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Milieu familial et reussite scolaire


par Jimmy CALIXTE
Université d'Etat D'Haiti/Faculte des Sciences Humaines - Psychologie 2007
  

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               2.2.2 -Facteurs Familiaux internes et Réussite scolaire

Si les auteurs précédents tentent de faire le lien entre les différents éléments de l'environnement socio culturel et la réussite scolaire du jeune. D'autres auteurs orientent leur recherche plutôt vers les facteurs familiaux internes ou endogènes (Steinberg; 1992, Fusch, 1996; Potvin et al. 1999; Deslandes et Lafortune, 2001, Deslandes et Cloutier, 2005). L'objectif de ces auteurs est de tenter de voir l'influence des différentes dimensions propres au cercle familial sur la réussite scolaire de l'enfant et de l'adolescent.

                       2.2.2.1-Les Pratiques éducatives (Contexte scolaire)

Les recherches qui portent sur les pratiques éducatives6(*) des parents visent à décrire les caractéristiques qui différencient les parents entre eux et associent ces caractéristiques aux différences de comportements observés chez les enfants. Elles tentent également de faire le lien entre ces différents types de « pattern parentaux » et l'adaptation psychosociale des enfants et des adolescents.

Darling et Steinberg (1993) précisent que les styles d'éducation des parents sont des constellations d'attitudes et d'expressions non verbales qui définissent la relation entre parents et enfants, au gré de différentes situations.

En ce qui a trait plus particulièrement au décrochage (ou à la réussite) scolaire, Darling et Steinberg (1993) décrivent les pratiques parentales comme des comportements qui consistent par exemple à suivre et à aider l'enfant dans ses travaux à la maison et à participer aux activités scolaires.

a) Rôle des pratiques éducatives dans la réussite scolaire

Steinberg et al (1989), dans le cadre d'une étude américaine portant sur le lien entre le style parental démocratique et les résultats scolaires ont identifié trois dimensions du style parental démocratique en rapport avec la réussite scolaire. Il s'agit de : L'engagement parental, l'encadrement parental et l'encouragement à l'autonomie. Les parents engagés sont décrits comme des personnes ressources pour les enfants et les adolescents lorsqu'ils ont un problème, Ils réservent du temps pour ces derniers et discutent avec eux. L'encadrement parental est caractérisé par le fait que les parents sont au courant des allées et venues de son enfant et de la gestion du temps de ce dernier. L'encouragement à l'autonomie consiste à développer l'esprit critique chez l'adolescent. Cet encouragement se fait par la possibilité que les parents offrent à leurs enfants de questionner leurs décisions (Deslandes et Potvin, 1998). Ces derniers sont arrivés à la conclusion que le style parental démocratique caractérisé par des hauts niveaux d'engagement, d'encadrement parental et d'encouragement à l'autonomie est en lien avec les meilleurs résultats scolaires.

 Lamborn et al (1991) de leur coté ont réalisé une grande étude auprès d'un grand groupe d'adolescents (n=41100) américains sur le rapport entre les pratiques éducatives et l'adaptation psychosociale de ces derniers. Leurs résultats indiquent que les jeunes qui vivent dans un milieu permissif indulgent présentent un sens élevé de confiance en soi, mais ont un taux plus élevé d'abus de drogues et de mauvaises conduites à l'école. Ils sont également moins impliqués dans leurs activités scolaires.

Plus loin, Steinberg et Mounts (1991) ont réalisé une étude, similaire à celle de Lamborn (n=10000), mais auprès d'une population, d'origines ethniques différentes. Ils sont arrivés à la conclusion, que, indépendamment de leurs origines ethniques, les adolescents élevés par des parents chaleureux et fermes (style démocratique) réussissent généralement mieux à l'école que leurs camarades venant de foyers autoritaires ou permissifs.

Rumberger et al. (1993) estiment que les décrocheurs proviennent davantage des foyers caractérisés par un style parental permissif. Doucet (1993) démontre que les élèves identifiés, comme étant potentiellement décrocheurs, perçoivent leurs parents comme étant plus permissifs. Ces résultats démontrent aussi que les familles des élèves identifiés comme n'étant pas à risque de décrocher ont plus tendance à être démocratiques ou structurantes.

Toutes les études mentionnées plus haut montrent sans aucun doute qu'il existe un rapport significatif entre le style parental (ou pratiques éducatives parentales) démocratique et la réussite scolaire.

Par ailleurs il est important de souligner que certaines recherches, comme celles de Dornbusch et al. (1992), soutiennent que contrairement à la conclusion de l'étude de Steinberg et Mounts, le style parental démocratique n'est pas prédictif de réussite scolaire dans toutes les communautés culturelles. Les auteurs avancent que dans la population noire américaine défavorisée, le style parental autoritaire semble donner de meilleurs résultats en terme de rendement scolaire que le style démocratique.

Il faut mentionner que les pratiques parentales en ce qui a trait à la réussite scolaire, varient selon les recherches en fonction du sexe de l'élève et des parents. (Potvin et al. 1996; Deslandes et Cloutier, 2005)

 b) Pratiques parentales et réussite scolaire en fonction du sexe de l'élève et des parents

Litton et Romney (1991) ont effectué une importante recension critique des recherches réalisées entre les années 1952 et 1987. Les résultats indiquent que les garçons sont davantage sujets à des punitions corporelles que les filles. Les études soulignent que les  pères  ont une tendance plus marquée que les mères à agir différemment dans leurs pratiques éducatives selon qu'il s'agit d'une fille ou d'un garçon. Cette analyse révèle aussi que les différences suivant le sexe, diminuent avec l'âge. D'après l'analyse de certains chercheurs (Maccoby, 1974 Simon et al, 1991) les parents ont tendance à utiliser davantage le style autoritaire avec les garçons, en particulier les punitions corporelles et les réprimandes. Tandis que, les filles sont disciplinées avec davantage de raisonnement et d'induction.

Potvin et al. (1996) à partir des trois dimensions du style parental décrites par Steinberg, dans une étude sur les facteurs de risque d'abandon scolaire des adolescents québécois, sont arrivés à la conclusion, que lorsque l'étude des pratiques éducatives prend en compte, le sexe de l'enfant, l'engagement parental semble prédire la réussite chez les filles, tandis que chez les garçons, ce sont surtout l'encadrement et l'encouragement à l'autonomie qui prédisent la réussite.

Deslandes et Cloutier (2005) dans leur étude sur les pratiques parentales et la réussite scolaire en fonction de la structure familiale et du genre des adolescents, révèlent que les mères manifestent le même niveau d'engagement, d'encadrement et d'encouragement à l'autonomie auprès des garçons et des filles (Toutes structures familiales confondues). Tandis que selon la perception des adolescents, pour ce qui est des pratiques éducatives des pères, ils perçoivent que ces derniers exercent moins de supervision et d'encouragement à l'autonomie auprès des garçons. Ils sont donc plus permissifs envers ces derniers.

Ces recherches soulignent le fait que les pratiques éducatives parentales varient suivant le sexe des élèves. Elles révèlent aussi que les pratiques éducatives des parents paraissent être plus permissifs à l'égard des garçons. Ce fait peut expliquer clairement un risque plus élevé d'échec scolaire chez les garçons que chez les filles. (Potvin et al. 1996).

Toutefois, il est important de souligner que dans le milieu haïtien nous n'avons pas trouvé de recherches qui ont établi le lien entre les pratiques éducatives parentales et le sexe de l'enfant. La majorité des études rapportent uniquement que dans les foyers haïtiens, les pratiques éducatives autoritaires priment. (Sabatier et Tourigny, 1990 ; Bijoux, 1990; 1995).

 Emedi (1997) dans une étude sur le rapport entre l'origine ethnique et le rendement scolaire dans les communautés culturelles québécoises, mentionne que les pratiques éducatives des parents de la catégorie « créole»7(*) semblent être à coté du niveau de scolarité de la mère, le statut de l'école fréquentée, l'un des éléments explicatifs du faible rendement scolaire de ce groupe ethnique.

Par ailleurs, il convient de souligner que l'influence des pratiques éducatives des parents sur la réussite scolaire des enfants et des jeunes se situe dans  l'implication de ces derniers dans la formation scolaire des enfants. Autrement dit, ces pratiques représentent l'un des éléments qui influencent l'implication et la participation des parents dans l'apprentissage de leurs enfants.

* 6 Il est important de souligner, que dans ce travail les notions de « pratiques éducatives parentales » et « styles parentaux » sont utilisées pour décrire la même réalité. Nous tenons à souligner, en dépit du fait que dans la littérature les termes de « pratiques » et de « styles » sont utilisés indifféremment. Darling et Steinberg, dans une perspective intégrative, ont fait une différence entre les deux notions

* 7 La catégorie « créole » est composée d'enfants haïtiens immigrés vivant au Québec

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