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Pratiques locales de développement urbain durable dans l'aglomération Dakaroise: cas de la commune d'arrondissement de NGOR

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par Mamadou DIOUF
Ecole Nationale d'Economie Appliquée (ENEA) - DESS Aménagement du territoire, décentralisation et développement territorial 2007
  

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Deuxième partie. PRESENTATION DU CADRE DE L'ETUDE

Quinzième (15éme) commune de Dakar, la commune d'arrondissement de NGOR est située à la pointe occidentale de la presqu'île de Dakar46(*) . Dépendant administrativement de la sous préfecture des Almadies, la commune d'arrondissement de NGOR forme avec les communes d'arrondissement de Mermoz-Sacré Coeur, de Ouakam et de Yoff l'arrondissement des Almadies.

Elle constitue un promontoire qui prolonge la tête de la presqu'île du Cap Vert dans l'océan atlantique. Considérée comme la partie la plus occidentale de l'Afrique, elle couvre une superficie de 4,5 Km2 et présente la particularité d'être située sur un site balnéaire.

.

Selon les délimitations du décret 96-745 du 30 Août 1996 portant création des communes d'arrondissement dans les villes de Dakar, Pikine, Guédiawaye et Rufisque ; les limites précises du périmètre de la commune d'arrondissement de NGOR sont :

ü A l'Est : le tracé oriental du mur de la zone aéroportuaire jusqu'au lieu dit virage sur la route NGOR- aéroport ;

ü Au Nord : le littoral englobant l'île de NGOR et la pointe des Almadies jusqu'à la transversale du mur occidental de la zone aéroportuaire.

Les principales limites géographiques de la commune d'arrondissement sont ainsi la commune d'arrondissement de YOFF au Nord-Est ; la commune d'arrondissement de OUAKAM au Sud-Est  et l'océan atlantique qui la borne du Nord-Ouest au Sud-Ouest.

Au plan sociologique, la commune d'arrondissement, abrite une partie d'une des plus anciennes collectivités traditionnelles de la région du cap vert : les Lébou.

Chapitre VI. Diagnostic territorial ou Profil environnemental de la commune d'arrondissement de NGOR

VI.1. Le cadre Physique : Données climatologiques, Pédologiques, Topographiques et Hydrogéologiques

Caractérisée par un climat de type sahélien, la commune d'arrondissement de NGOR bénéficie, du fait de sa situation côtière, de températures idéales (25°C) pendant presque toute l'année avec des pointes de 18°C mini en Février et de 32°C maxi en Octobre.

La commune d'arrondissement connaît une forte action éolienne avec des vents dominants comme les alizés maritimes, la mousson et l'harmattan. Il faut préciser que le climat de la commune d'arrondissement est, à l'instar de celui de toute la région de Dakar, déterminé par sa position de Finistère ouest africain et par les mécanismes de circulation atmosphérique qui y correspondent d'où l'existence de deux types de saisons climatiques : une saison sèche comprise entre Octobre et Juin et une saison des pluies qui va généralement de Juillet à Septembre.

Au point de vue topographique, les niveaux de dénivellation sont estimés à 6,5m avec des hauteurs de 6,6m pour les points les plus élevés et de 0,1m pour les moins élevés. Les points élevés sont localisés face à l'océan sur les sommets des falaises. Les parties basses sont rencontrées vers l'est de la commune d'arrondissement où les altitudes ne dépassent guère 1m.

Si les types de sols que l'on y rencontre en général sont des sols de type sablonneux et argileux, il reste qu'à certains endroits (Sud-ouest) il est possible de rencontrer des types de sols constitués de roches volcaniques. Les sols sablonneux et argileux sont à engorgement temporaire ce qui faisait d'ailleurs conclure aux experts d'ENDA/RUP, qui ont eu a réalisé un profil environnemental de NGOR, à l' «inaptitude des sols à l'élaboration de système d'assainissement individuel basé sur le principe de l'épandage »47(*).

Au plan hydrogéologique la commune d'arrondissement de NGOR est caractérisée par l'existence de deux types de nappes : une supra-basaltique, superficielle et libre et une autre infra-basaltique et captive. Le niveau de la nappe superficielle est statique et peu profond (9m). Cela pose, bien évidemment, le problème de la pollution de cette nappe notamment par les fosses sceptiques.

VI. 2. Le cadre humain : Données historiques et sociologiques

VI.2.a. Evolution institutionnelle et profil historique de la commune d'arrondissement

Pour rester fidèle à l'esprit de la décentralisation qui suppose une gouvernance de proximité des enjeux locaux de développement, et pour une meilleure administration des zones urbaines le législateur sénégalais a procédé, en 1996, au redimensionnement des villes (communes) de Dakar, Pikine, Guédiawaye, et Rufisque. C'est ainsi qu'ont été créées, à l'instar de NGOR, 43 nouvelles communes d'arrondissement d'une taille géographique facile à administrer. C'est dire, qu'en tant que collectivité locale dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière ; l'histoire de la commune d'arrondissement de NGOR est très récente puisqu'elle remonte à Août 1996 avec la promulgation du décret 96-745.

En tant que milieu humain cependant, l'histoire de NGOR, comme celle de la plupart des villages lébous du cap vert, remonte au XVIéme siècle (1550) lorsque des migrants venus de l'intérieur du Sénégal (Walo, Cayor, Djolof, Kayar, Baol) ont voulu s'implanter dans la région du cap vert. Ces phénomènes d'exode sont subséquents aux crises internes survenues au XVème siècle dans les royaumes Wolofs (Kayar, Baol, Djolof...). C'est au courant de cette période, en effet, que les Lébou très réfractaires à l'asservissement ont migré par vagues successives vers la presqu'île du cap vert. Selon une certaine tradition orale, c'est en 1432 que quatre familles lébous toutes dirigées par des femmes (puisque la société Lébou était aux origines matrilinéaire) Djiguilane SAMB, Alima FALL, Diaté NDIAGUE et Sine DIOP ; ont pour la première fois quitté le Djolof pour la presqu'île du cap vert. Les premières vagues à arriver sur la presqu'île ont dû livrer bataille à des communautés Socé venues du royaume de Dialao (actuel village de Toubab Dialao) et installées à l'emplacement actuel du state Léopold S. Senghor ; c'est la célèbre bataille de « Pikine » que tous ceux qui connaissent l'histoire de l'implantation des Lébou au Cap Vert connaissent.

En 1448, suite à une épidémie de peste qui avait fini de ravager toute la région du Cap Vert, de nombreux soulèvements survinrent au sein de la communauté ce qui a aboutit à son disloquement en trois groupes ; les deux premiers allèrent fonder les villages de Soumbédoune et de Mbeenj (actuel Yarakh), et le dernier groupe qui est resté va former les trois villages traditionnels de NGOR, OUAKAM et YOFF. Jusqu'à la survenance de la loi 96-745 ces trois entités ont tant bien que mal formé un espace inter villageois stable autour de fortes relations de parentés et d'une organisation sociale traditionnelle reposant sur des structures reconnues par tous.

VI.2.b. Données démographiques et profil sociologique de la commune d'arrondissement

Au dernier recensement général de la population et de l'habitat (2002), la population de la commune d'arrondissement de NGOR était estimée à 10.309 habitants répartie sur une superficie totale de 4,5km2 soit une densité moyenne de 2343 hbts au Km2 (DPS 2004). Compte tenu d'un taux de croissance démographique assez élevé (4 à 5% par an), la population de la commune d'arrondissement dépassera de très loin le seuil critique des 50.000 hbts à l'horizon 2015.

Tableau 6.1 : Estimations de la population de la commune d'arrondissement de NGOR de 2005 à 2015

Années

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Estimations

11.115

11.356

11.600

11.848

12.100

12.355

12.614

53.945

55.059

56.189

57.254

Source : République du Sénégal, Ministère de l'Economie et des Finance/ Direction de la Prévision et de la Statistique (DPS), Estimation de la population du Sénégal de 2005 à 20015, janvier 2005

Selon toujours les données du dernier recensement, les pourcentages d'hommes et de femmes dans la population totale de la commune d'arrondissement étaient approximativement les mêmes avec 49% pour les femmes soit un effectif de 5.054 individus et 51% pour les hommes (5.255). C'est dire que malgré un rapport de masculinité en apparence élevé (104 en 2002), il reste que la structure de la population de la commune d'arrondissement apparaît très équilibrée et présente par ailleurs le même trait caractéristique que pour l'ensemble de la population de la région de Dakar : population jeune (prés de la moitié des individus ont moins de 20 ans).

L'essentiel de la population de la commune d'arrondissement est concentrée dans la partie Ouest (village traditionnel) où l'on retrouve jusqu'à prés de 80% de la population totale alors que l'on ne rencontre que de très faibles densités dans la partie Est (zones résidentielles). La taille moyenne des ménages dans la commune d'arrondissement est estimée, selon les services de la direction de la prévision et de la statistique (DPS) à 6,8 personnes par ménage.

Les mouvements migratoires de la population de la commune d'arrondissement étaient, au départ, largement fonction du calendrier de la pêche qui y constituait l'activité économique dominante. La pratique de la pêche amenait, en effet, l'essentiel des populations de la commune d'arrondissement à migrer vers d'autres contrées (Kayar, Joal, Banjul et autres pays limitrophes) suivant les saisons et selon les mouvements de bancs de poissons.

Dans les années 70, avec l'important phénomène de reconversion professionnelle qui a été constaté dans le secteur de la pêche du fait de la raréfaction des ressources, certaines populations ont investi le secteur du tourisme en développant des activités autour des sites balnéaires de la commune d'arrondissement. Cela va largement contribuer à la sédentarisation des populations. Aujourd'hui les seuls phénomènes migratoires qu'il est possible de noter sont de deux ordres et se présentent, somme toute, comme sans grande ampleur:

1. les migrations saisonnières des quelques 300 pêcheurs que compte la commune d'arrondissement : généralement celles ci ne sont pas de longue durée et ne se font que dans le cadre des activités professionnelles;

2. l'immigration internationale (France, Espagne, Italie, Etats-Unis....) : elle touche deux couches de populations de la commune d'arrondissement. D'un côté les résidents des zones résidentielles qui pour diverses raisons peuvent être emmenées à se rendre hors des frontières nationales (études, travail, commerce, loisirs....) et de l'autre, de plus en plus de jeunes Lébou confrontés au problèmes de chômage. S'agissant de cette dernière catégorie, l'actualité nous impose de noter en passant qu'il y a récemment eu un nombre assez important de jeunes Lébou du village traditionnel qui ont préféré tenter l'expérience de l'immigration clandestine en direction de l'Espagne au moyen de pirogues.

Disons aussi que la commune d'arrondissement n'est pas épargnée par les phénomènes d'exode rural. Il faut comprendre que la communauté Lébou ayant un sens profond de l'hospitalité et que la pleine période d'activité de la pêche coïncidant avec la saison morte des zones rurales ; le village a toujours accueilli, adopté et intégré des populations venant de l'intérieur du Sénégal.

D'un point de vue socio anthropologique, le cas de la commune d'arrondissement de NGOR est particulièrement intéressant à étudier dans le sens où ce sont deux systèmes de valeurs (références) socio culturelles qui cohabitent sur l'espace communal. D'un côté une communauté Lébou très traditionnelle, conservatrice et communautariste et de l'autre un « melting pot » culturel aux valeurs hétéroclites et parfois même très libérales.

Les lébous constituent à plusieurs égards l'une des dernières communautés traditionnelles de la région du Cap Vert puisqu'ils ont su conserver leur originalité culturelle ainsi que leurs modes d'organisation sociale. Vivant dans ce qu'ils appellent des villages traditionnels (NGOR, OUAKAM, YOFF, YARAKH, SOUMBEDIOUNE, CAMBERENE, THIAROYE......) ils ont su perpétuer des modes de vie et d'organisation sociale tirés de leur « répertoire » culturel. Ainsi dans le village traditionnel de NGOR l'organisation sociale repose sur des structures traditionnelles ou pôles d'autorité, il s'agit principalement du conseil des anciens ou Mag gi Dkk, de celui des notables et de celui des jeunes (Ndaw Òï ou Freys). Le conseil des notables constitue cependant l'organe central de cette organisation dans le sens où il a compétence pour trancher sur toutes les questions qui peuvent de près ou de loin toucher la communauté. Composé du chef de village, de l'imam et des conseillers du chef de village ou Jàmburs (choisis parmi les membres du conseil des anciens) ; le conseils des notables a, en effet, pour vocation de réfléchir et de se prononcer sur l'ensemble des questions touchant de prés ou de loin la communauté villageoise. Les Freys qui constituent la sphère d'exécution et de police, sont là pour veiller à l'application des recommandations et décisions du conseil des notables.

Même s'il est vrai que la société Lébou n'est plus vraiment une société matrilinéaire comme cela était le cas à ses origines ; il reste que la place et le rôle des femmes dans l'organisation sociale de même que dans les processus de prise de décision demeurent, aujourd'hui encore, très déterminants à NGOR. Celles-ci jouent en effet des rôles de premier ordre. Il faut comprendre qu'à côté des structures traditionnelles de régulation ou pôles d'autorité, existent des organisations féminines traditionnelles (Mbotaay) très influentes et presque incontournables dans les processus de prise de décision. Parallèlement, le mouvement associatif féminin « moderne » est aussi très actif et influent à NGOR. Les organisations féminines professionnelles ou d'auto promotion sont effectivement très impliquées dans le développement et la promotion de la commune d'arrondissement. Nous le verrons ainsi en analysant, par exemple, certains secteurs de la vie économique et associative de la commune d'arrondissement.

Ce que nous appelons le melting pot culturel, c'est la rencontre de diverses personnes venues d'horizons tout aussi différents et cohabitant sur un même espace à savoir les zones résidentielles de la commune d'arrondissement. Ce melting pot est constitué, d'un côté, d'une partie de la bourgeoisie sénégalaise et, de l'autre, d'expatriés vivant au sénégal. Ces populations y vivent selon un mode de vie « à l'occidental » c'est-à-dire très individualiste et entretiennent les un avec les autres très peu de relations de voisinage. La vie sociale s'y organise plutôt autour des institutions modernes.

* 46 Conférer carte de localisation de la CA de NGOR (p.44)

* 47 ENDA/RUP, Profil Environnemental de la Commune d'arrondissement de NGOR, 2000

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9Impact, le film from Onalukusu Luambo on Vimeo.



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