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Le projet de zone monétaire unique en afrique de l'ouest: fondements, état des lieux et analyse prospective

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par Souleymane DABONE
Institut Diplomatique des Relations Internationales (IDRI) - Diplôme d'Etudes Superieures en Diplomatie et Relations Internationales 2007
  

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Section II : L'approche accélérée de l'intégration entreprise par la CEDEAO

Dans les pages qui suivent, des réponses seront donner aux questions suivantes : quelle est la substance de la stratégie ? Quel dispositif institutionnel prévoit elle ? Nonobstant, le dispositif, quelles peuvent être les insuffisances de la stratégie ?

II.1 Présentation de l'«approche accélérée de l'intégration»

II.1.1 Le scénario adopté et les objectifs recherchés

L'approche accélérée de l'intégration de la CEDEAO prévoit, outre la création d'une seconde zone monétaire en Afrique de l'Ouest (première phase), la fusion de cette dernière avec l'UEMOA pour former une zone monétaire unique en Afrique de l'Ouest (deuxième phase). La seconde zone monétaire, prévue par la stratégie a été dénommée Zone Monétaire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO) au deuxième mini sommet de la Conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de la ZMAO tenu le 15 décembre 2000 à Bamako.

Pour la construction de cette deuxième zone monétaire, il a été formulé un certain nombre de critères de convergence macroéconomiques, regroupé en critères dit de premier rang et en critères de second rang. Le respect des premiers critères devrait permettre le lancement de la monnaie Eco, monnaie commune aux pays de la ZMAO en remplacement des monnaies nationales.

La ZMAO devra aussi oeuvrer à réunir toutes les conditions requises pour le lancement effectif de l'Eco. Ces conditions comprennent le programme d'harmonisation des politiques et la définition des activités de la BCAO25, future Banque centrale de la ZMAO, dont les statuts ont été adoptés au deuxième sommet de la Conférence des Chef d'Etat et de gouvernement de la ZMAO à Bamako, le 15 décembre 2000.

Si le chemin à parcourir pour réaliser l'Union monétaire entre les Etats de la ZMAO est mieux spécifié, celui menant à la fusion de l'UEMOA avec la ZMAO l'est moins.

Concrètement, en plus de l'observation des critères de convergence pour la première phase, un certain nombre d'activités doivent être effectuées. Il s'agit entre autres de la fixation irrévocable des taux de change des différentes monnaies nationales de la ZMAO vis-à-vis de

25 Banque centrale de l'Afrique de l'Afrique de l'Ouest.

la monnaie Eco, du rattachement de l'Eco par rapport au dollar US, de la préparation du cadre institutionnel de la future Banque Centrale de la ZMAO, et du débloquement à temps des moyens financiers nécessaires pour l'installation et le démarrage des activités de la Banque centrale commune (BCAO).

Quant à la seconde phase du projet, les discussions en vue de la mise en place d'un calendrier pour la fusion des deux zones (UEMOA et ZMAO) devraient intervenir une fois que les activités de la BCAO seront jugées satisfaisantes.

En adoptant une telle stratégie, la CEDEAO recherche à travers la mise en place de la seconde zone monétaire26 les objectifs suivants :

· Assurer la stabilité des prix, des conditions budgétaires et monétaires performantes et la viabilité de la balance des paiements des Etats membres. Pour ce faire, la ZMAO doit garantir une bonne coordination des politiques économiques des Etats membres et conduire la politique économique régionale dans un environnement économique libéral. Plus précisément, il lui reviendra de concevoir et d'exécuter une politique monétaire et une politique de taux de change pour toute la zone ;

· Guider les Etats membres dans la formulation et la conduite de leurs politiques économiques. Dans cette optique, les institutions clés de la ZMAO, à savoir le Conseil de convergence, le Comité technique, l'IMAO/BCAO doivent formuler les grandes lignes directrices dans la conception des politiques économiques des Etats membres;

· Mettre sur pied un système de surveillance multilatérale pour assurer une coordination étroite des politiques économiques des Etats membres et une convergence durable des indicateurs macroéconomiques des Etats membres. Pour assurer un bon fonctionnement de ce système, les Etats membres doivent fournir régulièrement des informations sur l'évolution de leur situation macroéconomique à l'Institut Monétaire de Afrique de l'Ouest et à la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest.

II.1.2 Les institutions de la ZMAO

Dans le souci de mener à bien le projet dans sa première phase, surtout atteindre les objectifs ci-dessus cités, la ZMAO s'est dotée d'un certain nombre d'institutions :

· La Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement : organe politique et suprême de la ZMAO, elle est dotée de la responsabilité générale de réaliser tous les objectifs de la ZMAO

26 La ZMAO a vu le jour en 2000 à Bamako.

et surtout de trancher tous les contentieux qui lui seront adressés par le Conseil de Convergence.

· Le Conseil de Convergence : c'est l'Autorité ministérielle qui contrôle la ZMAO et ses institutions. Il comprend les Ministres des Affaires Etrangères, des Finances, du Commerce, du Plan et de l'Intégration, et des Gouverneurs des Banques Centrales des Etats membres. Avec la création de la BCAO, le conseil de convergence sera transformé en Conseil de direction.

· Le Comité Technique : celui-ci comprend outre les cadres techniques des Etats membres, ceux de la Commission de la CEDEAO et de la BCAO lorsque cette dernière sera créée. Il est chargé d'assister le conseil de convergence et de contrôler en particulier la cohérence des politiques économiques des Etats membres, d'examiner leurs performances économiques à l'aune des critères de convergence et de collaborer avec l'IMAO/BCAO afin de faciliter le processus d'intégration de la ZMAO.

· L'Institut Monétaire de l'Afrique de l'Ouest (IMAO)27 : en temps que précurseur de la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest (BCAO), il a pour fonction : le contrôle et l'évaluation du programme de convergence des politiques économiques et monétaires ; la finalisation des activités opérationnelles, notamment les mécanismes de change , les modalités de désignation des responsables principaux de la BCAO; la mise en place de stratégies visant à renforcer la coopération entre les banques centrales nationales; le renforcement de la coordination des politiques et pratiques monétaires des pays membres; la publicité et la sensibilisation du public et des autres parties intéressées par la monnaie commune; la mise en place d'une base de données macro-économiques; la mise en place de règles harmonisées de recueil, de composition et de distribution de données statistiques des Etats membres relatives au contrôle du fonctionnement d'une politique monétaire commune et le contrôle de tous les aspects du programme de la ZMAO.

· La Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest (BCAO) : elle devrait succéder à l'IMAO en temps que Banque centrale commune de la ZMAO. En conséquence, les Banques centrales nationales conduiront leurs opérations selon la politique monétaire qu'elle édictera. Ces opérations font référence à la gestion monétaire, la distribution et le retrait, la gestion des systèmes de paiements et des systèmes de règlements, les prestations de services bancaires aux institutions financières et la conduite des opérations de change. Sa mission principale

27 L'IMAO a été crée en 2000 à Accra et c'est dans cette ville qu'il a son siège.

sera le maintien de la stabilité des prix. En vue de réaliser ces objectifs primaires, elle devra émettre une monnaie unique convertible (Eco), élaborer et diriger la mise en oeuvre de la politique monétaire, procéder aux opérations de change, détenir et gérer les réserves en devises étrangères, et collaborer avec les Banques Centrales Nationales afin de promouvoir le développement des systèmes de paiements et réaliser un contrôle efficace des autres Institutions Financières. Elle sera administrée par un Conseil d'Administration qui sera son organe de décision.

Afin de soutenir les Etats qui rencontreraient des déséquilibres susceptibles de retarder le processus d'intégration, le Fonds de Stabilisation et de Coopération (FSC) a été créé pour offrir une assistance aux Etats membres qui connaîtraient des déséquilibres temporaires de leur balance des paiements. Le montant du Fonds est de l'ordre de 100 millions de dollars US (la moitié du fonds devra provenir de la contribution des Etats membres et l'autre moitié d'autres donateurs). Le Fonds sera déboursé soit comme un prêt de stabilisation à court terme pour pallier les distorsions temporaires relatives à la position des paiements externes, soit sous forme de prêt de stabilisation à moyen terme pour pallier les distorsions de balance de paiements causées par des situations extraordinaires et inattendues. Ainsi pour bénéficier desdits prêts de stabilisation, les candidats devront adopter des programmes et politiques destinées à corriger leurs déséquilibres économiques.

II.2 Les insuffisances de la stratégie

Si la stratégie de la CEDEAO a l'avantage de donner plus de lisibilité aux étapes à franchir pour arriver à l'union monétaire de toute l'Afrique de l'Ouest, on peut cependant rester critique sur un certain nombre de points ayant trait à l'étape de l'émission de la monnaie Eco pour les Etats membres de la ZMAO, la soutenabilité financière du projet, et l'effective fonctionnement du mécanisme de solidarité dans le contexte actuel des économies de la ZMAO.

II.2.1 L'inopportunité de la création de la monnaie Eco

Du point de vue de la théorie économique, les Etats qui entendent se constituer en union monétaire devront être rassurés d'une manière ou une autre de tirer profit de celle-ci.

Si l'objectif visé est de se doter d'une monnaie crédible, aucun autre avantage n'est cependant envisageable au titre du renforcement des échanges commerciaux et de

l'intégration financière de la ZMAO.

Au regard de la théorie économique et considérant l'éloignement géographique des Etats de la ZMAO28, l'introduction de Eco dans la ZMAO ne produira que des effets mineurs que se soit au niveau de la mobilité des facteurs, de la diversification de la production ou de l'augmentation des échanges intra-communautaires. En clair, étant donné que ces pays sont éloignés géographiquement les uns des autres dans leur ensemble, et qu'ils ne commercent pratiquement pas entre eux (seuls les échanges entre le Ghana et le Nigeria sont significatifs), la monnaie Eco n'entraînera pas une plus grande optimalité de la ZMAO en temps que zone monétaire. Cela étant, ni l'intégration financière ni les critères de convergence qui induisent des conditions d'échange stables, ne pourront être utilisé au bénéfice des Etats membres de la ZMAO. L'éloignement géographique des Etats les uns des autres rend donc difficile la maîtrise des canaux de transmission des effets d'une économie (d'un pays) à une autre dans cette zone. En temps qu'étape transitoire, la ZMAO ne devrait donc pas s'éterniser en temps qu'union monétaire. L'attraction qu'exerce le Nigeria sur le Niger, le Togo et le Bénin d'une part, l'intensification des échanges entre le Ghana et le Burkina Faso depuis la crise ivoirienne, et la dépendance économique de la Gambie par rapport au Sénégal montrent que les critères de convergence édictés pour la ZMAO qui sont similaires à ceux de l'UEMOA tendent plutôt à une intégration de la zone à l'UEMOA.

Aussi, selon les statistiques du commerce ouest africain la Côte d'Ivoire constitue l'un des premiers partenaires commerciaux du Nigeria en Afrique, en général, et de l'Afrique de l'ouest en particulier. En effet, selon une étude réalisée en 2001 par le Club du Sahel avec la collaboration de l'OCDE29, le Nigeria est depuis 1996 le premier « client » du Port Autonome d'Abidjan (plus de 20% du volume des produits traités par le Port Autonome d'Abidjan (PAA), viennent du Nigeria). Le niveau atteint par les relations commerciales entre la Côte d'Ivoire (chef de file de l'UEMOA) et le Nigeria (pays le plus puissant dans la ZMAO) rend donc caduques les clivages pays francophones/anglophones et les différences de politiques monétaires que l'on avance pour justifier l'émission de l'Eco en temps que critère d'appréciation de la bonne foi de la ZMAO. Selon la même étude, le Ghana se positionne comme deuxième partenaire commercial du Nigeria après la Côte d'Ivoire dans la sous région

28 On pourra se référer à la carte de la CEDEAO en annexe pour mieux apprécier l'éloignement géographique des Etats membres de la ZMAO, les uns des autres.

29 Club du Sahel, 2001, Les perspectives des échanges entre le Nigeria et ses voisins, Développement urbain, rural et régional, vol. 2001, no.4, pp.1-4.

ouest africaine.

A travers le décryptage de l'environnement économique de la ZMAO, la création de la monnaie Eco ne répond pas à un impératif économique. Les motifs qui vaillent la peine d'être mentionnés sont : l'expression par les Etats membres de la ZMAO de leur volonté politique et de leur désir de se doter d'une monnaie crédible.

Ainsi donc, l'étape qui consiste pour elle (ZMAO) de se doter d'une monnaie (l'Eco) avant le lancement de la monnaie unique sous régionale peut être levée (pour des raisons économiques) et faire place en cas d'un respect des critères de convergence par tous les Etats membres de la seconde zone monétaire à la seconde étape du projet. Ceci permettra à la zone d'éviter le spectre de son éclatement dans l'attente de sa fusion avec l'UEMOA, tant l'expérience de l'Union économique et monétaire (UEM) est éloquent en ce qui concerne le temps à mettre et les efforts financiers à consentir pour émettre une monnaie commune.

II.2.2 La soutenabilité financière du projet de création de la zone monétaire de l'Afrique de l'Ouest (ZMAO)

Le coût global pour financer les activités clé de la ZMAO au commencement de l'union monétaire avait été estimé dans la perspective du lancement de la monnaie Eco en 2005 à 466,1 millions de dollars US. Ce montant se répartissait comme suit : 259,2 millions de dollars US comme coût préliminaire pour l'impression et l'introduction de la monnaie Eco, sur la base de la monnaie en circulation prévisionnelle dans la ZMAO en 2005. Chaque Etat devait supporter le coût de sa demande de monnaie, même si ces coûts pouvaient être réduits en introduisant la monnaie commune par étape. Les coûts de fonctionnement de chacun des cinq institutions de la ZMAO étaient de : 3,3 millions de dollars US par an pour l'IMAO ; 100 millions de dollars US comme capital initial pour la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest (BCAO)30 ; 4,0 millions de dollar US par an comme coût opérationnel initial pour l'Autorité de Supervision Financière de l'Afrique de l'Ouest (ASFAO) , chargée de la comptabilité de la zone ; 2,9 millions de dollar US par an pour le Secrétariat de la ZMAO ; et 50 millions de dollar US comme capital initial du Fonds de Stabilisation et de Coopération (FCS).

Aussi, le programme d'harmonisation des politiques implique plusieurs composantes qui ont également toutes des implications en matière de coût pour les Etats membres. En effet, à titre d'exemple, la mise en oeuvre d'un système harmonisé de paiements était estimée en

30 Le Nigeria s'est dit prêt à financer le capital de la BCAO.

2005 à 50 millions pour le projet d'harmonisation statistique et de développement de la base de données.

Tableau 3 : Arriérés sur les contributions financières au 30 Avril 2005 (en millions de dollars
US)

 

FSC

Capital de la BCAO

Pays

1re

tranche

2ème

tranche

Sous
total

1re

tranche

2ème

tranche

3ème

tranche

4ème

tranche

Sous
total

Gambie

0,00

1,75

1,75

0,00

0,00

0,00

1,75

1,75

Ghana

0,00

0,00

0,00

0,00

4,25

4,25

4,25

12,75

Guinée

2,75

2,75

5,50

2,75

2,75

2,75

2,75

11,00

Nigeria

0,00

14,90

14,90

0,00

15,00

15,00

15,00

45,00

Sierra
Leone

0,05

0,65

0,70

1,25

1,25

1,25

1,25

5,00

Total

2,8

20,05

23,45

4,00

23,25

23,25

25,00

75,5

FSC : Fonds de Stabilisation et de Coopération BCAO : Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest

Source : Rapport final de la Réunion des Chefs d'Etat et de gouvernement de la ZMAO tenue du 02 au 06 mai 2005 à Banjul, Gambie.

 

Une constance, malheureusement en Afrique est que de nombreux projets n'arrivent pas à voir le jour du fait de la contribution financière défaillante des Etats. Les retards dans le versement des contributions relatives à la création de la BCAO et de la mise en place du Fonds de Stabilisation et de Coopération (FSC) comme en témoigne le tableau 3 ci dessus, montrent qu'il est légitime d'émettre des réserves quant à la capacité des Etats candidats à l'Union de réaliser les objectifs arrêtés, compte tenu des difficultés financières et économiques que connaissent bon nombre d'entre eux dans le contexte actuel.

Cette difficulté peut cependant être levée, si les autorités de la ZMAO recourent à des modes de financement, autres que les ponctions sur leur budgets nationaux. Ainsi, en plus des contributions sur les fonds publics, la ZMAO peut envisager la mobilisation des ressources, via la taxation des transferts financiers à l'extérieur de la zone (ce mécanisme a servi à financer la BOAD) et l'instauration d'une taxe sur les voyages à destination de l'Afrique de l'Ouest. La ZMAO pourrait aussi envisager des mécanismes tels que des allocations spéciales calculées en fonction du produit intérieur brut (PIB) et des taxes d'aéroport. Un autre moyen serait aussi la mobilisation des ressources financières par des voies populaires prenant la forme d'édition et de vente de divers objets au logo de la ZMAO, ainsi que l'organisation sur une base annuelle et dans tous les Etats, d'une «Semaine Spéciale» ou d'une «Journée Spéciale» en faveur de la zone. Ce procédé est déjà utilisé pour mobiliser des fonds au

bénéfice de grandes causes comme la lutte contre la malnutrition (cas de la FAO) ou contre certaines pandémies (cas du VIH/Sida).

II.2.3 La mise en oeuvre des mécanismes de solidaritéDu fait des différences de taille, des niveaux de développement et d'industrialisation

qui caractérisent les Etats membres de la ZMAO, l'union monétaire entraînera des coûts plus élevés pour les uns, tout en étant bénéfique pour les autres. Pour éviter que ces coûts ne soient trop lourds à supporter pour certains pays, il a été mis en place un mécanisme correcteur ou compensateur (FSC) de manière à assurer à tous les Etats membres, les chances d'une participation bénéfique à l'espace monétaire et éviter l'éclatement de l'Union. Dans le Système monétaire européen (SME) un tel mécanisme de soutien financier a marqué la «solidarité» des pays membres au système31.

Avec la rigueur budgétaire qu'impose l'observation des critères de convergence, les déficits de balance de paiements dans la région qui sont plus structurels que ponctuels et les problèmes financiers que connaissent la ZMAO, le renflouement des caisses de ce Fonds risque d'être problématique et la situation insoutenable. Même si le Nigeria totalise à lui seul 82% du PIB de la ZMAO, il ne saurait à lui tout seul supporter à la fois le financement de ce Fonds et les arriérés de financement de certains pays pour la construction de la BCAO. Donc l'incitation des pays qui connaissent des problèmes de paiements, à soutenir les autres pays se trouvent réduite dans le cadre de la ZMAO et pourrait conduire à un éclatement de celle-ci. La raison étant qu'à l'exception du Nigeria, l'abandon de l'instrument taux de change sera un coût trop élevé pour les autres (Bénassy (Q), 2005).

L'analyse du scénario adopté par la stratégie révèle que non seulement des problèmes de financement existent, mais aussi que la réalisation de la première étape de la stratégie n'augure pas de retombées positives en termes d'intensification des échanges et d'une intégration financière poussée entre les Etats membres de la ZMAO.

Maintenant, quel jugement donné quant à la faisabilité du projet d'Union monétaire de la CEDEAO à travers sa stratégie ? La réalisation de la seconde étape de cette stratégie soulève t-elle aussi des problèmes ? Si oui, que faire pour y remédier ?

31 Malgré l'existence de cette solidarité au sein du SME, des pays comme l'Irlande et la Grande Bretagne (en 1972), la France (en 1974 et en 1976) et l'Italie (en 1992) ont dus, étant confrontés à des difficultés, retirer leur monnaie du mécanisme.

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"Tu supportes des injustices; Consoles-toi, le vrai malheur est d'en faire"   Démocrite