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Lutte contre l'exclusion sociale au maroc "INDH"

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par Amine Dafir
Université mohamed 5 souissi - Licence 2006
  

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5.2. Mécanismes de financement

Tel que conçu, le Programme VSB compte essentiellement sur les contributions des ménages des bidonvilles (avec recours à des fonds propres ou/et des emprunts), sur la vente des autres produits réalisés éventuellement dans le cadre des projets intégrés et sur les subventions de l'Etat. Le principe de recouvrement des coûts auprès des différentes catégories de bénéficiaires est systématiquement appliqué, sauf quant il s'agit de ménages très vulnérables pour lesquels des aides exceptionnelles pourraient être prévues.

Or, eu égard aux expériences menées par le Ministère, le démarrage des projets d'habitat par les opérateurs publics est souvent confronté à des problèmes de préfinancement des acquisitions des supports fonciers, des équipements hors-site et des premiers travaux in-site. Le FSH pourrait concéder des avances sur les subventions liées à la résorption des bidonvilles et des prêts remboursables pour le financement des premiers travaux, mais vue l'ampleur des besoins en financement du programme VSB comme celui du foncier public cité plus haut, d'autres sources sont à rechercher, y compris les emprunts internationaux.

Par ailleurs, la construction des logements, confiée au secteur privé par appel à manifestation d'intérêt (AMI), utilise les propres mécanismes des promoteurs (ressources propres et emprunts bancaires) pour financer tant le complément de l'équipement in-site que la construction elle-même.

5.3. Financement FSH

Le montage financier de l'utilisation du FSH, alimenté les produits de la taxe sur le ciment, et du BGE mis à la disposition des programmes MHU, totalise près de 9.543 millions DH entre 2004 et 2010, répartis comme suit:

- 40% (3.600 MDH) utilisés pour le Programme VSB

- 25% (2.200 MDH) utilisés pour l'aménagement foncier (au titre de la prévention)

- 28% (2.521 MDH) utilisés pour les autres actions de lutte contre l'habitat insalubre (restructuration des QHNR et traitement de l'HMR)

- 7% (600 MDH) utilisés comme dotations des fonds de garantie mis en place

Ainsi, plus de 60% des ressources du FSH pourront être affectés directement à la résorption et la prévention des bidonvilles.

Section3: Conditions de réussite du programme:

S'il paraît ambitieux, le programme VSB n'en est pas moins tout à fait réalisable. Cependant, sa faisabilité et sa réussite impliquent que soit rempli un certain nombre de conditions parmi lesquelles, on peut mentionner :

(i) La pérennité des mesures de prévention du développement de l'habitat insalubre.

(ii) La mise en oeuvre des principales réformes des secteurs de l'habitat et de l'urbanisme retenues dans le cadre global d'ajustement du secteur de l'habitat dans lequel s'inscrit le Programme VSB,

(iii) une série de mesures à prendre et d'activités à entreprendre pour accompagner la mise en oeuvre du programme,

(iv) le renforcement des partenariats, principal gage de réussite du programme.

1. Mesures de prévention de l'habitat insalubre

Le succès du Programme VSB ne peut être durable que si les marchés immobiliers locaux offrent des alternatives aux ménages cibles de l'habitat insalubre, en général, et des bidonvilles, en particulier. Le Gouvernement, conscient de cette importante question de prévention, a mis en place des programmes complémentaires dont celui des 100.000 logements sociaux à réaliser annuellement, appuyé par celui de l'aménagement foncier public; de même qu'il a pris des mesures conséquentes dont celle liée à la répression des abus en matière d'habitat et d'urbanisme (projet de loi n° 04-04)

Plusieurs projets d'aménagement et de construction seront engagés par les opérateurs publics avec une part importance de la consistance devra être des prix accessibles aux ménages cibles ; lesquels produits sont appuyés par des subventions directes (FSH, notamment), par les produits de la péréquation et/ou par les fonds de garantie hypothécaire mis en place. A noter également que la participation du FSH dans le préfinancement des infrastructures hors-site et principaux in-site des grandes opérations prévues dans le cadre du programme d'aménagement du foncier public.

2. Réformes des secteurs de l'habitat et de l'urbanisme

Au-delà des mesures d'accompagnement spécifique du Programme VSB, les réformes en cours dans d'autres domaines influenceront, sans aucun doute, les résultats attendus dudit Programme.

2.1. Dans les domaines du foncier, de l'urbanisme et de l'habitat :

Outre les récentes circulaires d'orientation ministérielles en vue notamment de promouvoir les investissements immobiliers par le traitement des dossiers en suspens, par la simplification des procédures administratives, par la mise en place d'une politique de proximité dans la gestion des affaires de l'habitat et de l'urbanisme, les réflexions et réformes actuelles dans ces domaines concernent notamment :

a. Le système actuel d'immatriculation foncière:ainsi que plusieurs aspects du droit foncier marocain constituent des entraves importantes au bon fonctionnement du marché immobilier.

Ils entraînent notamment une pénurie de terrains potentiels pour l'aménagement et la construction et contribuent à la hausse des prix des terrains urbains. Des réflexions sont en cours et devront aboutir à des réformes des textes et règlements relatifs à l'immatriculation (Dahirs de 1913 et 1915) et à l'expropriation pour cause d'utilité publique (Loi 7-81).

b. L'arsenal juridique de l'urbanisme:est appelé à être réformé afin d'alléger les procédures de la planification urbaine au Maroc en général, et les dispositions relatives à l'occupation des sols et aux contrôles administratifs, en particulier. Outre de nombreuses études techniques en cours par la Direction d'urbanisme en vue d'aboutir à un véritable Code de l'urbanisme au Maroc, un premier grand pas vient d'être franchi avec l'approbation par le Conseil des Ministres du Projet de loi n°04-04 modifiant et complétant les lois 12-90 (urbanisme) et 25-90 (lotissements et morcellements), notamment au niveau des autorisations administratives, des sanctions et des responsabilités; la prévention du développement de l'habitat insalubre étant particulièrement visée par cette réforme.

c. Projet de décret sur le «Règlement de construction applicable à l'habitat social»:définissant les caractéristiques ainsi que les normes d'occupation des sols, de construction et d'équipement de l'habitat social ; ce texte a pour objectifs de faire baisser les coûts et de rendre les logements sociaux plus accessibles aux ménages les plus démunis.

2.2. Dans le domaine financier :

Les réformes en cours ou prévues concernent notamment :

a. Mise en place des fonds de garantie: (FOGALOGE-public et FOGARIM) permettra aux ménages à faibles revenus et/ou ayant des revenus instables d'accéder aux crédits logements,tout en se substituant aux aides de l'Etat sous forme de ristournes d'intérêt et d'avances à taux zéro accordées aux fonctionnaires. Le FOGARIM sera alimenté par des contributions du FSH étalées sur 3 années (200 millions DH par an).

b. Elargissement du micro-crédit à l'habitat social :(Loi de finances 2004), ce qui va permettre de répondre aux attentes des ONG souhaitant intervenir dans l'habitat en milieu urbain, y compris au profit des ménages de bidonvilles.

c. Projet de mise en place d'un système d'épargne-logement: en vue de solvabiliser un plus grand nombre de ménages par la constitution régulière d'apport personnel, de bancariser les familles à revenus irréguliers (système complémentaire aux fonds de garantie) et de mobiliser davantage d'épargne vers le secteur du logement.

Des réflexions sont également en cours sur le secteur locatif au Maroc en vue de diagnostiquer et proposer des réformes en la matière, ainsi que sur rationalisation de la fiscalité immobilière.

3. Principales mesures d'accompagnement du programme

Dans les chapitres et paragraphes précédents, un certain nombre de mesures et de propositions d'actions ont été identifiées comme indispensables à la mise en oeuvre du programme VSB. Bien que ces mesures et activités aient été décrites tout au long de ce rapport, il n'est pas inutile d'en rappeler brièvement les principales.


· Pacte national VSB : Ce pacte fera l'objet d'un consensus de la part de tous les partenaires notamment les plus directement concernés tels que le MI, le MFP, et les autorités régionales et locales. Validé et adopté au plus haut niveau du Gouvernement, le pacte VSB devrait permettre de cimenter et de pérenniser, grâce au manuel de procédure et au Contrat VSB, les engagements de tous ces acteurs institutionnels.


· Observatoire de l'habitat insalubre : Cet observatoire, localisé au sein de l'entité VSB du DHSAF, sera un outil important d'aide à la formulation des stratégies d'intervention en la matière.

Il permettra de fournir, au MHU et aux autres partenaires, les données nécessaires pour prendre les décisions appropriées et évaluer les impacts des programmes initiés. Il assurera, en outre, la mise à disposition d'informations fiables et continues devant permettre d'intervenir en matière d'ajustement et de réajustement des projets et d'en d'informer les partenaires. Ainsi, il aura pour mission de suivre spécialement l'ampleur de l'insalubrité, de capitaliser et de diffuser les expériences conduites tout en permettant de repérer les difficultés et de proposer des mesures d'urgences.


· Accompagnement social du programme (ASP) : Afin d'intégrer l'ASP en termes concrets et opérationnels dans le programme VSB, un plan détaillé d'ASP sera élaboré et définira les activités à mener lesquelles seraient, selon les cas, confiées à l'Agence de Développement Social (ADS), aux collectivités locales, aux opérateurs, aux associations et/ou à des partenariats entre chacun de ces acteurs institutionnels. Ce plan comprendra les besoins de ces derniers en matière de formation et de recyclage. Le financement de l'ASP sera recherché auprès des bailleurs de fonds nationaux ou internationaux.


· Mécanismes de suivi et indicateurs de performance du programme : Les mécanismes de suivi prévus par le programme VSB sont relativement complets comme l'atteste la mise en place de plusieurs comités, notamment le Comité Technique de Suivi qui assurera une bonne fluidité de la coordination et un suivi rigoureux de la mise en oeuvre du programme. Un certain nombre d'indicateurs de performance sont en cours d'identification et devraient permettre de mesurer les progrès réalisés en vue des objectifs fixés et de procéder, le cas échéant aux réajustements et réorientations nécessaires.


· Evaluations du programme : Outre l'évaluation des opérations de résorption préalable à la déclaration d'une commune "ville sans bidonvilles", le programme VSB prévoit des évaluations intérimaires et une évaluation finale (ex-post) de l'ensemble du programme. Ces évaluations auraient lieu tous les ans et porteraient sur l'ensemble du programme VSB. Une évaluation finale du programme VSB sera entreprise peu de temps après l'achèvement de l'ensemble du programme.


· Information et Communication : Dans le but de diffuser une information exacte, complète, percutante et surtout transparente pour en assurer la crédibilité, un plan d'information et de communication spécialement conçu pour le programme VSB sera élaboré. Ce plan inclura des campagnes d'information lancées de manière périodique à travers media (TV, radios, presse écrite) et la création d'un site Web consacré au programme VSB. Ce site permettra une large diffusion et l'échange d'expériences en matière de bonnes pratiques relatives aux politiques et programmes de résorption de l'habitat insalubre au niveau national et international.


· Plan global d'assistance technique et de formation : Les mesures d'accompagnement décrites plus haut sont autant d'activités qu'il est indispensable de mener pour la réussite du Programme VSB, mais sans pour autant grever son financement. Aussi est-il prévu de faire financer ces activités par des dons octroyés par des bailleurs de fonds nationaux ou internationaux.

Pour une meilleure gestion de ces activités, il sera nécessaire de les consigner dans un Plan global d'assistance technique et de formation, décrivant les différentes études et activités à mener ; leur calendrier de réalisation ainsi qu'un budget estimant le coût de chacune d'entre elles.

4. Renforcement des partenariats:

On a cherché à décrire le programme VSB, d'aborder tous les problèmes qui pourraient entraver l'exécution du programme VSB et identifier toutes les activités devant accompagner sa bonne mise en oeuvre ainsi que les sources de financement de ces activités; mais, sans une volonté politique affirmée des principaux partenaires à assumer les responsabilités qui sont les leurs et à remplir les engagements que leur confère la réalisation du programme VSB, le succès de ce denier pourrait être compromise.

En effet, la situation de l'habitat insalubre est suffisamment préoccupante pour que l'on prenne conscience que sa résorption est l'affaire de tous, depuis l'Etat jusqu'à la population bénéficiaire en passant par les collectivités locales, les opérateurs publics et privés ou la société civile.

Chacun de ces partenaires est appelé à adhérer au programme VSB et à participer de manière effective à sa réalisation en fonction de ses ressources financières et foncières, ses moyens humains et matériels et ses prérogatives.

Le programme VSB propose une nouvelle stratégie d'intervention, de prévention et de traitement, basée sur un partenariat dynamique, associant tous les intervenants dans la lutte contre l'habitat insalubre. Les mécanismes mis en place par le programme VSB permettront de renforcer les partenariats aussi bien au niveau central que régional ou local. Ainsi la mise en place de différents comités de suivi associant tous les partenaires permettra à ces derniers de mieux travailler ensemble et de faire du partenariat la forme idéale de partage de responsabilité et de réussite du programme.

Les bidonvilles ne sont pas une fatalité. Plus que tout autre phénomène, leur éradication requiert la conjugaison des efforts de tous les partenaires.

5. Habitat: un succès édifiant

De l'avis de tous les partenaires et intervenants en matière de lutte contre l'habitat insalubre, le programme national « Villes sans bidonvilles » est une réussite. Plus d'une année après son lancement, près de 20.300 ménages ont d'ores et déjà bénéficié de ce programme dans de nombreuses régions du Royaume. Ainsi, et sur un total de 77 conventions-villes à établir, 41 ont déjà été signées et leur exécution avance à pas de géant.


Un succès qui a même valu à ce programme d'être décrété programme modèle lors de la conférence onusienne de Durban en Afrique du Sud. Partant de cette dimension internationale qu'a pris « Villes sans bidonvilles », sous la loupe de différents organismes internationaux du 7 au 9 novembre 2005. Sur les 41 conventions-villes signées, l'exécution des travaux précède dans certains cas les prévisions. Cependant, le rythme du relogement peine à suivre la dynamique de construction. La gestion de la maîtrise d'ouvrage social pose également problème.
Un programme qui semble victime de son succès. Et pour cause, l'exécution dépasse, dans plusieurs cas, les prévisions initialement établies. Ce qui pose de grands problèmes pour les structures censées organiser le relogement des ménages bidonvillois et donc la destruction des foyers d'habitat insalubre. « Le rythme de production des unités d'accueil des ménages commence à dépasser le rythme de transfert. Ceci est essentiellement dû aux différentes carences enregistrées en matière de gestion sociale de ce transfert des bidonvilles dans de nombreuses villes du Royaume », explique Ahmed Taoufik Hejira, ministre délégué chargé de l'Habitat et de l'Urbanisme.


Autre problème qui se pose devant l'exécution de ce programme national, la gestion de la maîtrise d'ouvrage social qui demeure très inefficiente. Un manque qui se traduit principalement par l'absence de l'accompagnement social lors de l'opération de relogement de bidonvillois. Une opération-pilote a bien été menée dans ce sens par l'Agence de développement social (ADS). Elle s'est articulée autour de l'accompagnement social des bidonvilles de Douar El Kora et de Guich Oudaya à Rabat à qui, conseils et soutien social ont été accordés tout au long de l'opération de relogement .

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo