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Dépenses publiques et bonne gouvernance: cas du secteur de l'éducation de base au Burkina Faso

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par Aissata COULIBALY
Université de Clermont 1- CERDI - Master Economie du Développement 2008
  

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II. CADRE THEORIQUE DE LA BONNE GOUVERNANCE AU NIVEAU DES DEPENSES PUBLIQUES

Dans cette première partie, nous instituons le cadre théorique de l'analyse que nous ferons de la bonne gouvernance au niveau des dépenses publiques au Burkina. Après un bref aperçu historique de la bonne gouvernance au niveau économique, nous nous intéressons en second lieu aux critères de bonne gouvernance que nous avons retenu pour notre étude et aux obstacles que pourraient rencontrer les pays en développement notamment en Afrique pour mettre en oeuvre les différents changements institutionnels requis pour une meilleure gouvernance. Enfin, le dernier volet de cette partie est consacré au lien entre la bonne gouvernance et l'efficacité des dépenses publiques dans une optique de réduction de la pauvreté.

A. Aperçu historique de la bonne gouvernance en économie

Les économistes dès le XIXème siècle ont identifié le rôle des facteurs de production à savoir le capital et le travail qui expliquent en partie la croissance, reste un large facteur inexpliqué, qui a été associé au progrès technique et à la façon dont sont combinés les facteurs entre eux. Les modèles économiques élaborés ultérieurement expliquent en partie la croissance à long terme par la mobilisation de ces facteurs. C'est ainsi qu'intervient l'économie institutionnelle dans le dernier quart du XXème siècle pour ouvrir des voies nouvelles. En effet, si l'augmentation des quantités de capital et de travail a un impact positif sur la croissance, qu'est-ce qui permet (ou non) leur mobilisation ? En outre, il ne suffit pas de mobiliser massivement ces facteurs pour assurer une croissance durable: qu'est-ce qui rend cette mobilisation efficace dans la durée ?

Pour Douglas North notamment, ce sont les règles du jeu en vigueur dans les sociétés, reliant l'ensemble des acteurs sociaux, y compris l'Etat, qui modèlent les comportements et les anticipations et concourent (ou non) à la croissance. Ces règles du jeu, ce système d'incitations, ce sont les institutions, qu'elles soient formelles ou informelles qui créent le cadre essentiel permettant à un agent de nouer (ou non) une transaction avec autrui, de s'engager (ou non)dans un projet à long terme (investir, éduquer ses enfants), actes au coeur de la création de richesse. Ce cadre procure (ou non) l'élément fondamental du processus de création de richesse qu'est la réduction de l'incertitude. Cette réduction de l'incertitude, c'est la confiance que les individus ont dans le respect des règles au niveau de l'ensemble de la société. C'est elle qui sécurise les transactions et les anticipations des acteurs. Le questionnement se déplace ainsi vers les facteurs qui génèrent cette confiance entre acteurs, qui permettent de réduire l'incertitude dans les relations économiques, sociales et politiques et comment les susciter ? Sur le terrain des politiques de développement, les Institutions Financières Internationales ont apporté une réponse de facto à ces questions en proposant un outillage opérationnel décalqué des institutions existantes dans les pays développés. Cet outillage, c'est la bonne gouvernance, droits individuels respectés, contrats sécurisés, administration efficace, institutions politiques démocratiques qui est présentée comme solution universelle permettant de générer la confiance nécessaire à la croissance économique ainsi qu'a la lutte contre la pauvreté.

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