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Analyse de la prise en compte de l'environnement, dont la biodiversité, par les ONG de développement belges

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par Salima Kempenaer
IGEAT-ULB - Master en Sciences et Gestion de l'Environnement  2010
  

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3.1.2. Nécessité de convergence des deux objets d'action

La littérature traitant des rapports entre réduction de la pauvreté et protection de l'environnement abonde, mais comme nous pouvons le percevoir dans les quelques pages qui précèdent, cette question a surtout été soulevée par les tenants de la protection de l'environnement. Si l'on ne peut que déplorer les effets négatifs des démarches des organismes de

conservation, il faut néanmoins reconnaître que beaucoup d'efforts ont été consentis pour conceptualiser l'intégration des deux problématiques qui nous occupent. En revanche, les agences de développement ont privilégié la création d'outils dont la finalité est la prévention des impacts des opérations de développement plutôt que la refonte de leurs approches. Les deux outils phares sont les études d'impact sur l'environnement et les évaluations environnementales stratégiques. Il existe d'ailleurs une multitude de guides et manuels de mise en oeuvre de ces outils dans la formulation des politiques, programmes et projets de développement : « Integrating Environmental Considerations in Policy Formulation: Lessons from Policy-Based SEA Experience » (IBRD, 2005), « L'évaluation environnementale stratégique. Guide de bonnes pratiques dans le domaine de la coopération pour le développement » (Comité d'aide au développement, 2006), « Environmental Impact Assessment and Strategic Environmental Assessment: Towards an Integrated Approach » (UNEP, 2004), pour n'en citer que quelques uns. D'après le document « Biodiversité et coopération européenne au développement » (IUCN, 2006, pp. 67-76), en dépit de l'existence de nombreux manuels de ce type depuis le milieu des années 1990, les outils d'intégration demeurent peu utilisés et l'analyse de la prise en compte de l'environnement par la Commission révèle « un faisceau convergent de carences » (op.cit. p. 68).

Le chemin est donc encore long et comme le soulignent Roe et Elliott (2006, p. 14), si les organismes de conservation doivent consolider les objectifs socio-économiques de leurs interventions, il reste aussi à convaincre les organisations de coopération au développement de la valeur de l'environnement.

Pourtant les défis qui nous font face appellent à une intensification des actions et à une mobilisation de tous les acteurs. Quelques constats nous rappellent, s'il en est besoin, l'urgence de la situation. Le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté, c'est-à-dire avec moins d'1,25 dollar par jour, a diminué mais reste considérable puisqu'il était estimé à 1,4 milliard en 2005. Le nombre de personnes souffrant de la faim ne cesse d'augmenter depuis 1992, où il s'élevait à 817 millions. Aujourd'hui, d'après la FAO, ce chiffre dépasserait 1 milliard de personnes, notamment en raison des crises alimentaire et financière de 2008 et 2009. On estime en outre que 25 % des enfants de moins de cinq ans souffrent d'insuffisance pondérale. La mortalité infantile est en baisse mais reste, malheureusement, inadmissible puisqu'en 2008

8,8 millions d'enfants de moins de cinq ans sont décédés, principalement en raison de la malnutrition (ONU, 2010).

En ce qui concerne l'état de notre environnement, les perspectives ne sont pas non plus rassurantes. La déforestation a connu un faible ralentissement, mais depuis 2000, la perte nette de zones forestières s'élève toujours à 5,2 millions d'hectares par an (ONU, 2010, pp. 52-53). Il est estimé que 60 % des services écosystémiques sont dégradés ou surexploités (Millenium Ecosystem Assessment, 2005, p. 6). La distribution des espèces devient plus homogène et la diversité génétique diminue (op.cit. pp. 35-37). Le nombre d'espèces en voie de disparition augmente sans cesse, entre 10 et 30 % des mammifères et amphibiens seraient concernés. Le taux d'extinction actuel des espèces serait 1000 fois plus important que lors des extinctions précédentes (op.cit. p. 4). Les écosystèmes de pays en développement sont ceux qui subissent les changements les plus rapides.

Cette dégradation de l'environnement constitue très certainement un obstacle considérable à l'atteinte des Objectifs du Millénaire même si, comme nous l'avons vu plus haut, les causalités sont difficiles à établir clairement. Par exemple, les populations des pays en développement seront sévèrement touchées par le changement climatique. Les principales cultures céréalières y connaîtront probablement des baisses de rendement qui se répercuteront sur les prix et, partant, sur le bien-être humain et sur la malnutrition en particulier (Nelson et al., 2009, pp. 4-12).

Même si les approches d'intégration adoptées tant par les organismes de protection de l'environnement que par les organisations de coopération au développement sont loin d'être parfaites, il semble raisonnable d'affirmer que le pire serait l'inaction. Il faut donc continuer à encourager ces initiatives. L'intégration de l'environnement dans les opérations de développement peut contribuer à l'amélioration de leur efficience et de leur efficacité, à la réduction des risques de catastrophes environnementales ou à l'atténuation de la vulnérabilité des populations. Enfin, par la nécessaire prise en compte des générations futures que cette démarche implique, elle contribue in fine à la durabilité et viabilité des programmes et projets de développement (EuropeAid, 2007, p. 34).

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