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Impact du tarif extérieur commun appliqué en zone UEMOA sur le commerce intra-communautaire

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par Yves Valéry Franck BEZEME
Université de COCODY - DEA de Macroéconomie Appliquée 2007
  

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Section 2 : ANALYSE DES RESULTATS

Globalement, sur la période 1996-2000, plusieurs variables du modèle ont les signes att endus à l'exception du Produit intérieur brut par tête qui est négatif et non significatif. Ainsi une variation de 1% du produit intérieur brut (PIB) accroît les exportations d'environ 1,4%.

Comme attendu, les exportations décroissent avec les coûts de transport. Le coefficient de la variable (Distij) a le signe attendu et est significatif. La distance est un facteur statique qui est ici utilisée comme Proxy pour tenir compte de l'effet des coûts de transport et autres coûts de transaction. Le coefficient associé à cette variable est négatif et

statistiquement significatif. Il indique que le commerce bilatéral décroît de façon plus que proportionnelle par rapport à la distance en d'autres termes une variation de la distance entre les pays partenaires de 1% entraîne une baisse des exportations de l'ordre de 2,04%.

En ce qui concerne la variable UEMOA (Umij) pour l'intégration régionale, elle affecte positivement les échanges à l'intérieur de la sous-région. En effet, toute chose étant égale part ailleurs, les pays de l'UEMOA tendent à échanger environ 13,33 fois [exp. (2,59)] plus par rapport à des pays qui ne sont pas membres de l'organisation sous-régionale au cours de la période qui est prise en compte.

Ce signe positif est celui théoriquement att endu car, l'un des principaux objectifs de l'UEMOA, comme celui de la plupart des organisations d'intégration régionale, est de favoriser les échanges commerciaux entre les pays membres. Par conséquent, un signe négatif serait contraire à la théorie sur les préférences régionales et les unions douanières.

La hausse des flux commerciaux peut être un simple détournement de trafics, au lieu d'une création de commerce. L'examen du signe de la variable UEMOA-Monde (UmMij) permet de savoir si l'UEMOA a permis une création de commerce ou un simple détournement des échanges au détriment des partenaires commerciaux extérieurs à l'union.

A propos de UmMij, destinée à capter le détournement des échanges, elle a le signe attendu mais elle n'est pas significative. Il apparaît alors que l'effet net de l'UEMOA pour cette période sur les échanges intra-communautaires après les réformes est positif.

Les estimations révèlent aussi que le poids de l'histoire joue dans la détermination de la direction des flux commerciaux. En effet, toute chose égale par ailleurs, des pays qui ont une langue commune tendent à échanger environ 2,96 fois plus [exp. (1,084)], par rapport à des pays qui n'ont pas de langue commune. Contrairement à la variable langue commune, la frontière commune « Frij » a le signe positif attendu mais n'est pas statistiquement significatif. La contiguïté des Etats de l'union a un effet positif, sans plus, sur les échanges commerciaux au cours de la période qui est prise en compte. L'enclavement des partenaires commerciaux « pays sans façade maritime » a le signe attendu et est très significatif (au seuil de 1%).

En somme, les résultats de la sous-période 1996-2000 montrent que l'UEMOA favorise les échanges intra-communautaires. Ce constat est proche des conclusions de

Gbetnkom et Avom (2005) selon lesquelles l'effet net de l'UEMOA sur les échanges intracommunautaires après les réformes est positif pour la sous-période 1996-2000. En plus, ce résultat confirme les conclusions de Foroutan et Pritchett (1993) sur les raisons de l'échec des regroupements régionaux en Afrique Subsaharienne. Enfin, il confirme aussi notre hypothèse de départ selon laquelle la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires accroît le commerce interne dans un groupement.

Le deuxième compartiment du tableau n°3 présente les résultats des régressions pour 2001-2005. Cette période est destinée à capter l'effet de l'union douanière sur le commerce intra-communautaire objet de notre étude.

Les coefficients des variables traditionnelles du modèle de gravité ont tous les signes attendus et sont statistiquement significatifs à l'exception du PIB et de la langue qui ne le sont pas au seuil retenu pour l'analyse.

Le Produit intérieur brut par tête (PIBT) est positif et est significatif au seuil de 1% ce qui traduit que tout accroissement du pouvoir d'achat des consommateurs telle que mesuré par le PIBT augmente les exportations.

L'effet des barrières naturelles sur le commerce est négatif comme prédit. Les échanges communautaires de la zone décroissent avec l'augmentation de la distance. Cette variable est significative à 1% comme à la première période. De même, l'enclavement affecte négativement les échanges communautaires comme prédits. Cette variable « Sans-FM » muette est encore significative à 1%.

De ce qui précède, on peut dire que la distance et l'enclavement des partenaires commerciaux dans l'UEMOA sont donc des facteurs déterminants de l'accroissement de leurs échanges. Ce résultat interpelle les pays de l'union qui doivent d'une part améliorer les réseaux de transports internes et, d'autre part, développer le réseau international, dans le cadre des politiques sectoriels de l'UEMOA, pour se connecter au Burkina Faso, au Mali et au Niger qui sont dépourvus de façades maritimes.

Le coefficient positif et statistiquement significatif associé à la variable « Frij » indique que toute chose égale par ailleurs, des pays « adjacents » tendent à échanger environ 14,8 1 [exp. (2,68)] plus par rapport à des pays qui n'ont aucune frontière commune.

A propos de la variable UEMOA (Umij) destinée à capter l'impact de l'harmonisation douanière sur le commerce, qui est l'une de nos variables d'intérêt, elle est touj ours significative. Ce qui montre que l'instauration du Tarif extérieur commun (TEC) qui est la réforme majeure de cette période a un impact positif sur le commerce des pays membres. En

effet, toute chose étant égale par ailleurs, le niveau du commerce des pays membres a augmenté de 11,08 fois [exp. (2,405)].

Pour ce qui est de l'autre variable d'intérêt la variable « UmMij » destinée à capter le détournement des échanges, elle a le signe attendu mais contrairement à la première période elle est significative pour cette période. De ce résultat, on peut conclure que l'UEMOA induit un détournement vers le commerce intra-communautaire en détériorant les conditions d'échanges commerciaux avec l'extérieur au cours de la période qui est prise en compte pour l'analyse.

En fait, la définition même du TEC mis en place explique ce résultat : une des composantes de ce TEC étant laissée à l'appréciation des juridictions nationales, les pays l'ont utilisée pour se compenser des pertes de revenu tarifaires dues à l'harmonisation des autres droits de douane et pour assurer à leur industrie une protection minimale. Par conséquent, le TEC n'était plus le même selon les pays et souvent celui-ci était plus élevé que les anciens droits appliqués aux pays tiers, ce qui a favorisé l'apparition et l'augmentation du DC.

De plus, ce DC peut s'expliquer aussi par le fait que le TEC de l'UEMOA est une création artificielle. En ce sens que, la mise en place du TEC qui marque le passage à l'union douanière doit être précédée par le désarmement douanier total entre les pays membres et pour tous les types de produits ; autrement dit par l'avènement préalable d'une zone de libre échange ; or, rien de tel dans l'UEMOA, où les produits industriels non agréés sont toujours soumis aux droits de douane. Ensuite, dans un ensemble économique, le TEC s'obtient en faisant la moyenne des tarifs des pays membres1 ; dans l'UEMOA, le Fond Monétaire International (FMI) a procédé à une simple harmonisation tarifaire, ce qui fait que le taux maximum des droits de porte est ramené de 65% à 22%. La forte baisse du taux de protection extérieure qui en résulte ne bénéficie qu'aux multinationales qui exportent sur le marché.

Ce résultat sur le TEC est également observé par Decaluwé et al. (1998). Leurs simulations ont révélé la présence de DC lors de la mise en place d'une union douanière entre les pays de l'UEMOA.

1 Dans la communauté économique européenne, le TEC avait été obtenu en 1968 en faisant la moyenne arithmétique entre le taux le plus élevé (celui de la France) et le taux le plus bas (celui de l'Allemagne). La

France

ainsi défavorisée, devrait trouver compensation dans la politique agricole commune.

En outre, ce résultat en dehors de la mise en évidence de la mauvaise application des mesures (application non uniforme : exonérations, régime d'incitations, favorisant potentiellement des entorses au régime TEC et mauvais maîtrise des règles d'origine...) vient renforcer l'idée de Boungou Bazika (2001) et Békolo-Ebé (2001) que l'échec de l'intégration africaine est le caractère externe de la dynamique de ce processus. En effet, le processus de

l'intégration régionale a souvent montré qu'il était suscité de l'extérieur, par les grandes puissances et non de l'intérieur par les Etats africains eux-mêmes. Ainsi le processus d'intégration régionale court ainsi le risque d'échapper au contrôle des acteurs, les africains eux-mêmes, les premiers concernés. Il risque de ne pas correspondre aux contraintes historiques, politiques, économiques et culturelles des sociétés qui sont sensées être intégrées.

A l'analyse des résultats, nous pouvons conclure dans l'ensemble que la régression a favorablement répondu aux attentes théoriques concernant les effets des variables utilisées dans notre modèle. L'on a pu avoir une idée nette de quelques déterminants du commerce intra-UEMOA après l'harmonisation douanière.

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"Entre deux mots il faut choisir le moindre"   Paul Valery