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Contribution du Patrimoine Culturel au Développement du Système Educatif de la République du Congo : Enseignement des Arts et de l'Artisanat au Musée


par Samuel Kidiba
Université internationale de Langue Française au Service du Développement Africain à Alexandrie d'Egypte - Etudes Professionnelles Approfondies 1997
  

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Chapitre I. Contexte du problème

A. Approche historique de la notion du patrimoine dans le contexte africain

1. Définition du Patrimoine

Il est difficile de vouloir définir de façon satisfaisante la notion de patrimoine. Ce terme, en effet, se rencontre dans différents domaines ; de plus, il connaît des changements au fil du temps. C'est ainsi que, plus on avance dans le temps, plus il devient difficile de le cerner.

Toutefois, les latins, sous le terme de patrimonium, le définissent comme l'héritage que l'on tient de son père et sur lequel on veille pour le transmettre à ses enfants.

Le mot va évoluer et aura un autre sens pendant la Révolution Française de 1789. En fait, l'Assemblée Constituante décida de donner à la Nation son "Patrimoine" qui était jusque-là propriété du clergé. Du cercle restreint de la famille royale, on arrive à un cadre plus élargi, le bien public, collectif.

En Italie, le Pape Sixte IV prend conscience de la grandeur de l'Antiquité Romaine, le 15 décembre 1471, en rattachant sa Rome à la Rome de l'Antiquité. Il fut question de reprendre le fil de l'histoire en montrant qu'il pouvait y avoir une continuité dans la Rome des Papes. Le Pape choisit le Capitole, siège du sénat, comme lieu devant abriter la donation, des sculptures romaines en bronze, qu'il fait au peuple romain qui en serait propriétaire. Rendre ces sculptures au peuple d'où elles étaient sorties. En tant que collectivité, le peuple de Rome ne disparaîtra jamais. Par conséquent, cette collection d'oeuvres d'Art devient une propriété collective qui doit durer autant que le monde, une perpétuité.

Le Patrimoine est ainsi considéré, progressivement, comme mémoire, histoire, monument qui est témoin de la grandeur du peuple auquel il appartient. A cet effet, le « Patrimoine constitue un lien privilégié entre passé, présent, avenir et, donc un facteur de stabilisation »5(*).

L'idée de le protéger va naître. Il y a une prise de conscience qui consiste à protéger les oeuvres qui sont menacées au fil des temps. Tout ce que les hommes produisent devient un héritage à perpétuer, à préserver et à comprendre. De cette idée de conservation, vont naître « en Occident, dès la fin du XVIIIème siècle, les formes de musées que nous connaissons aujourd'hui. On a tué les dieux et laissé les reliques des cultes anciens, qui sont collectées, répertoriées, stockées, sauvegardées. Le déclin de la religion donna au musée de nouvelles fonctions. Au départ, ces nouveaux musées chantaient la gloire des hommes illustres. A défaut d'avoir une place au paradis, les grands de ce monde cherchaient à se pérenniser dans un musée  »6(*).

Le professeur François Owono Nguema pense que « Le patrimoine culturel d'un peuple s'étend aux oeuvres de ses artistes, de ses architectes, de ses musiciens, de ses écrivains, de ses savants, aussi bien qu'aux créations anonymes, surgies de l'âme populaire, et à l'ensemble des valeurs qui donnent un sens à la vie »7(*).

Maurice Druon ajoute qu'« aujourd'hui, la notion de patrimoine culturel, dans son acception collective moderne, désigne une réalité abstraite, mais vivante et constante, une réalité qui importe à l'ensemble du peuple concerné et qui fait partie de son destin. Il y a un contenu de permanence, donc d'avenir dans cette conception-là »8(*).

En gros, le patrimoine est un terme évolutif, il sert à identifier un peuple dans son évolution. Il permet d'établir le lien entre le passé et le présent d'une communauté, d'un pays, etc. De cette manière, le patrimoine peut être considéré comme une attitude mentale un regard face à un objet, quelle que soit sa nature.

Ainsi, nous avons : le patrimoine monumental (monument, bâtiment, etc.) ; le patrimoine naturel (forêts, animaux, montagnes,... ) ; le patrimoine immatériel ( chants, contes, proverbes, mythes, devinettes, etc. ) ; le patrimoine artistique et artisanal.

Le continent africain a une richesse culturelle, spécifique en son genre. Il n'a pas produit des grands monuments qui pouvaient résister au temps. Il faut, cependant, y noter la présence d'un patrimoine artistique, artisanal, naturel,... Malgré tout, pendant longtemps, l'Occident a eu une conception négative de l'art africain.

* 5 Yekpon G. Th. Le partage du patrimoine culturel national et les perspectives de participation des structures éducatives: le cas du Bénin, Mémoire de fin d'études présenté dans le cadre des études menant au Diplôme d'Etudes Professionnelles Approfondies (DEPA), soutenu le 22 Février 1995 à l'Université SENGHOR d'Egypte, p. 10.

* 6 Kiéthéga J. B. "Patrimoine et culture contemporaine, l'évolution du concept et collections", in : Quels Musées pour lAfrique? Patrimoine en devenir, actes du colloque tenu au Bénin, Ghana, Togo, en 1991, Icom, 1992, Paris, p. 284.

* 7 Owono Nguema F. in : Inventaire des activités, ressources et infrastructures des pays membres de l'Acct, Acct, Paris, 1983, p. 80.

* 8 Druon M. (de l'Académie francaise) La culture et l'Etat, 1985, Paris, p. 9.

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