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Partenariat et médiation commerciale: la situation de la société d'état québécoise.

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par Souhail CHALOUHI, Ing; PMP; LL. M.
Université de Sherbrooke - Maà®trise en Droit 2008
  

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2.4 Acteur D-04

L'acteur D-04 est un cadre de première ligne et siège au comité de gestion de la Direction. Il a passé plus de 13 ans à Hydro-Québec dans la gestion des projets majeurs de construction. Avant de rejoindre la société d'État, il a oeuvré 12 ans avec des entrepreneurs du secteur privé. Ses opinions sont appréciées pour ce projet de recherche en raison de sa position et de son expérience dans le secteur public comme donneur d'ouvrage et dans le secteur privé comme fournisseur d'Hydro-Québec.

2.4.1 La perception du partenariat

Selon l'acteur D-04, dans le domaine de la construction des grands travaux, les objectifs communs partagés entre le donneur d'ouvrage et l'entrepreneur sont perçus à un certain égard comme une relation commerciale normale plutôt qu'une relation de partenariat : << Avec les entrepreneurs, je considère que ce sont des relations commerciales dans lesquelles on devrait éviter de parler de partenariat; on devra plutôt parler d'objectifs communs. » (Acteur D-04) Ce qui amène cet interviewé à adopter une position prudente quant à la définition même du partenariat que l'entreprise souhaite mettre de l'avant dans ses politiques d'acquisition : << Je pense qu'il faut faire attention avec la définition du partenariat, j'entends beaucoup parler du partenariat par les années qui courent. » (Acteur D-04)

Il ajoute qu'étant donné que, dans un appel d'offres public, le donneur d'ouvrage ne participe pas à la prise de décision du fournisseur, la relation du partenariat cède la place à une relation commerciale où les intérêts des parties ne sont pas toujours convergents. << Lorsqu'on entre dans une relation d'affaires avec un entrepreneur dans le cadre d'un appel d'offres public, c'est difficile de parler de partenariat. On est dans une relation commerciale, on n'est pas dans une relation de partenariat. » (Acteur D-04) À cet effet, selon lui, dans le domaine des contrats de construction, il est important de bien définir les objectifs communs entre l'entrepreneur et Hydro-Québec afin d'orienter et d'harmoniser les actions et les décisions au cours des travaux : << On devra mettre sur la table des objectifs communs du projet. » (Acteur D-04)

Ces objectifs communs peuvent être le respect des dates clefs d'un échéancier ou la qualité de l'ouvrage construit. Il est à remarquer que cet acteur n'a pas mentionné les coûts, ce qui démontre que dans la réalisation de ses projets, Hydro-Québec attache plus d'importance à la qualité et à l'échéancier d'un projet en raison du manque à gagner important en cas du non qualité ou du retard dans la mise en service de l'ouvrage qui s'intègre dans un réseau complexe et interdépendant : << Ces objectifs-là, on les partage d'une façon commune entre l'entrepreneur et le donneur d'ouvrage, que se soit au niveau de l'échéancier, que ce soit au niveau de la qualité. » (Acteur D-04)

Selon la conception de ce décideur oeuvrant dans le domaine de la construction des grands projets, le vrai partenariat réside surtout dans la relation horizontale entre deux acteurs économiques ou sociaux plutôt que dans la relation verticale client-fournisseur :

<< À mon avis, par exemple, le partenariat que l'on vit, c'est le projet EASTMAIN A-1 avec la signature de la Paix des braves. La relation de partenariat qui se met en place avec les CRIS, la façon que ça déroule présentement, c'est réellement un partenariat. Parce que HQ/SEBJ ont décidé avec les CRIS d'un commun accord de réaliser le projet EASTMAIN. Il y avait des intérêts d'un coté comme de l'autre, pas nécessairement sur la même base. Alors, je pense, le plus bel exemple du partenariat selon moi, c'est le projet EASTMAIN A-1 avec les autochtones.» (Acteur D-04)

Ainsi, les ententes avec les communautés qui ne sont pas sous forme des contrats de fourniture et qui ne sont pas considérées comme une relation client fournisseur, sont perçu comme une vraie relation de partenariat motivée par des objectifs communs partagés qui sont dans le cas du projet EASTMAIN A-1, le développement d'un projet hydroélectrique d'envergure. Associer les communautés locales comme promoteur d'un projet de développement économique, est un virage qu'Hydro-Québec a pris pour atténuer les critiques négatives, faire face à l'opposition non constructive à ses projets et pour mieux concilier ses objectifs avec ceux des communautés locales directement touchées par le projet.

De même, cet acteur influant dans le domaine de réalisation des grands ouvrages hydroélectriques perçoit le partenariat avec un gain mutuel entre le donneur d'ouvrage et l'entrepreneur : << Pour qu'un partenariat se tienne, il faut qu'il y ait des gains d'un côté comme d'un autre des partenaires. » (Acteur D-04).

Toutefois, cet interviewé persiste et rappelle que les projets de construction ne requièrent pas de la recherche et du développement de la part de l'entrepreneur et par conséquent il ne considère pas qu'un entrepreneur en construction des grands travaux puisse contribuer à la création de la valeur : « Avec les fabricants, peut-être on s'est rapproché un peu du partenariat. Mais avec nos entrepreneurs, je ne sens pas que nous sommes là. » (Acteur D04) Cette opportunité peut se traduire par le raffinement du design en fonction des conditions du chantier .

Ce gestionnaire considère que la relation avec l'entrepreneur en construction ne peut pas être une vraie relation de partenariat car il n'y a pas de partage des bénéfices entre le donneur d'ouvrage et le fournisseur : « L'entrepreneur est là pour faire du profit et dans sa tête il n'est pas question de partager ces profits avec le donneur d'ouvrage. Donc il n'y a pas de partenariat là car il n'y a pas de partage. » (Acteur D-04)

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry