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Etude des causes et conséquences socio-économiques de l'expansion des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince

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par Eliccel PAUL
CTPEA - DES 2002
  

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2.2.- Le faible niveau d'investissement dans les milieux ruraux

Les industries naissantes veulent profiter des avantages que la ville de Port-au-Prince offre en matière d'infrastructures de télécommunication, d'électricité et de services administratifs qu'elles ne trouvent pas dans les villes de province. Il est plus facile d'établir des contacts avec les fournisseurs étrangers à cause des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires installées à Port-au-Prince.

L'aire métropolitaine de Port-au-Prince concentre 70% des industries manufacturières et tous les nouveaux investissements destinés à ce secteur3(*). Cela montre déjà un déséquilibre entre la ville de Port-au-Prince et le reste du pays dans lequel vivent plus de 70% de la population. Cette concentration confère immédiatement à Port-au-Prince le rôle de ville primatiale. Cette ville offre tous les avantages économiques et sociaux, donc tout semble sourire aux migrants, que ce soit dans le secteur informel, dont le micro- commerce ou dans les industries manufacturières; leur situation semble améliorée, mais il s'agit d'une simple illusion puisqu'en fait leur niveau de vie au contraire se dégrade de jour en jour.

2.3.- Le déséquilibre sur les marchés du foncier et du logement

L'accès à un habitat décent est considéré comme l'une des plus légitimes aspirations de tout être humain. Cependant on assiste, de nos jours, à une inadéquation entre l'offre et de la demande de logement qui peut être due à la flambée des prix sur les marchés des matériaux de construction, du foncier et du marché financier. Cette situation fait qu'à tous les niveaux, la structure d'accueil de la capitale parait largement inadéquate pour satisfaire la demande produite par l'arrivée d'un grand nombre de migrants qui sont presque dépourvus de tout. Le stock de logement disponible est bien loin insuffisant pour répondre à la demande produite par les habitants de l'aire métropolitaine de Port-au-Prince.

L'offre de terrain étant très limitée, il résulte un mode déréglé d'occupation du sol dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. A noter que la plupart du stock de terrains sont constitués de dimensions allant de 500 mètres carrés et 1000 mètres carrés. Mais, ces terrains lotis sont accessibles seulement aux groupes de gens à revenu élevé et aux gens à moyen revenu. Pour ce qui concerne les gens à revenu modeste, les dimensions de terrain qui leur sont accessibles sont de l'ordre de 6 à 15 mètres carrés. Les procédures légales par lesquelles on peut accéder aux terrains sont les suivantes.

v L'héritage successoral qui donne droit aux plus proches parents d'un défunt d'avoir le titre de propriété, ou à quelqu'un d'autre qui est muni d'un acte testamentaire.

v L'achat qui est un moyen par lequel un individu peut procéder pour faire l'acquisition d'un terrain. Pour ce faire, l'acquéreur doit disposer d'un capital financier lui permettant de payer le terrain . A noter que les terrains qui se trouvent au centre ville sont plus onéreux que ceux se trouvant dans certaines zones périphériques. Les terrains qui se trouvent dans les zones périphériques habitées par les gens aisés sont devenus très onéreux au cours de cette dernière décennie au point que les terrains se vendent seulement en dollars US.

v Le bail à ferme est l'acte par lequel un propriétaire foncier donne droit à quelqu'un d'occuper un espace foncier à des fins de construction ou autre. Le plus souvent, ce sont les ménages à faible et moyen revenu qui ont recours à l'affermage d'une parcelle de terrain. En général, les contrats se font sur une base annuelle. Le contrat peut être à condition d'achat qui admet que le bénéficiaire paye un montant fixe lors de l'acquisition du terrain (le terrain est payé au prix qu'il pourrait être vendu lors de la conclusion du contrat) . si le contrat n'est pas à condition d'achat, l'acquéreur doit payer le prix courant.

A signaler qu'aucun de ces trois procédés n'est vraiment accessible aux gens à faible revenu, ce qui les pousse à recourir à d'autres types de procédés irréguliers leur permettant d'avoir accès à un terrain.

v En ce qui a trait au marché informel du foncier, on assiste, au cours de ces dernières décennies, à de formes irrégulières de transactions du foncier surtout dans les quartiers défavorisés. Tout d'abord, il existe un certain nombre de spéculateurs fonciers profitant des situations de litige entre les différents « ayant droit » des domaines restant indivis. A cet effet, ils s'accaparent de ces terrains et les afferment à leur profit au groupe de gens à revenu modeste.

v L'autre cas qui est devenu très fréquent durant ces dernières décennies, c'est la jouissance des terrains du domaine de l'Etat ou appartenant à des propriétaires absentéistes qui sont parfois des exilés politiques ou à des partisans des régimes politiques qui se sont succédé au pouvoir. L'émiettement exacerbé de ces terrains permet aux prédateurs de faire des profits élevés et encourage la prolifération des bidonvilles.

v Enfin, on a une dernière forme d'occupation illégale de terrain qui s'est librement manifestée depuis l'année 1986. C'est que les gens envahissent carrément certains terrains vacants qui se trouvent dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince. Il est révélé que cette dernière forme irrégulière d'occupation de terrain par les gens à faible revenu soit plus fréquente durant ces dernières décades.

Il faut signaler qu'aucun de ces trois derniers procédés illégaux d'acquisition de terrain ne garantit aux gens une sécurité foncière. Par crainte d'être déguerpis et aussi n'ayant pas les moyens financiers nécessaires, ils construisent des taudis avec des matériaux de récupération de mauvaise qualité et entraîne la prolifération des bidonvilles dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince.

Le mode d'occupation des terrains a une incidence néfaste sur le marché du logement. Le stock de terrain disponible n'est pas accessible au groupe de gens défavorisés et l'offre de logement étant très limitée, on y enregistre une flambée des prix sur le marché . Il devient alors beaucoup plus difficile pour les petites bourses d'acquérir un terrain. C'est en ce sens que bon nombre de gens à moyen revenu s'entassent dans les bidonvilles où ils vivent dans des conditions infra humaines.

Les démunis envahissant les terrains appartenant tant au secteur public qu'au secteur privé pour se construire des habitats considérés comme sous-normaux, sont frappés par le coût élevé des matériaux de construction. Etant donné que leurs revenus sont faibles, ils ne peuvent se construire un habitat normal.

Un autre facteur expliquant l'état de délabrement des habitats dans les bidonvilles est l'insécurité foncière. Puisque les terrains sur lesquels les gens érigent des maisons de fortune ne leur appartiennent pas, c'est l'une des raisons qui explique qu'ils utilisent des matériaux récupérables de mauvaise qualité, car pensent-ils, on peut les déguerpir à n'importe quel moment. Donc, cela a beaucoup contribué à l'état précaire des habitats se trouvant dans les bidonvilles. En somme, il n'existe pas jusqu'à présent un marché foncier structuré qui permette à cette catégorie de gens d'avoir accès à un terrain pour se construire un logement décent. Le marché, tel qu'il fonctionne maintenant, favorise seulement les gens à haut et moyen revenu et punit les gens de petites bourses.

* 3 3 Ernst Bernardin, la planification régionale en Haïti, 1995

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.


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