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Les politique d'aménagement urbain à  Tchibanga: quelle place pour les outils d'aménagement dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de première


par Roland-Régis Armel Moussavou
Ecole Normale Supérieure de Libreville - Master  2019
  

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INTRODUCTION GENERALE

1. Constat

La géographie se distingue des autres disciplines par l'importance qu'elle accorde à la dimension spatiale. Elle intègre les différentes composantes sociales en relation directe avec le territoire qu'elle occupe.

Lorsque l'on observe les mouvements des populations aujourd'hui, nous pouvons affirmer que l'homme n'a de cesse d'aspirer à l'amélioration de son bien-être et au développement de son espace de vie.

Le développement d'une ville passe incontestablement par une bonne maîtrise, une gestion saine et rationnelle de toutes les composantes de l'environnement urbain. Aussi, la question de la croissance urbaine en Afrique est une réalité et est souvent au coeur des débats politiques de notre époque1(*).

C'est ainsi que les villes africaines, surtout les villes capitales, sont le théâtre continuel de toutes sortes de constructions en dehors d'un cadre d'organisation d'ensemble. L'urbanisation et les évolutions qu'elle sous-tend posent des défis permanents aux décideurs politiques, et n'ont cessé de repousser les limites de l'action publique. En effet, les politiques urbaines en Afrique et particulièrement au Gabon sont confrontées à un problème central, à savoir, la distorsion entre une croissance démographique très élevées et une croissance très faibles des activités et des emplois2(*). Cette distorsion est à l'origine de plusieurs fléaux du milieu urbain africain qui suscitent beaucoup de réflexions, et dont quelques interrogations portent essentiellement sur l'urbanisation anarchique, les quartiers sous-intégrés, l'insalubrité, etc...

Ainsi, les problèmes de l'urbanisation en Afrique ont déjà fait l'objet d'étude de toutes sortes dans le cadre d'articles scientifiques, de mémoires, de thèses et autres ouvrages. Mais, de nombreux problèmes se posent toujours au niveau de la vie urbaine et au niveau de l'organisation des espaces nécessaires pour permettre son existence et son développement harmonieux. Et sans être exhaustif, il s'agit du droit d'installation, de la spéculation foncière, les zones d'habitats insalubres, les conditions insuffisantes de logements, etc.

Toutes ces réalités qui frappent l'Afrique au sud du Sahara en général, frappent le Gabon en particulier. En effet, encore peu urbanisé en 1960, le Gabon détient aujourd'hui un record que seule lui dispute la République du Congo, celui du pays le plus urbanisé du continent car en 1993, 73% de la population était considérée comme urbaine. Aujourd'hui, ce taux se rapproche de 80%3(*).

La croissance des villes gabonaises est essentiellement dues à des constructions illégales, édifiées pour la plupart sans titre foncier, ni aucun autre droit d'occuper le sol, et sans aucun contrôle urbanistique4(*).

L'occupation et l'extension de la ville de Tchibanga se sont faites de manière spontanée, anarchique voire incontrôlée. Cette évolution de l'urbanisation mal maitrisée engendre des problèmes auxquels les acteurs urbains ont du mal à apporter des solutions faces aux différentes tentatives des politiques urbaines dont l'objectif est la maîtrise de l'espace.

A travers cette étude intitulée: « Les politiques d'aménagement urbain à Tchibanga : quelle place pour les outils d'aménagement dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de première », il s'agit de montrer non seulement l'importance des politiques d'aménagement mais aussi le bien-fondé de l'utilisation des outils d'aménagement dans le processus de construction et d'aménagement d'une ville. Il convient de rappeler que les politiques d'aménagement se rapportent à des interventions conjointes qui ont pour but de structurer la dynamique d'un territoire. A cet effet, elle traite de l'organisation, du pilotage, et de l'évaluation des équilibres sociaux, spatiaux et économiques. Elle se rapproche souvent de la gestion d'actions urbaines, comme les opérations ou projets d'aménagement, qui constituent des moyens pour mettre en oeuvre les politiques5(*). Tant disque la gestion des outils sont considérés dans leurs spécificités propres aux domaines de l'urbanisme et de l'aménagement.

Les SDAU et les POS constituent les outils majeurs de la planification urbaine ; tous deux sont mis en oeuvre par les représentants du pouvoir central, tous deux sont élaborés conjointement par les services de l'Etat et les collectivités.

Eviter l'extension anarchique des agglomérations, lutter contre la spéculation et les spéculateurs, instaurer des règles contraignantes en matière d'équipement, de construction tels semblent être les objectifs assignés aux documents d'urbanisme tels que les SDAU et les POS. De ce fait, ils constituent des éléments indispensables à la compréhension de l'évolution urbaine et, à ce titre, appartient à la sphère des préoccupations des géographes. Situés à l'aval du processus de planification, ils sont aussi les documents prévisionnels dont doivent tenir compte les particularités, qu'ils soient à la tête d'une grande entreprise ou simples propriétaires d'un terrain à bâtir6(*).

Aussi est-il particulièrement important de connaitre les justifications données par le législateur à l'élaboration de tels documents et de s'interroger sur la responsabilité respective de l'Etat et des collectivités locales afin de poser clairement la question du pouvoir en matière d'aménagement urbain. La crise mondiale de l'urbanisme repose sur les fondements culturels. Car les outils de l'architecture ou de l'urbanisation, qu'ils relèvent de l'imaginaire ou de la réflexion scientifique et technique, renvoient à la problématique des modèles, car tout projet architectural ou urbanistique est modélisation du « vécu spatial »7(*).

C'est pourquoi, la présente étude émerge des observations que nous faisons du paysage urbain peu reluisant des villes gabonaises en générale mais surtout de celle de Tchibanga en particulier. Pour paraphraser F. Allogho-Nkoghe, nous dirons que ce sujet émane de notre vécu spatial des deux villes gabonaises que sont Libreville et Tchibanga.

2. Intérêt du sujet

Notre sujet d'étude intitulé «  Les politiques d'aménagement urbain à Tchibanga : quelle place pour les outils d'aménagement dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de première », revêt un intérêt aussi bien scientifique que pédagogique.

2.1. Intérêt scientifique

Ainsi, l'intérêt scientifiquede notre thème est celui de démontrer que l'anarchie observée dans l'occupation de la ville de Tchibanga est dû à l'absence des politiques d'aménagements urbains. En effet, une politique d'aménagement consiste à une meilleure maîtrise de l'urbanisation  en réalisant des plans d'aménagement à caractère régulateur et prospectif.

2.2. Intérêt pédagogique

Par ailleurs, l'aspect pédagogique de notre thématique vise à faire connaitre à l'apprenant que la ville dans laquelle il vit obéit à des normes urbanistiques et que ces dernières sont régis par une multitude d'outils qui permettent de rendre la vie en ville plus agréable.

En intégrant les outils d'aménagement dans une leçon de géographie cela permettra de se défaire d'une géographie longtemps abstraite pour une géographie active. C'est ainsi que l'élève pourra établir des liens de causes à effets de l'environnement urbain dans lequel il vit. Il sera capable d'appréhender les phénomènes sociaux afin d'examiner de façon critique son environnement, son cadre de vie et d'agir pour l'intérêt de tous.

Cette étude permettra d'améliorer le contenu et les méthodes d'apprentissage de la géographie élaborés par l'Institut Pédagogique National (IPN).

3. Problématique

En parcourant le curriculum en géographie, nous remarquons que le programme de la classe de première n'intègre pas l'étude des politiques d'aménagements ni celle des outils d'aménagement urbain. Et pourtant, il est indiqué d'après les concepteurs que « l'enseignement de la géographie du Gabon a été profondément remanié en fonction de la disponibilité réelle des travaux les plus récents et que la cette même géographie occupe une très large place et que l'objectif poursuivi est d'aborder les divers aspects du développement au Gabon. C'est ainsi que les aspects techniques seront abordés dans les détails et que l'enseignement restera proche des réalités gabonaises8(*) ». Sur la base de ce qui précède, il est plus nécessaire de recentrer et de proposer une nouvelle approche dans le processus d'apprentissage de la géographie dans le système éducatif gabonais pour ne prendre que le niveau de première. Il s'agit d'une géographie recentrée. La question territoriale et les aménagements étant des champs d'analyse de la géographie, elle devrait dès lors susciter la conscience citoyenne pour être en adéquation avec les nouvelles problématiques qu'impose la société actuelle. Il faut rompre avec les clichés selon lesquels la géographie sert à écrire et à expliquer tout ce qu'il y'a à la surface de la terre, à accumuler des connaissances sur tous les facteurs qui expliquent l'organisation de l'espace terrestre, sur tous les types d'aménagement comme le pense le commun des gabonais. En tant que futur enseignant, la présente étude est d'expliquer et de démontrer que la géographie actuelle réfléchit aux problèmes posés aux populations humaines par l'utilisation de leur espace urbain, aux conséquences de l'action des populations sur cet espace. Nous ne traiterons pas non plus tous les problèmes d'aménagement mais sélectionnerons celui qui parait le plus important par son implication sociale.

C'est pourquoi nous, nous posons la première question celle de savoir :quelle est la place que l'on peut accorder aux outils d'aménagement urbain dans une leçon de géographie en classe de première ?

Le terme « outil » est employé de façon générique pour désigner toutes les démarches qui concourent à la réalisation d'objectifs de développement spatial.

En tant que futur enseignant, la présente étude prend appui sur le contenu du programme établi par l'Institut Pédagogique National (IPN) dans l'étude de l'urbanisation. L'étude de l'urbanisation ne devrait pas seulement se limiter à l'augmentation croissante de ceux qui habitent en ville par rapport à l'ensemble de la population ; mais devrait se pencher aussi sur les transformations du milieu urbain, car la caractéristique majeure des villes en Afrique est la difficile maitrise de la croissance urbaine avec tous ces corollaires ; habitat précaire, quartiers spontanés. Les outils d'aménagement urbain dans une leçon de géographie sont primordiales car ils permettent de faire comprendre à l'apprenant qu'il est un acteur du monde réel, bientôt adulte responsable de son emprise sur le territoire. En tant qu'individu dans un groupe, il habite, se déplace donc produit du territoire finalement. En effet, Le développement durable répond aux besoins du présent en anticipant la capacité des générations futures à répondre aux leurs. C'est pourquoi les maux qui nous minent tels que l'occupation anarchique et l'urbanisation spontanée doivent nous amener à repenser la façon d'occuper nos territoires, d'envisager leur développement pour mieux y vivre. C'est ainsi que les Schémas Directeurs d'Aménagements Urbain (SDAU), les Plans d'Occupations des Sols (POS), les Plans Directeurs d'Urbanisme (PDU) et les Plans Locaux d'Urbanisme, outils d'aménagement urbain sont là pour déterminer les conditions qui permettent d'assurer ce développement harmonieux de nos villes en y assurant l'équilibre entre développement économique et développement socio-culturel, en répondant à l'absolue nécessité de protéger nos espaces urbains.

A cette question principale s'ajoute la question subsidiaire de savoir si nous pouvons adjoindre l'enseignement de quelques principaux outils d'aménagement urbain dans le contenu d'une leçon de géographie ?C'est dans ce sens qu'affirmait Xavier LEROUX : « Si la géographie scolaire ne reçoit pas la mission de développer une capacité à argumenter rationnellement, d'utiliser des concepts dans une réflexion sur la compréhension des problèmes humains de territoire, alors elle n'a pas sa place à l'école en formation générale9(*) ».

4. Hypothèses de recherche

La problématique ci-dessus, nous emmène à élaborer comme dans toute démarche scientifique des hypothèses de recherches. Ainsi, deux hypothèses sous-tendent notre étude. 

La première nous emmènerait à supposer que c'est l'absence des politiques d'aménagement de l'espace urbain à Tchibanga qui est à l'origine de l'occupation anarchique de la ville.

La seconde quant à elle résideraitdans l'idée que nous pouvons ajouter les outils d'aménagement dans le contenu d'une leçon de géographie pendant l'étude de l'urbanisation.

5. Travaux antérieurs

L'urgence de régler les problèmes d'occupation des sols en milieu urbain a hissé l'aménagement des villes africaines au rang des préoccupations majeures du monde contemporain. Pour preuve, plusieurs études récentes consacrées aux problèmes de bien-être dans les villes africaines ont enrichi les réflexions.

La nécessité de mieux gérer l'installation des populations en milieu urbain meuble les discours des dirigeants, des travaux universitaires et publications de tout genre. C'est donc à juste titre que les chercheurs ont manifesté un grand intérêt à la question.

En effet, en 1993,Tribillon dans Nouveau manuel d'aménagement foncier a eu à faire l'observation selon laquelle deux mutations profondes traversent le continent Africain, qu'il s'agisse de son urbanisation accélérée que du processus de démocratisation et de décentralisation en matière de gestion des affaires locales. Il nous propose de dépasser l'urbanisme pionnier d'origine fondé sur deux principes classiques selon lesquels « l'aménagement foncier précède le peuplement et l'organise » et « l'aménageur public a le monopole de la production et de la distribution du sol à bâtir ». Nous épousons son point de vue car, nous pensons que l'urbanisation doit précéder l'installation des populations car la terre appartient à l'Etat qui en assure la distribution.

Mais F. Allogho-Nkoghe en 2013 dans quartiers informels et politiques de la ville : Les logiques d'aménagement à Libreville (Gabon) pense que « les modèles urbains africains découlent du système colonial. Les villes des pays anglophones sont des tentatives de reproduction du modèle anglais, tout comme les villes des pays francophones s'inspirent du modèle français ». Nous observons s'agissant du dernier exemple que dans le modèle francophone, la ville est marquée par un centre où se concentre l'essentiel des équipements et des infrastructures, au détriment d'une périphérie où tout service ou tout équipement font défaut. Il ajoute en citant G. Massiah et J.-F Tribillon qu'ils désignent en 1988 par « charte de l'urbanisme et de la politique urbaine coloniale »

Par ailleurs, dans un document de travail, publié en 1995, ``Quel cadastre pour quoi faire ?: Le cas du Gabon'', Comby aborde le problème en nous faisant remarquer que ni les mairies, ni l'administration de l'urbanisme ne semblent disposer de plans sur lesquels seraient portées les réservations foncières à opérer pour la réalisation des équipements publics futurs et en premier lieu pour le tracé des voiries. La législation prévoit certes la réalisation de schémas directeurs et de plans d'occupations de sols (POS), mais il semble n'en exister aucun pour l'instant. D'où l'occupation anarchique de l'espace par les populations. Allogho-Nkoghe corrobore ses propos quand il écrit en 2006 dans Politique de la ville et logiques d'acteurs. A la recherche d'alternatives d'aménagement pour les quartiers informels de Libreville (Gabon), cette absence de maitrise par le foncier ou par l'urbanisme est naturellement responsable de l'anarchie qui règne dans les quartiers d'extension (...) les édifices sont implantés sans aucun contrôle, aucun ordre, sans laisser d'emprises pour les voiries futures ou les autres infrastructures.

C'est ainsi que soucieux des problèmes qui minent les villes Gabonaises, le Ministère de la Planification, de la Programmation, du Développement et de l'Aménagement du Territoire (MPPDAT) a rédigé la stratégie de développement urbain (2001), par le biais du Projet d'Ajustement et de Planification des Secteurs Urbains et des Transports (PAPSUT) en plusieurs volumes.

Dans ce document le Gabon repense la politique urbaine eut égard aux problèmes de développement urbain auquel il est confronté. C'est pourquoi nous pensons que le nouveau cadre global de politique veut rompre avec le passé par le désengagement progressif de l'État du secteur productif et l'introduction du libéralisme qui veut se traduire dans le secteur urbain par la mise en oeuvre d'une politique de décentralisation en vue d'insuffler une dynamique nouvelle dans la gestion et la résolution des problèmes des villes.

Aussi, savons-nous que le développement urbain ne peut être durable que s'il s'appuie sur une gestion de proximité, corollaire à la décentralisation qui offre des opportunités auxquelles peuvent accéder de nombreux acteurs.

Toutefois, l'Etat se doit d'avoir un regard dans l'application d'une décentralisation dans le secteur urbain par un suivi, un contrôle et une évaluation. Disposer les moyens conséquents à nos collectivités locales pour la mise en oeuvre d'une décentralisation plus efficace et efficiente.

En vue de confirmer ou d'infirmer les hypothèses sues mentionnées, la méthodologie suivante a été adoptée.

6. Méthodologie

La recherche scientifique obéit à une méthodologie bien précise qui sert de canevas en vue de parvenir à des résultats avérés. De ce fait, nous pouvons admettre que la méthodologie scientifique « précise les exigences théoriques et opératoires de l'observation et confère aux résultats un fondement légitime », c'est donc un ensemble de procédés et des étapes utilisés pour aboutir à des réalisations effectives et soutenus. Pour mener à bien ce travail, la démarche méthodologique utilisée est constituée de deux aspects majeurs que sont: la recherche documentaire, et les travaux de terrains en fonction des objectifs.

6.1. Recherche documentaire

Dans le but de bien cerner les contours du thème, certains centres de documentation susceptibles de nous fournir des informations relatives au sujet ont été visités. Cette phase a consisté au cours du travail à recenser et parcourir les ouvrages en rapport avec notre thème.

La recherche constituée par l'ensemble des textes et ouvrages nous ont servi pour appuyer notre argumentation. Il s'agit notamment des ouvrages spécialisés, généraux, des travaux universitaires (mémoires, thèses) et des revues. Elle a été faite dans les différents centres de documentation à savoir la bibliothèque de l'Université Omar Bongo (UOB), la bibliothèque de l'Ecole Normale Supérieure (ENS), au département du département histoire et géographie de l'école normale supérieure (ENS).

Nous, nous sommes aussi rendus dans les administrations publiques à l'instar du centre de documentation de la Direction Générale de l'Aménagement du Territoire et celui du Ministère de la planification. Nous, nous sommes également rendu à la Direction Provinciale de l'Habitat, de l'Urbanisme et du Cadre de vie de la Nyanga, au Service de la législation et du contentieux de Tchibanga, au Service de l'Urbanisme et des Aménagements Fonciers de Tchibanga et à la Commission Nationaledes Travaux d'Intérêt Public pour la Promotion de l'Entrepreneuriat et de l'Emploi(CN TIPPEE).

L'objectif visé par cette phase était de connaître l'existant afin de mieux cerner les contours du sujet. Tout en poursuivant la recherche documentaire, les données ont été aussi collectées sur le terrain.

6.2. Outils de collecte des données

Les outils utilisés pour conduire notre étude sont :

- Guides d'entretiens, ils ont permis de recueillir les informations auprès des acteurs de la Direction Provinciale de l'Habitat, de l'Urbanisme et du cadre de vie de la Nyanga, des experts de développement local du projet PDIL2 de la CN TIPPEE, au premier adjoint au maire de la commune de Tchibanga ;

- Questionnaire administré aux populations ;

- Appareil photographique.

6.3. Ensemble de personnes concernées

Il s'agit des responsables administratifs du secteur de l'urbanisme, des chefs de quartier, des enseignants d'histoire et de géographie des lycées et des populations de la ville de Tchibanga.

Tableau 1. Le tableau ci-contre présente notre échantillon.

Statut des personnes enquêtées

Nombre

Service concernés

Premier adjoint au maire

01

Mairie centrale

Directeur

01

Direction provinciale du cadastre

Chef de service

01

Direction de l'urbanisme

Expert en développement local

01

Développement local CN TIPPEE

Géomètre

02

Direction provinciale du cadastre

Enseignants

07

- Lycée général Nazaire Boulingui ;

- Lycée Etienne KoumbaNziengui ; 

- Lycée la Réussite ;

- Lycée Horizon.

populations

205

L'ensemble des quartiers

Total

318

 

Source ; Roland Régis A. Moussavou à partir d'enquêtes personnelles.

Après avoir effectué des entretiens avec les acteurs de l'administration qui interviennent dans l'occupation de l'espace, nous avons procédé de la même manière avec les acteurs locaux.

6.4. Traitement des données

Les données collectées ont fait l'objet d'un traitement minutieux. Ainsi, les informations recueillies ont été classées non seulement, selon les centres d'intérêts mais aussi appréciées selon les hypothèses.

Il s'est déroulé sur la base des informations obtenues lors de la recherche documentaire, des entretiens, et des enquêtes. Le dépouillement des données a été manuel. Les données qualitatives recueillies ont été traitées puis réparties en fonction de leur caractère et de la spécificité des intérêts tant scientifique que pédagogique.

7. Limites et structure de l'étude

Dans cette dernière partie de notre introduction générale nous ferons état des difficultés rencontrées et donnerons les principales articulations de notre document.

7.1. Limites de l'étude

Tout travail scientifique n'est pas une sinécure, c'est ainsi qu'au cours de la réalisation de cette étude, des obstacles majeurs ont entaché la réalisation de celui-ci. Il s'agit d'abord dans la collecte des informations se rattachant à notre thème. Il n'existe quasiment pas des documents qui abordent notre sujet dans la ville de Tchibanga, car la majeure partie des documents en rapport avec notre thématique ne se penchent que sur Libreville. Ensuite pour des besoins d'étude, nous avons effectué un voyage sur Tchibanga. Enfin, nous avons eu des problèmes de santé qui nous ont beaucoup freinés dans la rédaction du document.

7.2. Structure de l'étude

Notre étude s'articule autour de deux principales parties :

La première traite de l'approche notionnelle, du cadre institutionnel et du processus d'élaboration des outils d'aménagement urbain est divisé en (3) trois chapitres qui se présentent comme suit :

Chapitre I : Approche notionnelle des concepts politique urbain et aménagement urbain ;

Chapitre II : principaux cadres institutionnel, juridique et les outils d'aménagement urbain au Gabon

Chapitre III : processus d'élaboration des deux principaux outils d'aménagement urbain : le SDAU et le POS

La deuxième partie de notre travail quant à elle est entièrement consacrée au cadre physique de notre étude et abrite trois chapitres que sont :

Chapitre IV : Déterminants physiques et humains de l'aménagement de la ville de Tchibanga

Chapitre V : États des lieux des politiques urbaines et le paysage urbain de Tchibanga

Chapitre VI : Analyse de la leçon portant sur l'urbanisation dans le monde et proposition d'introduction des outils d'aménagement urbain dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de 1ere.

PREMIERE PARTIE

APPROCHE NOTIONNELLE, CADRE INSTITUTIONNEL ET PROCESSUS D'ÉLABORATION DES OUTILS D'AMENAGÉMENT URBAIN

Cette partie divisée en trois chapitres.

Le premier chapitre fait état d'abord d'une approche des notions politique d'aménagement et aménagement urbain.

Ensuite, le deuxième chapitre quant à lui présente les principaux cadre institutionnel, juridique et fait état des différents outils retenus par le législateur et utilisé au Gabon.

Enfin, le troisième chapitre de cette partie présente et détaille le processus d'élaboration des deux principaux outils utilisé au Gabon puis s'en suit une analyse critique de la méthodologie utilisée par les experts locaux ou étrangers.

CHAPITRE I. dÉfinition des concepts clÉs de l'Étude

Ce premier chapitre traite de l'approche notionnelle qui gravite autour de deux notions clés que sont la politique d'aménagement et l'aménagement urbain. Les définitions de ces deux expressions variant d'un auteur à un autre ne se laissent pas facilement saisir.

1. Qu'est-ce que l'aménagement ?

Si on consulte un dictionnaire, nous apprenons que l'aménagement, c'est l'action de disposer avec ordre. Cette définition peut paraître sommaire. Ce que nous retenons c'est que l'aménagement est un acte volontaire qui a pour objet d'introduire l'ordre, ou au moins un ordre jugé préférable à l'autre. Ce nous pensons, c'est ce que cet ordre cet établit dans l'espace. On devrait même dire dans un espace, car l'aménagement peut s'étendre à des échelles très variables, celle d'un pays (aménagement du territoire) jusqu'à la très petite unité spatiale que sont la ville, la commune ou même le quartier.

Ici, l'ordre recherché dépend de ce qui a été disposé auparavant et il marquera l'espace pour l'avenir. L'aménagement peut répondre à une acception plus englobant. Il s'agit alors d'un ensemble de modifications foncières et/ou de constructions qui visent à adapter un morceau du territoire local à une nouvelle fonction. On peut citer dans ce cas une ville, une commune, ou un quartier pour ne citer que ces exemples. Dans tous les cas, l'aménagement opère une mutation dans l'utilisation du sol, et en même temps une transformation des modes de production et d'occupation de l'espace.

F. Choay et P. Merlin dans le dictionnaire de l'aménagement et de l'urbanisme, définissent l'aménagement comme un ensemble d'actions concertées visant à disposer avec ordre les habitants, les activités, les constructions, les équipements et les moyens de communications sur l'étendue du territoire.

Ainsi, pouvons-nous dire que l'aménagement est donc indissociable de la géographie. On peut compléter la définition en disant que l'aménagement est l'art de disposer des hommes sur leur milieu de vie. L'aménagement est par essence global. Tel est le cas lorsqu'on évoque l'aménagement du territoire ou l'aménagement d'une ville.

Mais pouvons-nous attribuer à l'aménagement le statut scientifique ?

La question du statut épistémologique de cette notion peut être cependant évitée. En fait, nous pensons que l'aménagement n'est ni une science, ni une technique, ni art est une praxis, une action volontaire. Il est pratique c'est-à-dire exercice d'application, d'exécution, manière de faire, car il repose sur l'expérience que sur la connaissance10(*).

1.1. Nature de l'aménagement

C'est une action concentrée et volontaire d'organisation du territoire. C'est ainsi que nous pouvons distinguer plusieurs types d'aménagement selon l'espace11(*). Approcher l'aménagement en termes de définitions caractérise l'instabilité de celle-ci en ce sens qu'elle s'énonce différemment selon l'époque, l'espace et les intérêts souvent contradictoires qu'elle recouvre. Pisani propose une approche et une définition de l'aménagement : l'aménagement se fonde sur l'étude de notre espace et de notre peuple ainsi que de leurs évolutions. Il poursuit en disant que l'harmonie et l'épanouissement des personnes et de la collectivité sont les points à partir desquels doivent s'élaborer les politiquescar aménager, c'est faire naître et entretenir sur notre territoire la prospérité dans l'harmonie12(*). Cependant, l'aménagement étant un système polymorphe, ses définitions varient selon les intérêts de ceux qui les énoncent.

H.Gumuchian, renchérie en disant que l'aménagement prend des sens différents selon le pays dans lequel il s'élabore. Il recouvre des modalités d'intervention multiples et très éloignées des unes des autres. Son approche, en prenant de la distance par rapport à l'objet, permet en réalité d'approcher la réalité plurielle de l'objet. Il conclut en disant qu'aménager le territoire consiste à prendre des décisions réfléchies sur la manière dont une population donnée doit utiliser (ou au contraire ne pas utiliser) une partie de l'espace terrestre. De ce point de vue nous pouvons dire que l'aménagement dans ce cas, est avant tout une décision réfléchie (qui s'oppose en cela à une décision légère voire insouciante) dont l'ordre d'apparition peut être compris par tous et dont les interventions sur l'espace prennent en compte le présent.

2. Politiques d'aménagement urbain

F. Choay et P. Merlin dans le dictionnaire de l'aménagement et de l'urbanisme pensent qu'une politique d'aménagement urbain consiste en l'organisation d'un développement structurel d'une ville donnée. Elle fixe la destination générale des équipements, le tracé des grandes infrastructures, la localisation des services le tout dans un document stratégique.

D.Brand et M. Duroussetquant à eux renchérissent en disant que « les politiques d'aménagement urbain tendent à une meilleure maîtrise de l'urbanisation ; d'où la mise en plan d'aménagement à caractère régulateur et prospectif : le P.O.S., Plan d'Occupation des Sols distingue plusieurs zones : zone urbaine, zone industrielle, zone inconstructible car zone agricole protégé.

Le S.D.A.U., Schéma Directeur d'Aménagement et d'Urbanisme est un plan d'urbanisme qui fixe les orientations de l'urbanisation future. Conçu pour les grandes agglomérations, il est révisé périodiquement et sert de référence pour la mise au point des P.O.S. Dans le S.D.A.U. sont délimitées les Z.A.C. (zone d'Aménagement Concertée), les Z.A.D (Zone d'Aménagement Différé) et les Z.U.P. Zone à Urbaniser par Priorité13(*))».

2.1. Projet urbain

Les notions traditionnelles de plan et de planification sont progressivement remplacées par celles de développement urbain durable et de projet urbain. Le projet urbain présente plusieurs dimensions, et peut être défini comme suit : « Le projet urbain est à la fois un processus concerté et un projet territorial : il consiste à définir et mettre en oeuvre des mesures d'aménagement sur un territoire urbain donné, en partenariat avec tous les partenaires civils et institutionnels concernés, intégrant les différentes échelles territoriales et le long terme, en vue d'un développement urbain durable.

3. Politiques urbaines au Gabon

Au Gabon, près de 80% de la population est urbaine14(*). Mais en dehors de Libreville, les autres villes du Gabon sont relativement plus petites. Les politiques menées par l'Etat peuvent être classées en deux types :

- celles qui concernent les territoires urbains dans leur ensemble ;

- celles qui s'adressent de manière plus spécifique aux quartiers en difficultés, connues sous l'appellation de « politique de la ville ».

Les macros schémas d'organisation spatiale des villes sont élaborés sur la base d'une démarche de planification stratégique qui associe une vision à long terme et une succession de projet et d'action, dans différents domaines, dans le but de définir pour chaque ville, une trajectoire de développement urbain visant à l'amélioration des conditions de vie des populations.

Au-delà de toute cette littérature, nous constatons que les autorités ne proposent pas les actes concrets observables. Les projets de l'Etat dans ce domaine ne sont que des perceptives, des visions qui s'étalent en terme d'horizon.

La majeure partie des diagnostics et des évaluations ne se sont portés que sur la ville de Libreville, les autres villes qui ont le qualificatif de petite ville à l'instar de Tchibanga n'a pas attirer l'attention des différents gouvernements qui se sont succédés.

* 1R, Ledrut, (1968):L'espace social de la ville ; problème de sociologie appliquée à l'aménagement urbain. Atropos, Paris, PP338-354.

* 2Wacheter et al.,(2002) : L'aménagement durable ; défis et politiques. Edition de l'aube/DATAR, Paris, 195 pages.

* 3Atlas de l'Afrique (Gabon), (2004) : Les éditions J.A, Paris, p 28.

* 4F. Allogho-Nkoghe, (2006): Politique de la ville et logiques d'acteurs. A la recherche d'alternatives d'aménagement pour les quartiers informels de Libreville (Gabon), Thèse de doctorat,P 41.

* 5S. Guelton,(2014) ; Gérer l'aménagement urbain, Presses universitaires de Rennes, P 7.

* 6 J.F D (1981), villes en parallèle, P 95.

* 7 F. Allogho-Nkoghe, (2013) : QUARTIER INFORMELS ET POLITIQUES DE LA VILLE : Les logiques d'aménagement à Libreville (Gabon), P 9.

* 8 Curricula d'histoire et de géographie des lycées et collèges, enseignement général, édition 2010-2011.

* 9X. Leroux, (2016) :Évolution et finalité d'une discipline: la géographie scolaire, La Revue du Projet n° 54, P 7.

* 10 M. Pierre (991) : géographie et aménagement. In Travaux de l'Institut Géographique de Reims, n°79-80, 20 ans de TIGRE, 20 ans de géographie, P 25.

* 11 D. Brand et M. Durousset (1995) : Dictionnaire thématique Histoire Géographie, 4e édition, Sirey, pp 231.

* 12 E. Pisani, (1956) : l'aménagement du territoire, problèmes politiques et administratifs, Revue française de science politique vol VI, n°2, P262.

* 13 D. Brand et M. Durousset (1995) : Dictionnaire thématique Histoire Géographie, 4e édition, Sirey, pp 231-232.

* 14 F. OndambaOmbanda (2004) : in Atlas de l'Afrique (Gabon), (2004), les éditions J.A, Paris, P 28.

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