WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La preuve en droit fiscal

( Télécharger le fichier original )
par KAMOUN Fériel
Université de Sfax-Tunisie -  2003
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Paragraphe III : Une demande de renseignements, d'éclaircissements ou de justifications à
caractère général

Le C.D.P.F. consacre la demande de renseignements, d'éclaircissements ou de justifications2 sans préciser l'objet et le domaine de chaque demande. La doctrine considère, toutefois, qu'il y a une différence de degré entre ces demandes, qui exige un champ d'application différent3. En droit fiscal français, le législateur réserve un domaine d'application différent aux demandes d'éclaircissements et de justifications, vu leurs conséquences différentes au niveau de la preuve.

La demande d'éclaircissements peut porter sur un point quelconque de la déclaration. Elle a simplement pour objet de provoquer des explications du contribuable sur les énonciations de sa déclaration ou sur les discordances relevées : on exige alors du contribuable qu'il expose de façon plus compréhensible tel ou tel fait, sans avoir à apporter de preuves4.

La demande de justifications a un caractère plus officiel que celle d'éclaircissements. Elle vise à obtenir des preuves écrites du contribuable qui ne peut se limiter à de simples explications verbales. En effet, « demander au contribuable une justification, c'est lui demander la preuve d'un certain fait qu'il avance. Il ne s'agit donc pas de tenter de se faire expliquer certains points comme dans le cadre de la demande d'éclaircissements, mais de douter des énonciations premières fournies par la déclaration. Aussi l'apparition d'une telle demande est-elle considérée comme le signe du déclin de la présomption d'exactitude de la déclaration5. Obliger le contribuable à se justifier revient à privilégier le contrôle par rapport à la déclaration »6.

Le recours à la demande de justifications a toujours été considéré comme la manière la plus discrète de renverser la charge de la preuve, en permettant d'ailleurs aux services fiscaux de laisser jouer au contribuable le rôle du personnage non coopératif ou retors, selon la teneur de sa réponse7. Cette demande de justifications « est certainement l'arme de contrôle la plus à redouter par les contribuables, du fait des difficultés de preuve importantes qu'elle leur impose »8.

Conscient des abus qu'elle peut engendrer et vu son caractère redoutable, le législateur français a limité le champ d'application de la demande de justifications à des cas bien précis9.

1 Néji BACCOUCHE, << L'environnement fiscal de l'entreprise à l'heure de l'internationalisation de l'économie : Le cas tunisien >>, article précité, p. 104.

2 -Article 6 du C.D.P.F. : << L'administration fiscale peut, dans le cadre du contrôle ou de la vérification prévus par l'Article 5 du présent code, demander tous renseignements, éclaircissements ou justifications concernant la situation fiscale du contribuable >>.

- Article 41 du C.D.P.F. : << L'administration fiscale peut demander des renseignements, éclaircissements ou justifications en rapport avec la vérification... >>.

3 Gilles NOEL, << Le juge fiscal et la procédure de demande de justifications >>, R.F.C. n°273, décembre 1995, p. 19 et s.

4 Gilles NOEL, ibid., p. 20.

5 << Il apparaît donc que la demande de justifications constitue une contradiction à la présomption d'exactitude >>, DE LA MARDIERE Christophe, << La déclaration fiscale >>, R.F.F.P., 2000, n°71, p.141.

6 J-P Casimir, << Les signes extérieurs de revenus, le contrôle et la reconstitution du revenu global par l'administration fiscale >>, L.G.D.J., Paris, 1979, préface de Maurice COZIAN, p.1 30.

7 J-P Casimir, ibid., p.133.

8 Gilles NOEL, << Le juge fiscal et la procédure de demande de justifications >>, article précité, p.1 8. 9 Ces cas précis sont fixés par l'article L. 16 du L.P.F. :

- La situation ou les charges de famille.

- Les charges retranchées du revenu net global ou ouvrant droit à une réduction d'impôt sur le revenu.

En droit fiscal tunisien, la demande de justifications a un caractère général au même titre que la demande de renseignements et d'éclaircissements. Ainsi, l'administration fiscale bénéficie d'un privilège supplémentaire dans la recherche des preuves. Elle peut demander au contribuable n'importe quelle justification. Du coup, la preuve mise en principe à la charge de l'administration est assez facile à établir, de sorte qu'il suffit à l'administration d'adresser au contribuable une demande de justifications pour obtenir le renversement de la charge de la preuve1 . En effet, « accorder au demandeur, pour faire la preuve qui lui incombe, le concours du défendeur renverserait, disait-on, la charge de la preuve »2.

A vrai dire, l'imprécision des textes quant à ces demandes, permet à l'administration d'utiliser ses prérogatives d'une façon exorbitante.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Le don sans la technique n'est qu'une maladie"