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Contribution du Patrimoine Culturel au Développement du Système Educatif de la République du Congo : Enseignement des Arts et de l'Artisanat au Musée


par Samuel Kidiba
Université internationale de Langue Française au Service du Développement Africain à Alexandrie d'Egypte - Etudes Professionnelles Approfondies 1997
  

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UNIVERSITE SENGHOR

Université internationale de Langue Française au Service du Développement Africain à Alexandrie d'Égypte.

Département gestion du Patrimoine Culturel

Mémoire de fin d'Études Professionnelles Approfondies

SUJET DU MEMOIRE

Contribution du Patrimoine Culturel au Développement du Système Éducatif de la République du Congo : Enseignement des Arts et de l'Artisanat au Musée.

Présenté et soutenu

par

Samuel KIDIBA

Le 22 Janvier 1997

Promotion 1995-1997

JURY :

Président : Professeur Jean GALARD, chef de service culturel du musée du Louvre, Paris

Membres :- Mme Caroline GAULTIER, directeur du département Gestion du Patrimoine Culturel de l'Université Senghor, Alexandrie d'Égypte.

-Professeur André COURTMANCHE, directeur du département Administration Gestion de l'Université Senghor, Alexandrie d'Égypte

TABLE DES MATIÈRES

Pages

DÉDICACE .... I

REMERCIEMENTS .... II

LISTE DES FIGURES IV

AVANT-PROPOS .... V

TABLE DES MATIÈRES VII

INTRODUCTION .... 1

Chapitre I. Contexte du Problème .... 5

A. Approche historique du patrimoine dans le contexte africain .... 5

1. La définition du patrimoine .... 5

2. La conception de l'art africain en Occident. .... 7

3. Le patrimoine africain dans les collections françaises .... 11

4. Le rayonnement des Musées africains .... 13

5. La notion du patrimoine telle qu'elle est vécue en Afrique .... 15

5.1. Le patrimoine culturel et les changements sociopolitiques en Afrique .... 16

5.2. Les textes juridiques régissant le patrimoine en Afrique .... 17

B. Le cadre du patrimoine culturel au Congo ... 19

1. Présentation historique et géographique de la République du Congo 19

1.1. Présentation géographique 19

1.2. Présentation historique 23

2. Les institutions du patrimoine culturel au Congo . 25

3. Cas particulier des musées . 28

C. Rapports entre institutions scolaires et patrimoine culturel au Congo 31

1. L'absence d'une politique culturelle .. 31

2. L'enfant congolais entre sa culture et l'école .. 33

Chapitre II. Création d'une dynamique École Musée 35

A. Politique d'une action éducative dans des musées français 35

1. L'expérience pratique du service culturel du musée du Louvre 35

1.1. La médiathèque 35

1.2. Les ateliers 36

1.3. Les visites-coférences 39

1.4. Les contes 41

1.5. Les rapports entre le musée et la bibliothèque 42

1.6. Le musée et la communauté 43

1.7. Le point de vue des enseignants 45

2. Les expériences pratiques d'autres institutions 48

2.1. Le Musée national d'arts africains et océaniens 49

2.1.1. Entretien avec Phlippe Garcia de la Rosa 49

2.1.2. Les ateliers 50

2.2. Le Musée national des arts traditionnels et populaires 53

2.2.1 Présentation et vocation du MNTAP 53

2.2.2 Activités culturelles en direction des enfants et adolescents 54

2.3. Le Musée d'Orsay 56

2.3.1 Les visites animées par des conférenciers 56

2.3.2 Les visites libres 57

2.3.3 Les journées inter musées 57

2.3.4 La musique 58

2.3.5 Les conférences pour lycéens 58

2.3.6 La formation des enseignants 58

2.4. La Fondation Dapper 59

B. Pour une politique culturelle en milieu scolaire congolais. 61

1. La Valorisation de l'identité culturelle congolaise 62

2.Le rôle de l'identité culturelle dans une société en mutation socioéconomique 64

3. Le musée, miroir du patrimoine culturel 67

4. Pour une action culturelle en milieu scolaire congolais 68

4.1. L'enseignement des arts et de l'artisanat au musée 68

4.1.1 Les ateliers pédagogiques 70

4.1.2. Le musée, lieu de formation continue. 76

4.1. 3 Les expositions temporaires 76

4.2 Les mass média et leur rôle dans la promotion du patrimoine culturel 80

4.3. Le rôle de l'État 81

4.4. Les mouvements associatifs. 84

Chapitre III. Perspectives et suggestions 86

1. À court terme 86

2. À moyen terme 88

3. À long terme 89

CONCLUSION GÉNÉRALE 92

ABRÉVIATIONS ET SIGLES

ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

Introduction

A mesure que le temps passe, l'environnement et la vie de l'homme, sur terre, sont de plus en plus soumis à des changements techniques et technologiques. Le progrès et les nouvelles technologies de pointe ont accéléré ce processus. Le coût des transports amoindris a permis une grande mobilité des individus, le contact multiforme entre les habitants du globe. De même, les changements commerciaux se sont accrus.

A partir de la fin des années 80, plusieurs entreprises ont vu les barrières frontalières voler en éclats. Quatre événements expliquent ce phénomène : l'écroulement de l'empire rouge (l'URSS) et du communisme a conduit des milliards des terriens vers l'économie de marché ; la libération totale des mouvements de capitaux et le décloisonnement des marchés ont renforcé la puissance et l'agilité de l'argent ; les accords du GATT (General Agreement on Tarifs and Trade ou Accord général sur le Commerce, devenu aujourd'hui OMC : Organisation Mondial du Commerce) ont considérablement réduit beaucoup de barrières commerciales et accéléré les échanges ; enfin, la révolution des technologies de l'information a rendu plus facile et aisée la communication entre les entreprises. Ainsi, d'un bout à l'autre de la Terre, on peut interroger une banque de données grâce au réseau des réseaux : l'Internet. Ce nouveau phénomène, dû à ces quatre événements, s'appelle la Mondialisation.

Selon Pascal Riche, « bien de libéraux pensent que le nouveau modèle de développement adapté à la mondialisation serait le modèle anglo-saxon du laisser-faire, reposant sur un État minimum, des salaires flexibles et un marché de travail souple »1(*) .

En conséquence, cet essor vertigineux des technologies de pointe risque d'entraîner la destruction, voire la dégradation de certaines cultures et de certaines identités. Autrement dit, cette uniformisation du monde pousse les gens au désintéressement de leurs propres activités culturelles. Le Tiers-monde, quant à lui, pris dans cet engrenage de l'essor technologique et de la suprématie culturelle du Nord, se perd de plus en plus dans son identité culturelle menacée de plus belle. Il reste en marge de presque toutes ces innovations. Toutefois,  «...les pays du Tiers-monde doivent parvenir à incorporer, à leur patrimoine culturel, les méthodes et techniques modernes, de telle manière que ni la liberté, ni la justice, ni la dignité de l'homme n'aient à en souffrir »2(*), affirme Sulwin Lewis. En d'autres termes, la notion de développement a pris un autre sens. Il devrait, dès lors, prendre en considération, non seulement la force humaine, mais aussi l'identité culturelle qui est le fondement de la vision du monde de toute société.

En effet, les technologies nouvelles, prenant d'assaut les pays du Tiers-monde, et africains en particulier, érodent les valeurs culturelles desdits pays. Et la conséquence immédiate, c'est que la richesse en biens matériels prend le pas sur des valeurs humaines, culturelles et morales. En d'autres termes, le sous-développement rime avec la tradition, et le développement est synonyme de possession des biens matériels. C'est l'idée de la toute puissante culture occidentale qui met l'accent sur l'importance des biens matériels, dans la recherche du bien-vivre. Aujourd'hui, de nombreux pays développés souffrent aussi de cet état de choses.

Dans beaucoup de pays, notamment ceux du Tiers-monde, les difficultés de compréhension, entre différentes générations, tendent à devenir un abîme à cause, justement, des mutations socio-économiques dues à l'urbanisation croissante, l'industrialisation, la bombe médiatique, et...l'accès plus large à l'éducation (l'école). Beaucoup de jeunes ont tendance à divorcer d'avec leur cordon ombilical culturel traditionnel.

Au Congo, le système éducatif a subi les contrecoups de ces changements. Il est déconnecté, de fond en comble, de son environnement social qui est lui-même pris dans la furie du modernisme. C'est ainsi que l'école congolaise n'a aucun rapport avec les cultures locales, et par conséquent, avec les institutions culturelles. Une violente et mortelle crise d'identité culturelle ronge la société congolaise. Du coup, l'école est décadente.

Cette décadence est expliquée diversement par les spécialistes, les gouvernants, les enseignants, les parents d'élèves et les élèves eux-mêmes : manque de moyens financiers, structures inadaptées, enseignants incompétents, etc. On évoque peu la dimension culturelle qui permettrait l'adaptation aux exigences nouvelles du milieu et aux changements du monde. Pour ce faire, l'école a, dans cette perspective, le devoir d'aider l'élève à acquérir des savoirs et compétences de base, «...lui donner la faculté de s'adapter au changement, et surtout, le goût et la capacité d'apprendre et de réapprendre tout au long sa vie »3(*), comme le disent si bien Abar Hasan et Alan Wagner.

L'enseignement de l'art et de l'artisanat dans une institution culturelle comme le musée pourrait, en partie, aider l'école congolaise à sortir du creux du vase dans lequel elle se trouve. L'art et l'artisanat donneraient l'occasion à l'enfant congolais de saisir l'univers magique ou l'imaginaire qui occupe une place importante dans l'explication de certains phénomènes. C'est en fait, dans cet univers que l'on peut retrouver la société dans son intégralité, tant il vrai est qu'il concerne l'Être lui-même, avec toutes les formes d'interprétations et d'interrogations philosophiques, métaphysiques. Et Lévi-Strauss pense que,  « l'art s'insère à mi-chemin entre la connaissance scientifique et la pensée rituelle ou magico religieuse »4(*). En réalité, cet enseignement qui viserait l'esprit et la main ou la morale et le maniement de certains outils, cet enseignement, disons-nous, s'adapterait aux réalités, aux matériaux locaux (identité congolaise) et, selon les règles de jeu du milieu. Des activités pédagogiques traduiront cet enseignement.

En clair, un autre aspect à mettre en évidence, dans cette corrélation entre le musée (l'art et l'artisanat) et l'école, est que : bien des objets relatent des faits historiques, transmettent et traduisent une certaine réalité, une morale. Il ne s'agirait pas, ici, de faire de l'art pour l'art, ou du narcissisme artistique et artisanal. Il serait question, plutôt, de montrer les rapports entre l'art, l'artisanat et la morale de la société congolaise - nous allions dire africaine - dont la morale scolaire s'inspirerait. Il serait question de cette manière, de sensibiliser le jeune écolier à ce que le patrimoine culturel peut jouer comme rôle dans les deux sociétés : l'école et la vie en famille. L'institution muséale et l'école travailleraient, pour cette raison, en collaboration. Il y a lieu aussi de montrer la mesure importante que peuvent apporter l'art et l'artisanat dans l'orientation scolaire et professionnelle des élèves au niveau secondaire.

Il s'agirait d'un nouveau regard que l'on porterait sur l'école, qui aurait pour fondement l'intégration des aspects socioculturels, et dont le musée sera le partenaire. L'enfant et l'adolescent pourront se poser ces questions :

- D'où venons-nous?

- Pourquoi sommes-nous ici?

- Que serons-nous demain?

Pendant nos recherches, nous avons procédé par la méthode d'enquête. Elle a consisté à alller sur le terrain où nous avons rencontré des personnes-ressources. Question de savoir ce qui s'est fait ou qui est en train d'être fait sur les rapports entre l'école et le musée.

Par conséquent, il sera question de traiter, dans un premier temps, du contexte actuel de l'école et de l'institution muséale au Congo ; ensuite, suivra la présentation de la dynamique future entre l'école et le musée. En dernière instance, viendront les perspectives ou suggestions.

* 1Riche P. Les fantômes de la Mondialisation in : Libération du mois de mars 1996.

* 2 Lewis S. Les principes de la coopération culturelle in : Etudes et documents d'information, n°61, Unesco, 1972, p. 9.

* 3 Hasan A. et Wagner A. "L'école de demain" in : L'observateur de l'OCDE n°199 avril mai 1996, p. 6.

* 4 Lévi-Strauss cité par Sylvain Djache Nzefa in : Les chefferies Bamiléké dans l'enfer du modernisme...Une chefferie de demain, 1994, Paris, p. 119.

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