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Les politique d'aménagement urbain à Tchibanga: quelle place pour les outils d'aménagement dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de premièrepar Roland-Régis Armel Moussavou Ecole Normale Supérieure de Libreville - Master 2019 |
Conclusion de la première partieCette première partie que nous venons de clore nous a permis de comprendre d'abord les concepts clés de notre étude. C'est à cet effet, que nous avons défini l'aménagement que même si les définitions varient d'un auteur à un autre mais tous s'accordent sur le fait que c'est un ensemble d'actions concertées visant à disposer avec ordre les habitants. C'est dans cet optique que l'aménagement est un ensemble de modifications foncières et/ou de constructions qui visent à adapter un morceau de territoire local à une nouvelle fonction. Par ailleurs, s'agissant des politiques urbaines au Gabon, la majeure partie des diagnostics ne se sont portés que sur la ville de Libreville. Les autres villes qui ont un qualificatif de petite ville à l'instar de Tchibanga n'a pas attiré l'attention des différents gouvernements qui se sont succédé. Ensuite, tout au long de cette partie, nous avons fait un historique et avons également donné les missions de la Direction Générale de l'Urbanisme et des Aménagements Fonciers (DGUAF). Ainsi, nous avons pu montrer que cette administration est chargée d'assurer l'exécution des politiques de Ministère de l'urbanisme en matière d'aménagement. Mais face aux insuffisances de cette administrations en matière d'urbanisme, l'Etat a créé par le décret n°0702/PR/MPITPTHAT du 17 juillet 2013 l'Agence Nationale de l'Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (l'ANUTTC). Par ailleurs, lors de son fonctionnement nous avons pu établir un chevauchement des compétences entre la DGUAF et l'ANUTTC. C'est ainsi que nous avons également présenté les principaux outils d'aménagement urbain retenu par le législateur gabonais que sont le Schéma Directeur d'Aménagement Urbain (SDAU) et le Plan d'occupation des Sols (POS). Enfin, nous avons fustigé le processus d'élaboration de ces deux outils car les experts commis pour la réalisation de ces documents n'associent par les populations qui sont directement concerné à l'élaboration. DEUXIEME PARTIE CADRE PHYSIQUE DE L'ÉTUDE, ÉTATS DES LIEUX DES POLITIQUES URBAINES ET PROPOSITION D'INTRODUCTION DES OUTILS D'AMÉNAGEMENT URBAIN AU LYCEE Cette deuxième partie est subdivisée comme la précédente en trois (3) chapitres. Il s'agira pour nous dans ce premier chapitre de faire une présentation de la ville de Tchibanga. Dans cette présentation deux aspects sont retenus à savoir le milieu physique et le cadre humain. Tout au long du deuxième chapitre nous ferons un état des lieux des politiques d'aménagement initié à Tchibanga. C'est ainsi que nous irons à la rencontre du Directeur provincial du cadastre et de l'urbanisme, du premier maire adjoint et des populations. Avant de clore ce chapitre, nous présenterons le paysage urbain et l'apport de la Banque Mondiale à travers le Plan de Développement des Infrastructures Locales (PDIL) pour doter la ville des outils d'aménagement. Dans le troisième chapitre de cette partie nous ferons l'analyse d'une partie du curriculum en vue d'introduire les outils d'aménagement urbain dans le contenu d'une leçon de géographie en classe de 1ere. Mais avant de le faire, nous allons nous rapprocher des enseignants d'histoire et géographie de la ville de Tchibanga afin d'avoir leur avis sur la réalisation de ce projet. A la fin de ce chapitre, nous ferons une proposition non pas de leçon mais du contenu de la leçon ayant pour titre l'urbanisation au Gabon et ses conséquences. CHAPITRE IV : DÉTERMINANTS PHYSIQUES ET HUMAINS DE L'AMÉNAGEMENT DE LA VILLE DE TCHIBANGA L'étude des déterminants de l'aménagement de la ville permet non seulement de décrire les aspects du site, de la population, mais aussi d'expliquer son influence sur l'organisation et les formes d'occupations et d'aménagement de l'espace. Dans ce chapitre nous ferons une localisation géographique et une présenterons la province de la Nyanga, la commune de Tchibanga. Le déterminant humain sera aussi aborder. 1. Localisation géographique et présentation de la province de la Nyanga 1.1. Localisation géographique La province de la Nyanga est située au Sud du Gabon. Elle est limitée au Nord par la province de la Ngounié, au Nord-Ouest par l'Ogooué-Maritime, à l'Ouest par l'Océan Atlantique et au Sud-Est par la République du Congo. La capitale provinciale est Tchibanga. 1.2. Présentation de la province de la Nyanga Avec une superficie de 21 285 km2, la province de la Nyanga occupe 7,95% du territoire national. Elle est en termes de superficie, la 7ème province du Gabon. Cette province tire sa dénomination du fleuve Nyanga. Ladite province est subdivisée en six (6) départements que sont Mougoutsi, Basse-Banio, Douigny, Doutsila, Haute-Banio et Mongo. La ville de Tchibanga est la capitale de la province et se localise dans le département de Mougoutsi En effet, Tchibanga est un toponyme qui tire son nom d'une colline située à proximité de la ville que les autochtones punu ont appelé « Yibang ». Carte 1. Localisation et présentation administrative de la province
1.1.5. 1.3. Présentation de la commune de TchibangaLe Chef-lieu du Département de MOUGOUTSI est la ville de TCHIBANGA. En effet, la commune de Tchibanga est limitée au Nord par le village de Muganzi, au Sud par Manfila, à l'Est par Migoma et à l'Ouest par le village de Dilangui. Ladite ville qui est le chef-lieu de la Province est située sur deux (2) rives du majestueux fleuve qui porte son nom : la Nyanga. La ville tire son nom du mot Tchibangue qui signifie en langue Pounou le plateau. La commune compte 2 arrondissements subdivisés en 10 quartiers : § 1er arrondissement: Tableau 2 : Liste des noms de quartiers dans le 1er arrondissement et leurs significations
Source : Roland Régis A. Moussavou à partird'enquêtes personnelles. § 2er arrondissement: Tableau 3 : Liste des noms de quartiers dans le 2er arrondissement et leurs significations
Source : Roland Régis A. Moussavou à partird'enquêtespersonnelles.
Source : Golf Expertise & SEM3E, 2016 2. Déterminants physiques Les déterminants physiques sont présentés suivant une démarche analytique. Celle-ci permet d'élaborer un tableau de bord environnemental du milieu d'étude. La ville est un vaste plateau qui s'étend du Nord-Ouest au Sud-est sur une largeur moyenne de 30 kilomètres pour finalement s'élargir sur 100 kilomètres à la frontière du Congo. Ce plateau vallonné est recouvert d'une savane arbustive ; des zones escarpées, qui s'étend sur environ 50 kilomètres de large et 150 kilomètres de long. Cette chaîne est relativement boisée. La pluviométrie est la plus faible du pays, avec une moyenne mensuelle de 165 mm (moyennes mensuelles établies sur les vingt dernières années). On distingue deux saisons bien marquées : § une saison sèche de mi-mai à mi-octobre ; § une saison des pluies de mi-octobre à mi-mai, avec un léger ralentissement de décembre à février. La température oscille entre 25°C et 27°C. Le fleuve Nyanga, long de 350 km, est le second fleuve du Gabon. Il prend sa source dans le massif du Chaillu, fait un détour au Congo avant de réintégrer le Gabon et se jeter dans l'Atlantique à 70 km au Nord-Ouest de Mayumba. Le réseau hydraulique de la commune de Tchibanga draine les eaux tout le long et divise la ville en deux. Le fleuve Nyanga, navigable dans son cours inférieur est coupé de nombreux affluents dont le principal est Mougoutsi. Tchibanga et ses environs offrent une étendue recouverte par deux types de végétations : § au nord, la forêt dense sempervirent, visible entre Ndendé et Tchibanga ; § au sud, la savane herbeuse, visible sur la route de Tchibanga-Mayumba. La forêt dense, vue d'avion constitue, une multitude de touffes vertes serrées les unes contre les autres, forment un luxuriant tapis qui recouvre le sol. La savane herbeuse se présente sous forme de tapis avec quelques poussières d'arbustes disséminés çà et là. Elle est parcourue et fréquentée par les feux de brousse pendant la saison sèche. Tchibanga regorge de plusieurs types de sols. On distingue: - les sols hydromorphes sur les alluvions qui se caractérisent par leur pauvreté. Leur exploitation nécessiterait un drainage ; - les sols sur la série Schisto-gréseuse et non concrétionnés, et généralement favorables à l'agriculture ; - des podzols de nappe, à alios humo-ferrugineux. Globalement, les sols du département de Mougoutsi sont riches en base, épais, peu lessivés. In fine, quand une ville s'agrandit, le milieu physique n'a qu'un rôle secondaire, ce sont les facteurs d'une autre nature et infiniment plus importants qui impulsent le développement au point d'ignorer les contraintes naturelles21(*). 3. Déterminants humains Au titre des déterminants humains, on peut retenir entre autres, l'évolution démographique de la ville de 1960 à nos jours, l'existence d'un cadre réglementaire en matière d'urbanisme, etc. 3.1. Population de Tchibanga L'avantage d'une étude démographique urbaine est de faire apparaitre des données qui sont du plus haut intérêt pour l'analyse du rythme d'accroissement de la population et le rôle de celle-ci dans le développement de la ville. La population de la commune de Tchibanga en 2013 s'élève à 30 042 habitants, dont 51,6% de femmes et 48,4% d'hommes. Le premier Arrondissement 54,4% de la population, contre 55,6% pour le 2ème Arrondissement. La commune concentre de ce fait 56,8% de la population résidente de la Province de la Nyanga dont la population s'élevait en 2013 à 52 854 habitants22(*). Tableau 4 : Population de la commune de Tchibanga en 2013
Source : Recensement Général de Population et du Logement 2013 3.2. Dynamismes démographiques Le taux de croissance annuel moyen de la population est de 1,5% sur la période 1960 à 2013. C'est le résultat d'une fécondité relativement précoce et élevée, avec un Indice synthétique de fécondité de 5,6 enfants par femme et un âge à la première naissance de 18,6 ans. Par ailleurs, la province présente ces dernières années un solde migratoire négatif avec, résultat d'une forte émigration des populations, majoritairement des jeunes vers d'autres villes (Gamba, Port Gentil et Libreville notamment) à la quête de meilleures opportunités23(*). CHAPITRE V: ETAT DES LIEUX DES POLITIQUES URBAINES ET LE PAYSAGE URBAIN DE TCHIBANGA Ce chapitre consiste à faire le diagnostic du processus d'urbanisation dans la ville c'est-à-dire de faire une étude rétrospective des politiques d'aménagements élaborées pour développer, équilibrer et le paysage urbain que nous observons dans la ville de Tchibanga. C'est ainsi que pour avoir les informations sur les différentes politiques d'aménagement urbain dans la ville, nous avons effectué un voyage de recherche. Une fois dans la capitale Nynoise, nous, nous sommes rapprochés des administrations qui ont àcharge la gestion urbaine dans ladite ville, des populations qui y vivent, aussi constater de nous-même non pas avec les yeux d'un natif de la contrée mais avec les yeux de géographe. A cet effet, nous avons eu des entretiens avec le directeur provincial du cadastre, avec le premier adjoint au maire de la commune de Tchibanga et avec les chefs locaux et la population. * 21JF Tribillon.(2008) : Aménager la ville africaine : guide des procédés et procédures d'aménagement urbain à l'usage des municipalités africaines gestionnaires des villes moyennes, Karthala-PDM, 157 pages. * 22Recensement Général de la Population et de l'habitat, 2013. * 23PLD de la ville de Tchibanga (2017-2021), février 2017, p 15. |
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