WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

évaluation du niveau de participation aux activités communautaires par les membres du comité de développement en ville de Butembo/RDC.


par Mwanamulere Osée Kabuyaya
Université Libre des Pays des Grands Lacs de Butembo/RDC - Master II en gestion des projets de santé 2014
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

CHAPITRE DEUXIEME : REVUE DE LA LITTERATURE

Ce chapitre porte sur les études antérieurs menées par d'autres chercheurs dans le cadre de participation aux activités communautaires .Les sections ci-dessous ont été développées dans ce chapitre : la participation de la population aux activités communautaires ; les méthodes et outils de sensibilisation et mobilisation, facteurs influençant la réalisation des projets communautaires, l'impact des activités communautaires sur la vie socio-économique et environnementale sans oublier les valeurs sociales, ainsi que les stratégies de pérennisation des activités communautaires.La mise en oeuvre d'un processus d'intervention communautaire suit une progression logique qui se traduit par un certain nombre d'étapes planifiées. La réalité n'est cependant pas linéaire. L'ordre ainsi que le nombre des étapes pourront varier selon certains facteurs, notamment la connaissance préalable du milieu, la nature même du projet, le degré de mobilisation des personnes au moment où le besoin est formulé, la stratégie d'action choisie et le modèle d'intervention privilégié. Celui-ci se fonde sur une séquence de travail où l'on peut toujours plus ou moins distinguer les grandes phases à analyser.

II.1 Implication de la communauté au processus des activités communautaires

La participation constitue l'un des fondements de la démarche communautaire. C'estl'élément moteur du diagnostic communautaire.La participation communautaire est essentiellement un processus par lequel les personnes, individuellement ou en groupe, exercent leur droit de jouer un rôle actif et direct dans le développement des services appropriés, en garantissant les conditions d'une amélioration durable de la vie et en soutenant l'octroi aux communautés du pouvoir dans le développement global(OMS,1989, p.14).

La participation communautaire est un processus indispensable dont toutes les populations devraient pouvoir jouir. Elle permet aux communautés:

- d'investir la main d'oeuvre, du temps, de l'argent et des matériaux dans des activités communautaires;

- de promouvoir l'équité par le partage de responsabilité, la solidarité, la fourniture des services à ceux qui en ont le plus besoin ;

- de promouvoir l'autosuffisance communautaire ;

Il existe plusieurs degrés (niveaux) de participation communautaire. On trouve entre autres :

- participation marginale : la population utilise juste les services offerts.

Participation active ou participation substantielle : les populations participent activement à la détermination de leurs propres priorités à travers leur représentation au sein des organes de participation communautaire.

II.1.1. diagnostic communautaire

Le diagnostic constitue l'étape initiale d'une approche communautaire. Il doit initier une dynamique locale. Le diagnostic est l'occasion d'initier des processus de participation et de collaboration. C'est un instrument d'analyse, de connaissance, mais aussi de changement (Dumas B, Séguier M, 1997, p.27). Le diagnostic communautaire constitue un outil par lequel on peut établir (ou rétablir) la communication et le dialogue entre les acteurs.

Associer les acteurs (habitants, professionnels et institutionnels) au processus de réflexion et d'action signifie en effet qu'il est possible de confronter des point de vue et opinions (parfois très divergents) au sein même de la communauté, du territoire d'étude. Dans une dynamique communautairese des systèmesde valeurs individuels oucollectifs souvent opposés. Dans un même milieu, ces valeurs peuvent différer fortement en fonction de l'âge, du sexe ou du niveau de vie des individus. La position sociale des acteurs entraînera, elle aussi, des différences notables. De même, les valeurs culturelles, très influencées par l'appartenance ethnique, religieuse et sociale de l'individu, peuvent entraver le dialogue, fut-il polémique, entre les acteurs. Le rôle de l'intervenant social, acteur lui même, est à cet égard particulièrement difficile, lui qui doit à la fois apprécier les antagonismes latents au sein de la communauté et, dans le même temps, faciliter la communication entre ses divers représentants. "Cette connaissance qui ne va pas de soi exige à la fois de la patience, de l'observation et aussi une certaine dose d'empathie et d'intuition." (Lamoureux et al, 1996, p.421). Autre élément qui demandera toute l'attention de l'intervenant : les représentations réciproques des acteurs.

Avant de s'engager dans un projet d'action communautaire, il est essentiel que le groupe prenne le temps de connaître et d'analyser la situation qu'il souhaite améliorer ou transformer. L'analyse de situation permet de déterminer les besoins à satisfaire et les tâches à mener pour conduire des activités communautaires intégrées. Elle suppose de recueillir des informations à tous les niveaux de sorte à pouvoir analyser et comprendre la situation. Il s'agit d'un outil utile pour fédérer les multiples parties prenantes que tels que : les ONG, et autres intervenants communautaires et les membres de la communauté (Haileyesus Getahun et Thomas Joseph, 2011 p.5).

Cette enquête ou cette recherche peut être faite à la demande de quelques personnes qui sont touchées par un problème que l'on soupçonne être collectif et qui pourrait donner lieu à une intervention communautaire. La demande peut aussi provenir d'un groupe existant qui a déjà une connaissance partielle du milieu, mais qui veut approfondir cette connaissance pour vérifier une hypothèse ou encore la faisabilité d'un projet. Enfin, il est possible qu'aucune demande particulière n'ait été formulée et qu'il s'agisse plutôt d'un établissement public ou d'un organisme communautaire qui désire procéder à une analyse du milieu afin d'orienter ou de réorienter ses priorités d'action (Henri LAMOUREUX et al, 2009, p.156)

L'analyse des besoins est une approche stratégique qui permet d'abord d'évaluer une situation problème dans tous ses aspects de manière à en trouver la solution la plus économique et qui est suffisamment apte à transformer le problème ou tout carrément l'éliminer. Les communautés ont des caractéristiques intrinsèques qui résultent des vus et vécus de leur histoire ; ces caractéristiques sont aussi importantes pour être prises en compte dès le début des projets de développement. « L'analyse des besoins permet la compréhension de la problématique en prenant en compte la vision, les représentations portées par les bénéficiaires. Elle aide à mieux cerner les configurations de la problématique locale, à identifier les forces ainsi que les faiblesses des communautés cibles, à connaître leurs priorités et à faire une bonne traduction des informations en des actions concrètes d'accompagnement, en d'autres termes leur véritable cahier de charges qui sera alors un compromis entre les différentes composantes sociales(OMS,2012)

Cette étape s'inscrit dans un processus de recherche d'action qui fait appel à la participation des personnes concernées, non seulement pour définir leur vécu, mais pour découvrir ce qui mériterait d'être amélioré. La recherche action est donc un outil qui favorise l'action ainsi qu'un moyen qui accroît le pouvoir d'agir. A ce titre, la recherche d'action n'a pas pour but d'établir non seulement des statistiques ou des mesures uniquement quantitatives, elle repose aussi sur des méthodes dites qualitatives, c'est-à-dire qui décrivent des situations et des milieux, ou qui rendent compte des conditions de vie d'un milieu, ou encore d'un problème vécu ( Henri LAMOUREUX et al, 2009, p.155).

L'évaluation de projets déjà réalisés pour résoudre un problème ou un besoin similaire constitue une démarche nécessaire. Inutile de réinventer la roue ! Il faut savoir profiter des réussites ou des erreurs des autres. Une revue de littérature et des entrevues avec des représentants de groupes communautaires ou d'organismes publics ayant déjà entrepris des actions touchant le problème ou le besoin auquel on est confronté sont une façon intelligente de partir du bon pied et de sauver du temps (GRIGORI, 2002, p.145).

La connaissance du milieu ne doit pas être considérée comme une sorte d'étude préalable ou comme une recherche venant de l'extérieur et en amont de l'action. Elle doit au contraire, être perçue par la population comme une étape dans un processus d'action. Il convient donc de bien expliquer dans quel contexte se situe le travail entrepris et comment il servira de base à un dialogue, puis à une aide permettant aux populations d'élaborer elles mêmes leurs programmes de développement. Dans cette perspective, il est essentiel, au démarrage du processus, de leur demander si elles sont bien d'accord pour s'engager dans un processus dont on aura bien décrit toutes les phases. L'adhésion des populations dépend de cette forme d'engagement. Celle-ci, à son tour, garantit que le travail de connaissance sera conduit en commun et qu'il aura vraiment les caractères d'une « recherche participative ». (GRIGORI, 2002, p.147).

Cet aspect de la démarche a une très grande importance car c'est lui qui permet aux outils de connaissance participative de se démarquer des études et des enquêtes de type « classique », celles-ci étant, en général, longue, « déconnectées » dans le temps de processus d'action et non retransmises aux populations. Ici, en effet, ce sont ceux qui « étudient » et qui apprennent qui sont aussi les facilitateurs ou médiateurs) des actions de développement. Il faut souligner, à cet égard, l'importance des restitutions de connaissances qui sont conduites avec les populations, en général quelques semaines après le début des travaux : celles-ci jouent un rôle crucial pour consolider l'aspect participatif du travail et pour en matérialiser l'appropriation par les intéressés. De telles approches sont particulièrement requises lorsque l'on s'adresse, comme c'est souvent le cas, à des populations qui expriment leur lassitude, après avoir, trop de fois, vu défiler des enquêteurs sans n'en avoir aucun « feed back ». Dans une telle perspective de travail, il apparaît indispensable d'utiliser des instruments de connaissance simples et permettant l'obtention des résultats dans des délais très courts. Le processus commence sur le terrain avec une séance introductive à laquelle toute la population de la communauté est invitée. Cette réunion ne peut éviter un caractère un peu solennel, puisqu'il s'agit du premier contact formel des facilitateurs et de la population. Il est essentiel dès le départ et surtout, de faire comprendre d'emblée aux villageois qu'il s'agit d'une démarche différente de celles auxquelles les a habitué l'administration. Il s'agit, à cet égard, de créer un climat de « partenariat ». (GRIGORI, 2002, p.162). L'équipe pluridisciplinaire, à son arrivée, doit se conformer à la disposition d'accueil préparée par la communauté quitte à la changer plus tard si elle ne convient pas au travail de groupe. Une fois placés, les membres de l'équipe doivent attendre que les autorités traditionnelles de la communauté aient jugé elles mêmes que le moment est venu de commencer. Il faut pour cela une certaine patience, car il est parfois nécessaire d'attendre l'arrivée d'un personnage symbolique, souvent un ancien sans fonction apparente ou un religieux et auquel le chef de cellule que revient le devoir d'ouvrir la séance, généralement en souhaitant la bienvenue selon la coutume locale.

Les membres de l'équipe commencent alors par se présenter en donnant leur nom, leur fonction dans l'équipe, leur origine. Cette simple démarche marque déjà une différence avec les relations de type administratif. Ce n'est qu'après ces préliminaires, qui prennent parfois un certains temps, que l'on peut expliquer ce que l'on vient faire, pourquoi et comment. Les membres de la communauté ont à ce stade, une première idée du projet, suite à la campagne d'information générale du début du projet. Il faut cependant reprendre toute l'explication car, lorsque le processus commence, le projet change de nature : il n'est plus une simple information, il devient soudainement un  « enjeu » pour la population. Tout ce qui est dit va désormais compter. On commence par les objectifs du projet, ce que les membres de la communauté entendent généralement comme une présentation des actions dont ils pourront bénéficier. Mais tout de suite, il faut marquer la différence en expliquant la méthodologie du projet. Que signifie la participation de la population ? Quelles décisions et quel type de contribution attend-on de leur part ? Quelle aide de l'équipe va-t-elle recevoir pour formuler son programme ? Quel est le rôle des facilitateurs ? Etc. Tout cet exposé doit être entrecoupé de questions posées aux participants pour s'assurer qu'ils vont être eux-mêmes les protagonistes principaux des actions du projet. Lorsque l'on a bien expliqué les modalités opératoires, on doit demander aux participants s'ils sont bien d'accord pour s'engager dans le processus proposé. Ce n'est là, au début d'un projet, qu'une question de principe car il n'y a pratiquement jamais de refus d'un nouveau projet (surtout quant on ne l'a pas encore expérimenté). La question doit cependant être posée pour que l'équipe des facilitateurs manifeste bien le respect qu'elle a de sa partenaire communauté. Par la suite, cette question n'a plus la même importance car les villageois ont en général, eu des échos de la façon dont le projet s'est déroulé dans les villages touchés avant le leur. Ces expériences antérieures peuvent donner lieu à des refus ou, tout au moins, à des demandes d'ajustement. Toutes ces questions générales doivent être clarifiées. On établit alors un calendrier de travail pour la durée des travaux mais on précise bien que celui-ci pourra être révisé au fur et à mesure, en fonction des problèmes rencontrés. Il est essentiel de prévoir des coupures pour permettre à la population de prendre du recul, de bien assimiler chaque phase du travail et de mûrir ses décisions successives. La fixation des horaires de travail est également très importante car il faut éviter des séances trop longues. On doit aussi tenir compte des travaux agricoles de la période, des jours de marchés, des contraintes sociales et religieuses, etc. Les séances de soirée sont souvent demandées quand les journées sont occupées par les travaux des champs du commerce. D'une façon générale cependant, on cherche au maximum à programmer les phases de programmation participatives pendant les mortes saisons. Mais ce n'est pas toujours possible. (GRIGORI, 2002, p.163).

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry