne Ibrahim « Je serai prêt à travailler ici, mais je ne vois pas s'il y a du travail ici. Je peux rester au Niger si j'ai le statut de réfugié ». (Ibrahim, demandeur d'asile, Agadez, 19-07-2018). Même dans ce cas les conditions de travail sont difficiles et peu rémunérées. La majorité des Soudanais espèrent trouver à Agadez un travail permettant, à l'image de la Libye à une époque, de se prendre en charge et d'envoyer régulièrement des ressources à la famille restée dans les camps. Cela est accentué par l'absence d'opportunité économique qu'offre le Darfour.

D'autres acteurs réfugiés ne souhaitent pas s'intégrer à Agadez à cause des mauvaises conditions sécuritaires. Ils notent des descentes fréquentes de la police dans les ghettos. De là, ils sont mis en garde vue au commissariat avant de se voir proposer d'intégrer le programme de retour volontaire. Ce climat de suspicion et de méfiance réciproque entre police et migrant n'est pas de nature à favoriser l'intégration de cette population.

En outre, une partie de cette population n'envisage même pas une intégration à Agadez. Ils sont bloqués faute de moyens financiers pour continuer le voyage ou à cause de la répression de la migration de transit.

9.6.3 Travailler à Agadez

Malgré ce contexte de morosité économique à Agadez certains demandeurs d'asile se battent pour trouver du travail. Il s'agit principalement des femmes originaires de Kano. Auto-logées

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au quartier Pays-Bas ces femmes vivent de la mendicité, du balayage des rues et de la domesticité dans les maisons.

Notons également que les Subsahariens notamment Nigérians, Camerounais, Ivoiriens se distinguent pour les femmes par le travail dans les bars en qualité de serveuses. Les hommes sont moins enclins à chercher du travail bien qu'ils se plaignent de l'oisiveté. Les Soudanais hommes et femmes ne cherchent pas de travail et attendent l'appui des organisations humanitaires.

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