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Le secteur informel comme stratégie de survie des congolais

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par Akim KIMBALA MAKIADI
Université Kongo - Graduat 2008
  

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0. INTRODUCTION

01. PROBLEMATIQUE

La crise économique qui secoue l'Afrique en général et la R.D.C en particulier a permis un accroissement intense des activités informelles constituant Ainsi, la condition sine qua non de la survie d'une grande portion de la population à tel point que, comme le stipule le professeur Stéphane Maryse de l'Université d'Anvers, « le tissu économique a été broyé durant trois décennies et le politique s'est permis de bouffer le surplus économique pendant que la production ne suivait pas »((*)1).

C'est au cours de la décennie 90 que la dégradation de l'économie congolaise s'est plus accentuée, d'abord par les deux pillages systématiques (1991 et 1993), ensuite par les guerres dites de libération et d'agression où il y a eu la destruction physique de plusieurs entreprises.

La persistance de la crise dans cette période post coloniale engendre la multiplication des comportements de débrouillardise chez le Congolais. Cette débrouillardise, que l'homme de la rue désigne par l'expression « article 15 », se traduit par la prolifération des activités dues à l'économie informelle((*)2). Cette dernière, comprend l'ensemble des activités économiques qui échappent au contrôle de l'Etat. Certaines de ces activités sont illicites et d'autres sont des activités normales mais qui se sont soustraites au contrôle du fisc. En R.D.C le secteur informel prédomine le secteur formel de l'économie. La crise économique a conduit beaucoup d'entreprises à la faillite entraînant un chômage élevé si bien qu'une partie importante de la population se trouve dans le secteur informel((*)3). Ainsi, ignorer l'économie informelle reviendrait à passer à côté de la réalité ; car il est établi qu'en R.D.C en général et dans la Cite des Mbanza - Ngungu en particulier beaucoup de gens vivent des activités informelles((*)4).

La crise économique entraîne également les conséquences sur le jeu de rôle au sein de la famille congolaise. Cette dernière ne dépend plus seulement de l'apport et de l'importance de l'homme comme père de famille et pourvoyeur des revenus((*)5). La désarticulation du secteur formel de l'économie en R.D.C suivie du chômage ont mis au premier plan la femme comme actrice jouant des rôles utiles dans la vie et la survie de la famille.

Un exemple très éloquent est celui du grand nombre de femmes que l'on observe sur la nationale N°1, précisément dans la cité de Mbanza - Ngungu du matin au soir, voire pendant la nuit, qui font le petit commerce notamment la vente des produits maraîchers (Choux pommé, poivrons, piment, carotte, poireaux...).

De ce qui précède, les interrogations suivantes se présentent devant nous :

- Pourquoi ces femmes ont - elles choisi cette activité de vendre des produits maraîchers ?

- Ce petit commerce exercé est- il rentable ?

- A quoi les revenus réalisés sont - ils alloués ?

02. INTERET DU SUJET

Dans le cadre de ce travail, nous nous sommes intéressés principalement au secteur informel de la Cité de Mbanza - Ngungu. Car il est connu de tout le monde que la dite Cité ne regorge aucune industrie de transformation, plutôt elle regorge plusieurs activités économiques qui en découlent (par rapport à d'autre cités du District des cataractes). Ainsi, il n'y a pas vraiment une concentration importante de la masse monétaire dans cette Cité.

Dans cette optique de création des utilités et des richesses, nous retrouvons une diversité de petites et moyennes entreprises faisant parti du secteur informel. Notre intérêt porte particulièrement aux revendeurs des produits maraîchers dont l'impact est considérable dans la Cité de Mbanza - Ngungu.

0.3 DELIMITATION DU SUJET

Vu l'immensité du sujet à traiter, il importe de le délimiter dans le temps et dans l'espace. Ainsi, l'étude porte sur « le secteur informel dans la Cité de Mbanza - Ngungu, précisément les revendeurs des produits maraîchers ».

L'existence de plusieurs produits rend complexe l'étude de tous les produits en une seule fois ; aussi retenons nous un échantillon de dix produits les plus vendus dans la Cité.

0.4 METHODOLOGIE

Pour mener à bien notre étude, nous utilisons des méthodes et des techniques dans la collecte, la présentation, l'analyse des données et l'interprétation des résultats.

S'agissant de la collecte des données, nous utilisons la technique d'enquête par questionnaire et par interview de différents revendeurs des produits maraîchers. La technique documentaire nous permet de consulter des ouvrages ainsi que l'observation participante.

05. CANEVAS DE TRAVAIL

Notre travail compte trois chapitres. Le premier parle des généralités sur l'informel, le deuxième présente la Cité de Mbanza - Ngungu et le troisième analyse les résultats de l'enquête.

Chapitre I : GENERALITES SUR L'INFORMEL

La coexistence des activités non régies par une législation économique et de celles régies par cette législation est l'une des caractéristiques essentielles de la plupart des économies africaines. Les premières constituent ce qu'on appelle communément, le secteur informel.

En effet, les auteurs qui utilisent ce terme le font comme à leur corps défendant, en soulignant que cette notion est peu appropriée et est source de confusion. Ils les mettent entre guillemets, mais, ils ne parviennent pas à s'en débarrasser((*)6).

C'est donc sur elles que nous allons nous apaisantire, en cherchant à découvrir, dans le présent chapitre leur origine, la manière dont les différents auteurs le conçoivent, les caractéristiques qu'elles présentent, enfin la relation qu'elles ont avec le secteur formel.

1.1. HISTORIQUE ET DEFINITION DE L'INFORMEL

* (1) Malingumu Syosyo C. Plaidoyer pour une politique économique de l'informel en RDC, Le Potentiel, 2006. P6

* (2) NGOIE TSHIBAMBE G., Les femmes en mouvements : Morphologie d'une catégorie

Émergente dans la mobilité Africaine, Ed. Ghana 2007 p.21

* (3) BITEMO X., Cours d'Economie de pays en voie de développement, UK, G2 ECO

2007 - 2008. Inédit

* (4) MASUMU NLANDU R., contribution des PME informelles du développement de la cité de Mbanza -

Ngungu, TFC, UK. 1995. p 27

* (5) NGOIE TSHIBAMBE G., Idem, p1

* (6) GAUTIER DE VILLER, le pauvre, les Hors - la - loi, le Métis, la question de « l'économie informelle » En

Afrique CEDAF N° 6/ 1992, P.5

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