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Politique de l'etat en matière de sport féminin en Tunisie

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par Chiraz Belfekih
ISSEP de Tunis - Maitrise en administration et gestion du sport 2008
  

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Chapitre 2 : La femme tunisienne et le sport

On doit donc étudier l'évolution du statut socioculturel de la femme pour pouvoir par la suite soulever la question du sport féminin vu que ce premier influence directement sur le deuxième.

I- Considérations historiques et contexte socioculturel

Avant l'indépendance, la femme tunisienne était considérée comme un être inférieur qui n'avait pratiquement pas de droits en dessous de beaucoup de devoirs (ménage, élever les enfants...). Ce portrait de la femme est spécifique à l'époque coloniale : << Jeune, elle n'avait pas accès à l'enseignement, adolescente, elle voyait son univers se rétrécir, elle s'enfermait généralement dans la solitude et le chagrin, épouse elle devait se plier à la volonté de son mari qui la considérait comme un être inférieur, une compagne nécessaire pour meubler le foyer, il la voulait soumise à ses désirs et à ses caprices2 ». Le statut de la femme tunisienne a demeuré pour longtemps

1 Arnaud, Pierre et Terret, Thierry (1996), Histoire du sport féminin, Tom 2, Sport masculin-sport féminin : éducation et société, Paris, l'Harmattan.

2 Chater, Souad (1972), cité par Zouabi , Mustapha << La femme tunisienne et les activités physiques et sportives », in Actes du Colloque Euro méditerranéen, Antibes Juan les pins 23-25 novembre 2000, ed Association Femmes, sport, culture, p303.

amoindri, jusqu'à ce qu'il y ait eut une volonté politique de développement de la société globale déclenchée à l'aube de l'indépendance.

Le développement de la société a, en effet, impliqué la promotion de la femme et son émancipation et s'est traduit par de profondes mutations touchant différents secteurs sociaux. Il s'agit de <<transformations économiques, sociales et politiques qui ont bouleversé la Tunisie [...] et ont entraîné des changements dans la famille tunisienne et par là une évolution du statut et de la condition juridique des femmes1 >>. De ce fait, la femme tunisienne s'est vue accordée beaucoup de droits, faisant que <<toutes les mesures qui laissaient la femme dans une condition inférieure à l'homme sont abolies. La polygamie est supprimée. L'épouse ne peut plus être répudiée selon le bon plaisir de son mari. Le divorce est réglementé. Le mariage doit être soumis au consentement des deux parties >>2. Parallèlement, le droit au vote lui a été accordé en 1957. L'ensemble des textes juridiques promulgués en la faveur de l'émancipation de la femme se sont complétés par l'adhésion de la Tunisie à des conventions régionales et internationales.

Ce fort courant émancipateur n'a pas cessé même après le changement politique de 1987. Le nouveau régime politique a gardé les mêmes principes de base en améliorant les acquis de la femme d'aujourd'hui. Une telle orientation s'est traduite par la création du Ministère des Affaires de la Femme en 1999, afin de mieux organiser ses secteurs d'activités et de mieux aborder ses spécificités. Cette structure constitue l'un des défis majeurs sur lesquels mise la Tunisie en fournissant les efforts nécessaires pour la concrétisation de ses objectifs à travers un ensemble d'éléments : << l'adoption d'un arsenal juridique mettant en application l'émancipation de la femme, qu'il s'agisse de sa représentation dans la vie publique, de son rôle au sein de la famille, ou de son intégration dans le monde du travail, etc. 3>>. Il se trouve que la femme tunisienne aujourd'hui a pu intégrer plusieurs domaines, politique, social,

1 Moualla, Najoua, (2000), << Le statut de la femme tunisienne et sa relation avec l'activité sportive >>, in Actes du colloque Euro méditerranéen Antibes Juan les pins 23-25 novembre 2000, Association Femmes, sport, culture 2002, p.392.

2 Erraîs, Borhane et Erraîs Sophie (1996), << Le sport féminin à l'épreuve de l'intégrisme religieux >>, in Arnaud, Pierre et Therret Thierry, Histoire du sport féminin, Tome 2, Sport masculin-sport féminin : éducation et société, Paris, l'Harmattan, p.85.

3 Najjar Hamad, Dolly (2008), << L'Emancipation juridique de la femme en Tunisie >>, in "INFO- CREDIF-", N°38.

professionnel, etc. Néanmoins, sa présence demeure relativement limitée, notamment dans le domaine du sport.

II- Le sport féminin :

Parler de sport féminin suppose une distinction et une différence entre pratiques sportives féminines et pratiques sportives masculines. Ceci renvoie, << à une interrogation approfondie de ce en quoi ces dernières pourraient consister >>1. Force est de signaler que, le sport féminin n'est pas différent du sport masculin et ne se distingue pas par des particularités spécifiques, notamment du point de vue de la logique propre à la pratique et de sa réglementation générale. Par conséquent, on ne peut pas parler de sport féminin que dans le sens d'un sport pratiqué par des femmes au même titre que les hommes, d'un sport comme un ensemble de règles qui articulent << des procédures de reconnaissances dont certaines sont techniques, d'autres institutionnelles qui représentent les modalités de définition de l'activité >>2. Ceci nous permet de considérer que toute politique concernant le sport dans son ensemble touche directement le secteur du sport féminin.

III- Le sport féminin en Tunisie :

Le contexte sociopolitique forgé après 1956 a permis à la femme tunisienne d'intégrer le domaine sportif. Cette intégration a débuté au sein de l'institution scolaire et se caractérise, dans ses débuts, par une lenteur et une timidité notables. Toutefois le milieu scolaire a favorisé le développement du sport de masse et, par extension, du sport d'élite. Selon Mustapha Zouabi (2000), << la jeune tunisienne intègre, non sans beaucoup de difficultés, le sport de masse, connu sous le vocable de sport civil >>. En l'espace de quelques dizaines d'années seulement, elle parvient à se faire des places sur les podiums dans les manifestations sportives à l'échelle arabe, africaine et méditerranéenne.

1 Biache, Marie-José (1996), << Qu'est-ce qu'un sport féminin >>, in Arnaud, Pierre et Therret Thierry, Histoire du sport féminin, Tom2, Sport masculin-sport féminin : éducation et société, paris, L'Harmattan, p. 228.

2 Ibid, p.228.

Plusieurs femmes tunisiennes ont marqué le début du sport féminin : Zaghdoud Dalila, Bouabdallah Beya, médaille d'or aux jeux méditerranéens de Tunis 1967. La période des années 70-80, représentait la période de l'épanouissement du secteur du sport féminin. A juste titre, l'équipe nationale féminine de Handball a gagné le titre de championne d'Afrique en 1976. Ces dernières années le sport féminin s'est encore développé selon un nombre d'indicateurs révélateurs. Le rapport annuel sur le sport (2007)1, décrit la situation du sport féminin sur le plan quantitatif et qualitatif.

Sur le plan quantitatif le nombre des femmes licenciées a évolué comme suit :

Saison
sportive

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Nombre
des
licenciées

10978

11782

18272

19262

21230

22358

25953

27449

Evolution du nombre des filles licenciées entre 2000 et 2007

Le nombre de femmes licenciées qui s'élève à 27449 en 2007 semble considérable. Il demeure assez réduit quand on le compare à celui des hommes licenciés (87351).

Un autre indicateur concerne le nombre des associations sportives féminines. Celles-ci comptent 67 associations spécialisées pendant la saison sportive 2007-2008. Par ailleurs, le nombre de sections féminines rattachées aux différents clubs sportifs s'élève à 394 sections lors de la même saison sportive.

Sur le plan qualitatif, la pratique sportive féminine de haut niveau compte 76 équipes nationales féminines. Elles se composent de 775 jeunes femmes élites ayant remporté 42% du nombre total des médailles recueillies. Celles-ci s'élèvent à 386 médailles dont 166 sont en or.

Les femmes tunisiennes élites ont aussi remporté 3 titres de championnes du monde. On doit de même rappeler que pendant les jeux panarabes 2007 ayant eu lieu

1 Ministère de la Jeunesse du Sport et de l'Education Physique, Rapport annuel sur le sport (2007).

au Caire, elles ont représenté 42% de la totalité des participants et sont parvenues à décrocher 58% du nombre total des médailles.

Une telle situation du sport féminin est incontestablement tributaire d'une politique de l'Etat qui organise le secteur et fixe ses tendances générales.

Chapitre 3 : La politique de l'Etat en matière de sport féminin

A l'aube de l'indépendance, l'Etat n'a pas prévu explicitement une politique sportive centrée sur le sport féminin. Néanmoins, une attention particulière a été accordée aux jeunes filles scolarisées et à leur accès à la pratique d'une éducation physique qui tient compte des spécificités féminines, et ce, dans les Instructions officielles de 19681.

L'intérêt spécifique de l'Etat pour le sport féminin se concrétisant par la mise en place d'une politique particulière n'est apparu qu'après 1987. En effet, selon la posture actuelle, la politique de l'Etat en matière de sport se matérialise par des stratégies clairement définies, regroupées en deux grandes axes : celui qui comporte les mesures prises par rapport au sport en général et celui qui développe les particularités accordées spécialement au sport féminin, objet privilégié de cette étude. Il se trouve que la conception d'une politique de l'Etat et sa mise en application sont tributaires des organisations sportives qui structurent le système sportif et impliquées par leurs interventions pragmatiques.

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"Un démenti, si pauvre qu'il soit, rassure les sots et déroute les incrédules"   Talleyrand